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Cour Pénale internationale /A la découverte de la HAYE, lieu d`incarcération de prisonniers de renom
Publié le lundi 9 janvier 2012   |  L'Inter


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© Autre presse
Cour pénale internationale (CPI) a la Haye au Pays-Bas


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Samedi 17 décembre 20 Il. Il est 6h du matin à Paris (France). Nous sommes en plein hiver, et le temps est très glacial. La nuit de la veille a été très courte, préoccupée que nous étions d'aller découvrir la Hollande, en l'occurrence la Haye (Den Haag en hollandais), lieu d'incarcération de l'ex-président ivoirien Laurent Gbagbo. Après un bain rapide, nous revêtons un tee-shirt col roulé, un pantalon jean et un bottillon, le tout surmonté d'un manteau et d'un bonnet. Cet accoutrement n'empêchait pas le vent glacial de nous "transpercer" les os. Ce mauvais temps n'enlève rien à notre volonté d'effectuer le voyage. Bien au contraire, l'idée de découvrir de nouveaux horizons en rajoute à la motivation. Surtout à un moment où ce lieu est devenu plus qu'un symbole dans notre pays. Qui ne parle pas de la Haye en Côte d'Ivoire depuis le mardi 29 novembre dernier? Mais combien ont-il une claire idée de ce lieu? Voilà qui constitue pour nous un vrai mobile de notre présence en cet endroit. Il fait encore sombre lorsque nous arrivons à la gare du RER (train qui relie la banlieue Rosny Bois Perrier à Paris). Ce train nous dépose à la gare du Nord de Paris. Nous embarquons à bord du Thalys (Train à grande vitesse TGV) qui nous conduit à Rotterdam. De cette grande ville, nous avons à faire une correspondance pour la HAYE. Il est 8h25mn quand le Thalys siffle son départ de la gare du Nord. Après 30 minutes de parcours, un contrôle des titres de transport est effectué. Le voyage peut continuer dans la tranquillité et la sérénité. Le paysage qui défile sous nos yeux est attractif. Des maisons de campagne, des ranches et des usines sont visibles tout le long de la voie. De belles pelouses vertes bien tondues s'étendent à perte de vue. Des collines et des plaines défilent sous nos yeux émerveillés. A côté de la voie ferrée, il y a la route pour ceux qui préfèrent les voyages en voiture. Ce samedi-là, la circulation était diversifiée. Sur la route, des voitures, des camions citernes, des bennes, des cars et des véhicules de déménagement se disputent les chaussées. Le Thalys roule à une vitesse incroyable. Il est difficile de faire des prises de vue. Toutes les photos prises sont floues. Seul celles prises lorsque le Thalys entrait en agglomération sont
réussies. 9 h32 mn, le Thalys rentre à Belgique. L'écran de notre téléphone portable affiche un nouvel indicatif. Celui du pays où nous nous trouvons. Plusieurs messages nous expliquent dès cet instant comment appeler un correspondant sur la France ou en Belgique. Dehors, tout est blanc. La toiture des maisons, les planchées des voitures stationnées, les arbres, toutes sont couvertes de neige. On est en plein hiver et il neige déjà au pays du Roi Baudoin. Les feuilles asséchées des arbres, faisant leur mue en pareille période, traînent sur le sol. 9 h46 mn, l'interphone du train annonce la traversée de Bruxelles Midi. Dehors, on voit plusieurs usines et des véhicules soigneusement rangés dans des parkings. Sûrement une zone industrielle. Le Thalys ralentit. Une occasion toute trouvée pour faire des photos. Bruxelles, la capitale de la Belgique, est une ville à l'architecture ancienne. La plupart des maisons sont construites en immeuble. A 9h50mn, le Thalys marque un arrêt à la gare de Bruxelles Midi pour permettre aux voyageurs dont c'est la destination finale de descendre, et à d'autres passagers de monter à bord du train. Direction, Rotterdam Central en passant
par Antwerspen Central et Vodafone NL.

Bruxelles, une ville à l'architecture ancienne

Le paysage est beau même avec les feuillages déshabillés des arbres. En ce temps d'hiver, seulles sapins résistent à la morosité du climat. Au fur et à mesure que nous approchons notre destination, un sentiment à la fois de peur de l'inconnu et d'envie de découvrir la Haye nous anime. A cet instant précis, nous recevons un message rassurant nous demandant d'appeler un numéro affiché sur l'écran de notre téléphone portable. Il s'agit du guide qui nous attend à la Haye Gare HS (Den Haag HS). Notre peur s'est aussitôt estompée. Mais, nous restons concentrée sur le voyage. 11h10 mn, la voix à l'interphone annonce Rotterdam Central. Le Thalys ne marquera qu'un bref arrêt en gare. Nous n'avons donc que quelques minutes pour quitter le train. Dès que nous pointons le nez dehors, le froid nous accueille de plein-fouet. Un froid que nous ressentirons moins, en raison de notre préoccupation à trouver le train de la corrèspondance pour joindre la Haye. Après plusieurs tentatives, nous finissons par trouver un interlocuteur capable de déchiffrer le français. Celui-ci nous indique le quai sur lequel nous devons attendre le train. Peu de temps après, le train est là. Une fois à bord, où descendre? Là encore surgit la peur de l'inconnu. Cette peur qui, au bout de l'aventure, lu donne toute sa saveur. Le train prend le départ vers la Haye. La Hollande est une belle ville. Le paysage qui défile sous nos yeux est attrayant. Mais, le temps n'est pas à s'extasier de cette belle vue, préoccupée que nous sommes de ne pas manquer notre destination. Le train marque deux, puis trois arrêts. Où descendre? Nous approchons des passagers qui ne parlent ni français, ni anglais. Une jeune dame, sûrement une Cap- Verdienne, de par son apparence et son accent, nous interpelle et nous demande dans un français approximatif de patienter un instant si nous allons à la Haye. Encore un bon samaritain pour nous rassurer. Nous engageons la conversation avec notre nouvelle voisine de train. Celle-ci ne manquera pas de se confier pleinement à nous dans les échanges, en révélant la présence au Cameroun de son petit ami qu'elle compte rejoindre plus tard. Pourquoi cette préférence? Celle qui est désormais considérée comme notre sauveur nous confie qu'elle a été séduite par la musique camerounaise. Quelques minutes après, elle nous indique où nous devons descendre. Une fois sur le quai, renseignement pris, nous nous rendons compte que nous ne sommes pas à la bonne adresse. Nous venions de laisser la Haye derrière nous. Il faut faire une autre correspondance pour revenir. Dans le train, nous tombons cette fois sur une jeune française qui nous explique qu'elle descend aussi à la Haye et promet de faire le voyage avec nous. L'inquiétude s'empare à nouveau du novice dans
le pays où nous sommes. Est-ce que notre titre de transport nous couvre pour ce parcours? Surtout que sur le billet, il est noté Rotterdam Central-Den Haag HS (la Haye). Fort heureusement, il n'y a pas de contrôle sur le parcours. Cette fois, nous descendons à la bonne adresse. Notre guide censé nous récupérer à la gare nous y attend et nous embarquons aussitôt à bord de son véhicule. Une fois dans la voiture, nous faisons rapidement connaissance. Sa première question: où voulez-vous aller? Réponse: à la Cour pénal internationale (CPI) ou à la prison. Du doigt, il nous montre, depuis la gare, un bâtiment blanc qu'il présente comme étant la CPI. Notre
choix est automatique. Nous répondons que nous voulons aller à la prison. Direction donc pour la prison. Durant le parcours, nous engageons la causerie.

La prison de la Haye confondue aux habitations

Nous apprendrons avec cet Ivoirien, qui a refusé de nous révéler son identité de peur d'être cité dans notre article, qu'il y a très peu de ressortissants de la Côte d'Ivoire à la Haye. Il précise que c'est une ville beaucoup plus politique où l'on trouve le Parlement et le Palais de la Reine Béatrice. Qu'en est-il de l'ex-président, Laurent Gbagbo? Notre guide nous confie que depuis la récente manifestation lors de la première comparution de l'ex-chef de l'Etat, ils sont sans nouvelle de ce dernier. La Haye est une belle cité très propre. De loin, nous voyons un grand domaine, il s'agit de la résidence de la Reine Béatrice. Après une trentaine de minutes en voiture, depuis la gare, nous sommes face à la célèbre prison de la Haye. C'est d'ailleurs l'inscription en néerlandais et des caméras fixées à l'entrée du bâtiment et un parking qui ont attiré notre attention et nous ont indiqué qu'il s'agissait d'un lieu d'incarcération. Vu de l'extérieur, c'est un bâtiment simple pris entre des résidences d'habitation. Sûrement pour permettre aux pensionnaires de se sentir chez eux, en famille. Après cinq minutes de stationnement devant la prison, il faut quitter les lieux, au risque de paraître suspect. Notre guide fait marche-arrière, et nous voilà à nouveau dans la rue Van Alkemadelaan. Après quelques mètres, le véhicule refuse de rouler, nous contraignant à un arrêt. Qu'est-ce qui se passe? Une panne sèche. Ici aussi, on connait ça. Notre lieu de stationnement inquiète. D'un grand bâtiment situé face à la rue, un homme en tenue militaire sort et engage la causerie en néerlandais avec notre guide. Levant la tête, l'inscription sur ledit bâtiment indique ''Alexanderkaserne''. Il s'agit d'une caserne militaire. Une autre caserne, ''Frederickkaserne'' est située en face. Il faut aller chercher du carburant dans une station indiquée par le militaire. Le temps est très glacial. Notre guide nous propose d'attendre dans le véhicule. Non, nous voulons faire la route avec lui pour prendre le carburant dans un bidon sorti du coffre du véhicule. Alors commence la marche. Il fait froid et les bottillons nous fatiguent le bout des orteils. Nous suivons notre guide qui va au pas de course. Enfin, la station. A l'aide de sa carte d'abonné, l'Ivoirien vivant à la Haye se sert en carburant. Un grand supermarché fait face à la station. La caserne militaire s'étend à perte de vue. Des tirs en provenance du camp nous inquiètent. Il s'agit probablement d'un exercice militaire. Le carburant est mis dans le véhicule. On peut reprendre la visite, cette fois-ci en direction de la CPI. Cinq (05) minutes après, nous sommes encore obligés de garer. Pas de chance, cette fois-ci il s'agit d'une détonation en provenance de l'un des pneus arrières du véhicule. Il n'y a pas de pneu secours. Il faut appeler un dépannage. Le guide ne retrouve pas le numéro de téléphone de sa société de dépannage. Après avoir frappé à deux portes, nous réussissons à obtenir le numéro. Maintenant, comment appeler ce numéro? Nous sollicitons encore un autre domicile. Les habitants de cette cité sont très accueillants. Nous réussissons à obtenir gain de cause. Une dépanneuse est en route vers nous. En attendant son arrivée, nous avons encore le temps de découvrir la rue Van Alkemadelaan de la Haye et ses habitants. Il est rare de voir des gens à pied. La plupart des habitants sont en voiture ou à vélo. Des bus desservent également cette cité.

De la prison à la CPI, plus de 15 kilomètres de distance

Sur la rue Van Alkemadelaan qui mène à la prison de la Haye, lieu d'incarcération de Laurent Gbagbo et d'autres personnalités célèbres, se trouve un grand parc. Les feuilles des arbres de ce parc sont asséchées. Des branches qui n'ont pas pu résister à l'hiver jonchent le sol. La fraîcheur dissuade de s'y balader. Seul quelques courageux s'y aventurent en ce début d'après-midi. Un vieil homme ramasse des branches d'arbre. Sûrement pour aller alimenter sa cheminée. Notre guide nous explique qu'en été, ce parc est une véritable attraction avec ses beaux arbres et ses belles fleurs. Un étang le traverse. Juste après le parc, se trouve une ambassade, celle du Cuba. Après cette ambassade, on arrive aux différents camps militaires et juste après, à gauche se trouve la célèbre prison de la Haye. Cette cité est tellement tranquille que l'on se demande si la population est informée que des prisonniers prestigieux y sont logés. Des habitants à qui nous posons la question, répondent simplement qu'ils ont lu sur Internet que des anciens chefs d'Etat étaient incarcérés en ce lieu. Après plus de deux heures d'attente (de 13 h à 15 h30 mn), une dépanneuse vient enfin à nous. Mais toujours pas de chance, il ne s'agissait pas d'un simple pneu à changer. C'était une panne beaucoup plus grave. La jante du véhicule avait un problème. Cette fois, il fallait attendre un camion-remorque pour récupérer le véhicule. Le véhicule est remorqué, direction le garage. Du garage, il faut faire la dernière course qui consisteà aller au Tribunal pénal international (TPI), situé selon notre guide à 12 kilomètres de la prison de la Haye. Effectivement, du lieu d'incarcération au TPI, nous avons une trentaine de minutes en voiture. Le tribunal est situé dans une zone beaucoup plus animée (non loin de la gare de Den Haag HS), alors que la prison est dans un quartier beaucoup plus calme. Devant le bâtiment du Tribunal,tout était fermé, étant entendu que nous étions samedi après-midi, un jour de repos. Du tribunal, nous mettons le cap sur la gare où nous empruntons encore le train retour pour Rotterdam. Sur place et dans le souci de rentrer tôt sur Paris, nous échangeons notre billet de 18h 18 mn contre un autre de 17h18 mn. A 20 h35 mn, nous revoilà à la gare du Nord de Paris, en route pour Rosny-Sous-Bois, où nous arrivons à 22h. Après un bref sommeil, il faut se réveiller pour reprendre l'avion à l'Aéroport Charles De Gaule (CDG) pour Abidjan. Fin d'une visite au pas de course grâce au confrère Baudelaire Mieu, journaliste à Jeune Afrique qui nous a permis de profiter de son carnet d'adresses
et de son réseau dans l'Hexagone.

Irène BATH (Envoyée spéciale à la Haye)

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