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Livres mal conservés, absence de salle de lecture… : La bibliothèque nationale dans le coma
Publié le samedi 18 fevrier 2012   |  Nord-Sud




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Lieu d’apprentissage par excellence, la bibliothèque nationale qui a longtemps été le symbole du défi éducatif ivoirien, broie du noir. La crise postélectorale, mais le manque d’intérêt pour cet édifice depuis des années, l’ont laissé à l’abandon.

Edifice situé au Plateau entre la citée administrative, le Musée des civilisations et l’état-major de l’armée ivoirienne, la bibliothèque nationale (BN) a fière allure de l’extérieur. Mur repeint en jaune, fleurs et gazons bien taillés, la cour attire tout visiteur en quête de quiétude. Ce vendredi, lors de notre passage, les chants d’oiseaux perchés sur les grands arbres qui ornent l’espace vert, émerveillent et rappellent cet environnement calme qu’on retrouve au village, si loin des gratte-ciel et des klaxons des voitures de la ville. Un espace idéal pour nourrir l’âme de savoirs. Au rez-de-chaussée, la bibliothèque enfantine, qui pointe à droite de la bâtisse, résiste au raz-de-marée des pilleurs qui se sont déversés sur le site pendant la crise postélectorale. Un déluge qui a éventré l’institution. «Lorsqu’ils (les pilleurs ; Ndlr) ont vu l’affiche ‘’banque de bouquins’’ à l’entrée, ils ont pensé à l’argent. Ils ont tout saccagé», confie un agent. Climatiseurs, câbles électriques, sanitaires et autres ordinateurs sont partis. Malgré cela, un fond de documents a résisté à la furie des visiteurs-voleurs. «C’est ce qui nous a permis d’ouvrir les portes, aujourd’hui», soutient notre interlocuteur. Ici, des tables et chaises basses (adaptées à la taille des enfants) et des nattes destinées aux activités éducatives constituent le décor. Sur des étagères sont rangées les œuvres. Un climatiseur flambant neuf rafraîchit la salle. On enregistre une dizaine de visites par jour. Mercredi est jour de pointe, entre 25 et 35 bambins y trouvent de quoi se forger les méninges. A l’opposé de cette partie du grand bâtiment, se trouve la bibliothèque des adultes. Des escaliers sombres mènent au premier étage. A travers la vitre, on lit : «documents judiciaires». «Le premier étage a été cédé à la justice », nous informe-t-on. Une pile de paperasses meuble les rayons. Elles sont plus ou moins bien disposées. Tout est ‘’poussif et poussiéreux’’. Au second étage, un vieux fauteuil de bureau placé derrière une table accueille le visiteur. Dans le hall de l’espace qui sert d’administration, des documents et quelques bouquins sont éparpillés sur les planchettes. Les deux côtés de l’esplanade contiennent des bureaux. Celui de la directrice, Chantal Adjiman, se trouve au fond à droite. On attend les voix des employés qui discutent. Les vitres permettent de percevoir là-aussi des climatiseurs. La grande salle de lecture est fermée. Des documents mal ordonnés y sont exposés dans le noir. Malgré ce décor funeste, on nous apprend que le bâtiment a retrouvé un léger éclat. En effet, au passage du ministre de la Culture et de la Francophonie, Maurice Kouakou Bandaman, le 15 novembre dernier, le paysage était plus désolant. Les conduits d’eau étaient cassés, les matériels de bureau emportés, les splits et autres appareils de rafraîchissement volés. A ce jour, du matériel de bureau a été acquis. Ce qui a permis la reprise du travail de l’administration. Des ampoules Néon éclairent tant bien que mal les halls. Mais, des efforts restent à faire.


Un rêve brisé ?
Bibliothèque de l'Institut français d'Afrique noire à l’origine, ensuite Centre national de documentation (Cnd) et bibliothèque nationale le 24 avril 1968, l’édifice situé à l’entrée du Plateau occupe une superficie d’1,2 ha. Le bâtiment, sous sa forme actuelle, occupe 6.500 m2 de planchers et a été inauguré le 9 janvier 1974 par le président Félix Houphouet-Boigny. L’architecture est révolutionnaire. Elle est faite d’acier avec une climatisation centrale. Elle résiste encore. Le bâtiment à deux niveaux est conçu pour une capacité d’accueil de 300 places réparties entre deux salles de lecture qui peuvent contenir 100.000 volumes de livres. Les magasins peuvent accueillir, eux, jusqu’à 200.000 bouquins. Qu’en reste-t-il aujourd’hui ? Pas grand-chose. A travers les vitres transpercées par des impacts de balles au premier étage, un oiseau émet un chant strident. Chant d’espoir ou de désespoir ? L’avenir le dira.

Sanou A.

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