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Noix de cajou - Une filière à la traîne
Publié le lundi 23 janvier 2012   |  Trait d'Union




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Communément appelé anacarde, la noix de cajou est une culture d’exportation, fortement produite dans la partie septentrionale de la Côte d’Ivoire. La filière peine à se professionnaliser. En dépit de l’introduction de cet arbre sur le sol ivoirien, il y a plus de 40 ans. Diagnostic d’une filière à la traîne. Pourtant pourvoyeuse d’emplois et de revenus. Introduit dans les années 1970 pour reboiser les zones sahéliennes et ralentir l'avancée du désert, l’anacardier est devenu une plante qui produit des richesses, grâce à la forte demande sur le marché international de sa noix appelée noix de cajou ou anacarde. Outre son potentiel d'exportation, c'est une culture peu contraignante en travail, et dont le fruit peut être valorisé sous différentes formes. Son développement dans le nord représente une opportunité pour les populations de cette région, qui voient en cette culture de réelles possibilités, pour l'amélioration de leur niveau de vie et la création d'activité pour des populations, en général, défavorisées. La campagne d’achat de la noix de cajou commence en février et prend fin en juin de chaque année. Soit une période de cinq mois où le paysan est régulièrement rémunéré, grâce à la vente des noix qu’il collecte. C’est en moyenne 400 mille tonnes de noix de cajou qui sont exportées chaque année. Faisant de la Côte d’Ivoire le premier exportateur africain, et le troisième mondial, après l’Inde et le Vietnam. Cependant, le paysan ne jouit pas assez du fruit de son travail. L’inorganisation du secteur aidant, il ne perçoit pas de gain consistant pouvant lui assurer un avenir plus radieux. Enjeu important pour l'économie de nombreuses familles paysannes du nord, la filière de la noix de cajou est néanmoins fragile à plusieurs points de vue. Le besoin de liquidité rend les petits paysans tributaires des commerçants indiens, qui achètent la récolte à l'avance, à des prix bas. Pas de moyen pour le suivi et le respect du prix bord champ, fixé lors de la campagne. Pis, les exportateurs, en majorité Indiens, chaussent les bottes pour aller à l’achat bord champ, alors que la loi ivoirienne le leur interdit. Comme prévu dans le cahier de charges. Les producteurs n'ont pas accès à d'autres formes de crédit (…). Dans ce contexte, et face aux menaces de la concurrence internationale (augmentation de la production et de la transformation en Inde et au Vietnam), la demande de noix brutes risque de chuter, engendrant avec elle, la dégringolade des prix. L'avenir de plus de 25 000 producteurs ivoiriens du Nord dépend donc de leur capacité à trouver des débouchés stables, et à décortiquer les noix brutes sur place. Encourager la transformation au plan local La filière anacarde est aujourd'hui le principal axe de développement rural du nord de la Côte d'Ivoire. Dans la région du Gondoukou (Ex-Zanzan), longtemps soumise à une déforestation massive - à cause des feux de brousse - et sans potentiel exportateur, c'est la seule source de revenu des familles paysannes. Sa culture et commercialisation endiguent l'exode rural, sans pour autant provoquer un abandon des cultures et petits élevages vivriers. Sa transformation, proposée et gérée par les femmes des villages, crée de la valeur ajoutée pour la région et donne un nouveau pouvoir économique et social à ce groupe, souvent en marge des structures sociales et centres de décision. Plusieurs Pme de transformation de la noix de cajou existent. Outre OLAM qui transforme environ 5000 tonnes l’année, plusieurs autres industries locales de transformation ont vu le jour. Notamment la COGES de Sepingo avec une capacité de transformation de 4000 T, la SITA à Odienné avec 2500 T, Cajou Fasou de Yamoussoukro (1500 T), PAMO à Bongouanou (1000 T) COPABO à Bondoukou, Etablissement Mouroufié d’Assuefry (…). Ces initiatives devraient être encouragées car 1 Kg d’amande de Cajou coûte 8000 CFA. Alors que le Kg de la noix de cajou ne coûte que 300 CFA (si l’on s’en tient à la campagne précédente). Or, pour obtenir 1 Kg d’amande, il faut 5 Kg de noix de cajou. Un petit calcul permet de trouver ceci : Pour 1500 FCFA d’achat de noix brut, on se retrouve avec 8000 CFA à la vente après transformation. Un gain considérable pour le paysan mais aussi des emplois pour la jeunesse au chômage. Cette filière a donc besoin d’un coup de pouce, mais bien plus d’une grande politique suivie par les décideurs. Au moment où le binôme café cacao s’essouffle, la diversification des sources de revenus de l’Etat doit aller au delà des slogans de campagne.
B.TAKI

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