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Reportage / Guinée Equatoriale : Voici les activités qui attirent les Ivoiriens chez Obiang N’Guema
Publié le vendredi 24 fevrier 2012   |  L'intelligent d'Abidjan




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A la faveur de la CAN 2012 de football, nous avons séjourné à Malabo en Guinée Equatoriale du 18 janvier au 06 février 2012. Un séjour qui nous a permis de rencontrer de nombreux ressortissants de la Côte d’Ivoire, acteurs principaux du développement du nouvel eldorado de l’Afrique centrale, la Guinée Equatoriale.

Malabo suscite la curiosité des touristes. La capitale équato-guinéenne est en chantier. Et c’est plutôt un pléonasme de parler de la beauté ahurissante de Malabo. Les bâtisses ou édifices sortent de terre. Depuis cinq ans, Malabo rattrape son retard. Les autoroutes, ponts et avenues s’enchaînent. A chaque coin, les images des immeubles ou résidences qui poussent de terre captivent. Le développement de la Guinée Equatoriale qui tient au cœur du président Obiang N’guema Mbasogo, repose dans divers domaines d’activités sur les Ivoiriens. Ces derniers occupent une place de choix dans l’émergence de ce petit pays de l’Afrique centrale.

Le bâtiment, l’activité qui attire le plus !
Le salaire minimum garanti (SMIG) en Guinée Equatoriale est de 128.000FCFA. Certes la vie est chère dans ce pays, mais les salaires correspondent au coût de la vie. Dans un bar ou maquis, les serveuses perçoivent à la fin du mois entre 150.000FCFA et 200.000FCA. Au nombre de 500, selon les différents responsables d’associations, les Ivoiriens de Guinée Equatoriale font leur trou dans le bâtiment. Les maçons, peintres, carreleurs, électriciens, plombiers, menuisiers etc. se tirent d’affaires et sont employés à Bouygues Bâtiment, le géant français qui construit la capitale équato-guinéenne. Tous les employés de cette multinationale sont logés dans un quartier chic de Malabo (Caracolas). Les chauffeurs de l’entreprise, des Ivoiriens pour la plupart, perçoivent entre 200.000 et 300.000FCFA par mois, sans compter diverses indemnités diverses. «On s’en sort bien. Ici au moins, on connaît notre valeur. Avec un BTS industriel obtenu en 2005 à Abidjan, je suis bien payé ici. Si tu as la chance de travailler pour une multinationale comme Bouygues, j’avoue que tu es sauvé. Le bâtiment donne à manger à tout le monde parce que le pays est en train de se construire grâce à l’argent du pétrole», a confié un Ivoirien, chauffeur à Bouygues Bâtiment. K. Parfait, un autre Ivoirien qui travaille dans l’entreprise de Mme Aka Véronique, l’épouse de Bra Kanon, ne dira pas le contraire : «Le bâtiment donne à manger ici. Les marchés sont juteux. Le seul problème, c’est que les autorités équato-guinéennes aiment le travail vite fait. C’est pourquoi, nous sommes confrontés aux Chinois qui travaillent moins chers et sont rapides. C’est tout le problème. Les Chinois gâtent un peu le marché. Même les voies jouxtant le stade de Malabo, ont eu le goudron en un clin d’œil du fait des entrepreneurs chinois. Mais chacun a sa chance et on s’en sort bien». Il a ajoutera qu’un simple peintre ivoirien a eu récemment un marché de 50 millions FCFA de la part de Bouygues Bâtiment. «Quand tu es sérieux, les multinationales te font confiance», dira-t-il. Les entrepreneurs ivoiriens se comptent par dizaines en Guinée Equatoriale. Diabaté Boubacar, président d’une amicale des Ivoiriens et par ailleurs chef de projets à Bouygues Bâtiment, lui se réjouit de la montée en puissance de l’expertise ivoirienne en Guinée Equatoriale : «Les Ivoiriens sont présents dans de nombreux secteurs d’activités. C’est vrai qu’on trouve plusieurs débrouillards dans le bâtiment, mais je peux vous dire que les médecins, ingénieurs, pilotes ivoiriens sont nombreux en Guinée Equatoriale. Le ministère de la Défense est l’œuvre d’un Ivoirien. Je suis bien content que les Ivoiriens quittent leur pays pour aider les autres pays à se construire. La Guinée Equatoriale est une bonne opportunité pour les diplômés ivoiriens». M. Yassi, ivoirien, pilote d’avion à CEIBA, lui aussi est heureux de sa nouvelle aventure. «J’ai passé plus de deux décennies à Air Ivoire, après Air Afrique. Aujourd’hui, je suis commandant et je peux vous dire, que tout va bien pour moi», a-t-il précisé le 6 février 2012, en escale à Sao Tomé et Principe. Konaté Kassoum qui tient une boîte de nuit à Malabo, au quartier Banapa, trouve que les Ivoiriens ont compris que le bonheur se trouve en Afrique. «Il faut savoir se tenir dans ce pays. Chaque pays a ses lois et il faut les respecter. Seul le travail paie, il y a beaucoup d’opportunités d’affaires ici. La restauration ici revient aux Ivoiriennes. «Tantie» Béa à Semu, un quartier populaire de Malabo et Madame Seka à Malabo Caracolas, offrent des mets made in Côte d’Ivoire’’ à leurs compatriotes». Il faut débourser au moins 2000FCA pour manger du placali (mets à base de manioc). Mais de plus en plus, les footballeurs et entraîneurs ivoiriens tentent une aventure en Guinée Equatoriale.

Le football tient tête au bâtiment

Koné Lacina et Silué Yelato, deux techniciens ivoiriens de football ont en mains deux équipes de football depuis décembre dernier. Panther FC pour Koné dit Pereira et Sony Elanguema pour Yelato. Ils ont avec eux des joueurs ivoiriens. Pereira a fait appel à trois, tandis que Yelato compte sur Dosso Mamadou, l’ex-joueur de l’Africa Sports d’Abidjan. Avec eux, il faut parler de Kamissoko et de Konaté Ben Mamadou, les deux Ivoiriens du Nzalang Nacional. Ces deux joueurs naturalisés Equato-Guinéens font la fierté de la Guinée Equatoriale. Et de plus en plus, des Ivoiriens rêvent de porter le maillot rouge du Nzalang. Certes le football en Guinée Equatoriale est encore semi-amateur, mais à cause des possibilités de transfert en Espagne ou au Portugal, de nombreux Ivoiriens préfèrent tenter l’aventure. «Je suis venu me chercher ici. Ce qu’on me propose ici, vaut mieux qu’en Côte d’Ivoire. Je touche environ 400.000 FCFA et je ne paie ni de nourriture, ni de loyer. C’est mieux qu’en Côte d’Ivoire. Mes dirigeants me promettent un transfert en Espagne. Cela vaut le coup», note Djè Bi, joueur ivoirien de FC Panther du président Ruslan Obiang, l’un des fils du président de la Guinée Equatoriale. Mais, force est de reconnaître que de nombreux Ivoiriens, délaissent par moments le football pour les petits contrats en bâtiments. «Les gens ne jouent pas tout le temps. Donc pour arrondir les fins de mois, des joueurs s’essaient au bâtiment. L’argent coule à flots ici à Malabo. Il y a des footballeurs camerounais qui ont abandonné le football pour le bâtiment, tout simplement, parce que ça paie bien», a fait remarquer N’goma T, un jeune footballeur camerounais, ami à plusieurs ivoiriens. «Je suis venu me chercher ici comme de nombreux Ivoiriens. Un entraîneur doit connaître divers championnats. Et je suis ravi de la confiance placée en ma personne. J’essaierai d’être à la hauteur», avoue Koné Lacina dit Pereira, l’ex-coach de la SOA et du Sewé Sport de San Pedro, aujourd’hui au chevet de FC Panther. Les Ivoiriens participent avec brio au renouveau de la Guinée Equatoriale, même si les rafles et autres perquisitions des policiers, sont monnaie courante.

Ce qu’il faut pour y aller

Pour se rendre en Guinée Equatoriale, il faut s’acquitter des frais de visa. La Guinée Equatoriale n’a pas de représentation diplomatique en Côte d’Ivoire, donc il faut se rendre au Gabon, au Bénin ou au Nigéria pour obtenir le visa. Normalement, les frais du sésame s’élèvent à 30.000FCFA, mais dans la pratique, il faut prévoir entre 100 et 150.000FCFA pour avoir le tampon nécessaire. A la faveur de la CAN 2012, du fait de la CAF, la Guinée Equatoriale a permis aux Ivoiriens de se rendre à Malabo à travers un visa commun avec le Gabon (30.000FCFA pour 45 jours). Ce visa CAN a expiré depuis peu et la police multiplie les contrôles pour rapâtrier les sans-papiers. Une fois en Guinée Equatoriale, il faut débourser 400.000FCFA pour avoir la carte de résidence valable pour un an. Mais entre-temps, il faut faire un test de dépistage du VIH-Sida. Un laboratoire obligatoire existe à Malabo pour tout examen à cet effet. C’est à l’issue du test que le demandeur reçoit sa carte de résidence. En cas de maladie de VIH-Sida, le demandeur est automatiquement rapâtrié dans son pays. «Vous avez eu de la chance à cause de la CAN. Ils ne sont pas nombreux, au plus 650.000 habitants pour plus de 700.000 étrangers, c’est pourquoi ils sont très vigilants et durs. C’est un Etat policié en plus», précisera un ressortissant burkinabé. En cas de délit, l’étranger passe quelques jours en prison avant d’être rapatrié dans son pays.

Annoncia S, envoyé spécial en Guinée Equatoriale

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