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Panel : Affaire marche des pro-Gbagbo à La Haye
Publié le mercredi 22 fevrier 2012   |  L'expression




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Les marches des partisans de Laurent Gbagbo à La Haye pourront-elles le libérer des geôles de la Cpi ? Des spécialistes se prononcent sur la question.

La réaction des spécialistes

Me Doumbia Yacouba (1er vice-président du Midh) : « Ces marches n’ont aucun impact sur le procès »

Normalement, ces marches ne devraient avoir aucun impact sur le procès de Laurent Gbagbo, car c’est purement de la politique. Ces mouvements de rue ne peuvent en aucun cas ébranler les magistrats de la Cpi qui sont quand même des hommes de loi aguerris ayant fait leurs preuves durant de longues années sur des dossiers importants. Ce sont des magistrats chevronnés qu’on recrute à La Haye et qui sont spécialisés dans divers domaines du droit qui y siègent. Ce n’est pas parce que les militants pro-Gbagbo vont marcher tous les jours que ces juges vont paniquer devant ces mobilisations (Rires). Ils interviennent sur les crimes les plus graves qui sont imprescriptibles. Ce serait un précédent grave que la Cpi se laisse impressionner par des marches jusqu’à se plier devant la pression de la rue. C’est tout à fait normal que les partisans de Gbagbo élaborent des stratégies à même d’influencer la Cour. Mais maintenant, cela n’a aucun impact au plan judiciaire, car les magistrats jugent en droit et non par rapport à l’opinion du moment. La Cpi est une juridiction indépendante vis-à-vis de tous les moyens de pression.

Légré Okou (Président de la Lidho) : « Ce sont des manifestations tardives et sans effet»

Au niveau de la justice internationale, on a la garantie d’avoir un procès équitable, neutre, sans interférence politique. Les manifestations des pro-Gbagbo sont tardives, inopérantes.

Elles ne peuvent pas influencer les décisions des juges de la Cpi qui se déjà faits une opinion sur la question. Les mouvements de rue ne peuvent pas avoir d’effet sur le procès. Cependant, au plan national, ils ont un effet. Ils veulent montrer qu’en dépit de l’incarcération de Laurent Gbagbo et des faits qui lui sont reprochés, il y a une opinion nationale qui est mobilisée autour de sa personne et qui se convainc de ce fait que leur leader est injustement incarcéré. C’est peut-être aussi un appel à étendre les inculpations à d’autres personnes qui sont suspectées d’avoir trempé dans les exactions contre les civils et qui jusque-là sont épargnées. Ce sont des manifestations pour alerter l’opinion internationale pour montrer que Laurent Gbagbo n’est la personne qu’on a leur décrite ; qu’en dépit de tout, l’ancien président continue de bénéficier du soutien et de l’affection de ses militants. Il y a des schémas préétablis quand il s’agit de juger des personnalités politiques africaines. Une fois qu’on vous présente comme un dictateur, il y a un profil qui est établi et on n’a pas la possibilité de faire la différence entre un tel ou un tel. Les occidentaux se font une idée claire sur les situations.

Ces manifestations ont l’avantage pour les pro-Gbagbo de montrer à l’opinion occidentale que la description qu’on a leur faite de leur leader n’est certainement pas vraie. Les gens vont donc se poser des questions : comment celui qu’on a présenté comme un « boucher » qui a commis des crimes contre l’humanité, des crimes sexuels, puisse bénéficier de la sympathie de tant de monde. L’opinion européenne va être plus regardante et va se poser des questions sur les conditions qui ont conduit Laurent Gbagbo à être transféré à La Haye.

Ali Ouattara (Président de la Ci-Cpi) : « C’est juste bon pour le moral »

La Cour est tellement indépendante qu’elle ne se fonde que sur les faits. Si elle trouve que les preuves ne sont pas assez suffisantes, Laurent Gbagbo sera libéré. Mais si les preuves sont suffisantes, la Cour va confirmer les charges et ouvrir le procès. Les gens peuvent marcher, c’est bien au plan moral, mais cela n’a aucune incidence sur les décisions de la Cour. Les juges de la Cpi vont travailler de façon impartiale et objective. Tout ce qui se passe autour de la Cour n’a aucun effet sur le travail des juges. Pour le cas de Jean Pierre Bemba, ses partisans ont marché sans que cela n’empêche les juges de faire leur travail.

Propos recueillis par Nomel Essis

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