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Sport Publié le jeudi 23 août 2012 | L’intelligent d’Abidjan

Interview / Mme Yoda née Koné Mariam (Directrice des Sports de Haut niveau) assène ses vérités aux présidents des fédérations : ‘‘Il n’y a que 5 fédérations légalement constituées sur un total de 27 en Côte d’Ivoire’’

© L’intelligent d’Abidjan Par DR
Omnisports: la directrice des sports de haut niveau effectue une visite dans les fédérations sportives nationales
Mme Yoda, née Koné Mariam (Directrice des Sports de haut niveau ) au ministère des sports et loisirs lors d`une interview.
Le partage de la parafiscalité aux fédérations sportives est sujet à polémique. Des présidents de fédérations accusent la direction des sports de haut niveau, cheville ouvrière du partage, de faire de la complaisance. Mme Yoda née Koné Mariam, responsable de cette Direction, a décidé d’évoquer la question avec l’IA afin de dissiper les doutes.
Récemment, vous avez distribué la deuxième tranche de la parafiscalité au titre de l’année 2012. D’aucuns se demandent quels sont les critères qui militent en faveur de cette parafiscalité.
Je vais peut-être pour une fois être un peu dure, mais je pense que si aujourd’hui, au lendemain de la remise des chèques du deuxième trimestre, des fédérations se posent encore des questions sur les critères qui ont prévalu pour leur évaluation, franchement je dirai que c’est de la mauvaise foi. Ces fédérations ont reçu dans leurs boîtes e-mail tout ce qui est comme critères ou documents relatifs à cette parafiscalité. Vous ne pouvez pas avoir une boîte e-mail et ne pas la consulter ! Vous ne pouvez pas avoir des documents à votre disposition et ne pas pouvoir les analyser. Nous n’avons rien à cacher, nous avons travaillé dans la sérénité et la rigueur. Nous avons mis à leur disposition tous les documents, à eux de les analyser, de comprendre leurs contenus. S’ils ont des problèmes de compréhension, qu’ils viennent nous trouver et nous allons leur expliquer. Alors parler aujourd’hui encore de critères, je dis honnêtement que c’est de la mauvaise foi. Ils ont reçu tous les documents relatifs à ces critères.

Expliquez-nous pourquoi certaines Fédérations qui ont réalisé de bons résultats en 2012, sont-elles mal classées ?
Je vais vous dire qu’en fait, ce sont les résultats de 2011 qui comptent. Il y en a qui vont dire qu’on a donné les chèques en 2012 mais ce ne sont pas les résultats de 2012. Ce n’est pas parce que vous avez réalisé des résultats dans le 1er trimestre de 2012 qu’on pourra les prendre en compte dans la parafiscalité de 2011. Ce sont les résultats au titre de l’année 2011 qui vous permettent d’être classés pour la parafiscalité de 2012. Donc les fédérations qui ont fait des résultats en 2012 se verront peut-être propulsées à un niveau supérieur en 2013. Qu’ils ne confondent pas les choses.

Pourquoi la Direction des sports de haut niveau cache-t-elle les montants de la parafiscalité malgré sa classification ?
Si je ne m’abuse, ils ont encore ces chiffres dans leurs boîtes, le tableau qui donne à chacun sa classification et le montant global de la parafiscalité. A la journée d’hommage aux athlètes, je pense que le montant de la parafiscalité a été dit. Je suis désolée, parce que dans leur boîtes e-mail nous leur avons envoyé le tableau de classification pour qu’ils les comparent. Le montant est dessus, les 35% qu’on leur a donnés pour l’année 2012, aujourd’hui vous avez 95 millions FCFA. Qu’ils parlent. Le tableau final après classification, ils l’ont dans leurs boîtes. Ces fédérations qui se plaignent, c’est à elles de nous dire leurs véritables problèmes. Mais, je pense qu’il n’y a pas de problème. Je vais vous le dire aujourd’hui, ils ne le disent pas mais des fois quand ils crient, on les comprend. Il y a certaines fédérations qui veulent qu’aujourd’hui quand on dit par exemple que si au niveau de la parafiscalité la cagnotte est de cent millions, qu’on divise cela par 27 qui est le nombre de Fédérations et puis point. Barre. Je suis désolée, pourquoi on a mis alors en place des critères ? Nous ne pouvons pas comprendre cela. Et les fédérations qui travaillent, celles qui se tuent à la tâche, qui font des efforts pour avoir des partenaires privés, elles ne doivent pas être récompensées ? Et celles qui gèrent au mieux leur fédération comme si c’était leur propre entreprise, elles doivent être au même niveau qu’une fédération qui ne peut même pas faire un mois de compétition au niveau national ? Elles doivent être au même niveau qu’une fédération qui, lorsque tu vas dans le siège, tu ne peux même pas rester pendant plus de 2 minutes, tellement, excusez-moi du terme, l’environnement est dégueulasse. Je suis désolée, cette manne là répond à des critères. Ils vont s’y soumettre. Celui qui ne veut pas s’y soumettre c’est qu’il a les moyens de se prendre en charge. Voilà la manière dont ces fédérations souhaitent qu’on fasse la gestion. Mais l’injustice dont ils parlent, si nous faisons comme ce qu’ils veulent, c’est cela l’injustice. Parce qu’il faut reconnaître qu’il y a des présidents de fédérations qui travaillent. Ils savent qu’ils sont dans une gestion bénévole mais ils le font de façon rigoureuse comme si c’était leur propre entreprise. Ces fédérations doivent être félicitées. Elles ne peuvent pas être au même niveau que des fédérations qui sont encore à la traîne, qui ne travaillent pas mais qui attendent la parafiscalité pour commencer ne serait-ce qu’un championnat. Vous trouvez cela normal ? Tant que la parafiscalité n’arrive pas, on ne peut pas commencer un championnat. Et avant quand il n’y avait pas de parafiscalité, comment fonctionnaient-elles ? Quand il n’y a pas de parafiscalité, il n’y a pas d’activités dans certaines fédérations. Et si ces fédérations ont des compétions internationales pendant le premier trimestre et que la parafiscalité du 1er trimestre est déjà en retard, elles ne font aucune activité. Et puis on vient nous dire de financer cette fédération qui va en compétition internationale. Comment a-t-elle préparé ces athlètes ? Il n’y a pas eu de championnat, elle a jaugé ses athlètes par rapport à quoi ? Comment a-t-elle fait la présélection pour avoir ces athlètes pour aller dans une compétition puisqu’elle n’a pas fait d’activité ? Si nous voulons entrer dans la réalité des choses, il n’y a pas plus de cinq fédérations qui peuvent faire des compétitions internationales. Mais je pense que même si on a pu et que le mouvement sportif est géré de façon rigoureuse, c’est petit à petit que nous allons comprendre certaines choses.

Mais que comptez-vous faire pour que les choses aillent mieux ?
A la direction, nous disons qu’il y a des critères pour être éligible. Il y a des critères sur lesquels nous nous appuyons pour évaluer les fédérations, et nous n’allons pas nous dérober à ces critères. Nous avons toujours accompagné les fédérations qui souhaitent être accompagnées afin qu’elles s’améliorent. Et ça, nous n’allons pas nous dérober. Voilà ce que nous voulons faire. Nous entendons beaucoup de choses mais nous ne tombons pas dans cela. Nous savons où nous voulons partir et ce que nous avons à faire. Tout ce que nous faisons est appuyé sur des textes qui existent avant que nous n’arrivons dans cette structure. Il faut les appliquer. On fait des textes pour les appliquer.

Le handball s’est bien comporté aux derniers jeux de la CEDEAO mais il a été rétrogradé au niveau zéro, tout comme le golf…
(Elle nous arrête). Je n’ai rien contre la Fédération de handball. Les derniers jeux de la CEDEAO c’est en 2012. La médaille du handball sera utilisée pour la parafiscalité de 2013. Maintenant vous avez parlé de la fédération de golf. Je vais vous dire que cette fédération a bénéficié de circonstances atténuantes parce que son siège avait été occupé. Mais pendant que le siège avait été occupé, elle a toujours reçu sa parafiscalité qui était de 1,5million FCFA par trimestre. Quand la crise est finie, elle aurait pu réintégrer ses locaux. Mais en commission, elle a bénéficié de circonstances atténuantes parce qu’elle a beaucoup souffert des affres de la guerre. Mais vous ne pouvez pas comprendre que six mois après que nous soyons sortis de cette crise, vous arrivez dans cette fédération, les cartons sont encore renversés. Au mois d’avril 2012, quand nous commencions les visites dans les fédérations, les cartons étaient renversés et les documents éparpillés dans cette fédération. Vous trouvez cela normal ? Alors que toute l’année 2011, vous avez reçu la parafiscalité. Vous voyez, il y a des choses qu’on n’a pas envie de dire. Ce n’est pas tout qu’on dit. Nous prenons la fédération de cyclisme, elle se plaint aussi qu’elle a été sanctionnée sur la gestion d’un autre comité directeur. Mais je suis désolée, il n’y a pas eu de nouveau comité directeur. C’est le même comité qui fonctionne en ce moment. Le président Eugène Dié Kacou a démissionné. C’est le vice-président Allah Kouamé qui assure l’intérim jusqu'à l’organisation des élections. Mais c’est le même comité directeur d’Eugène Dié Kacou qui continue. Donc, je ne peux pas comprendre qu’ils disent qu’ils ont été sanctionnés sur la gestion d’un autre comité. Non, ils étaient comptables de la gestion et ils n’ont rien dit. Alors je ne peux pas comprendre que depuis l’avènement de la parafiscalité, il n’y a même pas un seul ordinateur dans cette fédération. Il n’y a rien dans leur siège. Vous demandez un rapport d’activité, le rapport financier n’existe pas. Quand vous le leur demandez ils ne savent même pas de quoi il s’agit. C’est de la complaisance. On dit c’est de l’argent qui ne vient pas de notre poche, mais c’est l’argent du contribuable donc il faut l’utiliser à bon escient. Je prends par exemple la fédération de tennis de table qui se plaint aussi parce qu’elle a été exclue de la parafiscalité. Mais oui elle a été exclue parce qu’elle ne nous a pas permis de faire la visite chez elle alors que les responsables fédéraux ont été informés une semaine avant. Le jour de la visite, on appelle le président et il dit qu’il est a Grand-Bassam, donc on n’a pas pu faire la visite technique. Les autres éléments qui entrent dans les critères d’évaluation, ils ne nous les ont pas déposés. Le jour où la commission siégeait, quand nous sommes arrivés sur le carton de la fédération de tennis de table, il était vide, aucun rapport. Donc la commission n’avait aucun élément pour valider cette dépense. Vous voulez qu’on l’admette comme cela, qu’on se base sur ce qu’elle a déjà fait pour l’évaluer ? Non ce n’est pas comme cela. Des fédérations fonctionnent avec des récépissés de dépôt, ce n’est pas normal. Elles ne sont pas légalement constituées. Je n’ai pas envie de citer de nom. Prenons même la fédération de karaté qui est devant moi ici. Condition légale, zéro ; c’est-à-dire elles n’ont ni récépissé ni agrément. Et puis quand tu comptes les 27 fédérations que nous avons visitées, il n’y a que cinq qui étaient dans les conditions légales.

Là aussi, c’est un problème !
Mais c’est vérifié. C’est un problème et c’est de cela qu’il s’agit. Ce n’est pas une affaire de « on m’a lésé ». Il n’est écrit nulle part que quand vous entrez dans la parafiscalité vous y demeuriez malgré vos dysfonctionnements. Et même si cela était le cas, on aurait vite fait de l’enlever. Vous avez travaillé pour être éligible mais quand vous ne travaillez plus cela se ressent sur vos notes. Voilà les vraies réalités des fédérations. Et quand on veut faire en sorte que les choses aillent, elles ne sont pas contentes. Il y en a par contre qui ne sont pas mieux nanties que d’autres mais elles savent qu’elles ignorent beaucoup de choses et donc elles veulent apprendre pour s’améliorer.

N’y a-t-il pas un problème de profil au niveau des dirigeants de fédération ?
Nous avons effectivement un problème de profil des candidats dans les fédérations. Mais ce sont les associations sportives qui élisent le président de la fédération. Aujourd’hui, dans le mouvement sportif ivoirien, certaines fédérations se sont dit que le ministère ne va jamais aller au bout de son contrôle. Quand tu me dis que tu as une ligue à Bouaké, je prends mon téléphone et j’appelle quelqu’un là-bas pour en savoir plus. Il y a des DG et des DR partout. C’est facile d’appeler et de dire résous-moi ça. Même en week-end il va faire une investigation sur son département et puis vous avez la réponse. Il ne faut pas qu’ils se trompent, je n’ai pas intérêt à faire des exclusions. Ce n’est pas cela qui va augmenter mon salaire, et puis moi je ne suis même pas dans ce schéma. Moi je suis sportive depuis le bas âge à Bouaké, c’est un mouvement dans lequel depuis toute petite j’ai évolué. Je connais les difficultés des athlètes et des fédérations. Mais je dis que si nous voulons que le mouvement sportif ivoirien soit respecté, si nous fonctionnons bien, nous aurons tous les sponsors qu’on veut. Ils aiment bien se plaindre que le ministère donne tout au football. Mais le football a commencé petit à petit à normaliser son environnement, à avoir un carnet d’adresses. Mais comment le football a pu faire pour assainir son environnement et avoir des partenaires privés ? Ils auraient pu approcher le président de la Fédération ivoirienne de football pour lui demander comment il a pu faire bouger les choses, au lieu de s’asseoir là pour dire des choses. Le football a ses problèmes mais il ne s’assoit pas pour attendre du ministère des sachets d’eau pour commencer ses activités. C’est à eux d’assainir leur environnement s’ils veulent avoir des partenaires privés. Si je suis annonceur ou sponsor et que je veux mettre mon argent dans une discipline sportive je demande, est-ce que je peux savoir où se trouve le siège de la fédération de handball ? Et quand j’arrive, le siège même me repousse déjà. Pensez-vous que je vais y injecter mes sous ? C’est de cela qu’il s’agit et non une histoire de « c’est de l’injustice », non. On leur donne les critères de la parafiscalité. Tous les documents que nous avons, nous n’en élaborons aucun. Les documents sur lesquels nous les évaluons, ce sont eux qui nous les apportent et nous ne faisons que les analyser. Quand l’argent du contribuable entre dans une affaire, il faut qu’on le gère avec beaucoup de rigueur.

Annoncia Sehoué
coll I.N’Guessan
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