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Fraternité Matin N° 14401 du 29/11/2012

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Moyen–Orient: état de la Palestine : un rêve vieux de 65 ans
Publié le jeudi 29 novembre 2012  |  Fraternité Matin


Le
© Autre presse par DR
Le Conseil de sécurité de l`ONU


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La Palestine cherche un statut d’État observateur à l’Onu. L’Assemblée générale de cette institution se prononce aujourd’hui.

Ce jour, jeudi 29 novembre 2012, les Palestiniens vont-ils avoir le bonheur de voir leur territoire passé d’entité observatrice à Etat observateur (ou Etat non membre) des Nations unies, c’est-à-dire le rang du Vatican ? C’est une longue attente de soixante cinq ans que les 193 membres de l’Assemblée générale de l’Onu vont combler s’ils réussissent à maintenir en vie le principe et le plan de partage de la Palestine en deux Etats adopté le 29 novembre 1947 par la jeune Organisation des Nations unies. L’un juif a été proclamé quelques mois plus tard sous le nom d’Israél.

L’autre arabe n’a pas vu le jour et son territoire qui devrait épouser les contours des frontières de 1947 n’a cessé de se réduire. Le défi de la reconnaissance de ce territoire comme un Etat a été pendant de longues années porté par Yasser Arafat, en vain. Mahmoud Abass a repris le flambeau et déposé cette requête, après l’échec de son plan initial visant à obtenir le statut d’Etat membre à part entière.

Lancé en septembre 2011, ce projet avait échoué devant le Conseil de sécurité, seul organe de l’Onu, habilité à délivrer un statut de plein droit. Et ce, faute d’une majorité en faveur de la cause Palestinienne. Les chances de succès de la demande d’élévation de la Palestine d’entité observatrice à Etat d’observateur ou Etat nom membre de l’Onu, sont réelles devant l’Assemblée générale pour deux raisons.

Le droit de veto n’existe pas au niveau de cette institution où les 193 Etats sont véritablement
égaux en droits et devoirs. Une centaine de pays sur les 193 qui ont déjà reconnu la Palestine comme un Etat, constitue une majorité automatique pour la défense de ce projet. Le seul suspense porte cependant sur la nature du vote des pays d’Europe occidentale.
La France, après avoir voté en faveur de l’admission de la Palestine à l’Unesco, a affirmé mardi, par la voix de Laurent Fabius, son ministre des Affaires étrangères qu’elle voterait encore pour montrer la constance de sa positon, en faveur de la Palestine avec un statut d’Etat non membre de l’Onu, en toute responsabilité et conscience. Un député socialiste français a même balancé sur Twitter, ce message : « Palestine 194 » pour soutenir la cause de ce territoire qui doit devenir le cent quatre vingt quatorzième état des Nations unies. La Grande-Bretagne, a manifesté, mardi, son intention de vote en faveur d’un Etat de Palestine mais attendait de définir clairement sa position.

Que gagne Mahmoud Abass ?

Voter pour l’admission d’un pays à l’Onu comme un «Etat» n’implique pas de reconnaître cet Etat au niveau bilatéral. La France ne se trouve pas dans l’obligation de conférer à la représentation de la Palestine à Paris le rang d’ambassade. En revanche, une telle reconnaissance peut avoir des conséquences concrètes au niveau de l’Onu. La Palestine pourrait ensuite postuler à la totalité des agences qui lui sont rattachées, comme l’organisation mondiale de la santé (Oms) ou le Programme alimentaire mondial avec une forte chance d’y être acceptée. En théorie, également, la Palestine pourrait intégrer la Cour pénale internationale (Cpi), comme l’a laissé entendre son procureur général, et donc y déposer plainte contre des responsables israéliens. De nombreux pays qui redoutent la répétition du scénario de l’Unesco où en représailles à l’admission de la Palestine comme Etat membre de cette agence en charge de la culture et de l’Education, en octobre 2011,les Américains ont cessé de la financer soit un gap équivalent à 22% de son budget, vont certainement, comme Nicolas Sarkozy qui a suggéré à Mahmoud Abass de viser le statut d’Etat observateur, lui demander quelques discrètes assurances sur ses intentions d’après vote. Ils vont lui demander de renoncer par avance à toute saisine de la Cpi, car cette éventualité peut crisper tous les alliés de l’Etat hébreu.

Quels risques pour le leader palestinien?

Le véritable risque qu’encourt Mahmoud Abass est celui d’un désaveu des Européens lors du vote du 29 novembre 2012. Il y a l’abrogation des accords d’Oslo, l’accélération de la colonisation, la confiscation des droits de douane palestiniens et l’interdiction aux dirigeants de l’Autorité palestinienne de sortir de la Cisjordanie. Les dirigeants palestiniens habitués à ces mesures punitives estiment que l’éventail de ces mesures sera dissuasif. Car elles auront des conséquences sur la stabilité et l’économie d’Israél.
Dans cette conjoncture et après les quasi-visites que lui ont rendues Hillary Clinton et Laurent Fabius et qui ont montré sa marginalisation grandissante, Mahmoud Abass a besoin d’un rapide succès, fût-il symbolique, pour reprendre pied sur la scène politique palestinienne. Un soutien des grandes capitales européennes à l’Assemblée générale pourrait l’y aider et redonner un semblant de lustre au credo sur lequel, il a bâti sa carrière : la résolution du conflit par la négociation, sur la base de deux Etats pour deux peuples. Un échec du vote de ce jeudi 29 novembre ferait l’affaire des radicaux des deux camps.

FRANCK A. ZAGBAYOU
SOURCE : JOURNAL LE MONDE

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