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Opinion / Barack Obama : Héros et symbole de la démocratie américaine
Publié le jeudi 15 novembre 2012  |  Le Banco


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© Autre presse par DR
Election présidentielle américaine de 2012: Barack Obama réélu Président
Au terme d`une longue campagne, Barack Obama a été réélu à la présidence des Etats-Unis pour un second mandat.


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Le mardi 6 novembre a étésans doute le jour le plus long del’année 2012 pour les citoyens américains et leursalliés, ainsi que le reste du monde qui a suiviavecun grand intérêt les dernières élections présidentielles qui ont opposé le président sortant,Barack Obama, à l’ancien gouverneur du Massachusetts,MittRomney.

Il y avait, d’un côté, ceux qui voulaient revivre l’histoire d’amour qui a débuté en novembre 2008 avec l’entrée fracassante au sommet de l’Etat de l’ancien sénateur de l’Illinois. Un événement qui a bouleversépour longtemps l’ordre politique au pays de l’Oncle Sam.

Puis, il y avait ceux qui voulaient voir le président Obama partir. Ce groupe était divisé en deux: une partie le considérant comme un outsider. Pour ces détracteurs et leurs alliés politiques radicaux, la présence de M. Obama au sommet de l’Etat pourrait inspirer et ouvrir une grande porte à d’autres surprises dans le futur.

Notons que la forte immigration de ces dernières années et le brassage ethnique ont profondément changé les données statistiques dans ce pays. La croissance rapide chez les communautés latinosen est un exemple édifiant.Il n’est plus exclu que la race blanche perde la majoritédémographique dans le futur.Mais cela n’est pas pour maintenant. Toutefois,on peut dire qu’un fort taux de croissance chez les minorités aura une incidence notable sur la politique générale des Etats-Unis.

L’autre partiede ce second groupe souhaitait le départdu président non par mépris forcément,mais à cause des promesses non réalisées comme la réforme de l’immigration, la fermeture de la prison de Guantanamo, les problèmes liés à la crise économique et le chômage en particulier. Ce groupe est composé des citoyens de tous les bords (Latinos, Africain-Américains, Blancs, Démocrates, Républicains, et Indépendants).Il est important de noter que la classe moyenne est très importante dans ce pays. Elle est le poumon du développement et donc de la croissance économique.Ensuite, elle contribue massivement aux impôts et aux taxes annuelles. Enfin, c’est grâce à elle que l’Etat peut s’occuper des plus démunis.

Il y avait, enfin,un derniergroupe bien minoritairecomme partout ailleurs, totalement déconnecté de la politique et donc du processus électoral. Ces personnes tenaient un discours parfois désobligeant ou négatif envers le processus électoral et la classe politique: «La politique, je m’en moque éperdument» ou alors «les politiciens sont les mêmes, menteurs, manipulateurs, ils luttent pour leurs propres intérêts etceux de leurs familles et amis».

BarackObama estun héroset une idole pourune grande partiedes minorités, des femmes, de la classe moyenne etde la jeunesse.Il estaussiun symbole dela démocratie américaine. Il est le premier noir Américain ou Africain-Américain à accéder à la magistraturesuprêmede l’histoire des Etats-Unis d’Amérique en proie à toutes sortes d’envies, d’antagonismes etde rivalités. Ilest élu pour la première fois en novembre2008(mais intronisé en janvier 2009) au moment oùles Etats-Unis ont besoind’un leader consensuel plus habile politiquement, pour soigner l’image et la réputation de ce paysplus ou moins ternies sous son prédécesseur.Au plan interne, ilhérite d’une crise économique sans précédent aux conséquences mondiales. Il lui fautdonc lutter sur deux fronts (1):rassurerses concitoyenset sauver l’économie en pleine décadence; (2) maintenir l’hégémonie et l’influence américaine dans le monde.

Il faut dire que l’avènement deM. Obama à la présidence des Etats-Unis, a surpris plus d’un à cause de son itinéraire jugéà tort ou à raison un peu “inhabituel”ou “non-naturel”. Sa présenceà la Maison Blanche change la dynamique politique du dedans comme du dehors. De simple communityorganizerau sud de Chicago,il s’est fait élireau poste de sénateur. Ilfait parler de lui et crée la confiance autour de sa personne par son humilité, son respect ainsi que son flair politique.Il gagnel’admiration et l’amitié de grandes personnalités de son parti telsfeu Ted Kennedy du Massachusetts, feu ArlenSpector de la Pennsylvanie, Harry Reid du Nevada, Dick Durbin etCarol Moseley de l’Illinois, James Clyburn de la Caroline du Sud, John Conyers de New York, John Lewis de la Géorgie, Nancy Pelosi de la Californie, Bill et Hillary Clinton d’Arkansas et New York, pour ne citer que ceux-là.

Ceci n’est pas un pur hasard car l’homme s’est aussi doté avant tout de qualités morale, spirituelle et intellectuelle. Tout observateur de la politique américaine sait qu’elle peut être très passionnante mais aussi très douloureuse parfois.Sur ce plan, on peut dire que M. Obama est un homme politique propre,même sil’incident causépar son association avec son ancienpasteur Jeremy Wright l’a quelque peu éclaboussé pendant la campagne de 2008. Autrement dit,il est resté débout, intègre etégal à lui-mêmedans la dignité et l’honneur.

Le président Obama a bénéficié d’autres facteursaussi importants que ceux évoqués plus haut. Certains lui sont internes comme le goût du risque et la confiance en soi.A ceux-ci il faut ajouter le support inconditionnel de sa famille et celle de sa femme Michelle, de certains médias etdes amis comme Rahm Emanuel, l’actuel maire de Chicago, David Axelrod, son conseiller politique,Jim Messina, son directeur de campagneet Susan Rice, l’actuelle ambassadrice aux Nations Unies.Aussi a-t-il énormément bénéficié de la disponibilité ducouple Clinton qui lui a tout donné: amour, expérience, énergie et temps. Il a également bénéficié de l’aide de son vice-président et ami Joe Biden dont l’expérience et l’amour du travail restent irréprochables.Joe Bidenest un hommegénéreux qui reste serviable et loyal au président. Les deux hommes ont cru fermement en leur projet de société et en la manière de le faire aboutir.

M. Obama aeu également à ses côtés desgrandes stars comme Bruce Springsteen, Bill Maher, Stevie Wonder et autres. D’autres,tous aussi généreux que populairesont décidé de travailler dans l’ombre. Enfin,il s’est doté d’une équipe très dynamique qui a su galvanisersa base. Cette équipe était composée en majorité de jeunes volontaires (étudiants pour la plupart) très dévoués pour la cause et hyper connectés sur les nouvelles technologies.A cela il faut ajouterles journaux de renomet bien sûr lesgrandes chaînes de télévisions.

Pourquoi laréélection d’Obama est-elle importante?

Cela fait deux décennies que je vis dans ce pays et observe les élections présidentielles par intérêt, tout aussiprofessionnel que personnel. Jamais, je n’ai vu deux camps s’affronter aussi vigoureusement que cette fois-ci. Ilsétaient bien préparés à en découdre jusqu’à la proclamation des résultats définitifs.Ilsn’ont rien négligé ni fait une quelconque ouverture à l’adversaire qui auraitété suicidaire.

Ensuite, il y a eu la participation massive des sponsors privés comme les tea-party, le Obamasuperpack et le Romneysuperpack. Les statistiques révèlent que ces élections présidentielles de 2012 ont étéles plus coûteuses dans l’histoire des Etats-Unis. Une grande partie de cette nébuleuse a servi à attaquer l’adversaire en le discréditantpurement et simplement. Cette nouvelle donne, dans la politique américaine pourrait avoir des conséquences très sérieuses sur les élections futurespour la simple raison qu’il n’y a pas encore de mécanisme de contrôle sur les finances de celles-ci. Autrement dit,ces groupes ne sont aucunement obligés de dévoiler leur source de financement.

Enfin, la réélectionde M. Obama pourrait changer des choses en ce sens qu’il n’a plus la pression des sondages sur ses épaules, etqu’il n’est plus anxieux pour un autre mandat. Toutefois, son rendement ou sa performance pendant ces quatre autres annéesauront des conséquences sur les élections futures et son parti.

Les défis qui attendent le président Obama

Au plan interne, ces défis peuvent être groupés de la manière suivante: Défis politiques, défis sociaux et défis économiques.Au niveau politique, n’ayant plus la pression des sondages ni celled’une réélection,le président Obama doit se concentrer d’abord sur ce qu’il a commencé: tendre de nouveau la mainà l’opposition (majoritaire au Congrès),rechercher le soutien detous les démocrates et des quelques indépendants pour faire passer quelques projets de lois. Ces deux partis gagneraientbeaucoup à travailler ensemble car les républicains après cette autre défaite ont besoin de se réinventer, rassurer et courtiser la population. Faute de quoi,ils risquent un nouvel échec aux présidentielles de 2016 ainsi que la majorité au congrès en 2018.
Notons que lecongrès américain (Congress) a deux chambres: Le sénat (chambre haute) et la chambre des représentants (chambre basse).Le sénat (Senate) comprend 100 membres, soit 2 par Etat.Les sénateurssont élus pour une durée de 6 ans. Toutefois, des élections ont lieu tous les deux ans à l’issue desquelles1/3 de cette chambre est renouvelée chaque fois.Les démocrates contrôlent le sénat en ce moment. Quant à la chambre des représentants (House), elle a 435 membres qui servent pour une durée de 2 ans. Des élections sont organisées toutes les années avec un nombre pair (evennumberedyear) en novembre. Les républicains ont la majoritéactuellement. C’est donc un parlement divisé auquel le président américain devra une fois encore faire face dans ce deuxième mandat.

Au niveau social,le président Obama doit revoir les statistiques détaillées de ces élections et travailler à satisfaire certaines demandes pressantes comme la réforme de l’immigration pour que les démocrates ne perdent pas le soutien des Latinos. Il doit faire mieux au niveau des femmes et des autres groupes sociaux. Il doit penser à lacommunauté noire qui lui a naturellement donné ses voix dans sa majorité. Au niveau économique, le taux de chômage doit être une grande priorité pour permettre à l’Etatde réduire ses dépenses. Il faut, donc, continuer la formation, l’éducation des cadres pour les rendre plus compétitifs, encourager le recrutement des travailleurs dans les entreprises en espérant que la promesse de réduire le chômage à moins de 6% sera effective avant 2016.

Au plan international, il faut recadrer le problème syrien. Des actions de bons offices ont déjà eu lieu pour convaincre le président syrien de céder le pouvoir afin de mettre finau bain de sang qui n’a que trop duré. Ensuite, il faut trouver un compromis au problèmeisraélo-iranien mentionné lors des campagnes. Aussi faut-il accorder une attention toute particulière à la crise européenne pour ne pas retomber dans la récession de 2008 qui a eu des effets incalculables sur ce pays.

Le gouverneur Mitt Romney et le parti républicain

Après sa défaite,le gouverneur Romney a définitivement rendu le tablier pour la course à la Maison Blanche.Ila tenté plusieurs fois et n’avait jamais été aussi proche de la victoire. Au petit matin du 7 novembre 2012 (heure locale), le monde entier a vu un homme politique complètement désabusé et choqué par une défaite à laquelle lui et toute son équipe ne s’attendaient pas du tout. Mais il faut féliciter ce gentleman pour le contenu de son discours de perdant sur lequel je reviendrai plus loin.

Le candidat Romney a perdu une grande partie de l’électorat à cause de ses multiples changements de position pendant les primaires et après sa nomination comme le candidat consensuel des Républicains. En politique, cela est très coûteux. Le sénateur démocrate John Kerry l’a appris à ses dépens lors de sa candidature aux présidentielles. Dans un environnement aussi médiatisé c’était sûrque le gouverneur ne s’en sortirait pas.Le candidat Obama l’a bien exploité pendant le second débat qu’il a gagné selon les nombreux observateurs. Enfin, il y a eu le scandale des fameux 47% de la population qu’il a accusés par ailleurs de vivre aux crochets de l’Etat, et soupçonnés de voter essentiellement en faveur de Barack Obama. Cela a été invariablementinterprété par les médias, les politiques et les deux camps en présence.Le candidat Romney a étéaussi victimedes positionsrigides de son parti.

Pour reconquérir le pouvoir d’Etat en 2016, les Républicainsdoivent se débarrasser de certains labels connus et bien ancrés à l’égard de leur parti. Ce parti est qualifié à tort ou à raison de « parti du non, un parti conservateur, un partiinsensible, anti-femmes et anti-minorités ». Il est impératif que ce parti chercherapidement une alternative à Mitt Romney. Un acteur politique consensuel qui vareconquérir de nouveaux membres au sein des minorités comme les Afro-américains, les Latinos, les Américains-Asiatiques, les femmes et la jeunesse. Ils doivent faire leur propre mea-culpa afin de reconquérir une partie perdue de leur base. Pour réussir cela, les républicains doivent assouplir certaines de leurs positions notamment sur l’immigration, les droits de la femme,le code sur la taxe sans pour autant perdre leur identité etleur idéologie.

L’exception américaine ou la beauté de la démocratie américaine

Le président BarackObama et le gouverneur MittRomney ont fait une campagne assez rude souvent teintée d’injures ouvertes ou codées. Mais ces deux leaders ont montré à la face du monde qu’ils avaient un objectif commun, celui de développer les Etats-Unis. Ils ont prouvé qu’ils aiment leur pays qui demeure au-dessus desintérêts personnels et partisans.

Après sa défaite, le gouverneurRomney a fait un discours mature et responsable ;mêmesi on pouvait lire la déception sur son visage. Il a encouragé les deux grands partis à travailler la main dans la main et à privilégier l’intérêt national.Il a demandé de prier pour le président réélu et pour le pays qu’ils aiment bien tous les deux. Quant au président réélu,il en a fait de même. Le président Obama a livréun discours rassembleur.Il a demandéà ses concitoyens de panser leurs plaies, s’unir, et travailler ensemble pour faire avancer leur pays. Une fois de plus,il a tendu la main à l’opposition,l’invitant à travailler de façon solidaire dans l’intérêtsupérieur de la nation. Le président Obama a promisde s’asseoir avec M. Romney très bientôt autour d’une table, pour discuter de ce qu’ils peuvent accomplir ensemble.

Quelles que soient les intentions derrière ces déclarations, elles demeurent symboliquesà plus d’un titre.N’est-ce pas là l‘essence et la beauté de la démocratie?Je souhaite vivement que les Africains s’inspirent de cette belle leçon de démocratie que les Etats-Unis viennent de nous administrer

Bertin Kouadio





L`auteur de cet article:

Dr. Bertin Kouadio est titulaire d’un Doctorat (Ph.D.) en relations internationales;un Masteren politiqueafricaineet un Bachelor en sciences politiques.Avant de s’envoler pour les Etats-Unis, ila d’abord étudié à la faculté de droit de l’ex-Universiténationale de Côte d’Ivoire.Le professeur Kouadio est chef du département des études étrangères à Wilson College en Pennsylvanie.(bkouadio100@gmail.com)

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