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Symposium du cinquantième anniversaire de La BCEAO : mot de cloture du Gouverneur Tiémoko Meyliet Koné
Publié le mercredi 7 novembre 2012  |  BCEAO


Clôture
© Abidjan.net
Clôture du Symposium du cinquantième anniversaire de la BCEAO et remise du Prix Abdoulaye Fadiga


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Excellence, Monsieur le Président de la République du Sénégal
Excellence, Monsieur le Président de la République de Côte d`Ivoire
Messieurs les Premiers Ministres
Messieurs les Ministres
Messieurs les Présidents des organes et institutions de l`UEMOA
Monsieur le Directeur Général Adjoint du Fonds Monétaire
International
Mesdames et Messieurs les Gouverneurs de Banques Centrales
Mesdames et Messieurs les Professeurs et Chercheurs
Honorables invités
Mesdames et Messieurs,

Excellence, Monsieur le Président de la République de Côte d`Ivoire,
Profitant de votre participation à ce stade des célébrations du
cinquantenaire, je voudrais avant toute chose, souhaiter la bienvenue au
nom de tous les agents de la Banque Centrale et en mon nom propre à
l`ancien Gouverneur et surtout au Gouverneur Honoraire de la BCEAO.
Je voudrais aussi vous remercier d`avoir bien voulu présider la cérémonie
de clôture avec votre frère et homologue le Président de la République
du Sénégal, son Excellence Monsieur Macky SALL que je ne cesserai de
remercier pour sa disponibilité à l`endroit de la BCEAO.
Je salue aussi particulièrement la présence remarquée de la Première
Dame du Sénégal, Mme Marième Faye SALL et de la Première Dame
de Côte d`Ivoire, Mme Dominique OUATTARA. Je crois chers invités que
nous devrions les applaudir et même très fort.
Mesdames, vous rehaussez cette manifestation tout autant que vos
époux et la Banque Centrale en est fière. Au nom de tous les invités ici
présents, je vous remercie pour l`éclat que vous apportez à la cérémonie.

Chers participants à ce symposium,
Chers invités,
Mesdames et Messieurs,

Nous arrivons donc au terme de ce symposium de haut niveau sur le
thème central : « Intégration monétaire et mutations du système financier
international : défis et perspectives ».
Concernant les remarques conclusives que le programme m`impose de
faire, vous comprenez aisément la difficulté que cela présente, pour la
simple raison que les débats ont été riches, les échanges de haute
portée, ce qui n`est pas étonnant vu la qualité des intervenants.
Cette rencontre qui intervient à un moment important de la vie de la
BCEAO a porté sur un sujet d`une grande actualité et d`une importance
majeure au regard de la conjoncture internationale actuelle.
Je tiens spécialement à remercier les intervenants qui ont su nous
gratifier de réflexions de haute facture sur les problématiques qui ont été
traitées.
Les échanges qui ont eu lieu lors de cette rencontre seront d`une grande
utilité pour la BCEAO, dans le cadre de l`accomplissement de ses
missions.
La qualité des présentations, des commentaires et des débats a permis
de dégager des idées maîtresses susceptibles de contribuer à l`efficacité
de l`action de la Banque Centrale.
Le premier sous-thème intitulé « Conduite de la politique monétaire en
union monétaire : défis et perspectives – cas de l`UMOA » a permis
d`échanger sur les mutations du système financier international, qui ont
rendu nécessaire l`adaptation des instruments de la politique monétaire,
ainsi que du dispositif de supervision et de régulation financière.
Il est relevé que le bilan de la conduite de la politique monétaire de la
BCEAO est globalement positif, marqué notamment par une maîtrise de
l`inflation à un niveau relativement faible. En revanche, la croissance
économique demeure insuffisante et instable du fait de la forte
vulnérabilité de la Zone aux chocs exogènes.
A cet égard, il a été noté que le régime de change du franc CFA et la
solidarité ont protégé les pays de l`Union des conséquences de ces
chocs. Toutefois, certains intervenants ont relevé que le régime de
change pouvait constituer une contrainte en rapport avec le niveau du
taux de change de la monnaie ancre, l`euro, lorsque celui-ci s`apprécie
par rapport au dollar.
Il est également noté que les économies de l`UEMOA auront à faire face
à un certain nombre de risques majeurs. Il s`agit notamment de
l`hétérogénéité de la situation économique des Etats, des chocs
exogènes notamment climatique et socio-politique ainsi que de la crise
de la dette souveraine dans la zone euro. En outre, certains participants
ont noté que l`insuffisance de l`intégration du marché interbancaire se
traduisait par des taux d`intérêt débiteurs élevés qui ne favorisent pas le
financement de l`investissement. Ces taux sont en effet très supérieurs
aux taux directeurs de la BCEAO.
Face à ces risques, les participants au symposium ont suggéré :
1. la mise en œuvre effective de la libre circulation des biens et des
personnes au sein de l`UEMOA et la consolidation du marché commun ;
2. le renforcement de la solidarité entre les Etats afin d`atténuer les
effets liés à la disparité des situations économiques ;
3. le renforcement de la régulation prudentielle et de la supervision
bancaire pour accroître la confiance entre les banques et favoriser
l`approfondissement du marché interbancaire. L`objectif est d`améliorer
l’efficacité des canaux de transmission de la politique monétaire et
réduire le coût du crédit. Les actions qui seront engagées en vue de
favoriser la baisse du coût du crédit devraient respecter le principe de la
libéralisation des conditions de banque ;
4. la mise en place de règles d`endettement public mieux adaptées
afin d`éviter la survenue de crises de la dette souveraine dans l`UEMOA.
L`objectif est de permettre aux Etats de s`endetter de façon soutenable ;
5. la mise en œuvre des politiques budgétaires adéquates ainsi que
des réformes structurelles (notamment dans les domaines des
ressources humaines, de l`agriculture, de l`industrie) afin de diversifier les
bases de la croissance et améliorer le potentiel de l`économie. L`objectif
est d`offrir plus de marge de manœuvre à la politique monétaire et
consolider la monnaie commune ;
6. la poursuite des efforts engagés par l`UMOA pour structurer et
approfondir le marché financier régional. A cet effet, un vaste programme
d`actions qui concerne l`ensemble du système financier, est en cours de
mise en œuvre sous la conduite d`un Comité de Haut Niveau. Certaines
de ces actions prévues dans ce cadre ont été évoquées au cours des
débats. Il s`agit notamment de l`Agence UMOA-Titres pour l`émission des
titres publics et du Fonds de stabilité financière.
Le second sous-thème intitulé « Rôle des Banques Centrales dans le
financement de l`économie : leçons de l`expérience des pays
émergents » a été l`occasion d`évoquer des actions que pourraient
engager les Banques Centrales pour faciliter le financement de l`activité
économique.
Il est ressorti pour les pays bénéficiant d`un boom lié aux ressources
minières, la nécessité de mettre en place une architecture financière
permettant de mobiliser une partie de ces ressources, en vue de la
réalisation d`infrastructures de base et du lissage de la dépense6
publique. Dans ce cadre, les banques centrales ont un rôle majeur à
jouer, à travers la création de fonds pour les générations futures, la
promotion d`institutions de capital risque, le renforcement des capacités
de sélection et d’exécution des projets d`investissement publics.
Les principaux points ressortis des discussions de la deuxième session
peuvent être résumées comme ci-après :
1. l’évolution importante, au cours des cinquante dernières années,
du rôle des banques centrales, dont le mandat a, dans un premier temps,
inclus le financement du développement. Certains participants ont noté
que la stabilité des prix et la stabilité financière sont les meilleures
contributions que les banques centrales peuvent apporter à l`économie.
Par contre, d`autres participants ont indiqué que l`Afrique a des besoins
de développement spécifiques et ses banques centrales ne devraient
pas s`en tenir uniquement à la stabilité monétaire, mais viser aussi des
objectifs de développement ;
2. le nouveau contexte favorable que connaît l`Afrique
subsaharienne, marqué par une croissance relativement forte dans une
économie mondiale en ralentissement, en rapport avec un boom des
matières premières. Ce contexte qui se traduit par une hausse des
ressources publiques et de la capacité d`endettement des Etats
nécessite l`adoption de règles budgétaires. Toutefois, ces règles doivent
être flexibles et adaptées au contexte des pays africains ;
3. l’opportunité pour les banques centrales, dans le cadre du
financement du développement, de mettre en place des mécanismes
mobilisant d`autres ressources que celles tirées de l`exploitation des
matières premières qui ne sont pas des ressources renouvelables. Au
niveau de la BCEAO, le choix a été fait de ne pas intervenir directement
dans le financement des activités productives mais de renforcer et
structurer le marché financier, en vue de permettre aux agents
économiques de se financer dans les meilleures conditions. Les travaux
engagés dans le cadre du Comité de Haut Niveau évoqué plus haut
concernent également ces aspects.
Enfin, le troisième sous-thème intitulé « Mutations du secteur
financier, croissance économique et stabilité financière : Quelles
réponses les Banques Centrales peuvent-elles apporter ? » a montré
l`importance de l`approfondissement du secteur financier pour garantir la
croissance économique. En effet, l`approfondissement du secteur
financier facilite la mobilisation des ressources nécessaires au
financement des investissements porteurs de croissance. Toutefois il a
été relevé que l`approfondissement financier peut comporter des risques
de contagion.
Les débats autour de cette problématique ont permis de relever que pour
des pays comme ceux de l`UEMOA, une attention particulière doit être
accordée aux mesures visant l`inclusion financière, en vue d`élargir le
champ des consommateurs de services bancaires et favoriser le
développement des marchés financiers.
Ils ont également mis en relief le besoin d`une révision du modèle de
supervision des systèmes financiers fondé jusque-là sur une approche
exclusivement sectorielle. L`enjeu majeur est d`adopter une perspective
macroprudentielle plus large, eu égard aux liens étroits existant entre les
diverses composantes du système financier.
Au total, les travaux de ce Symposium ont mis en exergue des pistes
d`actions dont la BCEAO pourrait s`inspirer comme repères dans les
réflexions visant le renforcement de l`efficacité de la politique monétaire
de la BCEAO et du financement des économies de l`Union.
Par ailleurs, les débats ont permis de souligner le besoin de solidarité et
de discipline pour garantir la stabilité financière et la viabilité de
l`UEMOA. En particulier, l`importance d`assurer une surveillance étroite
des marchés des capitaux, notamment celui des dettes publiques, a été
relevée.8
Excellences, Messieurs les Présidents de la République
Honorables Invités
Mesdames et Messieurs,
Ces deux journées de travaux ont donc permis d`approfondir des
questions essentielles de politique monétaire et financière, de partager
les expériences des participants divers dont l`autorité et la qualité ont été
reconnues par tous.
Je voudrais réitérer mes sincères remerciements à nos distingués invités
et exprimer ma satisfaction pour la qualité des débats et la pertinence
des recommandations.
Avec l`espoir que les contacts établis aujourd`hui seront maintenus et
approfondis au cours des mois à venir, je vous souhaite un bon retour
dans vos foyers respectifs.
Je vous remercie.



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