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Interviews croisées / Célébration de ‘’Paquinou’’ Les artistes baoulés divisés
Publié le jeudi 5 avril 2012   |  Nord-Sud




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La fête de la Pâques est devenue un moment de convivialité et de retrouvailles en pays baoulé. A cette occasion, les créateurs originaires du centre de la Côte d’Ivoire sont très prisés et en profitent pour faire la promotion de leurs albums. Nous proposons deux entretiens d’un producteur (ken Adamo), favorable à la fête et d’un artiste (N’Guess Bon Sens), qui refuse la stigmatisation des créateurs du centre.

- N’Guess Bon Sens, artiste-chanteur :« Je ne suis pas un artiste de ‘’Paquinou’’ »
Vous dites que vous n’êtes pas un artiste de la Pâques. Pourquoi une telle précision ?
Les animateurs, que ce soit radio ou télé et même la presse écrite, c’est à la période de la Pâques qu’ils savent que nous autres, artistes originaires du centre, nous existons. Je n’apprécie pas cela. Je suis artiste comme tous les autres. Il ne faut pas qu’on attende ces festivités pour se rappeler de N’Guess Bon Sens. Pour cela, j’ai plusieurs fois été invité à l’émission Tempo, ces derniers jours, et j’ai refusé.

Mais les festivités de ‘’Paquinou’’ participent à la promotion des artistes tradi-modernes baoulés…
Moi, je n’attends pas la Pâques pour une quelconque promotion de mon album.

Donc vous n’allez pas faire de prestation dans le cadre de ‘’Paquinou’’ ?
Cette année, je vais fêter à Paris. Mais, il faut dire que ceux qui m’invitent ont tenté par deux à trois reprises de le faire. Une première fois l’invitation n’est pas arrivée à temps. La seconde fois, le visa m’a été refusé parce qu’il y a eu un problème technique à l’ambassade à Abidjan. Et, je devais retirer le visa le même soir et prendre l’avion car j’étais programmé le lendemain. Quand j’y suis retourné, on m’a fait savoir que ce pourquoi on devait me donner le visa était passé. Cette année c’est la bonne. Je vais seul sans mon orchestre et je jouerai en play-back.

- Ken Adamo, artiste-producteur :« Que cette célébration devienne une institution »
Quel rôle peut jouer la célébration de la fête de Pâques dans la promotion des artistes baoulés ?
Elle peut permettre aux créateurs de s’en sortir. Aujourd’hui, on crée des évènementiels autour de cette fête partout en Côte d’Ivoire. C’est à travers ces occasions que nos chanteurs s’épanouissent et prospèrent. La fête a la dimension de la St Valentin ou de la St Sylvestre et elle est célébrée en ville. Je suis de ceux qui souhaitent que ‘’Paquinou’’ devienne une institution.

Vous êtes gérant de studio et producteur d’artistes…
J’avais le plus gros catalogue. Je produisais les artistes que j’appelais la galaxie tradi-moderne baoulé. Winwinkouwin, Loukou Confiance, Sidonie la Tigresse… Je produisais six à huit créateurs à la veille de la Pâques. Tous voulaient sortir des œuvres. Et nous allions à ‘’Paquinou’’ caravane qui sillonnait tous les villages avec une sono mobile. Certains artistes restaient durant quinze jours voire un mois dans certaines localités.

Combien gagne, de façon approximative, un créateur baoulé pendant la période de la Pâques ?
Nous allons sur la base de 50.000 Fcfa, comme nous jouons pour des familles et parents. Si la musique de l’artiste est bonne, tout le monde veut l’inviter, mais aussi le congratuler. En une journée, le chanteur peut faire 6 à 7 spectacles. Et ils s’en sortent. Parce que ce sont de gros travailleurs qui arrivent de la région du sud-ouest avec beaucoup d’argent. L’artiste gagne en spectacle mais aussi en vente de cassette et de CD. Il y a de véritables talents. Mais aussi, il faut reconnaître que d’autres ne font que des musiques saisonnières. Ils sont parfois des planteurs, ils viennent juste pour s’amuser et retournent à leurs plantations.

Interviews réalisées par Sanou A.

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