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Le Mandat N° 935 du 7/11/2012

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Privatisation et restructuration des sociétés d’Etat : De grandes reformes se préparent
Publié le mercredi 7 novembre 2012  |  Le Mandat




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Le gouvernement prépare une grande réforme de plusieurs structures dans lesquelles l’Etat possède de ses parts importantes. Ce processus pourrait voir l’Etat céder plus du quart de ses participations. Lors de sa visite d'État en France, en février 2012, le chef de l’Etat, Alassane Ouattara a annoncé son intention de commencer par les banques publiques. En Conseil des ministres, le 23 mai dernier, Charles Koffi Diby, le grand argentier, a présenté le schéma de ce désengagement. Selon des informations, chaque cas sera minutieusement examiné. Idem pour le sort des employés et de l'impact social pour les populations. Quinze sociétés sont concernées. Leur capital social cumulé s'élève à 116 milliards F CFA, dont 24,7 milliards F CFA de participation financière de l'État. C’est une méthode que l'État justifie par la volonté de réduire les coûts d'étude, de consultation et d'appels d'offres... Aussi, s'agit-il tout d'abord de limiter sa présence aux activités non marchandes régaliennes et aux activités marchandes jugées stratégiques pour le développement du pays. Mais, cette volonté de désengagement répond aussi à une réalité économique. Pendant plus de douze ans de crise, on a assisté à un manque total de contrôle et de visibilité et à une gestion pour le moins laxiste des entreprises publiques. Bon nombre de sociétés aujourd'hui en vente connaissent d'importantes difficultés (déficit, insuffisance de fonds propres, endettement élevé) et coûtent chères en subventions. Deux voies sont à l'étude : la vente directe de parts à l'actionnaire principal ou l'introduction d'une partie des actions à la Bourse Régionale des Valeurs Mobilières (BRVM). L'État estime impératif de se débarrasser des actifs toxiques et d'assainir le portefeuille. L'opération permettra de faire des économies et de se servir des recettes des privatisations pour restructurer d'autres entreprises. Combien ce processus rapportera-t-il à l'État ? Il est trop tôt pour le savoir. Le prix de cession de ses actions dépendra des résultats des études de valorisation et des choix retenus. Le processus de cession des banques publiques ou à participation étatique, qui représentent tout de même 34 % des parts de marché du secteur, est le plus aisé, notamment pour les deux fleurons que sont la Société ivoirienne de banque (SIB, détenue à 49 % par l'État) et la Banque internationale pour l'Afrique occidentale (BIAO, 10 %). Financièrement, les deux Institutions se portent bien. Sur ces deux dossiers, l'Etat a commencé à discuter avec les actionnaires majoritaires, le marocain Attijariwafa Bank pour la SIB et le groupe NSIA pour la BIAO. Deux voies sont à l'étude : la vente directe de parts à l'actionnaire principal ou l'introduction d'une partie des actions à la Bourse Régionale des Valeurs Mobilières (BRVM). Quelle que soit l'option arrêtée, la cession des actifs pourrait intervenir avant la fin de l'année ou au plus tard en mars 2013. Plus problématique est la situation de Versus Bank, l'ancien établissement du groupe L'Aiglon, repris par les autorités en 2009 afin d'éviter une banqueroute. L'État a mis plus de 22 milliards F CFA pour le recapitaliser, principalement sous forme d'abandon de créances. Autre établissement en situation très délicate, la Banque pour le financement de l'agriculture (BFA). Créée en 2003, cette société connaît des pertes récurrentes. Pour éviter sa liquidation, l'État a adopté un schéma de restructuration : cession des créances en souffrance d'un montant de 36,7 milliards F CFA, abandon du dépôt du Trésor public... Pour ces deux établissements, les Institutions de Brettons Woods préconisent de mettre en place un mécanisme d'enchère concurrentielle.

Le sort de banques publiques

Dans les coulisses, on annonce que la Banque nationale d'investissement (BNI) devant absorber la Caisse Nationale de Crédit et d'Epargne (CNCE), largement endettée. Encore faudra-t-il réussir le mariage entre deux établissements aux vocations diamétralement opposées. Le premier sert à financer les grands projets d'infrastructures, quand le second agit comme une banque de proximité. Le Président de la République, Alassane Ouattara souhaite créer une Institution qui ferait aussi bien du financement à long terme que du crédit aux PMI-PME ou aux particuliers. L'objectif serait de créer l'émulation dans le secteur et de bousculer des consœurs qui ont tendance à se concentrer sur le financement des campagnes agricoles (cacao, café, coton...) à très court terme. Ce pôle pourrait être privatisé dans un second temps, l'État n'ayant pas vocation à rester dans le secteur bancaire. Outre les banques, l'État devrait également céder onze autres participations dans l'agro-industrie, les télécoms et l'industrie. Parmi lesquelles celles de Sucrivoire, qui a réalisé 35,7 milliards F CFA de chiffre d'affaires en 2011. L'actionnaire majoritaire Sifca étudiera la reprise des parts de l'État (23 %). La cession des parts dans les Nouvelles Éditions ivoiriennes (NEI-Ceda, groupe Fraternité Matin) et Côte d'Ivoire Télécom est aussi envisagée. Les autorités recommandent de réduire les parts de l'État de 48,5 % à 20 %.

Les sociétés d’Etat à restructurer

Parallèlement aux privatisations, l'État a prévu de restructurer douze entreprises publiques afin de les maintenir dans son portefeuille. Le besoin de recapitalisation global est estimé à 73,15 milliards F CFA, dont 46,78 milliards revenant à l'État en tenant compte de son niveau de participation. Sont concernées la société Vitib (nouvelles technologies), l'Institut national de la statistique, Fraternité Matin (édition), la RTI (télévision), le Bureau national d'études techniques et de développement, la Sotra (transport), l'Agence de gestion foncière, l'Autorité de régulation du coton et de l'anacarde, CIDT et Cotivo (coton), FTG et Utexi (textile). Il a été demandé aux dirigeants de ces sociétés de proposer un plan de redressement afin d'assainir leur situation financière et de déterminer leurs besoins en fonds de roulement. Suivant les cas, l'État pourrait abandonner les arriérés de cotisation sociale, les dettes fiscales et injecter des ressources afin de relancer les activités.

BENJAMIN SORO

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