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Infas, Infs… : Ces diplômés sans emplois
Publié le jeudi 5 avril 2012   |  Nord-Sud




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Plusieurs promotions des concours de l’Infas et de l’Infs sont en attente de leur intégration à la fonction publique. Cette situation due à la continuité de l’administration est jusque lors, sans solution.

La réussite de David.T. au concours des assistants sociaux, en 2006 a jeté du baume dans le cœur de ses parents. Après son Brevet de technicien supérieur (Bts) en gestion commerciale en 2000, David a passé au moins une dizaine de concours sans succès. Le concours des assistants sociaux lui permet donc de mettre un terme à plusieurs années de chômage. En intégrant l’Institut de formation sociale (Infs), le jeune homme avait bon espoir. Pour preuve : «  le jour de la publication des résultats de l’Infs, c’était la fête. Mes parents ont organisé une bouffe-partie. Pour eux, j’étais désormais un petit fonctionnaire. On m’appelait même l’assistant social ». David entre donc à l’Infs, avec une bourse. En 2009, il finit sa formation. Et c’est là que ses difficultés ont commencé. Dans la même année, le concours d’intégration à la fonction publique est organisé. Il s’y présente et échoue. En 2009, sur 100 assistants sociaux qui ont fini leur formation, l’Etat a retenu 50. L’autre moitié est restée sur le carreau à ne rien faire. Après 2009, il n’y a pas eu d’autres concours d’intégration à la fonction publique. Celui lancé en 2011 a été avorté à cause de la situation de la crise postélectorale. « C’est difficile de réussir à un concours et ne pas pouvoir travailler. J’ai 32 ans aujourd’hui, l’âge limite pour passer un concours en Côte d’Ivoire est de 35 ans. Après, que vais-je faire ? », S’inquiète-t-il. Et ce souci de David T. est partagé par plusieurs personnes qui ont terminé leur formation à l’Infs. Murielle Konan est élève infirmière diplômée d’Etat. Elle a intégré l’Institut national des agents de santé (Infas) en 2007 par concours. Cette étudiante en deuxième année à la faculté des sciences économiques de l’université de Cocody, a vite eu un penchant pour la médecine.

Après sa formation à l’Infas, trois ans plus tard, elle n’a pas encore intégré la fonction publique. « On se retrouve à tourner les pouces. Depuis 2010, je fais des stages par-ci et par-là sans savoir véritablement où aller. Ce qui me gêne, c’est que je ne peux plus faire autre chose. Je me suis déjà engagée », se plaint-elle. Tout comme l’Infs, les étudiants, de l’Infas n’ont pas encore pu intégrer la fonction publique. Et ils se plaignent que lors des précédents concours, l’Etat ne prenne pas assez de personnes. Les diplômés de ces deux écoles ont plusieurs fois saisi les autorités pour régulariser leur situation, mais rien n’y fit. Selon Adama Coulibaly, secrétaire général (Sg) du collectif des assistants sociaux pour le recrutement à la fonction publique, trois promotions sont en attente actuellement. Il s’agit des promotions de 2006 -2009, 2007-2010, 2008-2010. Il n’y a pas encore d’issue. «Le ministère a lancé un autre concours cette année. Les intéressés ont composé en décembre dernier. Les résultats ne sont pas encore sortis, depuis», souligne-t-il, pour noter que même quand les concours sont organisés, il faut encore poiroter pour voir les résultats.

En janvier dernier, ils ont manifesté au Plateau pour se faire entendre. Ce jour-là, habillés dans des habits portant le sigle de leurs écoles, ils se sont d’abord rassemblés aux environs de 7 h, au parking qui jouxte la présidence de la République avant de faire une marche dans les rues de ce quartier. «  Nous sommes plus 711 assistants sociaux et assistants sociaux adjoints  dans la situation », précise Coulibaly. «Nous sommes dans la rue depuis trois années et cela est déplorable. Le diplôme d’assistant social n’est pas un diplôme universitaire. C’est un diplôme d’Etat, d’une formation qualifiante. A cet effet, l’Etat doit pouvoir nous intégrer», observe Landry, un assistant social adjoint. Les diplômés de l’Infs refusent d’être des laissés pour-compte. Tout comme eux, les élèves de l’Infas se sont aussi organisés en association. D’ après Ekem Koffi, 1.400 personnes sont concernées par la situation. «Depuis 2 ans, nous sommes dans l’attente et rien. On nous fait savoir que la fonction publique ne peut pas embaucher tout le monde. Nous avons été formés pourquoi alors ?», se demande Basile Faé, un autre infirmier. 

S.S (stagiaire)

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