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Interview/ Après la mort subite de l’ex-préfet de Yamoussoukro - Un de ses proches révèle : « Ahipo Hori a été tué parce qu’il voulait être Député »
Publié le vendredi 4 novembre 2011   |  Le Quotidien


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© Autre presse par DR
Necrologie : Gilbert Ahipo Hori, ancien préfet de Yamoussoukro, est décédé le 28 septembre 2011


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L’ancien préfet de Yamoussoukro, M. Gilbert Ahipo Hori est décédé le 28 septembre dernier des suites d’une courte maladie. Un de ses proches, José Stéphane Koudou, le journaliste qui l’a côtoyé avant sa disparition tragique fait de graves révélations sur les circonstances de la mort du préfet de région. Entretien.


Vous êtes l’un des rares journalistes à avoir côtoyé l’ancien préfet de région de Yamoussoukro, Ahipo Hori. Comment avez-vous fait sa connaissance ?

Je vous remercie pour l’opportunité que vous me donnez de rendre un hommage appuyé à celui qui fut durant près de dix ans mon père et de qui j’avais beaucoup de respect. Il est souvent difficile de parler de soi. Mais je vous avoue que ma rencontre avec l’ancien préfet de Yamoussoukro a constitué un vrai déclic dans ma vie. Pour revenir à votre question, c’est en 2002, après le coup d’Etat manqué du 19 septembre qui s’est mué en rébellion armée que j’ai fait la connaissance de papa Ahipo à Yamoussoukro. En sa qualité de préfet de région, il était celui qui était chargé de la coordination des actions humanitaires dans la région qui avait accueilli des milliers de déplacés internes. Très vite, nous sommes devenus très liés et nous ne nous sommes plus quittés jusqu’à sa mort. Il m’avait tellement adopté comme son fils que partout où nous passions, il était obligé de me présenter comme tel et non comme journaliste. Sa mort est une grosse perte pour moi. Je souligne que mon premier fils porte son illustre nom.

Il semble que vous n’étiez pas seulement « son bon petit ». Mais vous l’aviez plusieurs fois tirez d’affaires.

Ce n‘est pas faux. Mais ce n’était pas véritablement lui que j’avais tiré d’affaires. Mais le maire de la commune de Yamoussoukro, Kouacou Gnrangbé Jean qui avait un gros différend avec le gouverneur du District de Yamoussoukro, N’Dri Apollinaire qui venait d’être nommé. Les deux structures déconcentrées (la mairie et le district) se disputaient la gestion des terrains urbains. Les textes désignaient la mairie comme le gestionnaire. Mais le district réclamait cette prérogative et cette réclamation a failli aboutir avec un arrêté du ministre de la construction d’alors. J’avais donc décidé de défendre les textes en tant que journaliste. Je crois que ce combat a été gagné parce qu’en fin de compte, la gestion est restée au maire. Le préfet pour sa part était le président de la commission d’attribution. Il était très lié au maire. Je crois que c’est ce qui a justifié mon combat.

Cela vous attirait pourtant des inimitiés…

Tout à fait. Mais aujourd’hui, je suis fier d’avoir mené ce combat et l’avoir remporté devant une icône nommée Jean-Baptiste Akrou, ancien DG de Fraternité Matin. L’on se souvient comme si c’était d’hier de frat-mat qui avait barré à sa Une parlant du maire et du préfet de Yamoussoukro dans ce conflit : « Gestion des terrains urbains à Yamoussoukro, le maire et le préfet, deux larrons en foire ». Ce à quoi j’avais d’ailleurs répliqué. La suite, on la connait. Je répète que je suis très fier d’avoir défendu l’image d’une icône de l’administration de la trempe d’Ahipo Hori et de Kouacou Gnrangbé. Même si ce dernier semble m’avoir abandonné en chemin. Avec la disparition de papa Ahipo, j’ai encore plus peur.

Que pensez-vous de sa mort subite ?

J’en suis très affecté. Mais encore plus eu égard au projet commun que nous partagions depuis quelques années. Le préfet Ahipo avait décidé après plusieurs hésitations de briguer le poste de Député de la nation dans sa région natale Gueyo qui est passé département entre temps et même le poste de président de conseil général. Hélas, mille fois hélas, ce projet pour lequel nous avions investi beaucoup d’énergie en restera là pour toujours après qu’il est été arraché brutalement et de façon inattendue à notre affection. On dit souvent qu’on trouve toujours une cause aux morts en Afrique pour se justifier. Je puis vous affirmer pour ma part que la mort de papa Ahipo ne peut être naturelle. Il respirait la grande forme. Ses examens médicaux n’avaient révélé aucune anomalie au niveau de sa santé.

Ah bon ? Et à quoi pensez-vous ?

Papa Ahipo, après plusieurs hésitations comme je l’ai souligné tout à l’heure avait décidé de briguer le poste de Député. Nous avons donc entrepris les démarches. Je rappelle qu’il est originaire du village de Konahio dans la sous-préfecture de Guibéroua. Mais son père, ayant passé toute sa vie à Gueyo où le préfet est d’ailleurs né avec tous ses frères et sœurs, il considérait plus cette ville comme son village. Toute sa famille s’y trouve. C’est donc tout naturellement qu’il décide d’être candidat plutôt à Gueyo où il est bien connu qu’à Guibéroua. Nous avons dans ce cadre effectué une mission de dix jours dans la commune. Nous avons rencontré et mobilisé aussi bien des communautés autochtones Godié qu’allochtones baoulé. Il avait également décidé de se présenter sous la bannière RHDP. C’est en ce moment que tout semble s’être gâté.

Que s’est-il passé par la suite ?

Alors que les militants RHDP eux-mêmes avaient donné leur accord, certains cadres PDCI de Gueyo si sont fortement opposés. A plusieurs reprises, il a été confronté à une fronde de la part de ces derniers. Malgré qu’il était même arrivé en tête au niveau de la commission locale de désignation des candidats PDCI, Papa Ahipo était l’objet de critiques acerbes de la part des cadres PDCI de la région. Il ne manquait plus aucune occasion dans la ville pour les convaincre à accepter les choses comme telles. Mais c’était peine perdue. A une autre visite au village (Gueyo) à laquelle je n’avais pas pris part, le préfet est revenu totalement sonné. Il m’a indiqué lors d’une de nos nombreuses rencontres à son domicile d’Angré que d’aucuns avaient franchi le pas en le traitant d’étranger à Gueyo. Cela l’avait bouleversé. Lorsque nous nous quittions, il m’a fait savoir qu’il était très fatigué et donc qu’il se reposait. C’était le vendredi avant sa mort. Il est clair que des gens ont choisi le pire en se débarrassant de lui. Il peut avoir été tué parce qu’il gênait la candidature de tel ou tel autre.

Comment avez-vous vécu les derniers instants de sa vie ?

Le mardi matin, 27 septembre, alors que je m’apprêtais à aller à Yamoussoukro pour la couverture de l’investiture de l’équipe de Banny (CDVR), je l’ai encore eu au téléphone. Il m’a répété qu’il était à la maison et qu’il ne comptait pas sortir parce qu’il était fatigué. Je lui ai promis de passer le saluer dès mon retour de Yamoussoukro le jeudi 29 septembre. Le mercredi 28 septembre alors que j’étais en pleine cérémonie, on m’appelle pour m’annoncer sa mort. Cela m’a beaucoup bouleversé. J’ai d’abord étouffé avant de m’affaissé. Cela a été un coup dur pour moi. Je ne voulais pas y croire. Mais c’était pourtant la dure vérité. Arrivé à Abidjan, j’ai du garder le lit pendant plus d’une semaine. J’en suis tombé malade. Je n’arrivais pas à m’endormir la nuit. C’était dur à supporter. Tous nos projets étaient désormais à l’eau.

Quel est votre plus grand regret ?

Mon plus grand regret en ce moment est de n’avoir pas pu lui rendre hommage de son vivant pour tout ce qu’il a fait pour moi. Par exemple, il est celui qui a assuré ma scolarité à l’EFAP. J’attendais de lui rendre hommage devant Dieu et les hommes lors de a soutenance de mémoire. Ce que je n’ai pas pu faire par manque de temps. Je pense que de là où il est, il me comprendra. Je lui suis entièrement reconnaissant. Avec son départ, c’est un grand vide qui s’installe. J’espère que le maire Gnrangbé avec qui nous formions le trio ne me lâchera pas. Ce sera la seule façon de me consoler. Au moment où nous nous apprêtons à le conduire à sa dernière demeure, je voudrais prier le Très Haut de le recevoir dans sa majesté. Mais aussi et surtout qu’il protège tous ses enfants et sa femme qu’il a laissé très tôt. Que son âme repose en paix !

Que retenez-vous de l’homme ?

Je retiens qu’il était un père pour moi. Qu’il n’a jamais véritablement fait de différence entre ses propres enfants et moi. Il m’associait à tout ce qu’il entreprenait. Il n’y avait vraiment pas de secret entre lui et moi. Il me confiait tout sur sa vie, ses relations… C’était un homme gentil et bon. Que la terre de ses aïeux qui l’a vu naître lui soit légère !

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