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De 2000 à 2011 : Gbagbo, du Palais à la CPI
Publié le mercredi 30 novembre 2011   |  Nord-Sud




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Opposant admiré devenu président contesté de la Côte d`Ivoire, Laurent Gbagbo, 66 ans, en cours de transfert vers la CPI à La Haye, a scellé son destin fin 2010 en refusant de reconnaître l`élection d`Alassane Ouattara, jusqu`à entraîner son pays dans un conflit sanglant.
Celui qui a régné dix ans au palais présidentiel d`Abidjan, au bord de lagune, était depuis avril détenu dans une résidence à Korhogo, grande cité du nord et fief, en pleine savane, du président Ouattara et des ex-rebelles.
Inculpé par la justice ivoirienne de "crimes économiques" commis durant la crise de décembre 2010-avril 2011, il était dans le viseur de la Cour pénale internationale (CPI) pour des exactions beaucoup plus graves. Mais, selon ses rares visiteurs, il persistait à voir dans la victoire de son adversaire un "complot" de l`ex-puissance coloniale française.
Animal politique doté d`une volonté de fer, il a tenu tête jusque dans son "bunker" au sous-sol de sa résidence d`Abidjan, où il subit début avril le feu de la France. Mais arrêté avec son épouse Simone par les hommes de M. Ouattara le 11 avril, après deux semaines de guerre et quatre mois d`une crise ayant fait quelque 3.000 morts, il a définitivement perdu la partie.
Ce nationaliste farouche sera finalement jugé par la Cour pénale internationale, dont le mandat d`arrêt lui a été notifié juste avant son transfert vers les Pays-Bas, où il était attendu dans la nuit.
Le 3 décembre 2010, le Conseil constitutionnel, qui lui est acquis, ouvre la plus grave crise de l`histoire du pays en proclamant M. Gbagbo réélu avec 51,45% des suffrages au scrutin du 28 novembre. Le Conseil venait d`invalider les résultats de la commission électorale, certifiés par l`ONU, donnant M. Ouattara vainqueur (54,1%).
Tribun aimant à se présenter en homme du peuple, M. Gbagbo cache sous des airs bonhommes et ses éternelles chemises aux tissus africains une énergie féroce.
Il a beaucoup appris de ses longues années de premier opposant au "père de la Nation", le président Félix Houphouët-Boigny (mort en 1993), longtemps premier relais de la France en Afrique subsaharienne.
Né le 31 mai 1945, cet historien de formation irrite rapidement le pouvoir par son activisme syndical.
Incorporé de force, emprisonné, il s`exile en France dans les années 1980, après avoir fondé clandestinement le Front populaire ivoirien (FPI).
Son heure arrive le 26 octobre 2000 quand il accède à la présidence, dans des conditions de son propre aveu "calamiteuses", à l`issue d`un scrutin dont ont été exclus l`ex-chef de l`Etat Henri Konan Bédié et Alassane Ouattara.
Rusé pour les uns, roublard pour les autres, il parvient à garder son fauteuil, contre les rebelles, l`opposition et une communauté internationale emmenée par la France, qu`il pourfend au nom d`une "seconde indépendance". Il sait s`appuyer sur ses jeunes partisans, les "patriotes", qui enflamment à l`occasion la rue.
En novembre 2004, il échoue à reconquérir militairement le nord mais se pose en héros de la fierté africaine, face à la France qui vient de détruire son aviation après le bombardement meurtrier d`une position française.
Signataire avec les rebelles de Guillaume Soro d`un accord de paix en 2007, c`est finalement par ces combattants qu`il sera capturé en avril 2011, après que le pays a frôlé la guerre civile.
S`il s`est uni par un mariage coutumier à Nady Bamba, une ex-journaliste, Laurent Gbagbo, qui affiche sa foi chrétienne évangélique, a formé un duo explosif avec la très influente Simone, désormais détenue à Odienné (nord-ouest).
"Le temps est l`autre nom de Dieu", aime à dire celui qui passa longtemps pour un redoutable tacticien, habile à jouer la montre. Dans sa cellule à La Haye, les jours devraient lui paraître bien longs.

Ses avocats jugent le transfèrement «illégal»

Le mandat d`arrêt de la Cour pénale internationale (CPI) à l`encontre de l`ex-président ivoirien Laurent Gbagbo est "illégal" et va "exacerber les antagonismes entre toutes les parties", a déclaré, hier, Lucie Bourthoumieux, qui représente M. Gbagbo à Paris. "Cette décision de la Cour Internationale de Justice est illégale et va à l`encontre des intérêts du pays et de la réconciliation nationale", a déclaré Mme Bourthoumieux dans un communiqué. "A un peu plus d`une semaine des élections législatives en Côte d`Ivoire (fixées le 11 décembre), elle risque d`attiser encore les tensions existantes dans le pays et les exactions dont sont régulièrement victimes les partisans du Front Populaire Ivoirien (FPI)", ajoute Mme Bourthoumieux. "Au lieu d`œuvrer pour la réconciliation nationale, la Cour pénale internationale exacerbe les antagonismes entre toutes les parties en présence, alors que la situation appelle une solution politique et locale, qui ne pourrait résulter que d`un dialogue entre celles-ci", conclut-elle. L`ex-président ivoirien s`est vu notifier mardi un mandat d`arrêt de la CPI avant un transfert "imminent" à La Haye, près de huit mois après avoir plongé le pays dans une crise meurtrière.

Washington veut que Gbagbo rende des comptes

L`ex-président ivoirien Laurent Gbagbo doit rendre compte de ses actes, a approuvé l`administration américaine alors que M. Gbagbo était en route mardi pour la Cour pénale internationale (CPI). "Il doit rendre des comptes pour les atteintes aux droits de l`homme qu`il a pu commettre. Tout procès crédible et transparent lui demandant des comptes pour ses actes est certainement constructif dans l’optique de la réconciliation", a déclaré Mark Toner, un porte-parole du département d`Etat. M. Toner s`exprimait avant que soit connue la nouvelle du transfèrement de l`ex-dirigeant vers La Haye, en application du mandat d`arrêt de la CPI. A la demande du nouveau président Alassane Ouattara, la CPI conduit depuis octobre sa propre enquête sur des crimes contre l`humanité et crimes de guerre commis pendant la crise postélectorale de décembre 2010-avril 2011.
Avec Afp

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