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Succession au Fpi/Après Gbagbo et Affi, Dur, dur pour trouver le nouveau leader
Publié le mercredi 25 janvier 2012   |  L'expression




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Après le transfèrement de Laurent Gbagbo à La Haye et l’emprisonnement d’Affi N’Guessan, le Fpi peine à trouver ses marques. Même si ce parti n’a pas été dissous comme le Rcd de Ben Ali en Tunisie, la succession du fondateur du Fpi est difficile.

Le Front populaire ivoirien, parti créé par l’ancien président, Laurent Gbagbo, et qui a été à la pointe de la lutte pour l’avènement du multipartisme en Côte d’Ivoire est à la croisée des chemins. Le fondateur du Fpi séjourne à La Haye et il n’est pas évident qu’il retourne dans son pays de sitôt. Le président, Pascal Affi N’Guessan, lui, séjourne dans un pénitencier à Bouna. Les charges d’atteinte à la sûreté de l’Etat et de crimes économiques qui pèsent sur lui l’éloignent davantage du Fpi. Idem pour les vice-présidents Simone Gbagbo et Aboudramane Sangaré qui sont eux aussi en détention attendent de passer devant les juges. Le joker, Blé Goudé, est actuellement l’homme le plus recherché en Côte d’Ivoire. Qui alors pour prendre le gouvernail du navire bleu ? Pour la succession, un boulevard s’offre aux seconds couteaux. Mais là encore, ce n’est pas donné. Beaucoup de micmacs entourent le casting qui est actuellement en cours pour dénicher le leader charismatique.

Chronique d’un chaos annoncé

Le vide qui se fait aujourd’hui autour de la machine Fpi tire ses racines dans la guerre de succession qui s’est instaurée dans cette formation après l’accession de Laurent Gbagbo au pouvoir. Le fondateur de ce parti étant au palais, il fallait un nouveau cadre capable de fédérer les énergies autour des idéaux du parti. Le choix de Pascal Affi N’Guessan pour diriger le Fpi obéissait à une logique géopolitique en vue de piocher dans l’électorat Akan. Mais c’est l’avènement du natif de Bongouanou à la présidence du Fpi qui va réveiller la guerre de succession de Laurent Gbagbo. Affi est considéré comme un militant qui n’a pas de hauts faits d’arme. De fait l’ancienne Première dame va créer un clan constitué de militants orthodoxes et extrémistes pour reprendre le contrôle du parti après le second mandat de son époux. La fille de Moossou rêvait d’un scénario à la Christina Kirchner après les deux mandats du Woody de Mama. Le clan Simone était constitué de caciques tels que Bohoun Bouabré, Koulibaly Mamadou, William Atteby. En face, il y avait le clan qui jouit de la légitimité au sein du parti, conduit par Affi N’Guessan et qui comprenait d’autres cadres comme Miaka Oureto, Assoa Adou, Laurent Akoun. Mais ce n’est pas tout. Il y avait la caste des privilégiés constituée essentiellement des membres de la tribu de Laurent Gbagbo. Le leader était Bertin Kadet, oncle et conseiller du président et comprenait Martin Sokouri Bohui, Dano Djédjé et Odette Sauyet. Charles Blé Goudé, leader de la galaxie patriotique tissait dans l’ombre sa toile. Mais il était dans le viseur du clan Konaté Navigué et Koua Justin qui était proche d’Affi N’Guessan. Après la chute de Gbagbo, c’est la bérézina. Tous les prétendants au trône sont soit emprisonnés ou en exil. Ainsi commence un nouvel épisode de la guerre de la présidence du Fpi.

Le sursaut d’orgueil des seconds couteaux

Après la capture de Laurent Gbagbo dans son bunker, il fallait faire des pieds et des mains pour faire survivre le parti. Koulibaly Mamadou, la seule grosse pointure, qui a échappé au naufrage collectif se sent alors investi d’une mission messianique pour sauver le navire bleu. Mais il se rendra très vite compte qu’il n’est pas dans son milieu naturel. Après avoir claqué la porte, c’est le secrétaire général, Miaka Oureto, un figurant pendant le règne de Laurent Gbagbo, qui a la lourde charge de diriger la barque. C’est le réveil des seconds couteaux qui ont devant eux une occasion en or de prendre leur revanche sur l’histoire. Mais Miaka et son bureau intérimaire seront face à un choix cornélien : mener le combat pour la libération de Laurent Gbagbo et de tous les prisonniers du bunker - ce qui est une utopie - ou faire de la realpolitik en traitant avec le nouveau régime. La direction intérimaire opte pour la libération de ses prisonniers et le dégel des avoirs. Ce choix entraîne la seconde saignée de l’après Gbagbo. La majorité présidentielle se fissure. Gervais Coulibaly, Mel Théodore, Appiah Kabran et Henriette Lagou créent La ligue des mouvements pour le progrès (Lmp). A côté de la guerre du sigle Lmp, Amani N’Guessan, secrétaire national à la défense et à la sécurité, ouvre un autre front. Des sources bien introduites au Fpi précisent que Miaka n’a pas la carrure et une surface financière suffisamment épaisse pour gérer le pays. Pour ce faire, selon ces sources, Amani N’Guessan, qui a affirmé qu’il ne peut plus devenir pauvre dans ce pays et qui a les comptes encore accessibles, a marqué un retour en force pour mettre en œuvre son plan de récupération du Fpi. Mais huit mois après la chute de Gbagbo et six mois après le départ de Koulibaly, le Fpi est encore à la recherche de ses repères. Le parti fondé par Laurent Gbagbo n’est certes pas en panne sèche de stratégies, mais il attend encore ce leader charismatique qui pourra impulser un dynamise nouveau. Entre temps, Assoa Adou, Koné Katinan, Don Mello, Damana Pickass et les autres sont au Ghana voisin et attendent une hypothétique loi d’amnistie pour venir jouer les premiers rôles. La direction intérimaire actuelle acceptera-t-elle de leur faire la passe si par extraordinaire ils parvenaient à rentrer au pays ? Rien n’est moins sûr. Au total, après le transfèrement du fondateur et leader historique du Fpi à La Haye, son parti peine à trouver ses marques. Résistera-t-il à la dure réalité de la nouvelle donne politique ? L’avenir nous situera.

Kra Bernard

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