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Niger : un nouveau défi pour le développement
Publié le mardi 11 decembre 2012  |  Diasporas-News




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Assurer une autosuffisance alimentaire, lutter contre la corruption, utilisée à bon escient la manne pétrolière et peut-être celle de l’uranium… Bref, créer les conditions d’un essor économique ; tel est le programme que s’est assigné le gouvernement, pour les cinq prochaines années.

La métamorphose du Niger

Le Niger est-il devenu la poule aux yeux de la communauté internationale ? La France lui couve des yeux. A ce rythme-là, le président Mahamadou Issoufou finira par avoir son rond de serviette au palais de l’Elysée tandis que le chef d’Etat tchadien Idriss Deby – et il ne serait pas le seul - fait le pied de grue depuis plusieurs mois, sans obtenir une audience. Le chef d’Etat nigérien a encore été reçu au mois de novembre par François Hollande. Cette entrevue fait suite à la tontine internationale organisée par la France pour financer le développement économique du Niger pour les dix prochaines années. Et sans doute le partage des revenus du yellow cacke était au menu de cette rencontre.

Fini le temps où ce pays était mis au ban des Nations. En février 2010, une junte militaire à la tête de laquelle se trouvait le commandant Salou Djibo déposa le président en exercice Mamadou Tandja. Démocratiquement élu, ce dernier a voulu tripatouiller la constitution pour briguer un nouveau mandat (de trop). La communauté internationale a adopté une posture de condamnation pour une prise de pouvoir qualifiée d’anti-démocratique. Elle s’est toutefois empressée d’écourter la transition pour un retour rapide à l’ordre constitutionnel. D’autant plus que le Conseil Suprême pour la Restauration de la Démocratie (CSRD) a promis de rendre le pouvoir aux civils et que les militaires retourneront dans les casernes à l’issue des élections présidentielles, prévues l’année suivante.

Lors de la commémoration du cinquantenaire des Indépendances des anciennes colonies françaises, l’homme fort de la transition nigérienne fut invité au même rang que les autres chefs d’Etat pour admirer ses troupes défiler sur les Champs Elysées. C’est à la faveur des élections présidentielles, gage de la restauration de l’ordre constitutionnel, que l’actuel président de la République Mahamadou Issoufou arriva au pouvoir en janvier 2011. Ancien ingénieur des Mines, francophile et membre de l’International Socialiste, il est considéré comme un « ami » de la France.
Les Etats-Unis ne sont pas non plus en reste. Lorsque Barack Obama invita les chefs d’Etat les plus méritants et qui incarnent le mieux l’alternance et symbolisent la démocratie sur le continent africain, le chef d’Etat nigérien était du voyage avec deux de ses coreligionnaires : Boni Yayi (Bénin), Alpha Condé (Guinée) et Alassane Ouattara (Côte d’Ivoire).


Et maintenant ?
Les bases d’une bonne gouvernance étant posée, les 16 millions de nigériens aspirent désormais à un avenir meilleur. Les indicateurs économiques clignotent au vert : le PIB passera de 3,1% en 2011 à 14% en 2012. Oui, mais comme le dit le vieil adage africain : la croissance ne se mange pas !

Les facteurs géographiques handicapent sérieusement le développement d’une agriculture intensive. Le Niger est aux portes du désert de Sahara et les dunes de sable envahissent inexorablement en s’avançant vers le Sud. Et l’insuffisance de pluie empêche également le développement du secteur primaire. Ce qui fait que le pays est en proie la plupart du temps à des crises de famine, comme c’était le cas en 2010.
Les Indicateurs de Développement Humain (IDH) notent une insuffisance en matière d’équipements collectifs et une carence en termes d’éducation et de santé. Cette tendance pourrait être inversée et cela dépend du dynamisme de la population et de la volonté des dirigeants de vouloir s’en sortir par eux-mêmes.
Pour les cinq prochaines années, le FMI prévoit un boom économique dans tous les secteurs d’activité et ce grâce aux revenus générés par les recettes minières et d’hydrocarbures. Elles doubleront quasiment les rentrées de l’Etat pour passer de 650 millions €uros à environ 1,5 milliard €uros.

Pétrole versus uranium

Le gouvernement compte surtout sur le gisement de pétrole dans la région d’Agadem (à l’Est). L’exploitation a débuté en 2011 avec un partenariat signé avec la China National Petroleum Company (CNPC) qui détient 40% des parts du consortium. 20.000 barils/jour ; telle est la production actuelle. Avec des réserves estimées à environ 600 millions de barils, le pétrole sera-t-il le salut du Niger ? Non seulement, il permettra d’assurer l’indépendance énergétique du pays avec l’acheminement du brut sur 425 km jusqu’à la raffinerie de Zinder d’une capacité de 7.000 barils/j. Mais le reste sera exporté via un pipeline raccordé sur l’oléoduc tchadien qui aboutit au terminal de Kribi (Cameroun). Mais les nigériens se sont réveillés avec une gueule de bois lorsque le gouvernement avait annoncé le prix du litre d’essence à la pompe : 513 FCFA. Le carburant de contrebande importé frauduleusement du Nigéria aura encore de beaux jours devant lui avec un prix défiant toute concurrence c’est-à-dire 300 FCFA.

Quant à l’uranium, le Niger aspire à se hisser au rang de 6ème au second producteur mondial – pour une production passant de 3 à 8.000 tonnes de yellow cake - grâce à l’exploitation respective des mines d’Imouraren et d’Azelik. Cette dernière est exploitée avec la China National Nuclear Corporation (CNNC), laquelle a mis le pied au Niger en 2006 dans la concession de Tegguida. Quant au gisement d’Imouraren, il est devenu un véritable serpent de mer pour le gouvernement. Car le partenariat avec le groupe nucléaire français Areva semble battre de l’aile. Maintes fois reportée, l’ouverture du gisement est de nouveau mise aux calendes grecques. Areva évoque une surestimation du gisement et que le projet ne serait plus rentable pour elle. De fait, les investissements sont gelés ou du moins avancent au ralenti. En tout cas, le ministre d’Etat en charge des Mines, monsieur Omar Hamidou Tchana, se donne une date limite qui correspond à la fin des travaux de génie civil en 2016. Ensuite, le Niger en tirera les conséquences et se réservera le droit de trouver d’autres investisseurs.

Le Niger est le premier fournisseur d’uranium de la France depuis 50 ans. Elle s’est arrogé le monopole de la production en le payant à vil prix. Les royalties versées par Areva représentent à peine 6% du budget national. Mamadou Tandja, malgré toutes ses turpitudes, a sans doute le courage de briser cette main mise française. Il a, d’une part, octroyé des permis de d’exploration à une vingtaine de sociétés internationales (canadienne, australienne, indienne…) ; Mais il a également pu arracher 50% de recettes supplémentaires exceptionnelles auprès d’Areva. Le président de la République Mahamadou Issoufou souhaite maintenant une revalorisation des accords pour un partenariat « gagnant-gagnant ».La France achète le yellow cake bien en-deçà du cours mondial actuel : 45 $ la livre contre 70 $ avant la catastrophe de Fukushima.

Plus de 3.000 tonnes exportées annuellement pour 100 millions €uros seulement de dividendes et de retombées fiscales ! Cette spoliation engendre un profond ressentiment de la population de la région d’Agadez, là où se trouve le gisement d’Arlit exploité par Areva. Les six expatriés français enlevés en 2010 sont des employés d’un sous-traitant du groupe nucléaire français. Même si aujourd’hui les otages sont entre les mains de djihadistes, les habitants de cette région ne compatissent pas et restent peu sensibles au sort de ses étrangers.

Les Nigériens Nourrissent les Nigériens (3N)

L’initiative« 3N » est le leitmotiv actuel du gouvernement. Faire feu de tous bois en faisant des investissements tous azimut pour conjurer le sort et lutter contre la pauvreté. Ne plus être tributaire de la sécheresse et autre intempéries mais avoir son destin entre les mains ; tel est l’engagement que le président de la République Mahamadou Issoufou.
La table ronde, des partenaires techniques et financiers, organisée à Paris au mois de novembre dernier avait pour objectif essentiel de trouver les fonds indispensables à la mise en œuvre du Plan de Développement Economique et Social (PDES) 2012-2015.
L’aréopage était composé des pays amis, des bailleurs de fonds, des différentes agences de développement et des membres de la société civile et d’ONG. Tandis que la forte délégation nigérienne a été emmenée par le chef d’Etat lui-même et plusieurs de ses ministres. A cette occasion, le ministre d’Etat chargé du Plan a exposé sa stratégie de développement pluriannuel dénommée le Plan d’Actions Prioritaires (PAP) et son volet «suivi-évaluation». En résumé, les besoins pour les trois prochaines années sont estimées à 5.422 milliards FCFA (8,4 milliards€uros environ) dont le tiers sera affecté aux « 3N » soit 3,6 milliards €uros.
A la fin de cette fameuse tontine et lorsque les différents partenaires et autres chefs de délégation ont annoncé leur contribution respective, la promesse de contributions pour soutenir le PDES s’est chiffré à 2.401 milliards FCFA (4.803 millions USD environ). Un jour viendra où le Niger se contentera de ses seules recettes fiscales. Cela dépendra d’un effort national pour éradiquer la corruption et que les partenaires économiques acceptent une coopération« gagnant-gagnant ».

Alex ZAKA

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