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Entretien / Paul Ahizi, ancien président de l’Association ivoirienne des écrivains : ‘’La mort de Bernard Zadi Zaourou est une perte catastrophique pour la pédagogie de la culture’’
Publié le vendredi 11 mai 2012   |  L'intelligent d'Abidjan




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Il s’appelle Paul Ahizi, poète, ancien président de l’Association des écrivains ivoiriens. Paul Ahizi est un artiste de talent dont l’œuvre est fondée sur l’émotion, profondément humaine. Dans cet entretien avec « L’Intelligent d’Abidjan », Paul Ahizi parle de Bernard Zaourou, en utilisant ses propres angoisses.
Qui est Paul Ahizi ?
Je suis né le 14 mars 1941 à Abidjan, Treichville. De formation professionnelle, je suis chercheur en agronomie… à la retraite depuis décembre 1996. J’ai fait mes études primaires à Treichville, Bouaflé, avant d’aller en 1961-64 au collège technique d’agriculture de Bingerville. Pour tout, je suis titulaire du Brevet supérieur professionnel d’Agronomie tropicale.

Aujourd’hui, comment va Ahizi Paul ? Et comment va le poète ? Lequel va le mieux, Ahizi Paul ou le Poète ?
Je suis chercheur en agronomie sur la génétique du palmier à huile. Mais, aujourd’hui je préfère Ahizi Paul le poète. Je vais mieux. Parce que le poète est un éveilleur de consciences surtout endormies ou apathiques. Je vais mieux parce que la voix du poète s’élève et se dresse comme une épée de flamme. En plusieurs endroits, les poètes comme Victor Hugo, Pablo Neruda, Bernard Dadié, Wolé Soyika, ont fait taire les armes pour faire l’économie du sang des hommes. Je me sens bien comme poète.

Vous vous référez aux années 1970-1990. Acceptez-vous d’assumer aujourd’hui que la culture ivoirienne a pris du recul ?
Je vais vous dire que la culture ivoirienne a fait du progrès, tout en résistant aux assauts extérieurs. C’est pourquoi je vous rappelle que Henriette Dagri, actuelle chancelière de la Côte d’Ivoire, historienne de formation, a écrit sur la vie du peuple Sanwi. Chaque aurore est une chance. Et, la jeune génération doit éviter d’être un éternel assisté.

Paul Ahizi, on dit que le principal défaut des Ivoiriens, c’est qu’ils ne lisent pas. Votre avis.
Je partage cet avis, tout simplement. Et pourtant, toute ambition intimement liée à la culture en Côte d’Ivoire, a été suscitée. J’ai écrit une trentaine de poèmes avec un vocabulaire simple. Plusieurs associations pour les lettres et les arts ont vu le jour, puis ont toutes disparu.

Quels sont vos souvenirs les plus agréables de votre vie d’écrivain et de poète ?
J’ai grandi au contact de la nature et je supporte très mal la vie en ville. Je suis très fier de mon passage à la station de la Mé, où j’ai aimé la nature. La poésie et par extension, la culture reste mon combat de tous les jours. Mon souvenir le plus agréable est que j’étais le premier cadre supérieur africain en 1966 à l’Irho (Ndlr, Institut de recherche pour les huiles et les oléagineux). Un véritable pacte d’amour avec le palmier à huile.

Qui était Bernard Zadi Zahourou pour Paul Ahizi ?
Je ne crois pas qu’un mot ou une simple phrase puisse affirmer qui était Bernard Zadi Zahourou. Tout simplement, la mort de Bernard Zadi Zahourou est une perte catastrophique pour la pédagogie de la culture ivoirienne. L’homme a tout simplement charmé la culture ivoirienne et africaine. Bernard Zadi Zahourou a contribué puissamment à l’évolution de la conscience, ivoirienne et africaine.

Que faut-il attendre de l’actuel ministre de la Culture, Maurice Bandama?
‘’Chaque personne a son identité et sa spécificité. Je veux dire que le ministre Maurice Bandama est un grand littéraire. Mais avec humilité, c’est moi qui ait ouvert les portes de la culture au ministre Bandama Maurice. Fort talentueux, il a dirigé l’association des écrivains ivoiriens, en qualité de secrétaire général. J’étais le président de l’Association.

Paul Ahizi vous lisez avant la presse ivoirienne. Vous avez écrit des poèmes à Fraternité-Matin. Aujourd’hui, lisez-vous encore la presse ivoirienne ?
Mon constat est net : le niveau de la presse ivoirienne a baissé. La presse actuelle est vide, mal écrite. Ce n’est plus des coquilles, mais de véritables fautes de grammaire. A l’époque, j’avais partagé mon expérience d’homme de culture avec des journalistes de haut niveau : Hein Solo, Rosine Diodan, Gaoussou Kamissoko, qui m’ont fait connaître à l’intelligentsia africain.

Croyez-vous que la culture africaine a aidé à faire comprendre l’Afrique aux occidentaux ?
Personnellement, certains occidentaux viennent aux sources en Afrique. Mais, d’autres donnent un autre visage malsain à l’Afrique. Mais, ce dernier groupe a raison. Les Africains sont portés par la politique. Et, je suis très malade, quand on traite les Africains comme des ‘’enfants’’. Il appartient aux Africains de prouver aux ‘’Blancs’’ que les Africains sont équilibrés, et dominent leurs nerfs. En toute sincérité notre littérature se porte bien, avec des exemples irréfutables : Bernard Dadié, Bernard Zadi Zaourou, Assoa Adiko, Jean-Marie Adiaffi, Amoa Urbain, Porquet Niangoran. Des hommes de culture qui ont dit la vérité littéraire africaine… aux occidentaux.

Quelles sont à votre avis, les erreurs que les différents ministères de la culture ivoirienne ont commises dans l’exercice de l’authenticité culturelle de la Côte d’Ivoire ?
Sur le plan pédagogique de la culture, j’ai été déçu de la suppression du théâtre scolaire, par Bernard Zadi Zaourou, ministre de la culture en 1993. Il faut simplement rappeler que les ministères de la Culture, qui devraient être les dépositaires des grandes traditions de la vérité culturelle de la Côte d’Ivoire, sont banalisés et minimisés.

Réalisé par Ben Ismaël

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