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2011-2012 : Gbagbo, le prisonnier de l’année
Publié le lundi 2 janvier 2012   |  Trait d'Union




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Au moment où toutes les chapelles du landerneau politique ivoirien rivalisent d’ardeurs pour octroyer, à leurs leaders respectifs, le titre de ‘’l’Homme de l’année’’, Trait d’Union a cherché plutôt à savoir quel était l’homme politique de Côte d’Ivoire dont les déboires ont eu un retentissement incroyable dans le monde. Il s’agit de Laurent Gbagbo, qui se présente comme le plus célèbre des prisonniers de l’année écoulée.

Les médias internationaux ne s’y sont pas trompés, notamment la chaine de télévision française ‘’France 24’’ qui, dans son examen rétrospectif de l’année 2011, a consacré des minutes à l’ex-président ivoirien Laurent Gbagbo. Dans les faits marquants en Afrique et dans le monde, il est très difficile d’ignorer son arrestation le 11 Avril 2011, sa déportation dans le Nord de la Côte d’Ivoire le 13 Avril puis son transfèrement le 29 Novembre à la Cour pénale Internationale (CPI) de La Haye en Hollande. L’arrivée au pouvoir en Côte d’Ivoire d’Alassane Ouattara a quasiment été étouffée, au plan médiatique en tout cas, par le traitement du cas Gbagbo. Le plus célèbre des prisonniers du conflit post électoral en Côte d’Ivoire a occupé la scène médiatique et politique comme personne d’autre sur le continent noir en 2011. Aussi s’il ne peut prétendre être l’homme qui a marqué l’année 2011, Laurent Gbagbo peut, du fond de sa cellule de Scheveningen, être considéré comme le prisonnier de l’année 2011. Une ‘’victoire’’ qui n’était pas acquise d’avance vu que comme lui, il y a bien d’illustres chefs d’Etat et personnalités qui auraient pu lui ‘’voler la vedette’’. Zine Abidine Ben Ali de la Tunisie a dû prendre la poudre d’escampettes pour se retrouver en exil dans un pays du moyen-orient. Hosni Moubarak d’Egypte, lui, a été fait prisonnier dans son propre pays. Humilié dans un procès pitoyable mais son humiliation a quelque chose de light comparée à celle qu’a subie Laurent Gbagbo, le 11 Avril 2011 à Abidjan. Mouammar Kadhafi, le defunt guide libyen, qui aurait pu ravir la palme à l’ex président ivoirien, a été passé par les armes dans des conditions encore brumeuses. En Afrique donc, Laurent Gbagbo demeure le prisonnier politique le plus en vue. Son assise de ‘’prisonnier de l’année’’ s’est encore ancrée lors de la visite des Elders (Kofi Annan, Desmond Tutu et l’américaine Marie Robinson) à Korhogo. De mémoire, aucun autre chef d’Etat en disgrâce n’avait reçu pareille visite. Le prisonnier de l’année aura sa consécration en fin d’année 2011, quand, à la surprise générale et au grand dam de ses partisans, il est transféré nuitamment à la Cour Pénale Internationale. En effet, alors que la nuit tombe le 29 Novembre 2011 sur Korhogo, Laurent Gbagbo passe ses dernières heures sur le sol ivoirien. A la suite d’une procédure contestée par ses avocats, il se retrouve sur le sol hollandais. Mais le 5 décembre 2011, celui dont le dégommage a dû fédérer les efforts diplomatiques de toutes les grandes puissances mondiales, joue une véritable partition médiatique lors de sa première comparution, devant ses juges de La Haye. Une comparution, que le tribun de la plèbe qu’il n’a jamais cessé d’être utilise pour communiquer avec l’extérieur. Enfonçant une porte déjà ouverte en accusant à nouveau la France de l’avoir bombardé. La mobilisation de ses partisans à La Haye continue aussi à surmédiatiser ce ‘’dictateur aimé ‘’, ironise WG, un de ses farouches partisans. La tribune inespérée qu’a constitué cette comparution à la CPI retransmise en direct par certains médias internationaux, a concouru à donner une autre dimension à ‘’l’affaire Gbagbo’’. Qui a acquis du coup une notoriété déjà forte vu qu’à cause des relents de cette affaire Gbagbo, l’arrestation et l’incarcération de Saïf El Islam, l’un des fils les plus recherchés de Kadhafi par la communauté internationale et la Cour Pénale Internationale, est passée sous silence. Pourtant la CPI faisait feu de tout bois pour cette arrestation. Elle est même allée jusqu’à se déclarer incompétente pour accueillir le fils Kadhafi. En définitive, Laurent Gbagbo mérite bien son titre de ‘’prisonnier de l’année’’ parce que premier chef d’Etat en exercice à être traduit devant la CPI et dont les conditions d’arrestation ont choqué même chez certains de ses contempteursn

Valery Foungbé

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