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Editorial, Que recherche le Président ?
Publié le lundi 28 novembre 2011   |  Soir Info


Activités
© Présidence par Aristide
Activités du chef de l`Etat: en visite de travail en Belgique, le Président Alassane Ouattara reçu par le Président de la Chambre de commerce belge
Jeudi 24 novembre 2011. Bruxelles (Belgique).


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Que recherche le Président de la République, Alassane Ouattara, en sillonnant les capitales africaines et européennes ? Que recherche-t-il en parcourant cieux, terres, mers et océans? Ces interrogations sont motivées d’une part par la fréquence des sorties du président Ouattara et d’autre part par le fait que, comparativement aux autres chefs d’Etat africains, il est pratiquement le seul qui s’est imposé un rythme particulier de déplacement. Ce qui fait dire à certaines langues que «la Côte d’Ivoire n’a pas les mêmes problèmes que les autres pays». Récemment, lors d’une visite de travail et d’amitié au Togo et au Bénin, puis au Burkina Faso, avant celle effectuée la semaine dernière en Belgique, le président ivoirien a donné un début de réponse aux préoccupations de ceux qui pensent qu’il voyage un peu trop. «Vous savez que des liens privilégiés unissent la Côte d’Ivoire et le Togo, ainsi que le Bénin. Des liens qui ont été tissés entre les présidents Félix Houphouët-Boigny, le premier président Hubert Manga du Bénin et Yassimgbé Eyadema du Togo. Ce sont des pays amis qui sont très rattachés à la Côte d’Ivoire... La visite a été fructueuse pour nous, compte tenu de la nécessité pour nous, de renforcer la coopération. Nous avons parlé de la nécessité, en effet, de la relance du Conseil de l’Entente, du renforcement de la sécurité transfrontalière, de l’interconnexion routière et ferroviaire ainsi que de la sécurité maritime», a-t-il déclaré, après ses séjours béninois et togolais. Contrairement à Laurent Gbagbo, l’ancien Chef de l’Etat, qui avait des rapports difficiles avec quelques pays voisins plus particulièrement le Burkina Faso, Alassane Ouattara, lui, a choisi de semer la graine de la fraternité, de la cohésion, de la solidarité voire de la complicité avec en toile de fond, une volonté affichée de renforcer l’amitié et la coopération avec ses voisins. Même avec ceux qui ne font pas frontière directement avec la Côte d’Ivoire, Alassane Ouattara tisse des rapports de bonnes intelligences. Il a, à tout point de vue, tiré des enseignements des mésententes entre Laurent Gbagbo et Blaise Compaoré, le président Burkinabé. Ce dernier avait été ouvertement accusé par Gbagbo d’avoir offert gît et couvert à des déserteurs de l’armée ivoirienne qui, dans la nuit du 18 au 19 septembre 2002, ont coupé le pays en deux après avoir échoué dans leur tentative de renverser le régime en place. Le Burkina Faso a officiellement constitué une base arrière à la rébellion ivoirienne sans que Laurent Gbagbo ne parvienne à rallier à sa cause Blaise Compaoré. Partant de ce fait, l’objectif, on l’imagine, du chef de l’Etat actuel, est certes de remettre la Côte d’Ivoire sur l’orbite du développement, qu’elle a quitté, pendant 10 ans, du fait d’une stupide crise politico-militaire, mais aussi et surtout mettre à l’abri un pays qui bruit, depuis quelque temps, d’informations alarmistes faisant état de reprise des hostilités entre Frci et les soldats en exil, proches de l’ancien régime. La question de la sécurisation des frontières ivoiriennes avec les pays voisins est d’autant importante qu’elle ne peut se faire que si les différentes parties concernées se rencontrent. Les Ivoiriens voulaient d’un Président de la République qui encouragerait le peuple, au travail, sur la bonne voie du développement économique et social, qui mettrait un point d’honneur à la dignité et à la réputation morale, mais qui surtout tiendrait solidement les leviers de commande du pays au plan de la sécurité. Le président Ouattara a fait le serment de protéger la Côte d’Ivoire, les Ivoiriens et leurs biens. Ainsi se doit-il, évidemment, de frapper à toutes les portes afin de réunir les moyens de cette protection. Quel plaisir peut-il y avoir à vivre dans un pays où l’on peut se faire abattre à tout moment, dans un coin de rue, par un «Frci» mal réveillé ou perdre ses biens du jour au lendemain du fait de bandits de grand chemin évadés de nos prisons? Le défi est énorme et le Chef de l’Etat semble en avoir pris la pleine mesure. Cependant, la cadence des sorties du président ivoirien est diversement interprétée au point où elle donne le sentiment qu’ADO a du mal à trouver des solutions. Car, des Ivoiriens s’expliquent difficilement que des chefs d’Etat, de pays moins nantis que la Côte d’Ivoire, soient tranquillement assis chez eux et reçoivent les investisseurs quand le président ivoirien, lui, se sent presque tout le temps obligé de faire le tour du monde. Si les différents voyages du président Ouattara dans la sous-région peuvent trouver leur explication dans un souci de renforcement de l’amitié et de la coopération ainsi que la sécurisation des frontières, ceux dans les pays européens ne peuvent avoir de raison que dans la sollicitude. Mais combien de visites doit-il effectuer en France ou aux Etats-Unis pour que Sarkozy et Obama comprennent que notre pays est profondément sinistré du fait de la guerre, du fait des bombardements et que leurs apports doivent se faire sans conditions, au nom de «l’amitié» qui lie notre pays à ces puissances, mais aussi notre président à ces Chefs d’Etat ? Le président Ouattara a-t-il besoin de se rendre tous les deux mois en Europe pour que Jose Manuel Barroso et l’Union européenne apportent leur soutien à la Côte d’Ivoire pour sa reconstruction poste-crise ? Il est vrai que quand on a besoin du Pape on se rend à Rome. Mais il arrive que le Pape se déplace comme ce fut le cas pour Bénoit XVI qui était en visite du 18 au 20 novembre dernier au Bénin. En tout état de cause, les visites du Président de la République, qui coutent souvent beaucoup d’argent aux caisses de l’Etat, visent certes à repositionner notre pays totalement désarticulé, ce qui n’est pas une mauvaise chose, mais elles donnent plus le sentiment que nous avons la main constamment tendue vers des pays et leurs Chefs d’Etat qui n’ont pas d’amis, mais des intérêts et qui tirent surtout du plaisir à nous voir souffrir, à nous voir faire la manche quotidiennement. Espérons seulement que le pied de grue que fait le Chef de l’Etat aux portes des institutions financières internationales et des pays occidentaux ait un impact positif sur les ménages qui continuent de broyer du noir.

COULIBALY Vamara

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