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Sport Publié le mardi 14 février 2012 | Trait d’Union

Eléphants, message : codé d’une défaite

© Trait d’Union Par DR
Football: CAN 2012: Finale Zambie 8 - 7 Cote d`ivoire (par tire au but)
Libreville (Gabon) 12/02/2012
L’histoire (de 92) ne s’est pas répétée. L’équipe nationale de Côte d’Ivoire, sans perdre un seul match (sur les 6) et sans prendre un seul but, a tout de même perdu la 28ème Coupe d’Afrique des Nations (CAN) Gabon-Guinéée Equatoriale. Quelle poisse ! Et dire que les Ivoiriens y croyaient fermement, 20 ans après le succès de Sénégal 92, au point où le président de la République, Alassane Ouattara, est allé en personne à Libreville pour, pensait-il, ramener la Coupe à Abidjan. Que non ! Les dieux du foot en ont décidé autrement. La défaite des éléphants footballeurs à la finale de la CAN 2012 est, à n’en point douter, une déconvenue de trop pour Didier Drogba et ses coéquipiers, mais aussi et surtout pour le pays tout entier. C’est que pour beaucoup, un succès des Eléphants au Gabon était porteur d’espoir pour le pays en ce sens qu’il allait, peut-être, booster le processus de réconciliation nationale, dans une Côte d’Ivoire à la recherche de son unité.

D’ailleurs, le président de la Commission Dialogue, vérité et réconciliation (CDVR), Charles Konan Banny, a fait le déplacement de Libreville pour aller chercher la coupe qu’il considérait comme l’une des clefs du succès de sa mission : la victoire des Eléphants footballeurs. Mais au terme de l’épreuve des tirs au but, face à une équipe zambienne pour laquelle Dieu a pris nettement fait et cause, les Ivoiriens échouent et plongent le pays tout entier dans le désarroi. L’échec inattendu des Eléphants à Libreville dimanche, plus qu’une simple défaite sportive, apparait aux yeux de certains, comme un message divin aux Ivoiriens que chacun devra vite lire. La paix, la vraie, et le bonheur partagé, précèdent les succès dans une famille. Si la victoire des Eléphants en 1992, sous Félix Houphouët Boigny, avait été possible, c’est aussi et surtout parce que les conditions nationales étaient réunies.

Et si la talentueuse génération des Drogba, Gnégnéy, Zokora et autres peinent à donner une seule Coupe d’Afrique des Nations à la Côte d’Ivoire, c’est parce que l’idée de ‘‘nation ivoirienne’’ a foutu le camp dans ce pays. Sous l’ancien président Laurent Gbagbo, c’est une Côte d’Ivoire divisée, minée par une crise politico-ethnique, voire religieuse, qui a essuyé des défaites aux CAN 2006 (finale), 2008 (demi-finale) et 2010 (quarts de finale). En 2012, c’est un pays non encore réconcilié avec lui-même, après une crise post-électorale des plus meurtrières sur le contient noir, qui est allé échouer à Libreville.

La défaite, au Gabon, de l’équipe de ivoirienne classée première en Afrique, pourrait bien avoir des explications, pas seulement technique et tactique. La poisse qui suit Drogba et les siens aux différentes CAN tire aussi son origine, et il faut avoir le courage de le dire, dans le manque de cohésion nationale autour de l’intérêt commun. Sous Gbagbo, il y a à croire que des Ivoiriens, qui ne voulaient voir que des échecs dans ce que les Refondateurs entreprenaient, agissaient négativement contre le pays. Avec l’actuel chef de l’Etat Alassane Ouattara, sans nul doute que d’autres Ivoiriens ont malheureusement souhaité, voire prier pour que les Eléphants ne ramènent pas la Coupe à Abidjan, question de ne pas permettre au président Ouattara d’en tirer des dividendes politiques. Ainsi va la Côte d’Ivoire. Un pays fragmenté, politiquement et socialement, qui a bien plus besoin de son unité et de la réconciliation vraie pour avancer.

Par TRA BI Charles Lambert
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