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Le Temps N° 2766 du 30/11/2012

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30 novembre 2011 - 30 novembre 2012 : Il y a 1 an, Ouattara faisait déporter illégalement Gbagbo à la Cpi
Publié le vendredi 30 novembre 2012  |  Le Temps


CPI
© Reuters
CPI : Transfère de l`ex-président Laurent Gbagbo à la Haye (Pays-Bas)
Mardi 29 novembre 2011


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30 novembre 2011-30 novembre 2012. Voila un an que Ouattara et ses alliés dans la conspiration contre le Président Gbagbo ont fait déporter leur victime à la Cpi. Le temps revient ici sur les conditions d’un transfèrement arbitraire et illégal.
Le 29 novembre 2012 au soir, la nouvelle se confirme après avoir été alimentée pendant des jours par une abondante spéculation. Le président Laurent Gbagbo, détenu pendant 8 (huit) mois dans le camp de la mort à Korhogo, vient effectivement d’être transféré à la Cour pénale internationale. Le lendemain 30 novembre 2011, le prisonnier politique de Sarkozy (alors à l’Elysée) et de Ouattara arrive à la Prison Scheveningen de la ville de La Haye aux Pays Bas, où se trouve le siège de la Cpi. L’exécutant commis à cette triste besogne n’est autre que l’ex-Procureur de la Cpi, le magistrat argentin, ancien avocat, Luis Moreno-Ocampo. Ivoiriens, Africains et démocrates du monde qui observent la scène ivoirienne, indignés, mesurent alors le degré de haine et la nature foncièrement vengeresse du nouvel homme installé au fauteuil. Le jour suivant (1er décembre 2011) est un autre jour de deuil pour le peuple ivoirien, alors que le monde va vers la période heureuse des fêtes de fin d’année. Le dictateur qui se dévoile sur les bords de la Lagune Ebrié, après que l’ex-rébellion de Guillaume Soro se soit réclamée de lui pendant 10 ans, a franchi le rubicond de haine et de la vengeance qu’il nourries à l’encontre du Président de Laurent Gbagbo. L’opération de transfèrement est menée à la hâte par le procureur argentin compromis, Ocampo, au mépris des textes qui régissent la Cpi.

Un quasi enlèvement honteux

Le jour de son transfèrement, Laurent Gbagbo fait l’objet d’un quasi rapt, d’un enlèvement honteux. Après avoir enduré le goulag de Korhogo, le prisonnier politique est brutalement jeté dans un avion pour La Haye au Pays-Bas, sans la moindre précaution. En dépit des interpellations de ses avocats, ses droits sont royalement ignorés voire piétinés, le 30 novembre 2011, par Ouattara et Ocampo. Les deux hommes, encouragés par Nicolas Sarkozy, sûrs du soutien de la puissance tutélaire, se montrent méprisants. Ils ne prennent par la peine d’entourer le transfèrement de Gbagbo d’un minimum de précautions juridiques. Ils s’en moquent. Et le choc du départ de Gbagbo pour la Cpi réveille le souvenir douloureux et trop récent de «l’option militaire» franco-onusienne menée avec la collaboration de la Cedeao françafricaine et les ex-rebelles ivoiriens. Pendant que les médias occidentaux à la solde des impérialistes qui ont juré d’en finir avec le leader ivoirien commentent cet évènement morbide et que le camp Ouattara jubile, le pays revit la tragédie de la chute du Président Laurent Gbagbo le 11 avril 2011, sous les bombes de l’armée française. Les souffrances. Les obus sur la résidence officielle du Président de la République baptisé «Bunker de Gbagbo» avec toute la mauvaise foi que cela implique. Le bruit des hélicoptères et autres machines à tuer de la Force Licorne. Les enfants, les jeunes, les femmes et les vieillards fauchés par les balles assassines de l’armée française et des ex-rebelles cantonnés au Qg de Ouattara à l’Hôtel du Golf avec leurs instructeurs de l’Onuci. Pendant que la mort, portée par les forces pro Ouattara dans leur descente sanglante et infernale sur Abidjan pour «déloger Gbagbo», fauche à larges andins à Duékoué Carrefour. Il fallait sans doute mille 1000 morts (à Duékoué, ville martyre) au pouvoir qui s’installait pour arriver à ses fins. Des dépouilles mortelles à perte de vue dans les villages et les champs de l’Ouest en mars 2011. Des crimes impunis, commis par les forces de Ouattara et encouragés par la Droite française de Sarkozy, les Usa, l’Union européenne et l’Onu, instrumentalisées par Nicolas Sarkozy. L’homme qui avait juré la perte de Gbagbo qu’il fallait faire chuter, quel qu’en soit le prix en vies humaines, enjambe les morts en Côte d’Ivoire. Et pourtant le rapport de mai 2011 d’Amnesty international sur la crise postélectorale, pour ne retenir que les crimes qui ont été commis par les ex-rebelles du désormais président du Parlement ivoirien, Guillaume Soro, après novembre 2010, épingle les « Forces pro Ouattara » qui ont été baptisées Forces républicaine de Côte d’Ivoire (Frci), par une ordonnance signée de Ouattara le 17 mars 2011. Ledit rapport indique clairement que : «Dès la matinée du 29 mars 2011, les Frci, accompagnées par les Dozos ont totalement pris le contrôle de Duékoué et, dans les heures et les jours qui ont suivi, des centaines de personnes appartenant à l’ethnie Guéré ont été assassinées délibérément et de manière systématique, à Duékoué et dans certains villages environnants, uniquement en raison de leur appartenance ethnique». De tristes souvenirs, vécus par de populations consternées de constater que seul le Président Laurent Gbagbo est accusé, sans preuve, de crimes.

Après la prison de l’Hôtel du Golf, 8 mois de torture à Korhogo

La Cpi, sous Ocampo, ferme les yeux sur les tortures et les traitements inhumains subis par les prisonniers politiques en Côte d’Ivoire. Ocampo, déjà dans le complot bien avant la journée noire du 11 avril 2011, n’a –t-il pas vécu avec délectation devant sa télé les humiliations infligées à Laurent Gbagbo, à son épouse et à sa famille en direct sur France 24 par les ex-rebelles à qui «l’armée française qui fait le travail» a remis celui-ci, après l’avoir arrêté ? Comment le peuple, affligé à l’annonce de la déportation de Gbagbo, aurait-il pu s’empêcher de se remémorer son acheminement tout aussi brutal, sous les coups de cross de fusil, au Qg du candidat Ouattara après son arrestation ? A l’Hôtel du Golf, Gbagbo et son épouse seront torturés pendant plusieurs jours. La victime dépeinte par les bourreaux avec la complicité des médias français en «mission commandée» est par la suite transféré à Korhogo. Dans un goulag où le criminel de guerre Fofié Kouakou, du reste sous sanction onusienne, est chargé de briser physiquement et psychologiquement le Président Gbagbo qui est placé en isolement et privé de visite. Une réalité qui sera confirmée par les experts médicaux de la Cpi. Leurs conclusions (que la Cpi cache) sont formelles : Le Président Gbagbo a bel et bien subi : «Des traitements inhumains qui s’apparentent à la torture». Et depuis, le débat sur la santé altérée du Président Gbagbo est biaisé par les juges de La Haye qui refusent d’en tenir compte pour prononcer sa relaxe, comme l’exige l’article 55 du statut de Rome.

Sarkozy et Ouattara désarçonnés par la mobilisation lors de la première audience de Gbagbo

Mais, contrairement à ce qu’espérait Ouattara et son parrain alors à l’Elysée, les choses ne se passent pas comme prévues. Le transfèrement de Gbagbo ne le réduit pas au silence. Pas plus qu’il ne parvient à le mettre sous l’éteignoir C’est plutôt le revers de la médaille pour le comploteur. Les Ivoiriens, les Africains de la diaspora et les démocrates de tous les continents, se mobilisent en France, à travers l’Europe et aux Usa pour exiger la libération de Gbagbo. La Présence de Gbagbo à La Haye transforme le visage de cette ville hollandaise. A la veille des dates des procès, les hôtels affichent complets et les transports sont débordés. Le prisonnier politique que Ouattara voulait effacer de la mémoire collective devient le «Laurent le plus populaire de la planète», le détenu politique le plus célèbre et le plus illustre au monde, après Nelson Mandela. A La Haye, Gbagbo se révèle une icône pour les Africains dignes qui se battent pour la démocratie et la souveraineté des pays africains. Sa popularité franchit toutes les frontières. Qui plus est, la première «audience technique de signification des charges» le 5 décembre 2011 est pour Nicolas Sarkozy et son protégé une volée de bois vert. Ils ne se remettront pas de leurs émotions, après le «brillant coup réussi par Laurent Gbagbo », lors de ladite audience, ce 5 décembre, à en croire les observateurs de ce procès. En effet Sarko et sa Droite ne s’attendaient pas à ce que Laurent Gbagbo, assurant lui même sa défense, dénonce avec pertinence les turpitudes de la droite française. Elysée et l’armée française sont placés au cœur du débat. En fait, le scénario prévu par Paris pour cette première comparution se résumait en fait en trois points. Nous l’avons dit, les juges devaient d’abord interroger Laurent Gbagbo sur «son identité». Ensuite lui demander «si les chefs d’accusation retenus contre lui, lui ont été signifiés (et au besoin les lui rappeler) et s’il reconnaît les faits qui lui sont reprochés ». Et enfin l’interroger sur les «conditions de sa détention ». Sur les deux premiers points, le président Gbagbo se présentera et indiquera qu’il sait ce qu’on lui reproche et qu’il n’était point besoin de le lui rappeler. Cependant, profitant de façon inattendue de la lucarne offerte par «les conditions de sa détention», Laurent Gbagbo reviendra sur les «conditions de son arrestation» pour mettre à nu les agissements de la France en Côte d’Ivoire. En direct sur les grandes chaînes internationales telle France 24, le président Gbagbo, habile et puissant orateur, profitera de la tribune qui lui était offerte pour dénoncer, à la face du monde entier, le complot de la France. Il reviendra sur le bombardement de sa résidence par l’armée française qui, dira-t-il, a «fait le travail» sur le terrain pour l’arrêter et le remettre à l’ex-rébellion, le lundi 11 avril 2011. Une telle réaction ne pouvait que désarçonner la Droite française surprise par la verve du prisonnier. D’autant plus que Gbagbo se dira prêt à «aller jusqu’au bout», pour l’éclatement de la vérité». 30 novembre 2011-30 novembre 2012. Voilà un an que Gbagbo est illégalement détenu à la Cpi. Mais depuis, aucune des charges contre lui n’a été confirmée. Et la Cpi, qui tergiverse, n’a pas encore trouvé la bonne formule pour juger l’illustre prisonnier politique.
K. Kouassi Maurice

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