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Rencontre avec le corps diplomatique accrédité en Côte d’Ivoire: le Discours de SEM le Président Alassane Ouattara
Publié le vendredi 23 novembre 2012  |  Présidence


Audiences
© Présidence par DR
Audiences du chef de l`Etat: Alassane Ouattara a reçu les membres du corps diplomatique
Vendredi 23 novembre 2012. Abidjan. Palais présidentiel. Le chef de l`Etat, SEM Alassane Ouattara reçoit les membres du corps diplomatique


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Monsieur le Premier Ministre,

Madame et Messieurs les Présidents d’Institutions,

Monsieur le Ministre d’Etat, Ministre des Affaires Etrangères,

Messieurs les Ministres d’Etat,

Mesdames et Messieurs les Ministres,

Monsieur le Nonce Apostolique, Doyen du Corps Diplomatique,

Excellences Mesdames et Messieurs les Ambassadeurs et Chefs de Missions Diplomatiques,

Mesdames et Messieurs les Représentants des Organisations Internationales,

Excellences Messieurs les Ambassadeurs de Côte d’Ivoire à la Retraite,

Monsieur le Gouverneur du District d’Abidjan,

Monsieur le Préfet de la Région des lagunes,

Monsieur le Maire du Plateau,

Honorables Invités,

Mesdames et Messieurs,

C’est avec un plaisir renouvelé que je vous accueille au Palais de la Présidence de la République, à l’occasion de cette 2ème rencontre avec l’ensemble du Corps diplomatique accrédité en Côte d’Ivoire.

Cette cérémonie, dont j’ai décidé de faire une tradition, répond à ma profonde conviction que l’un des fondements les plus solides de notre pays est son ouverture sur l’extérieur.
Le Père fondateur de la Côte d’Ivoire moderne, le Président Félix Houphouët BOIGNY, avait posé comme postulat de la politique étrangère de notre pays « la Côte d’Ivoire est l’amie de tous, et l’ennemie de personne ». Il se projetait déjà en précurseur de la mondialisation et du village planétaire où chaque entité est appelée à tenir son rôle dans une parfaite symphonie avec les autres.

Excellences Mesdames et Messieurs les Ambassadeurs,
Chers amis de la Côte d’Ivoire,

Le 08 décembre 2011, je vous ai rencontré dans cette même salle pour vous entretenir sur les trois grands défis à relever par la Côte d’Ivoire, à savoir, la sécurité, la réconciliation nationale, la reconstruction et la relance économique. Je vous ai également communiqué les grands axes de la politique étrangère de la Côte d’Ivoire nouvelle à laquelle nous aspirons tous. Un an après, il est important de faire un bilan des avancées enregistrées sur ces dossiers importants et les perspectives à court et moyen terme.

Au plan sécuritaire, la situation s’est considérablement améliorée grâce aux efforts du Gouvernement et aux investissements réalisés. L’armée ivoirienne est aujourd’hui, réunifiée et sous un commandement unique. La police et la gendarmerie ont retrouvé leur patrimoine respectif et assurent quotidiennement leur mission. L’indice de sécurité, selon la BAD, est passé de 4 à 1. Malgré ces acquis importants, nous sommes conscients des efforts d’ordre structurel et matériel à poursuivre.

Au niveau de la sécurisation de nos frontières, notamment les frontières Est et Ouest, les attaques sporadiques perpétrées ces derniers mois ont été vite repoussées par les Forces Républicaines de Côte d’Ivoire. C’est le lieu de saluer le courage de toutes les forces de sécurité qui, au prix de leur vie, bravent de jour comme de nuit ces tentatives de remise en cause du processus de retour à la paix. Je salue également la mémoire de tous les soldats et de tous ceux qui ont perdu la vie.

Comme vous le savez, j’ai créé par décret du 08 août 2012, un Conseil National de Sécurité qui est à la tâche face à l’exigence d’édification d’une armée et des forces de sécurité nouvelles. J’ai également créé une autorité unique chargée de procéder au désarmement, à la démobilisation et à la réinsertion des ex-combattants de tous bords. Je reste persuadé que ces deux cadres institutionnels sont une réponse appropriée à la sécurisation de la Côte d’Ivoire.

Excellences Mesdames et Messieurs les Ambassadeurs,

La situation humanitaire s’améliore elle aussi progressivement. Dès le dénouement de la crise, mon Gouvernement a inscrit au nombre de ses priorités, le retour des déplacés internes et des réfugiés ivoiriens, estimés respectivement à environ sept cent cinquante mille (750.000) et à deux cent cinquante mille (205.000) personnes.

Aujourd’hui, grâce aux accords tripartites signés entre le Haut-Commissariat aux Réfugiés et les pays frères, du Ghana, de la Guinée, du Libéria, du Mali et du Togo, qui ont accueilli des refugiés ivoiriens, le retour de nos compatriotes a été effectif. A ce jour, il n’y a plus de déplacés internes et depuis 2012, on ne compte plus que 70.000 réfugiés ivoiriens à l’extérieur.

Excellences Mesdames et Messieurs les Ambassadeurs,

La réconciliation nationale est également en marche. La Commission Dialogue, Vérité et Réconciliation (CDVR) que j’ai mise en place le 13 juillet 2011, avance sur ce vaste chantier. Elle a organisé de grandes consultations nationales et entame l’étape de sensibilisation des populations.

Parallèlement, le Gouvernement a initié une rencontre avec l’ensemble de la classe politique y compris les partis d’opposition pour solliciter leur contribution et leur engagement à la réconciliation. La visite d’Etat que j’ai effectuée dans l’Ouest du pays ainsi que ma rencontre avec les populations du Cavally et du Guémon avaient pour objectif principal d’inciter mes compatriotes à la réconciliation et à la paix. Ces rencontres ont montré les bonnes dispositions d’esprit dans lesquels tous les ivoiriens veulent s’inscrire.

Excellences Mesdames et Messieurs les Ambassadeurs,

La normalisation se poursuit avec l’organisation des élections législatives le 11 décembre dernier. Notre volonté est de doter notre pays d’Institutions républicaines fortes et crédibles, afin de renforcer la démocratie, la paix, la justice et l’Etat de droit.

Le Gouvernement mettra un point d’honneur à organiser dans les mois à venir, précisément le 24 février 2013, les élections municipales et régionales qui, pour la circonstance, seront couplées. La tenue de ces élections locales nous permettra de mettre en œuvre notre vision du développement local à travers une politique de décentralisation.

Excellences Mesdames et Messieurs les Ambassadeurs,

Comme vous le savez, la crise que nous avons traversée a eu d’énormes conséquences sur notre jeunesse. C’est pourquoi et malgré un contexte économique particulièrement difficile, le Gouvernement a mobilisé plus de cent dix milliards de FCFA pour réhabiliter et reconstruire nos Universités dont le nombre a été porté cinq (5).

Aujourd’hui, l’Université est redevenue le creuset de l’intelligence, de la connaissance, du civisme, du savoir-faire tout autant que du savoir-être, et elle doit surtout demeurer le ciment de l’unité nationale et de la paix retrouvée.

D’importants investissements ont également été faits pour la réhabilitation de nos écoles. Ainsi, le Gouvernement a procédé à la construction de 1.500 classes au primaire, au démarrage des travaux de construction de 11 collèges, au recrutement de professeurs contractuels et d’instituteurs ainsi qu’à l’équipement des écoles et à la distribution gratuite de kits scolaires.

S’agissant de la question de l’emploi et du chômage en Côte d’Ivoire, notre programme de gouvernement a érigé l’emploi des jeunes en une priorité. Des approches structurelles sont en cours d’exécution. L’objectif du Gouvernement est de créer 250.000 emplois par an. A cet égard, je voudrais saluer la coopération avec nos partenaires étrangers qui sont tous mobilisés pour nous accompagner.

Excellences Mesdames et Messieurs les Ambassadeurs,

L’un des trois défis majeurs de mon Gouvernement est celui de la reconstruction et de la relance économique. La longue et grave crise sociopolitique de ces 10 dernières années nous a laissé un pays quasiment en ruine.

Dès ma prise de fonction, mon Gouvernement s’est attaqué à la reconstruction des infrastructures économiques. Nous avons ainsi entrepris la réhabilitation du réseau routier ivoirien et plus particulièrement, celui du District d’Abidjan. Un an après, les rues d’Abidjan ont retrouvé une grande partie de leur splendeur. Les travaux de réhabilitation se poursuivent dans les autres villes ainsi que dans les zones rurales.

En matière de gestion des ressources de l’Etat, nous avons à travers l’organisation de séminaires gouvernementaux mis l’accent sur la bonne utilisation des ressources en prenant des mesures rigoureuses contre la corruption et les détournements de deniers publics.

De grands projets d’infrastructures sont en cours de réalisation ; je veux parler notamment de l’autoroute à deux fois trois voies qui va relier Abidjan à Grand-Bassam, de la construction du pont Henri Konan BEDIE, le pont de Bouaflé, des travaux de prolongement de l’autoroute du Nord en voie d’achèvement etc.

Au niveau de l’énergie, les capacités de production de la centrale énergétique AZITO I et AZITO II ont été renforcées, tandis que le projet AZITO III sera très bientôt une réalité. La réalisation du barrage de Soubré sera bientôt mise en œuvre grâce à l’appui de nombreux investisseurs étrangers.

La question de l’accès des populations à l’eau potable, reste une préoccupation à l’échelle mondiale. Ce droit fondamental des populations, mon Gouvernement s’en est fait l’écho avec le lancement des travaux d’approvisionnement en eau potable de toutes les villes de la localité de Bonoua jusqu’à Abidjan. D’ici 2014, nos villes comme nos villages en milieu rural seront approvisionnés en eau potable.

Les Institutions de Bretton Woods (la Banque Mondiale et le Fonds Monétaire International) prévoient un taux de croissance de 8,6 % pour l’année 2012 et 9 % pour 2013. Quant à nous, nous ambitionnons de réaliser un taux de croissance à 2 chiffres en 2014.

L’atteinte de l’initiative PPTE est un succès pour le Gouvernement et un encouragement des Etats amis ainsi que des bailleurs de fonds qui nous donnent de belles perspectives pour relever les multiples défis socio-économiques.

Comme je vous l’annonçais l’année dernière, notre ambition est de faire de la Côte d’Ivoire un pays émergent à l’horizon 2020 et la voie pour y arriver est bien sûr un pays stable et surtout une économie en croissance forte, équilibrée et durable.

Excellences Mesdames et Messieurs les Ambassadeurs,

Le conflit que vient de traverser mon pays, doublé du contexte économique mondial difficile, a fragilisé et appauvri les foyers en Côte d’Ivoire. C’est pourquoi, nous avons pris des mesures conjoncturelles, notamment fiscales et parafiscales pour baisser les prix des denrées de première nécessité. Mais au-delà, la véritable solution réside dans la prise de mesures structurelles pour augmenter la production en vue de réaliser durablement l’auto-suffisance alimentaire en Côte d’Ivoire.

Dans le cadre donc de la relance économique, l’agriculture sera une fois de plus, l’un des moteurs de la croissance économique et du progrès social en Côte d’Ivoire avec le Programme National d’Investissement de l’Agriculture (PNIA) dont le financement à hauteur de 2040 milliards de FCFA a été bouclé.

Excellences Mesdames et Messieurs les Ambassadeurs,

Je voudrais à présent évoquer l’état de nos relations avec les amis de la Côte d’Ivoire. Après plusieurs années d’isolement, la Côte d’Ivoire est de retour sur la scène internationale et entend jouer le rôle qui est le sien dans ses relations bilatérales et multilatérales.
La plupart des Ambassades et Organisations Internationales qui ont délocalisé sont à nouveau parmi nous. Le retour de la Banque Africaine de Développement (BAD) est aussi un signe annonciateur de la crédibilité de la destination Côte d’Ivoire.

Ces derniers mois, nous avons mené une véritable offensive diplomatique, pour donner un nouvel élan aux relations d’amitié et de confiance avec les différents partenaires de notre pays, notamment ceux d’Afrique, d’Europe, d’Amérique, d’Asie et d’Océanie.

Au niveau de l’Afrique, en ma qualité de Président en exercice de la Communauté Economique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), notre pays a joué un rôle prépondérant dans la restructuration de la CEDEAO et surtout dans les avancées concernant la résolution des crises au Mali et en Guinée-Bissau qui sont des périls qui menacent la sécurité et la stabilité du continent, voire du monde. Dans ces deux pays, grâce à l’engagement de la Côte d’Ivoire et des autres pays membres de la CEDEAO, l’ordre constitutionnel y a été rétabli.

Excellences Mesdames et Messieurs les Ambassadeurs,

La Côte d’Ivoire a également été à l’avant-garde, durant l’année écoulée, de la redynamisation des organisations telles que le Conseil de l’Entente et l’Union du fleuve Mano. Notre pays tient à se situer nettement et franchement au sein de sa famille africaine et à se mobiliser totalement pour accompagner notre organisation commune si essentielle pour le positionnement de notre continent. Dans la vision cohérente du rôle qui est le sien, la Côte d’ivoire contribuera à donner à l’Afrique un cadre solide pour développer des politiques ambitieuses, en vue d’une Afrique unie, forte de tous ses talents, capable de jouer un rôle majeur dans la compétition internationale.

Excellences Mesdames et Messieurs les Ambassadeurs,

Dans la coopération bilatérale avec les pays frères d’Afrique, je tiens à signaler la réactivation de notre coopération avec le Ghana et la Guinée, avec la tenue en début d’année des Grandes commissions mixtes de coopération entre la Côte d’Ivoire et ces deux pays frères. Cette coopération s’est également enrichie de la signature le 27 septembre 2012, de l’accord portant création d’une grande Commission Mixte de coopération entre la Côte d’Ivoire et la Gambie.

Je ne saurais occulter la deuxième Conférence au Sommet Côte d’Ivoire-Burkina Faso, que j’ai coprésidée avec le Président Blaise COMPAORE à Ouagadougou en novembre 2011, dont les décisions devraient favoriser une prochaine rencontre à Yamoussoukro fin 2012/début 2013 pour la mise en œuvre effective et fructueuse du Traité d’amitié et de coopération ivoiro-burkinabé.

Pour donner plus d’élan à notre coopération avec l’Afrique du Nord, j’effectuerai une visite d’amitié et de travail au Maroc du 10 au 13 janvier 2013, visite qui sera précédée d’une session de la Grande Commission Mixte de coopération. Je me rendrai également en 2013 en Tunisie, à l’invitation du Président Mohamed Moncef MARZOUKI, afin de relancer les relations d’amitié et de coopération qui existent si chaleureusement entre les deux pays.

Nous souhaitons renforcer notre coopération bilatérale avec les pays du Champ mais également dans le domaine de la sécurité dans notre espace régional. A cet égard, nous souhaitons l’implication de l’Algérie, de la Mauritanie, du Tchad et de la Lybie dans la résolution du dossier malien.

Avec le pays frère d’Egypte, la prochaine session de la Grande Commission Mixte de coopération bilatérale se tiendra très bientôt au Caire. La visite en Côte d’Ivoire d’une importante délégation d’hommes d’affaires du secteur de l’agro-industrie, au mois de septembre dernier ainsi que la réalisation en cours du pont de Jacqueville par une entreprise égyptienne, attestent de la vitalité de notre coopération avec l’Egypte. Le raffermissement des échanges entre les deux pays devient une priorité pour les années à venir.

Avec le Nigéria, première puissance économique de la CEDEAO, nous continuons à renforcer les nombreux axes de coopération que nous avions définis avec mon frère le Président GOODLUCK Jonathan, lors de ma visite d’Etat en 2011. Nous aurons l’immense joie de le recevoir en visite d’Etat les 20 et 21 décembre 2012.

J’espère, qu’à l’occasion de cette prochaine visite, nous procéderons ensemble à la signature de l’Accord portant création de la Grande Commission de coopération Côte d’Ivoire-Nigéria tant attendue par les deux pays.

S’agissant de nos relations avec l’Afrique du Sud, première Puissance du continent africain, des projets de coopération dans le domaine économique et commercial ainsi qu’un projet d’accord portant création d’une Grande Commission Mixte de coopération, sont en cours de finalisation, afin de doter nos Etats d’instruments à même de hisser le niveau de notre coopération à la hauteur de nos ambitions communes.

Des projets ambitieux de coopération sont conçus avec la plupart des pays africains tels que le Cameroun, le Congo Brazzaville, le Gabon, le Libéria, la Mauritanie, le Niger, le Sénégal, la RDC, la Sierra Leone, pour clairement placer la Côte d’Ivoire au sein de sa famille africaine.

Excellences Mesdames et Messieurs les Ambassadeurs,

Comme vous le savez, le premier partenaire économique de notre pays est l’Europe, notamment les pays membres de l’Union Européenne. Je salue la présence continue et fructueuse de cette organisation, l’une des organisations mères des regroupements régionaux, pour ses actions de développement et de paix dans notre sous-région. Je voudrais la féliciter solennellement pour le Prix Nobel de la Paix qui lui a été si justement décerné cette année.

Les visites en Côte d’Ivoire des différentes autorités de l’Union Européenne notamment celles de Monsieur Herman VAN ROMPUY, Président du Conseil Européen et de Monsieur José Emmanuel BARROSO, Président de la Commission Européenne, ne font que renforcer davantage le partenariat entre nos deux continents. C’est un objectif essentiel pour nous plus que jamais, car l’Europe et l’Afrique ont besoin l’une de l’autre.

La Côte d’Ivoire souhaite que l’Union Européenne soit en Afrique encore plus en pointe dans ces combats qui doivent être menés dans le respect, naturellement de nos valeurs.

Quant à notre premier partenaire économique bilatéral, la France, nous écrivons de nouveau une histoire commune d’amitié et de coopération telle qu’impulsée au début des indépendances par le Président Houphouët BOIGNY.

C’est dans cet esprit que j’ai effectué en janvier 2012, une visite d’Etat avec le Président Nicolas SARKOZY et les 25 et 26 juillet 2012, une visite officielle avec son successeur, le Président François HOLLANDE. Au cours de cette dernière visite, le nouvel accord de partenariat et de défense a été confirmé et nos deux pays s’engagent à réactiver la commission mixte ivoiro-française dans les prochaines semaines.

2013 sera sans nul doute l’année d’ouverture de nouveaux chantiers pour une coopération franco-ivoirienne plus prospère et plus innovante.

Par ailleurs, la France a annulé 99,5% de la dette ivoirienne, soit environ 2463 milliards de FCFA. Sur ce même chapitre d’allègement de la dette ivoirienne, de nombreux pays, notamment la Belgique, le Canada, la Chine, les Etats-Unis, l’Italie et le Royaume-Uni, ont également réaffirmé leur engagement aux côtés de la Côte d’Ivoire par une réduction significative de la dette ivoirienne à leurs égards.

Après la réouverture de l’Ambassade du Royaume-Uni et à l’invitation de la Reine, j’ai effectué une visite en Angleterre les 26 et 27 juillet 2012. Outre ma fructueuse rencontre avec Sa Majesté la Reine et différentes autorités de ce pays, j’ai fait une importante communication au CHATHAM House sur la contribution de la Côte d’Ivoire à la stabilité et à la prospérité économique de l’Afrique de l’Ouest. Dans l’élan du renforcement de nos relations, la commission mixte de coopération bilatérale et la visite d’hommes d’affaires britanniques seront programmées en 2013.

Nous entendons également renforcer notre coopération avec l’Allemagne avec la venue d’organisations de financement et de développement en Côte d’Ivoire, les missions d’hommes d’affaires allemands dans notre pays et enfin la visite officielle que j’effectuerai en Allemagne le 16 janvier 2013 pour rencontrer la Chancelière Angela Merkel.

Excellences Mesdames et Messieurs les Ambassadeurs,

La Côte d’Ivoire entretient depuis des décennies, des relations étroites d’amitié avec le continent américain. Si depuis le coup d’Etat militaire de 1999, nos partenaires américains, notamment les Etats-Unis avaient réduit le niveau de cette coopération, nous pouvons aujourd’hui nous réjouir du retour de la confiance entre cette première puissance mondiale et notre jeune Etat. C’est dans ce nouvel élan que nous avons eu l’honneur d’accueillir les 16 et 17 janvier 2012, la Secrétaire d’Etat américaine, Madame Hillary CLINTON.

Ce réchauffement des relations a permis l’admission de la Côte d’Ivoire à l’AGOA en attendant son éligibilité très prochaine au Millénium Challenge Corporation. La reprise de la Coopération Américaine à travers l’USAID, constitue également, pour notre pays, un réel espoir en termes d’accroissement des échanges entre nos deux pays et même de création d’emplois et d’investissements en Côte d’Ivoire.

La brillante réélection du Président OBAMA vient renforcer cet espoir, en ce sens qu’elle nous permettra de poursuivre les chantiers de coopération initiés dans de nombreux domaines, tels que l’Education, la Santé, la Sécurité et la certification de l’aéroport Félix Houphouët Boigny.

A l’instar de son voisin, le Canada a repris et intensifié ses rapports avec la Côte d’ivoire à l’issue de la crise ivoirienne tant au niveau bilatéral que multilatéral. De grands projets de construction d’infrastructures économiques et industriels sont à l’étude.

Nous nous attèlerons à favoriser la signature de l’accord sur la Promotion et la Protection des investissements que le Gouvernement ivoirien appelle de tous ses vœux. Cet accord sera bénéfique à nos deux pays et contribuera à rendre plus stable l’environnement des investissements.

Plus au Sud, nous envisageons de construire, avec le Mexique et le Brésil, des cadres solides pour développer des politiques ambitieuses de coopération et d’échanges Sud/Sud capables de donner un nouvel élan au partenariat entre l’Afrique et les Etats d’Amérique du Sud.

Le Brésil et la Côte d’Ivoire présentent des similitudes, notamment aux plans climatique, agricole et minier qui font des deux pays, des alliés naturels. A cet égard, nous envisageons :
- le rétablissement des vols aériens entre nos deux pays,
- le renforcement de nos échanges sportifs en vue de permettre à la Côte d’ivoire de bénéficier de l’expérience brésilienne en la matière,
- L’Approfondissement de notre coopération dans le domaine de la formation, de l’énergie et de l’Agro-industrie.

Avec le Mexique, nous nous félicitons des progrès considérables enregistrés ces dernières années et qui ont eu pour effet la conclusion d’un accord de coopération culturelle et éducative d’une part et d’autre part, l’examen de trois projets d’accord dans les domaines de l’Agriculture, la préservation de l’environnement et du commerce. Ces actions seront davantage intensifiées au cours des prochains mois.

Avec la République Bolivarienne du Venezuela, la Côte d’ivoire s’apprête à signer un important Accord de Coopération dans les secteurs de l’Agriculture, de l’Energie, de l’Economie, de l’Environnement, de la Santé, de la Science et de la Culture notamment. Une délégation ivoirienne se rendra très bientôt à Caracas à cet effet.

Depuis l’établissement des relations diplomatiques entre la Côte d’Ivoire et Cuba, le 11 Février 1986, nos contacts au plan étatique, quoiqu’insuffisants, demeurent constants. Des efforts de dynamisation ont été entrepris de part et d’autre à la faveur de la normalisation sociopolitique intervenue ces dernières années à Cuba et devraient bientôt porter leurs fruits.

Bien que géographiquement éloignés, la Côte d’Ivoire et l’Australie ont su, dès 1975, année de l’établissement de leurs relations diplomatiques, nouer et développer des relations solides d’amitié et de coopération. Le renforcement de notre coopération avec l’Australie dans divers domaines notamment l’extraction minière, la formation, la sécurité et les hautes technologies reste notre prochain défi.

L’Australie s’intéresse également, de plus en plus, à des secteurs tels que la technologie agricole, la formation, la sécurité et l’environnement.

Les relations d’amitié qui lient la Côte d’Ivoire à la Nouvelle Zélande, Île aux énormes potentialités économiques, scientifiques et technologiques, vont être approfondies pour déboucher sur une coopération fructueuse et mutuellement bénéfique.

Excellences Mesdames et Messieurs les Ambassadeurs,

Le Moyen-Orient et l’Asie constituent aujourd’hui un véritable pôle d’attraction par leur dynamisme économique et l’effervescence démocratique qu’ils connaissent. Dans cette partie du monde, la Côte d’Ivoire compte de grands amis traditionnels.

Après la visite officielle effectuée en juin 2012 en Israël suivie de la venue d’hommes d’affaires israéliens en Côte d’Ivoire, une invitation m’a été adressée par sa Majesté le Roi Abdullah Bin Abdelaziz AL-SAUD d’Arabie Saoudite, en vue de prendre part à la 4ème Session Extraordinaire de la Conférence Islamique au Sommet de l’Organisation de Coopération Islamique (OCI) qui s’est tenue du 12 au 16 août 2012 dans ce pays. Au cours de ce sommet, j’ai rencontré plusieurs Chefs d’Etat et personnalités des pays membres de cette Institution.

En effet, la rencontre fructueuse que j’ai eue avec le Secrétaire Général de cette institution, en marge des travaux de ce Sommet, pourrait déboucher sur la mise en œuvre de la résolution N°14/38-POL de l’OCI adoptée le 30 juin 2011, à Astana en République du Kazakhstan relative à l’organisation d’une conférence des donateurs pour aider à la reconstruction post crise de la Côte d’Ivoire.

Je voudrais aussi signaler dans le même cadre, ma rencontre le 13 août 2012 avec le Docteur Ahmad Mohamed Ali ALMADANI, Président de la Banque Islamique de Développement (BID) au cours de laquelle nous avons examiné le financement de deux projets d’intégration économique d’une valeur de cent milliards de FCFA.

Il s’agit du bitumage de l’axe Boundiali-Odiénné, long de 134 km dont le prolongement futur à Kankan permettra de désenclaver la région voisine de Guinée et la construction d’un pipeline pétrolier entre Yamoussoukro et Ferkessédougou en passant par Bouaké.

Excellences Mesdames et Messieurs les Ambassadeurs,

Pour sa reconstruction post-crise et pour la réalisation de son ambition de devenir pays émergent à l’horizon 2020, la Côte d’Ivoire souhaite entretenir des relations soutenues avec le reste du monde.

En Turquie, la décision d’accréditer un Ambassadeur dans ce pays, avec résidence à Ankara et l’établissement de la liaison aérienne, Abidjan – Istanbul par la Turkish Airline, traduisent notre volonté et notre détermination de conduire une coopération ambitieuse et efficace dans cette région. Le renforcement de notre présence se concrétisera également par des visites officielles en Arabie Saoudite, au Qatar ainsi qu’aux Emirats Arabes Unis au cours de l’année 2013.

En Asie, la chine, le Japon, la Corée, l’Inde, Singapour, l’Indonésie continuent d’entretenir une coopération fructueuse avec notre pays. A l’invitation du Président Hu JINTAO, j’ai participé du 18 au 20 juillet 2012, au 5ème Forum de Coopération Chine-Afrique. Au cours de cette rencontre, le Gouvernement chinois a décidé d’accorder vingt milliards de Dollars US pour le développement des pays africains. Il faut noter que la Côte d’Ivoire a bénéficié d’un appui fort appréciable des Autorités chinoises dans divers domaines dont celui des infrastructures avec les projets de barrage hydroélectrique de Soubré, de l’Autoroute Abidjan-Grand-Bassam, de l’approvisionnement en eau potable de la ville d’Abidjan à partir de Bonoua.
Depuis 2005, date d’ouverture de la mission diplomatique ivoirienne à New Delhi, la République de l’Inde intervient activement dans le financement de nombreux projets agro-industriel, technologique et biotechnique (VITIB), électrique et automobile. Il est également envisagé la tenue d’une Commission Mixte de Coopération Ivoiro-Indienne, à Abidjan, au cours de l’année 2013.

En ce qui concerne le Japon, je salue le retour de l’Agence Japonaise de Coopération Internationale (JICA), de l’Organisation Japonaise du Commerce Extérieur (JETRO) et des hommes d’affaires nippons. Par ailleurs, j’ai accepté l’invitation de S.E.M. Yoshihiko NODA, Premier Ministre du Japon, en vue de prendre part à la 5ème Conférence Internationale de Tokyo sur le Développement de l’Afrique (TICAD V) du 1er au 03 juin 2013, à Yokohama au Japon.

Excellences Mesdames et Messieurs les Ambassadeurs,

Tous les déplacements que j’ai effectués à l’étranger au cours de cette année avaient deux objectifs majeurs :

- Rassurer tous les amis de la Côte d’Ivoire quant à la volonté des nouvelles autorités ivoiriennes de renouer et de relancer les relations de coopération avec eux,
- Sensibiliser les bailleurs de fonds privés comme publics sur les opportunités d’affaires mais surtout, sur la capacité de la Côte d’Ivoire à rebondir durablement.

Ces visites ont eu un impact considérable puisqu’elles ont été suivies dans leur ensemble par de nombreuses missions de prospection et d’action économiques de ces différents pays en Côte d’Ivoire. Ainsi, des hommes d’affaires venus notamment d’Allemagne, d’Arabie Saoudite, d’Australie, de Belgique, du Brésil, de Chine, de la Corée du Sud, des Etats-Unis, de France, de Grande Bretagne, d’Israël, du Japon, du Luxembourg, des Pays-Bas, du Qatar et de Suisse, ont été reçus par les autorités et leurs homologues des milieux d’affaires ivoiriens.
En plus de ce qui a été fait sur le plan bilatéral et qui constitue une formidable opportunité, le concours de la Communauté internationale s’avère une nécessité primordiale.
Excellences Mesdames et Messieurs les Ambassadeurs,

Depuis la fin de la crise post-électorale, les relations avec les Institutions Internationales et particulièrement la Banque Mondiale, le FMI, la BAD, la BID et le Système des Nations Unies se sont singulièrement renforcées.

Pour marquer leur engagement, les plus hauts responsables de la plupart de ces organisations, se sont rendus en Côte d’Ivoire et nous avons pu échanger avec eux sur différents programmes mis en place dans le cadre de la reconstruction post-crise, qui constitue une étape très délicate et très importante pour le retour durable de la paix. Ces visites de haut niveau constituent la marque de l’engagement de ces institutions et de leurs dirigeants aux côtés du Gouvernement ivoirien. Nous avons, comme vous le savez, reçu la visite du nouveau Président de la Banque Mondiale et nous aurons, en janvier 2013, la visite de la Directrice Générale du Fonds Monétaire International.

Aujourd’hui, grâce aux efforts conjugués, des progrès considérables ont été réalisés et le bilan en moins de 15 mois est impressionnant, grâce à la contribution de la Communauté Internationale. Je voudrais à cet effet renouveler toute ma reconnaissance à toutes les Organisations Internationales qui nous épaulent dans cette tâche.

Je voudrais aussi saluer l’inscription par l’UNESCO de la ville historique de Grand-Bassam au patrimoine mondial de l’humanité et le retour dans les prochaines semaines du Bureau local de cette Organisation à Abidjan.

Excellences Mesdames et Messieurs les Ambassadeurs,

Il reste encore beaucoup de défis à relever notamment au niveau de la sécurité, de la relance économique, de la reconstruction des infrastructures sociales ainsi que de la réinsertion des ex-combattants et des ex-miliciens.

C’est pourquoi, la Côte d’Ivoire sera toujours en initiative et restera résolument engagée avec l’appui de la Communauté Internationale pour le retour définitif de la paix, de la stabilité et de la croissance économique.

C’est dans cet esprit que nous nous attelons à la Réforme du Secteur de la Sécurité (RSS), à la conduite à son terme du DDR et à l’équipement de nos forces de sécurité. Je voudrais donc remercier l’ONUCI pour son importante contribution.

Au niveau du processus de Kimberley, nous avons organisé ce mois-ci un atelier à Séguéla destiné à sensibiliser les opérateurs du secteur sur les conditions d’exploitation et de commercialisation du diamant.

Concernant les interventions sur le terrain des institutions spécialisées présentes en Côte d’Ivoire, coordonnées par le PNUD, nous apprécions la mise en place et la bonne exécution du programme quinquennal UNDAF 2009-2013 actuellement en cours.

C’est dire que le Gouvernement attache une attention particulière à sa coopération avec les Organisations Internationales. Je suis convaincu que les développements actuels en Côte d’Ivoire, avec les espoirs qu’ils portent, appelleront une implication encore plus accrue de tous les partenaires bilatéraux et multilatéraux.

Excellences Mesdames et Messieurs les Ambassadeurs,

Pour une telle action diplomatique ambitieuse, il nous faut disposer d’un outil diplomatique bien qualifié pour ses nouvelles missions, disposant de moyens conséquents et ayant défini ses priorités d’action. Dans les nouveaux plans d’action, je suis conscient de la place et du rôle important des principaux acteurs de cette politique étrangère que sont les diplomates ivoiriens.

J’ai chargé le Premier Ministre, M. Daniel Kablan DUNCAN et le Ministre d’Etat, Ministre des Affaires Etrangères, M. Charles Diby Koffi, de procéder à un vaste mouvement diplomatique, avec pour principales instructions d’accorder une importance particulière à l’éco-diplomatie qui doit bâtir des rapports plus opérationnels avec les entreprises, les opérateurs économiques et des relations soutenues avec les ONG en vue d’une coopération décentralisée.

Désormais, pour jouer pleinement le rôle de moteur économique de la sous-région, nous avons fait ce choix de l’éco-diplomatie pour mobiliser les ressources financières de nos partenaires en faveur du développement économique et de la création de richesse en Côte d’Ivoire.

Je voudrais, pour conclure, dire que mon pays revient de loin. Il renait grâce à une normalisation rapide et une reprise de l’activité économique. Notre volonté est de bâtir une nation forte.

Je souhaite donc qu’ensemble, avec la Communauté internationale, nous abordions l’année qui s’amorce dans l’unité, avec confiance et détermination et que les défis auxquels nous sommes confrontés soient autant d’occasions d’illustrer la vitalité des liens de coopération et d’amitié.

Je voudrais, à cet égard, remercier Monsieur le Nonce Apostolique, Doyen du Corps Diplomatique, pour l’audience qui m’a été accordée récemment par Sa Sainteté le Pape Benoit XVI.

Je vous remercie de votre attention.

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