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Doubé Binty pleure toujours le maître du Didiga : «Zadi Zaourou... le politicien du vrai»
Publié le mercredi 16 mai 2012   |  Le Nouveau Réveil




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Tous les savants, tous les puissants et toutes les sommités de notre pays ont éloquemment, brillamment et quelquefois bruyamment rendu hommage au professeur émérite et à l’éminent homme de culture qu’a été le professeur Bernard Zadi Zaourou.
Les uns ont salué le poète, d’autres ont célébré le philosophe, certains ont magnifié l’homme de théâtre et le dramaturge….
Aucun aspect de cet être pluridimensionnel semble-t-il n’a été oublié.
Dans tous les cas, tous ont parlé du MAITRE et nous pensons que cela résumait tout.
Ils l’ont ainsi accompagné à sa dernière demeure dans le recueillement, la prière et les inévitables sanglots.
Dès l’annonce de la triste nouvelle du décès du grand homme, chacun est donc accouru pour, ainsi que le souligne le fabuliste, « s’acquitter envers » la famille « de certains compliments de consolation, qui sont surcroit d’affliction. »
Nous osons croire que tous avaient le cœur effectivement brisé et que personne ne s’est rendu là uniquement pour imiter le prince et « rugir en son patois », se comportant ainsi en lamentable courtisan.
En ce qui concerne nous autres qui n’avons pas voix au chapitre, nous avons eu l’impression qu’il y a un aspect essentiel de l’homme sur lequel on n’a pas beaucoup insisté, les discours s’étant appesantis sur les œuvres et actions glorieuses de l’être exceptionnel qui venait de nous quitter !
Il s’agit de la sincérité de l’homme Zadi Zaourou. Cet homme appartenait à cette espèce hélas en voie de disparition, et le départ du professeur vers de lointains pays au-delà de la terre le confirme, qui croyait en ce qu’il faisait et en ce qu’il disait Pour paraphraser longuement cet écrivain italien du 15ème siècle, le professeur Zadi Zaourou n’était point l’homme des artifices cherchant obstinément « à enrichir ou farcir ses œuvres de longues périodes, ni de mots sonnant et ampoulés ou de quelque autre fard ou embellissement extérieur dont plusieurs accoutrent les leurs. »
Il est toujours resté naturel, direct, entier et droit, même et surtout en politique où parait-il, en tout cas c’est le point de vue farouchement défendu par ceux qui s’autoproclament génies politiques, tous les coups bas, tous les coups tordus, tous les mensonges, toutes les scélératesses et toutes les vilenies sont permis.
Et c’est sur cette sincérité en politique que nous allons insister, la bonne foi en la matière étant, particulièrement sous nos tropiques balafrés, une denrée si rare qu’il faut monter de véritables missions d’exploration pour en trouver !
En 1990, sous la pression conjuguée de l’opposition, surtout celle se disant de gauche, et d’un Occident en quête d’émules en matière de démocratie, notre pays renouait avec le multipartisme.
L’élection présidentielle devait intervenir en octobre de la même année.
L’opposition exigeait du parti au pouvoir et partant du président Félix HOUPHOUET-BOIGNY, qu’il modifiât le code électoral qu’elle trouvait antidémocratique voire inique !
Face au refus du PDCI de revoir le code électoral, l’opposition, regroupée au sein d’un Front de gauche avec le PIT du professeur Francis Wodié, l’USD du professeur Bernard Zadi, le FPI de monsieur Laurent Gbagbo et nous en passons, décidait comme un seul homme de ne point aller à l’élection présidentielle. Naturellement si cette décision était maintenue et que le PDCI décidait d’aller seul à l’élection, celle-ci perdrait de sa crédibilité et ce sont des quolibets qu’aurait essuyé le président HOUPHOUET-BOIGNY de même que le refroidissement des relations entre notre pays et nombre de pays occidentaux grands donneurs de leçon parce qu’experts en démocratie. C’était peu dire que l’embarras du pouvoir était réel et que chacun retenait son souffle quant au dénouement de ce qui apparaissait comme un drame qui s’annonçait. Les états major des partis de l’opposition se réunissaient sans désemparer, se promettant fidélité et constance dans l’action engagée. Le professeur Zadi, convaincu qu’en tant qu’homme aucun responsable de parti ne reviendrait sur la parole donnée et l’engagement pris, attendait en toute tranquillité et sérénité que le PDCI se décidât à faire les concessions qu’il fallait pour que des élections vraies aient lieu. Les jours s’égrenaient donc et la tension était à son apogée.
Et puis, contre toute attente, au moment où l’opposition pensait que le moment de donner l’estocade au PDCI était proche, monsieur Laurent Gbagbo décidait de se porter candidat contre le président HOUPHOUET-BOIGNY.
Ce fut l’éclatement, l’implosion ou l’explosion, c’est selon, du front de gauche et plus jamais les partis d’opposition ne tenteront vraiment d’unir leur force pour les autres batailles.
Le professeur Bernard Zadi qui faisait sienne cette déclaration du misanthrope de Molière : « je veux qu’on soit sincère et qu’en homme d’honneur, on ne lâche aucun mot qui ne parte du cœur », fut profondément meurtri et marqué par cette volte-face du Front Populaire Ivoirien qui démontrait qu’il n’y avait pas d’homme d’honneur qui respectât sa parole dans la mesure où les mots lâchés ne partaient aucunement du cœur mais obéissaient à de sordides calculs où n’avait de place que l’intérêt d’un individu et de son parti. Pendant plus de dix ans, le professeur Zadi comme l’ensemble des Ivoiriens a vécu l’enfer du mensonge, des volte-face, de la roublardise, de la tromperie, bref du non respect de la parole donnée et des engagements pris, inauguré par monsieur Gbagbo et le FPI en 1990 !
Cela a sans doute joué un rôle certain dans la décision du professeur Zadi d’entrer dans le gouvernement du Premier Ministre Kablan Duncan en 1995. Car pour lui, le plus important était la Côte-d’Ivoire qu’il fallait servir avec dévouement et sincérité.
De 1995 à 1999, le professeur Bernard Zadi, ministre de la Culture, a ainsi abattu un travail énorme pour donner à la culture ivoirienne la place qui était la sienne.
Comment pouvait-il alors, tandis qu’il était convaincu que notre pays, malgré sa grande diversité, pouvait donner au monde un menu culturel partagé par l’ensemble des Ivoiriens, ne pas partager le concept d’ivoirité prôné et non créé par le Président Henri Konan BEDIE
Il soutenait cette ivoirité, creuset de toutes les cultures nationales qui distinguerait l’Ivoirien des autres nations. L’ “américan way of life” est-il autre chose quand on sait que les Etats Unis sont le pays le plus cosmopolite du monde ?
Les politicards étaient nombreux, ils le sont toujours d’ailleurs, qui ne regardaient les choses que par le petit bout de la lorgnette, des êtres incapables, pour citer le président HOUPHOUET-BOIGNY de s’élever au-dessus des contingences immédiates et de se comporter en êtres pensants.
Ne voyant les choses que sous un aspect particulier exagérément grossi et tronqué intentionnellement, refusant de voir ce qui est essentiel, l’esprit étriqué de ces policards a décidé de faire de l’ivoirité un concept d’exclusion, tribaliste à souhait et xénophobe à satiété.
Et lorsque les hommes de bons sens comme le professeur Bernad Zadi demandaient qu’on leur produisît la moindre déclaration ou le moindre écrit du Président BEDIE faisant de l’ivoirité un concept autre que culturel, ces personnes dont la volonté réelle et l’objectif non équivoque était la chute du pouvoir BEDIE, hurlaient de plus belle : xénophobie, tribalisme, exclusion !!!
Sans chercher à l’excuser, nous comprenons pourquoi Ponce Pilate a fini par jeter l’éponge et à se laver les mains « du sang de ce juste »
Il savait notre Seigneur innocent. Mais que pouvait-il face à une foule manipulée, crétinisée et robotisée à souhait.
La situation fut la même lors du vrai faux débat ( ?) sur l’ivoirité. Des personnes furent instrumentalisées pour avilir le concept afin qu’il fût le tombeau du pouvoir du Président BEDIE.
Des éléments des Forces de l’Ordre ont ainsi été dressés :
- Pour perturber les fidèles musulmans surtout à la sortie de la prière et des mosquées afin de jeter plus facilement l’opprobre sur le régime PDCI et le pouvoir du Président BEDIE.
- Causer le maximum de tracasseries en matière de documents administratifs, cartes d’identité surtout, à nos compatriotes originaires du nord pour faire croire qu’ils étaient les cibles de cette ivoirité sortie de leur imagination. Comme dans l’histoire de la dent d’or que nous rapporte Fontenelle, des tonnes d’ouvrages virent le jour pour condamner cette ivoirité dont les auteurs de ces ouvrages ne savaient rien en réalité mais se refusaient de rencontrer l’auteur présumé de ce concept pour recevoir l’éclairage qui leur manquait.
Comme disait l’autre, il est important de parler et d’écrire longuement avec beaucoup d’abondance et d’éloquence sur ce dont on ignore tout pour faire croire qu’on sait et pour entrainer un maximum d’adeptes.
L’Occident, toujours à l’affût des moindres soubresauts voire des moindres rumeurs des anciennes ( ?) colonies nègres fit de cette ivoirité ses choux gras sans jamais chercher à remonter à la source. Et c’est un Belge, c’est-à-dire la personne la moins indiquée en Europe pour parler d’identité, qui allait nous produire un film au titre tonitruant, alarmant et alarmiste : “ Côte-d’Ivoire la poudrière identitaire ! ” Malgré tout ce brouhaha et tout ce tintamarre, le professeur Zadi est resté imperturbable sachant que tous ces trublions ne cherchaient qu’à noyer le chien en l’accusant de rage. Comment pouvait-il continuer à faire de la politique sachant que les dés étaient à jamais pipés et que seuls triompheraient désormais les menteries, la perfidie, les reniements de soi, la flagornerie, la roublardise, la tromperie, au service d’intérêts personnels égoïstes sans considération aucune pour ceux de la Côte-d’Ivoire, le coup d’Etat de 1999 qui l’avait profondément meurtri, ayant sonné le glas de toutes nos valeurs et toutes nos certitudes.
Le professeur Bernard Zadi a quitté la scène où l’arène politique au moment où l’air était encore respirable. Peut-on s’étonner que cet homme, nullement sénile, succombe après avoir respiré pendant plus de dix ans l’air pollué, putride et empoisonné, au propre comme au figuré, désormais servi aux Ivoiriens par ceux qui disent faire de la politique ?

Doubé Binty

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