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L'intelligent d'Abidjan N° 2709 du 8/12/2012

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Paix, réconciliation, showbiz…/ Depuis Paris , Savan’ Allah parle aux Ivoiriens et àses fans : ‘‘On ne peut pas panser la plaie en mettant une couche noire dessus,…il faut que la réconciliation soit sincère’’
Publié le samedi 8 decembre 2012  |  L'intelligent d'Abidjan




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De passage en France, nous nous sommes rendu à MELUN pour rencontrer et échanger avec l’artiste Savan’Allah. C’est avec plaisir que nous la retrouvons plus belle dans son appartement en compagnie de sa fille. Nous avons échangé à bâtons rompus.

On remarque que tu es bien installée. Est-il besoin de te demander si tout va bien ici ?

Par la grâce de Dieu, tout se passe bien, mais la Côte d’Ivoire me manque.

Tu as une bonne mine, tu paraîs encore plus jeune après avoir perdu quelques kilos, comment as-tu fait ?

(Rires). D’abord l’alimentation a changé, je ne mange plus les sauces et le cadre de vie aussi a changé. Ici, je bouge beaucoup plus qu’à Abidjan. Je pense que tout cela a contribué à ma perte de poids, si je puis le dire. Voilà…

Tu manques à tes fans. Quand comptes-tu revenir en Côte d’Ivoire?

Je reviens très bientôt. Je suis en train de préparer mon single qui sera prêt, d’ici le mois de Février. Je reviendrai en Côte d’Ivoire.

Feras-tu désormais la navette entre ton pays et la France ?

Ma fille va à l’école ici, je serai obligée de faire la navette, ensuite je vais l’inscrire dans une école française au pays (Côte d’Ivoire) pour éviter de perturber ses études. Je pourrai après m’y réinstaller.

Quelle Savan’ Allah retrouverons-nous sur ton single ?

Le temps que j’ai passé ici en France, m’a permis d’apprendre autre chose. Donc c’est une autre Savan’ Allah que vous allez retrouver, une Savan’ Allah un peu différente de celle que vous avez connue, puisque mon single aura une autre coloration et j’espère que ça va plaire.


Comment se passe une jour- née chez toi, la femme Savan?

Je me réveille tranquille , j’essaie de m’occuper de ma fille et de la déposer à l’école, ensuite en fonction de mon emploi du temps, je fais des petits boulots ou bien je vais à des entretiens de spectacles, parce que je continue ma carrière ici et je fais des spectacles. Mon dernier show, c’était un mariage à MONACO. J’y ai été pour animer un mariage en Principauté. En dehors de mes trains- trains de maison, tout va bien et j’es- saie de m’occuper de ma carrière.

Que fais-tu exactement ici comme boulot en dehors de la musique?

Je suis assistante de direction dans une entreprise de sécurité, ça me plaît bien.

Ce n’est pas un boulot à plein temps, on dirait ?

Eh oui, je travaille à temps partiel, puisque je dois m’occuper toute seu- le de ma fille et aussi faire des spec- tacles les week-ends.

Savan’ Allah a-t-elle une vie artistique aisée en France?

Ce n’est pas aussi facile parce que les spectacles ici sont parfois rares. Si vous avez un bon manager, un bon impresario, là, ça va. Mais si vous n’avez pas un bon tourneur, c’est compliqué. En Côte d’Ivoire, on a des « gombos » toutes les semaines, mais ici, en France, c’est peut-être une ou deux fois dans le mois, donc ce n’est pas tout à fait évident.

Savan’ Allah a-t-elle un homme dans sa vie présentement?

Pour l’instant, je préfère ne pas en parler, (sourire, elle cherche ses mots) ; ce qui est sûr, il fait froid ici hein, bon. Imagine le reste, voilà, (fou rire).

Comment as-tu réussi à bien t’installer dans cet appartement en si peu de temps?

Quand j’étais en Côte d’Ivoire, je fai- sais la navette, donc j’avais déjà mes repères. J’avais aussi mon titre de sé- jour, c’est pourquoi ça n’a pas été dif- ficile pour moi de bien me loger. En plus, j’ai eu la chance de trouver fa- cilement un boulot. Ici quand vous travaillez, on vous paye correctement et vous gagnez bien de l’argent pour vous installer. Je pense que cela a été une chance pour moi.

Tu m`as reçue avec un plat du pays, où as-tu appris à prépa- rer?

(Rires). Oh, je me débrouille hein. Je suis une femme, j’ai appris à prépa- rer quand j’étais plus jeune en famil- le. Je suis toujours jeune non ? (rires). J’ai appris à le faire parce que c’est très important de savoir préparer et gérer la maison pour pouvoir maintenir un homme. Si par ta faute ton homme va toujours manger dehors, il risque un jour de bien manger dehors hein, (rires). Il va remarquer celle qui lui fait bien à manger… Surtout qu’aujourd’hui on ne trouve même plus les hommes. Nous, les femmes, avons intérêt à être gentilles avec les hommes et à avoir tous les outils pour bien gérer notre foyer. Même si on connaît les hommes avec leurs caractères, met- tons un peu d’eau dans notre vin, mes sœurs. On va faire comment? (Rires).

Un message à tes jeunes sœurs qui attendent tout d’un homme?

Je vais leur demander tout simplement de se battre. En tant que femme, quand tu travailles et que tu as un peu à la sueur de ton front, même si l’homme doit te donner un coup de main, tu as déjà toi-même un petit plus. Mais quand tu ne fais rien, et que tu attends tout d’un homme, le jour où celui-ci te lâche, tu deviens quoi ? J’ai envie de dire à travers cette interview à mes sœurs de toujours se battre, car l’homme va te respecter si toi-même tu es quelqu’un ; n’importe qui ne pourra t’approcher et tout le monde sera obligé, de te respecter parce que tu te seras réalisée honnêtement sans forcément l’aide d’un homme. Même si tu ne gagnes que 40 ou 50.000 FCFA par mois, au moins tu travailles et tu es respectée.

Après 20 ans à parler aux hommes, tu penses qu’ils n’ ont toujours rien dans le cœur mais tout en bas, ou bien se sont-ils tous amélioré?

Bon. Ça n’a pas changé grand-cho- se… mais l’homme reste tel, c’est un éternel chasseur. Aujourd’hui, c’est la biche, demain c’est l`agouti, après il a envie de manger du poulet, ainsi de suite. Quand il tombe sur le hérisson et que le hérisson commence à le pi- quer, il dit :«Eh, si je savais, j’allais rester avec ma poule» (rires). Je pen- se que je continuerai à chanter pour toujours essayer d’éveiller l’esprit des hommes, leur demander d’être plus gentils avec la femme. Mais vous savez hein, ils sont comme ils sont…

A t’entendre, il semble que ton single parlera encore des hommes…

Bien sûr, parce qu’ils n’ont pas enco- re changé et j’espère qu’après ce titre, ils changeront enfin… (Rires). Il faut qu’ils changent, on en a vraiment besoin qu’ils comprennent que la femme est une fleur, qu’elle a besoin d’être arrosée tous les jours. Dans le cas contraire, elle va se faner. Il faut qu’ils soient gentils avec nous. C’est pour cela que je vais continuer de chanter. Pour eux, j’ai intitulé mon single : les hommes encore, et les hommes encore, ils sont tous les mêmes.

Quel message pour la paix en Côte d’Ivoire ?

Après plus de 10 ans de crise, il va falloir que les Ivoiriens se réconcilient. Pour de vrai, cette fois-ci, puisque depuis 10 ans que nous parlons de réconciliation et de reconstruction de notre pays, je pense que ça se fait du bout des lèvres ; désormais, il faut que cela vienne du fond du cœur de tout un chacun de nous afin que cette ré- conciliation soit réelle et vraie. Si cela se fait, je pense que les crises ne re- prendront plus. On ne peut pas pan- ser la plaie en mettant une couche noire dessus et l’ignorer alors que la plaie est toujours là et fait encore mal. Il faut que la réconciliation soit sincère.Permets- moi aussi de m’adresser à toutes ces mamans qui ont perdu leurs enfants. Une femme qui a perdu son mari, on l’appelle la veuve. Une femme qui perd ses parents, on peut l’appeler orpheline. Mais une femme qui perd son enfant, ça n’a pas de nom : c’est une douleur indescriptible, ça fait tellement mal de perdre son enfant que je ne peux que leur dire YAKO. Mais en même temps, je peux leur dire que c’est Dieu qui l’a voulu ainsi. Qu’elles continuent de prier si elles sont restées en vie, parce que tôt ou tard, Dieu finira par les bénir et si elles ne sont pas trop vieilles, elles finiront par avoir d’autres enfants. Moi- même, je suis passée par là ; ça n’a pas été facile et aujourd’hui j’ai une fille. Je ne fais que rendre gloire à Dieu pour ce miracle. AMEN !!!

Qu’as-tu envie de dire à tes fans à qui tu manques ?

Je suis toujours avec eux, je n’ai pas arrêté de chanter pour leur plaisir. Je les remercie de m’avoir soutenue pendant 20 ans ; au mois de février je fête mes 20 ans de carrière ici en France et en mai, je célèbrerai cet évènement à Abidjan bien sûr. C’est pour mes fans que je tiens à le faire parce que si je m’appelle Savan’ Allah aujourd’hui, c’est grâce à eux et je les remercie pour leur soutien. Je vous aime et j’embrasse tous les Ivoiriens, toutes les Ivoiriennes; les femmes, les enfants et les hommes. Vous me manquez beaucoup et c’est pourquoi je reviens très bientôt vous voir. Vous qui êtes restés en Côte d’Ivoire, continuez à prôner la paix, à célébrer la paix. Il faut que la paix revienne dans notre pays, surtout pour la génération future. Si la paix ne revient pas, je ne sais pas comment nos enfants pourront vivre, pourront évoluer. Soyons tolérants, acceptons nos différences pour une paix réelle.

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