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Politique Publié le mercredi 16 novembre 2011 | Nord-Sud

Election des députés/Femmes : la déception !

Les femmes ivoiriennes sont bien parties pour être encore sous-représentées à l’Assemblée nationale.


La révolution annoncée par la gent féminine n’aura pas lieu. Du moins, pas aussi vite qu’elles l’ont rêvée. La représentativité de 30% qu’elles espéraient avoir au parlement va fléchir. Pis, elles courent irrémédiablement le risque d’être sous-représentées. Si l’on en croit les statistiques rendues publiques par la Commission électorale indépendante (Cei), les femmes en lice pour les législatives représentent à peine 11% des prétendants au poste de députés. Un mauvais score qui ne rassure personne quant au pourcentage de la gent féminine sur les sièges du parlement pour la prochaine législature. « Nous sommes plus que déçues », n’a pas manqué de réagir une responsable d’organisation de défense des droits de la femme. Selon les premières explications qu’elle donne à cet échec, des femmes pensent que ce sont les états-majors des partis politiques qui en sont à l’origine. « C’est la déception. Nous sommes même surprises. Il aurait fallu que les responsables de partis s’approprient le concept de 30% de femmes à l’Assemblée nationale. Malheureusement, le machisme a eu raison des discours de bonne intention entendus lors de la campagne pour la présidentielle », accuse la responsable d’Ong, rejointe par la directrice de l’Egalité et de la promotion du genre, Kaba Fofana. « Il y a des femmes qui se sont présentées pour être désignées comme candidates pour le compte de leurs partis. Malheureusement, celles-ci n’ont pas été choisies et c’est dommage », regrette-t-elle, persuadée que cette sous-représentation apparaît comme une tache noire dans la politique de bonne gouvernance des nouvelles autorités. « Ce n’est pas un bon point pour la bonne gouvernance que nous voulons promouvoir. L’action positive à l’égard des femmes est désormais une question de droit qui participe du développement harmonieux », argumente Mme Kaba qui se déclare « inquiète pour l’avenir ».

Le difficile pari de la parité

Selon plusieurs femmes que nous avons interrogées, il fallait encourager les femmes membres des partis en leur promettant l’appui financier et logistique nécessaires pour battre campagne. Surtout que, d’après ses explications, la gent féminine a payé un lourd tribut dans le rétablissement de la démocratie, lors de la crise post-électorale. « N’est-ce pas les femmes qui ont pris les devants de la lutte quand les résultats des urnes avaient été embrigadés ? Elles ont mené la lutte et pour cela, elles ont été tuées à Abobo, à Adjamé, etc. Au moins, pour cela, elles n’avaient même pas besoin de réclamer quoi que ce soit. Dans les circonscriptions électorales à plusieurs sièges, on aurait dû faire prévaloir la parité », propose la directrice de l’Egalité des chances et de la promotion du genre au ministère de la Famille, de la femme et de l’enfant. Mais, il n’y a pas que ça.
De l’avis d’autres femmes, au-delà du soutien franc des responsables de leurs partis qui leur a manqué, leur détermination pour se faire accepter comme candidates à la candidature a fait défaut. « On est très loin des 30% de représentativité au parlement mais à qui la faute ?», s’interroge Mah Sogona Bamba, candidate aux législatives à Taffiré. « Certaines de nos sœurs attendaient certainement qu’on leur déroule le tapis rouge. Partout, il faut se battre. Ce n’est pas parce qu’on a dit que les femmes doivent avoir 30% de représentativité qu’il faut rester les bras croisés pour attendre que ce vœu se réalise tout de go », nuance la responsable d’Ong. « Le combat n’est jamais gagné d’avance. Il a fallu que je me batte pour faire accepter ma candidature. Dès lors que je me suis rendue compte que mon handicap serait mon statut de femme, j’ai commencé à sensibiliser les populations de Taffiré », raconte la candidate du Rassemblement des républicains (Rdr) aux législatives à Taffiré. A titre d’illustration, les femmes, au cours de la législature de 1995 à 2000, représentaient 8% des députés qui siégeaient au parlement à cette période. Elles étaient au nombre de 14 sur un total de 175 députés. Malheureusement, pour la législature qui s’achève, leur taux de représentativité n’a guère évolué. Il a stagné à 8%. Et, rien ne garantit sa hausse pour la prochaine législature. Aussi, pour contenter la gent féminine, en attendant les prochaines législatives, Kaba Fofana propose, par exemple, que des femmes soient nommées à la deuxième chambre du parlement, si jamais celle-ci venait à voir le jour sous la présidence d’Alassane Ouattara.

Marc Dossa
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