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Anono (Cocody) : Attention à la crise ethnico-politique !
Publié le vendredi 18 mai 2012   |  L'elephant Déchaîné




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Nous avons été informées par téléphone qu’une chasse aux allogènes se préparait dans le village d’Anono, sis dans la commune de Cocody, nous nous y sommes rendues. C’était samedi dernier.

Riviera II, 15 heures. Une femme se dirige vers nous. Elle arbore des vêtements défraichis (en pagne itaguet), un foulard négligemment noué sur la tête, des sandales bon marché, un sourire triste. Nous apprenons très rapidement qu’elle exerce une activité commerciale au marché d’Anono. Elle y vend du vivrier, mais ‘‘plus pour longtemps’’ nous informe-t-elle. C’est presqu’en larmes qu’elle nous raconte qu’elle et les siens font l’objet de menaces de la part de leurs voisins. Des Ebrié. «Depuis quelques jours, le monsieur et sa femme qui étaient bien gentils avec nous, nous créent des misères», révèle-t-elle. A la question de savoir pourquoi ces personnes avec qui sa famille et elle vivaient en harmonie, il y a peu, leur vouent une subite et brutale aversion, la commerçante marque une pause pour essuyer une larme frêle qui brillait au coin de son œil, avec le bout de son pagne fané : «C’est parce que nous sommes Baoulé», répond-elle laconiquement, une pointe d’amertume dans la voix. «Ils ne supportent plus les Baoulé depuis quelques jours. Si ça continue comme ça, on va quitter leur village», lance-t-elle sans conviction. Ayant besoin de vérifier l’information, nous nous rendons sur place.

Anono, 16h 15. Le calme règne sur le village, les habitants vaquent à leurs occupations quotidiennes. Pourtant, un feu explosif couve, une crise ethnico-politique n’est pas loin d’éclater, en témoignent les propos recueillis ça et là. Nous entrons dans un salon de coiffure. L’accueil est chaleureux. La gérante, heureuse à la perspective de gagner un peu plus d’argent, nous reçoit avec empressement. Nous l’informons que nous venons de la part de l’une de ses amitiés. La jeune fille, mise ainsi en confiance, se livre à quelques confidences. «la grande sœur, c’est chaud ici, on ne comprend plus rien (Monique, c'est son nom, est Agni, son concubin Baoulé), les jeunes Ebrié sont venus nous voir, pour nous dire de quitter leur village si on tenait à la vie. Ils disent que nous sommes des traites, parce que le Pdci a supporté Alassane Ouattara aux élections».

Nous avons entendu des propos similaires, partout, où nous nous sommes rendus. Les jeunes Ebrié interrogés, ont prétendu n’être au courant de rien. Cependant, l’un d’entre eux, a glissé discrètement dans la poche arrière de mon jean, un bout de papier contenant son numéro de téléphone. Nous l’appelons, et, nous prenons rendez-vous avec lui à Cocody. Il confirme l’information. «On s’apprête à vider les étrangers de notre village, précisément les Baoulé pour cause de traitrise. Ils ont intérêt à partir sinon ce qui arrive là, c’est pas bon la vieille mère. Ils soutiennent Ado. Vous-mêmes vous voyez comment il met le pays à genoux ! Et puis, nous Ebrié, on est fatigué, la vieille mère, c’est pas tout on dit», ajoute-t-il d’un air menaçant.

La cohésion sociale en péril ?

Les Ebrié d’Anono acquis à la cause de Laurent Gbagbo, avaient, au plus fort de la crise postélectorale, sommé M. Ouattara de libérer le Golf Hotel. Le 13 janvier 2011, le président du conseil de sécurité Atchan Goto (CSAG) avait fait la déclaration suivante : «Le CSAG présente toutes ses condoléances aux familles des soldats et de nos frères et sœurs tombés sous les balles des manifestants du RHDP, compatit aux douleurs des blessés des tirs des sympathisants de Alassane Ouattara et des casques bleus, et condamne avec la dernière énergie tous les actes de vandalisme orchestrés contre les populations et le peuple Atchan en particulier. Invite le pays Atchan à plus de vigilance et lui demande de ne point céder aux provocations destinées à mettre en péril les efforts consentis par le président de la République S.E.M. Laurent Gbagbo depuis l’avènement de la crise ivoirienne».

Inutile de rappeler aux uns et aux autres que la Côte d’Ivoire n’a plus besoin de violences sociales ou ethnico-sociales parce que les Ivoiriens, sur l’ensemble des 322000KM2, sont partout chez eux. Et ont le droit, pendant les élections, qu’elles soient locales ou nationales, de voter le candidat de leur choix. Ça s’appelle la démocratie. Nul ne doit être menacé de quelque manière que ce soit, pour son vote. Les nouvelles autorités du pays devraient veiller à ce que les actes qu’elles posent au quotidien, contribuent à ressouder le tissu social mis en lambeaux, sous l’action conjuguée et criminelle de des politiciens de tous bords. Les exclusions qui ont conduits le pays dans le gouffre ne doivent plus être célébrées par les nouvelles autorités qui, pour le moment, ne donnent pas le bon exemple, il faut le reconnaître.

Christiane Djahuié

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