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Massacres des 24,25 et 26 mars 2004 : Les victimes oubliées de la Refondation
Publié le lundi 26 mars 2012   |  Le Patriote




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Cela fait aujourd’hui, jour pour jour, huit ans que Laurent Gbagbo ordonnait le massacre plusieurs centaines d’Ivoiriens. Le 24 mars 2004, le Groupe des 7 qui comprend le RDR, le PDCI-RDA, le MFA, l’UDPCI, le MPCI, le MPIGO, le MJP décide d’organiser une marche pacifique pour protester contre les blocages qui surviennent dans l’application des accords de Linas Marcoussis. Le pouvoir FPI qui y voit une défiance inacceptable contre son autorité, interdit la marche. L’opposition significative constitue dans une coalition appelée G7, excédée par les errements et reniements de Laurent Gbagbo dans la mise en œuvre des accords signés dans la banlieue parisienne, n’entend pas reculer. En dépit des menaces et des pressions, le G7 clame haut et fort que la marche aura bel et bien lieu. Au sein du camp du pouvoir FPI, on ne cache pas son envie d’en découdre. Dans les parlements et agoras, on parle de mater dans le sang la marche des « rebelles ». Le ton monte. Surtout dans le camp du FPI. Un dialogue de sourd s’installe entre le pouvoir et l’opposition. L’atmosphère devient électrique. La Côte d’Ivoire qui avait repris le chemin du dialogue après les accords signés en février à Paris, retombe dans l’impasse. A la veille de la marche, un communiqué cosigné par le commandant du palais, le colonel Dogbo Blé Bruno et le commandant du Groupe de sécurité présidentielle, le lieutenant-colonel Ahouma Brouaha Nathanaël, décrète la commune du Plateau « zone rouge ». Le président prend un décret pour réquisitionner l’armée. Au palais, consigne est donnée de tirer à vue sans sommation sur les marcheurs. Consciente du danger qui guette la Côte d’Ivoire, la communauté internationale tente de réagir. Elle dépêche sur les bords de la lagune Ebrié, le président de la République du Ghana, John Kuffuor pour calmer les esprits. Toute une journée, le chef d’Etat ghanéen, médiateur de la crise ivoirienne, essaye d’amener les dirigeants de l’opposition à surseoir à la marche. Mais sa médiation échoue. Dans la nuit du 24 mars 2004, à peine le président ghanéen retourné dans son pays, le président Laurent Gbagbo fait sortir les chars de l’armée. Tous les carrefours stratégiques de la ville d’Abidjan sont investis par hommes en treillis armés jusqu’aux dents. Les principales entrées et sorties des différentes communes sont bouclées. Les communes comme Abobo et Anyama enregistrent leurs premiers disparus. Le lendemain, les militants et sympathisants de l’opposition n’ont pas le temps d’entamer la marche. Certains sont cueillis devant leur porte. D’autres à leur domicile. Dans les quartiers, c’est la chasse à l’homme. Le FPI avait tout prévu. Les militaires et miliciens à la solde du régime s’adonnent à un carnage. Les militants de l’opposition sont traqués et assassinés. Tous les moyens sont utilisés contre ceux qui ont eu le malheur de sortir le jour de la marche. Les hélicoptères de combat, les véhicules blindés et les armes de guerre contre des manifestants aux mains nues. Les dirigeants de l’opposition, surpris par l’ampleur de la répression, ne peuvent que constater les dégâts. Ils assistent impuissamment au massacre de leurs militants. Le jour suivant, les massacres continuent dans certains quartiers comme Abobo et Anyama. La nuit tombée, des hommes en arme investissent ces communes, pour tuer et piller. Les populations se protègent comme elles peuvent. Des veilles sont organisées pour repousser les incursions meurtrières des tueurs. A coups de cris et bruits d’assiettes, de marmites, les populations tentent de faire fuir les assassins. L’opération « casserole » est née. Le 27 mars, la tension tombe. L’opposition sort traumatisée de la crise. Et cherche à comprendre les raisons de tant de cruauté. La Côte d’Ivoire et le monde entier se réveillent choqués par l’ampleur des tueries. L’opposition chiffre le nombre des tués à 500 personnes. Face à l’indignation que les massacres soulèvent à travers le monde, Laurent Gbagbo tente de se justifier. « C’était une insurrection », accuse-t-il devant la presse internationale venue l’interroger. Quant au ministre de la Défense d’alors, René Amani, il impute les massacres à des « forces parallèles » et non aux éléments de l’armée ivoirienne. La communauté internationale abasourdie, décide d’enquêter. Le Conseil de sécurité de l’ONU dépêche des enquêteurs sur le terrain. Au bout de plusieurs semaines d’investigation, l’équipe d’enquêteurs venue de New York donne ses conclusions. Les tueries ont fait 120 morts. Le rapport en lui-même est édifiant et révèle au grand jour la dictature la plus sanguinaire que la Côte d’Ivoire n’ait jamais connue. Maintenant que la Cour pénale internationale a décidé d’étendre le champ de ses enquêtes jusqu’à la période de 2002, il serait vraiment important que la lumière soit faite la boucherie de mars 2004. En ce jour anniversaire de ces douloureux événements, le devoir de mémoire incombe qu’on rappelle au peuple de Côte d’Ivoire le visage hideux du régime qui s’était juré de refonder la Côte d’Ivoire. Mais en lieu et place du paradis qu’elle a promis aux Ivoiriens, ce sont plutôt dix années d’enfer que Laurent Gbagbo et ses camarades ont servies à la Côte d’Ivoire. Aujourd’hui, il est aussi bon de rappeler à l’opinion et monde entier les horreurs perpétrées par le pouvoir FPI au cours de ces dix dernières années. Surtout que dans le camp des refondateurs, on a décidé d’utiliser comme arme le négationnisme pour échapper au tribunal de l’Histoire. Mais c’est peine perdue.

Jean-Claude Coulibaly

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