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L`adjudant-chef raconte comment il a exécuté l`ordre illégal de tuer un homme
Publié le jeudi 29 novembre 2012  |  AFP


L`ancien
© Autre presse par DR
L`ancien adjudant-chef Guy Raugel (à g.) arrive à la cour d`assises de Paris en compagnie de son avocat, le 27 novembre 2012.


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PARIS - "Bon alors, mon capitaine, on fait quoi? il faut le tuer?" L`adjudant-chef Guy Raugel a raconté jeudi à la cour d`assises de Paris comment il avait achevé en 2005 l`Ivoirien Firmin Mahé, tout en sachant qu`il exécutait "un ordre illégal".

"Je savais que ce qu`on allait faire, c`était pas bien, je ne me suis pas engagé pour ça...", a dit d`une voix assurée cet homme de 48 ans qui se dit "militaire dans l`âme".

Il comparaît depuis lundi avec deux de ses anciens subordonnés et un colonel pour le meurtre de Mahé, qu`il a décrit jeudi comme un "coupeur de route" dépouillant et terrorisant les populations.

Les quatre accusés appartenaient à la force Licorne déployée en Côte d`Ivoire, pays alors coupé en deux par une guerre civile. L`adjudant-chef Raugel et ses hommes étaient chargés de surveiller la "zone de confiance", entre le nord tenu par la rébellion et le sud loyaliste.

Plusieurs militaires ont expliqué à la cour qu`il s`agissait de fait d`une zone de "non-droit", où plus aucune police ni justice ne fonctionnait.

"On était écoeurés, on en avait marre, marre, marre, de voir des coupeurs de route qu`on arrêtait revenir en toute impunité recommencer leurs saloperies", a dit l`adjudant-chef.

Sa famille le conteste, mais les militaires restent convaincus que c`est bien un chef de bande qu`il ont interpellé le 13 mai 2005 en la personne de Firmin Mahé.

Le matin, il était blessé par balle à la jambe et s`enfuyait, avant d`être rattrapé et amené au cantonnement du "peloton de reconnaissance et d`intervention antichar" (PRIAC) commandé par Guy Raugel, à Bangolo.

C`est là que l`adjudant-chef a dit avoir reçu l`ordre par téléphone du colonel Eric Burgaud de conduire le blessé vers la ville de Man et de le tuer en route.

indignité

Dans un premier appel, il s`agissait de "rouler doucement". L`adjudant-chef a demandé s`il s`agissait que Mahé n`arrive pas vivant à destination. "Vous m`avez bien compris", lui a répondu le colonel.

Dans un deuxième temps, l`ordre serait devenu explicite, selon l`accusé, pour qui le colonel lui a demandé de tuer Mahé par balle en prétextant d`une tentative d`évasion.

Ce procédé n`a pas semblé "cohérent" à Guy Raugel, parce que le blessé était inconscient. Finalement, c`est avec un sac plastique qu`il étouffera Mahé.

Selon l`adjudant-chef, un capitaine a lui aussi parlé au téléphone avec le colonel et aurait "acquiescé, de la tête et du regard", quand Raugel dit lui avoir demandé si la mission était bien de tuer Mahé.

Guy Raugel a gardé l`allure et le parler d`un sous-officier de terrain, parlant de l`armée comme d`une famille, de ses hommes comme de ses enfants, de son colonel comme d`un père.

Amer, il dit qu`il était convaincu que ses "chefs allaient tout assumer".
Interrogé après lui, le colonel Burgaud, admettant n`avoir pas toujours fait preuve de "dignité" dans cette affaire, concédant même de la "lâcheté", a dit qu`il assumait maintenant "pleinement de lui avoir transmis l`ordre illégal" selon lequel "Mahé devait arriver mort" à destination.

Et "je l`ai laissé se débrouiller tout seul", a déclaré le colonel qui, lui, dit ne pas avoir proposé de "mode opératoire".

Le colonel a aussi réaffirmé avoir tenu l`ordre de "rouler doucement" du général Henri Poncet, alors commandant de Licorne.

"L`indignité, maintenant, est dans son camp", a estimé Eric Burgaud.
Le général, attendu comme témoin le 4 décembre, a fermement démenti durant l`enquête avoir donné l`ordre de tuer Mahé et a bénéficié d`un non-lieu.

at/ng/df



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