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Mécontentement populaire à Abidjan : Les sourds muets paralysent Plateau
Publié le vendredi 17 fevrier 2012   |  Le Temps




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Plateau, il est 10 h ce jeudi 16 février 2012, lorsqu’un groupe de personnes munies de pancartes prend d’assaut, les artères de la commune. Les automobilistes surpris à cette heure de grande affluence, klaxonnent pour se frayer un passage. Mais c’est peine perdue. Les sourds muets avancent vers leur ministère de tutelle, sans la moindre inquiétude. Le petit groupe de marcheurs grossit au fur et à mesure qu’il progresse. Ils se dirigent vers le ministère de la Famille, de l’Emploi et de la Solidarité. La voie qui passe devant leur ministère de tutelle pour déboucher sur celle qui conduit vers les Affaires étrangères, est littéralement envahie. On peut lire sur les pancartes qu’ils brandissent : «Ado sauve tes enfants, les sourds muets réclament la reprise du recrutement des personnes handicapées à la fonction publique» ou encore, «validez le recrutement dérogatoire, aidez-nous». Pour se faire entendre, les sourds muets se sont emparé des caisses vides, des emballages vides en bois et autres objets qui peuvent émettre un son. C’est ainsi que la marche qui marque un arrêt devant ledit ministère, se transforme en un concert assourdissant. D’autres munis de morceaux de bois, frappent le portail métallique du ministère à demi fermé, pour attirer l’attention des agents. La circulation est subitement bloquée. C’est dans cette atmosphère délétère que des agents de la Police nationale arrivent et tentent de maintenir l’ordre. Mais manque de chance, ils n’ont pas en face, un interlocuteur avec lequel ils peuvent engager de dialogue. Tous expriment leur mécontentement par des gestes. Impossible de s’entendre. Mais, nous tentons de leur faire passer le message écrit qu’ils captent sans problème. Ainsi, nous avons pu savoir le mobile de leur colère. En effet, les sourds muets veulent qu’on les considère comme des êtres humains. Ils refusent d’être maltraités dans les lycées et collèges qu’ils fréquentent, par leurs camarades de classes et les professeurs qui ne font pas du tout attention à leurs handicapes. Ils réclament la construction des lycées et collèges uniquement affectés aux sourds muets. Ils ne comprennent pas les raisons pour lesquelles, l’Etat fait construire des écoles primaires pour des sourds muets et refusent de construire les collèges pour eux. Ils dénoncent un manque de considération de la part de l’Etat. Ils demandent aussi leur intégration dans la Fonction publique. C’est à 12 h 45mn, qu’arrive sur les lieux, un inspecteur de travail et de la solidarité. Les sourds muets redoublent alors d’ardeur en frappant de plus bel, sur leurs boites et autres caisses, pour l’accueillir. Un d’entre eux s’approche du petit groupe qui forme un cercle autour de l’inspecteur de travail et brandit une pancarte, sur laquelle on peut lire : «Nous auditifs (sourds muets), réclamons la reprise du recrutement dérogatoire des personnes handicapés». Un agent du ministère tente de jouer à l’interprète. Mais cela ne passe pas. Parce que les sourds veulent à tout prix, rencontrer le ministre en personne. Excédée, la police ordonne qu’ils ouvrent le passage pour laisser passer les voitures. Mais là aussi, ils refusent de se laisser faire. La situation reste bloquée jusqu’à 13h 45, où nous quittions les lieux. Toutefois, un des sourds muets confie que le 5 mars 2012, il organise un point de presse à l’Hôtel communal de Cocody, pour donner leur position face à cette situation qu’ils vivent.
Jean-Baptiste Essis

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