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Disparition tragique de Jean Michel Moulod (député maire de Grand-Bassam) : Les deux leçons d’un drame
Publié le jeudi 27 octobre 2011   |  Parole d'Afrique


Catastrophe:
© Abidjan.net par Emma
Catastrophe: la lagune emporte Jean-Michel Moulod, le député-maire de Grand-Bassam
Samedi 15 octobre 2011. Grand-Bassam. Tot ce matin, la pirogue dans laquelle avait pris part le député-maire de la commune s`est renversé avec ses 6 passagers, plongeant la cité dans la tristesse. Villageois, plongeurs en eau profonde des sapeurs pompiers militaires et pompiers de la Force Licorne, tous se donnent la main pour retrouver les corps des disparus...


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Le député maire de Grand–Bassam, Jean Michel Moulod, a été arraché à l’affection des siens, très tôt, samedi 15 septembre. Les circonstances et l’environnement qui ont entouré le drame méritent que l’on en tire des leçons.

La réconciliation à l’épreuve du terrain.
Il nous est revenu, après l’annonce de la disparition tragique du député maire de Grand- Bassam, Jean Michel Moulod, que certains habitants de Moosou, du côté de l’ex –première Dame Simone Gbagbo se sont mis à danser. Ils exprimaient ainsi leur joie qu’on pourrait qualifier de sarcophage. Puisqu’elle tend à se repaitre d’un mort. Et ce, au prétexte que le député-maire aurait été le convoyeur des pillards ayant mis sens dessus- dessous, la maison de Simone Gbagbo. Soit, la maison de Simone Gbagbo dans le quartier de Moosou a été saccagée. Comme elle, plusieurs habitants de ce pays ont subi ce sort. Cela est dommage! Cette situation était le fait de pillards, dont personne ne peut dire, aujourd’hui, avec exactitude, de quel bord ils étaient. De là à accuser une personnalité de les avoir convoyés chez une autre ? Il y a manifestement une volonté de diffamation, voire
de nuire à cette dernière. C’est malheureusement ce sentiment de haine qui s’est exprimé après l’annonce de la mort du maire de Bassam. Certains proches de l’ancien régime ont décidé, pour atteindre les cadres et personnalités du Rhdp actuellement au pouvoir, de ternir leur image, leur réputation. En leur attribuant des actes qui sont loin de portée de personnalités de leur trempe. La réconciliation nationale confiée à la Commission dialogue, vérité et réconciliation (Cdvr), ne sera pas une sinécure. Même si les membres du Cdvr ne l’ignorent pas, il ne faut pas se le cacher, elle sera plus difficile qu’on l’imagine. Car voir des administrés d’une commune se réjouir publiquement de la mort de leur maire, sans crainte, ne serait-ce que des représailles. Il n’y a pas d’effort à faire pour comprendre que le mal du pays est profond. Désormais, l’on se réjouit, au vu et au su de tous, de la mort de son prochain. Le musulman dirait safroulaï ! Même le sorcier, l’auteur de tous nos maux dans nos régions, se cache lorsqu’il accomplit ses actes ignobles. Mais en Côte d’Ivoire, ce n’est malheureusement plus le cas. L’Ivoirien souhaite le crime, va jusqu’à le commettre dans son esprit, et lorsqu’il est accompli, se met à danser sur la place publique. Il s’est déshumanisé à tel point que la mort de son prochain est vécu comme une fête de réjouissance. Telle est la Côte d’ivoire d’aujourd’hui. Qui l’aurait imaginé il y a des années ? Ne cherchons pas à nous voiler la face. La division, l’intolérance ont atteint un point culminant. Le travail de la Cdvr sera de ressemer, avant tout, cette humanité dans le cœur de tous. Humaniser. Faire comprendre à tous que l’affliction devant la mort de son semblable est de l’humaine condition. Au point que, singeant l’homme, l’animal n’a pas encore perdu ce sentiment. Réussir cela sera, n’en doutons pas, le point de départ d’une réconciliation qui aura de fortes chances d’aboutir à une unité vraie entre les fils et filles de ce pays.

Le prix de la légèreté et de la négligence.
Passés les premiers moments d’émotion des parents, proches et amis de la victime, il est bon de revenir sur un évènement qui, en tout point, apparait comme une tragédie nationale. Samedi 15 octobre 2011, aux alentours de 8 heures, le député-maire de Grand-Bassam embarque sur une pirogue à destination d’Ebra, à partir de Moossou, son village. La localité d’Ebra, située près de Bingerville, est joignable, aussi bien par la route que par la lagune. Moulod qui a un calendrier chargé a une préférence, ce samedi, pour la voie lagunaire : il espère aller et revenir vite des obsèques d’un parent pour prendre part à une cérémonie en son honneur au carrefour Jeunesse de Gd-Bassam. Lorsqu’il s’installe sur l’embarcation, l’élu a, en sa compagnie, cinq personnes : son chef du protocole Watta Bogui Pierre, Thomas un neveu de Moulod, Arcadius (piroguier), un quatrième homme qui est un agent de la mairie et Joël Kouamé, le mécanicien. La présence d’un mécanicien a été rendue indispensable du fait d’une panne sur le moteur. Quelques difficultés au démarrage n’ont pas empêché la pirogue de se projeter sur la lagune. L’équipage n’arrive pas bien loin- environ 50 mètres de la rive- qu’un problème survient : l’embarcation se détourne de la direction d’Ebra. Il est demandé au piroguier de faire demi-tour. Mais le moteur s’emballe une première, puis une seconde fois. La pirogue finit par perdre son équilibre. Elle chavire. Tous se retrouvent à l’eau. Seulement quatre des six passagers réussissent à regagner la rive. Jean Michel Moulod et Joël Kouamé, le mécano, ne font pas partie du quatuor. L’histoire, telle que rapportée par certains, indique que le maire a été sauvé mais il aurait été tiré vers le bas par Joël K, qui, dans sa lutte pour la survie, se serait agrippé à une partie du corps
de Moulod. Les deux corps sans vie ont été retrouvés, après quelques jours de recherches. L’information paraissait surréaliste : comment une personnalité de ce rang a pu mourir dans ces circonstances ? Président du groupe parlementaire Pdci, ancien directeur général du Port autonome d’Abidjan et avant sa mort député maire de Grand –Bassam. Une ville balnéaire, entourée d’eau. Il était né dans cette localité. On le voit, la victime connaissait suffisamment l’eau pour savoir les dangers auxquels il s’exposait. Mais, avec du recul, on se rend compte que, Moulod a payé le prix de l’imprudence. L’embarcation qui transportait le maire et son équipe en était une de fortune. Aucune commodité pour assurer le sauvetage des passagers en cas de pépins. Les gilets de sauvetage et autres étaient inexistants. Une pirogue en bois avec un moteur de circonstance, défaillant de surcroit. Non ! Une personnalité
de la trempe de Jean Michel Moulod n’aurait pas pu se retrouver dans une telle embarcation. Mais, hélas il y était ! Et le drame est survenu. Cela doit interpeller tout un chacun et au-delà les autorités. Vivement que des mesures soient prises. Car, qu’est ce que nous observons tous les jours ? Des embarcations pareilles circulent sur nos eaux et cela n’émeut personne. Attendons-nous que le drame se reproduise pour nous sentir interpellés ? Cela suffit, réagissons ! Avant que l’eau ne fasse d’autres victimes. L’exemple du véhicule est là pour nous le faire comprendre. Le constructeur n’a pas besoin de savoir si la voiture qu’il met sur le marché va connaitre un accident avant de l’équiper d’airbags de ceintures de sécurité. Il faut désormais prévoir, pour les pirogues et autres embarcations des mesures de sécurité adaptées. Les autorités devraient en faire une nécessité. La Côte d’Ivoire maritime qui a tenu, récemment, ses états généraux, devrait inscrire la sécurité sur les eaux ivoiriennes au nombre de ses priorités. Afin d’éviter que de tels drames ne se reproduisent à l’avenir.
Kouassi Victoire.

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