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Quand Laurent Gbagbo affronte les juges de la Cour pénale internationale
Publié le lundi 5 decembre 2011   |  AFP




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LA HAYE - Il avait troqué son éternelle chemise africaine
pour une chemise blanche et une cravate : la voix sourde, l'ancien président
ivoirien Laurent Gbagbo s'est adressé posément lundi aux juges de la Cour
pénale internationale (CPI) à La Haye qu'il voyait pour la première fois.

Le rideau séparant la galerie du public s'est ouvert juste avant 14H00
(13H00), dévoilant Laurent Gbagbo assis derrière ses avocats, en costume noir
et cravate marine, derrière un écran d'ordinateur.

Face à lui, à l'autre extrémité de la salle aveugle aux murs recouverts de
panneaux de bois blonds hérissés de caméras, le procureur de la CPI Luis
Moreno-Ocampo fixe du regard, en souriant, celui contre lequel il a obtenu un
mandat pour crimes contre l'humanité.

"Je vous souhaite la bienvenue" : la juge argentine Silvia Fernandez de
Gurmendi, en robe noire aux revers bleus et plastron blanc, s'adresse au
suspect dans un français parfait

Laurent Gbagbo se lève à la demande de la présidente, les deux gardes qui
l'entourent, aussi. Il boutonne sa veste. "Bonjour madame la présidente, je
vous remercie de me donner la parole", dit-il d'une voix sourde avant de
décliner son identité.

"Je constate que vous parlez le français", lui dit la magistrate. "Je ne
parle que français malheureusement", répond Laurent Gbagbo. Des rires discrets
fusent dans la salle du public, séparée de la salle d'audience par une vitre.

Soixante-dix personnes, surtout des journalistes mais aussi des conseillers
de l'ambassade de Côte-d'Ivoire aux Pays-Bas, le président et des juges de la
Cour ont pris place sur les gradins.

La présidente demande ensuite à Laurent Gbagbo de s'exprimer sur les
conditions de sa remise à la Cour et de détention à la prison de la CPI où il
est écroué depuis mercredi.

L'ex-chef d'Etat n'a pas grand chose à dire sur les conditions de sa
détention, qu'il juge "correctes". Ce sont celles de son arrestation, le 11
avril à Abidjan, qui lui importent. Debout, il agite les mains, raconte avec
force détails le jour où il a été arrêté "sous les bombes françaises".

La présidente soupire profondément, le procureur Moreno-Ocampo s'est
renversé dans son siège, impassible.

L'ancien président ivoirien parle sans s'arrêter, dix minutes durant. "Je
ne suis pas là pour apitoyer les gens", assure-t-il avant de poursuivre
cependant : "je suis venu sans rien, sauf avec mon pantalon et ma chemise,
sans rien du tout".

La présidente lève l'audience quelques minutes plus tard, tout le monde se
lève, et un chant patriotique ivoirien retentit, assourdi. Il s'élève de la
deuxième galerie du public, située au-dessus de la première. Laurent Ggagbo,
qui ne peut distinguer les paroles, sourit et fait un signe de la main à ses
partisans. Le rideau se ferme.

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