Accueil    Shopping    Sports    Business    News    Annonces    Cuisine    Nécrologie    Publicité
class=logo NEWS
Comment

Accueil
News
Société
Article



 Titrologie



Scrib Mag N° 21 du

Abonnez vous aux journaux  -  Voir la Titrologie

  Sondage

 Autres articles


Comment

Société

Interview du ministre Cissé Bacongo
Publié le mardi 11 decembre 2012  |  Scrib Mag


Rentrée
© Ivoire-Presse par FN
Rentrée universitaire 2012-2013: Cissé Bacongo a donné le coup d`envoi des festivités
Lundi 27 août 2012. Abidjan. Université de Cocody. Le ministre de l`Enseignement supérieur et de la recherche scientifique, Ibrahima Cissé Bacongo donne le coup d`envoi des festivités de la rentrée universitaire, à l`issue des travaux de renovation des universités publiques


 Vos outils




 Vidéos

 Dans le dossier

Scrib magazine : Du 30 Août au 03 Septembre 2012, nous avons assisté aux différentes cérémonies marquant la réouverture des Universités publiques ivoiriennes placée sous le signe du « départ nouveau ». Monsieur le ministre que doit-on entendre par « départ nouveau » ?

Le ministre Cissé Bacongo : Je vais emprunter au Professeur Abou Karamoko qui pour l’occasion est le père de ce concept de « départ nouveau ». Le départ nouveau ce n’est pas un départ à partir de l’ancien système. C’est un départ qui consacre une rupture totale d’avec l’ancien système. Cela veut donc dire que nos universités, nos grandes écoles publiques, nos instituts en centres de recherches à partir de la réouverture officielle vont désormais fonctionner suivant un nouveau mode. Les étudiants vont fonctionner suivant un nouveau mode. Les enseignants également ainsi que le personnel technique et administratif. Tout va se faire différemment. Ne serait-ce qu’avec l’utilisation des TIC qui n’étaient pas utilisées par notre système d’enseignement supérieur. Pour nous le départ nouveau est une rupture d’avec le passé, c’est une université nouvelle. Ce sont des centres et instituts de recherches nouveaux qui vont fonctionner à partir de maintenant.

Scrib magazine : Quelles seront les innovations ?
Le ministre Cissé Bacongo : Je ne sais si je peux être exhaustif sur tout ce qui entre en ligne de compte dans le départ nouveau. A titre d’exemple, Le LMD (licence, Master, doctorat) par exemple est une nouvelle façon d’enseigner, c’est une nouvelle façon d’apprendre. C’est une nouvelle manière de regarder l’enseignement et la recherche scientifique, un enseignement qui produit le savoir, qui le conserve et le diffuse mais c’est aussi et surtout un enseignement supérieure et de la recherche scientifique en parfaite adéquation avec les préoccupations des populations, avec les aspirations de la population, les ambitions, les rêves, nos ferveurs. C’est vraiment un système en phase avec la société. Ensuite les étudiants auront un nouvel esprit. qui n’a rien à voir avec l’étudiant qu’on a connu, qui attend que tout lui soit donner et qui n’a pas beaucoup d’effort à faire. Non, l’étudiant doit se prendre en charge lui-même tant dans l’apprentissage que dans la vie à l’Université. Il doit être un étudiant responsable, il doit contribuer à ce que l’université atteigne les objectifs que l’Etat lui assigne.

Les enseignants, eux aussi, doivent se consacrer à leur travail. Ils doivent renoncer à tout ce qui les a caractérisé jusque là c`est-à-dire l’amalgame entre leurs enseignements et leurs convictions politiques. Ce n’est pas leurs convictions politiques mais leurs connaissances, leurs enseignements scientifiques qu’ils doivent diffuser. Donc les innovations sont nombreuses. On ira jusqu’à l’interdiction de la circulation des véhicules sur le campus. C’est désormais des navettes qui vont circuler, qui vont faire le transport à l’intérieur des campus. Ce ne sont plus des véhicules qui vont circuler comme par le passé. Une autre innovation, c’est une police universitaire. La police universitaire comportera entre autres, un shérif au vrai sens du terme.

Scrib magazine : comme on en voit dans le film western ?
Le ministre Cissé Bacongo : (rires) oui, comme on en voit aux Etats-Unis. C`est-à-dire à la tête d’un dispositif de sécurité pas pour faire de la répression mais pour faire de la prévention et de la dissuasion. Autre innovation d’importance, c’est la transformation de nos universités en véritables villes universitaires. L’université Félix Houphouët- Boigny va accueillir des activités économiques : banques, stations services, centres commerciaux, restaurants, pharmacie, tous ce qui est indispensable. Que ce soit Félix Houphouët Boigny ou Nangui-Abrogoua ou les autres, ce sera exactement la même chose. Il y aura aussi des cours à distance grâce à l’utilisation des TIC. Les étudiants de l’université Félix Houphouët Boigny pourront suivre des cours depuis l’université Alassane Ouattara. De même, ceux d’Alassane Ouattara pourront suivre ceux en provenance de Nangui-Abrogoua, ainsi de suite. Les universités sont interconnectées entre elles, sont dotées de WIFI, du haut débit, pour permettre aux étudiants de faire le travail personnel qui constitue 50% du temps de leur travail, dans le système LMD. Il y a vraiment beaucoup de choses que nous avons en chantier. Il existe aussi un organe de communication dénommé « Campus info » qui englobe la presse écrite, la radio et à long terme la télévision. Tout cela est en train d’être déroulé progressivement. C’est beaucoup de choses ; on va pas à pas pour ne pas créer une indigestion au démarrage.

Scrib magazine : Mais certains professeurs semblent avoir certaines inquiétudes quand aux besoins en équipements, notamment ceux qui font de la recherche, ceux qui sont dans les filières scientifiques.

Le ministre Cissé Bacongo : Ce sont 17 milliards de Francs CFA que l’Etat de Côte d’Ivoire a déboursé pour équiper nos universités. Ce sont les enseignants eux-mêmes qui ont fait la liste de ces équipements, qui ont donné les caractéristiques de ces équipements. Des équipements de laboratoires etc... L’Etat n’a fait que s’adresser aux fournisseurs, pour livrer ces équipements. Et il s’agit aussi d’ordinateurs, c’est environs deux mille (2000) ordinateurs qui sont arrivés, qui sont entrain d’être déployés. La grande majorité a été déjà déployée sur les différents campus Félix Houphouët Boigny, Alassane Ouattara, Nangui-Abrogoua, Jean Lourougnon Guédé de Daloa, Palefoloro de Korhogo. Ces ordinateurs sont déployés et vont servir à la fois au personnel administratif et technique, aux enseignants mais aussi aux étudiants à travers des salles équipées d’outils informatiques qui vont accueillir les enseignants, et les étudiants, pour la mise en ligne de leurs cours, pour la recherche pour le téléchargement des cours. Donc ce ne sont pas seulement des bâtiments qui ont été réhabilités ou reconstruits, c’est aussi et surtout des équipements.

Scrib magazine : Monsieur le ministre, il y a une question cruciale qui occupe les esprits : les conditions de vie et d’études des étudiants. Nous pensons au logement, au transport, à la bourse tant dans leurs acquisitions que dans leurs paiements réguliers, quelles ont été les mesures prises ?

Le ministre Cissé Bacongo : Nous voulons faire les choses comme on le fait en 2012, c`est-à-dire de façon moderne. Les bourses, l’Etat n’aura pas suffisamment d’argent pour en donner à tous les étudiants. Ils sont dans le public environ 113000. Dans le privé, ils sont entre 70 et 80 mille. L’Etat ne pourra pas donner la bourse à chaque jeune étudiant ou étudiante ivoirien.
Donc, il faut réfléchir. Il faut regarder ce qui se fait ailleurs. Il ne s’agit pas de donner à nos universités une allure de ville simplement. Les activités économiques qui vont être déployées sur le campus vont être animées par les étudiants. Par exemple, PROSUMA, le propriétaire de CAP Sud a décidé de ne recruter que des étudiants dans les différents magasins qui seront à CAP Université. Ce sont exactement les mêmes magasins qui sont à Cap Sud et à Cap Nord : City sport, Mediastore… ce sont les étudiants qui vont être les employés de ces magasins à mi-temps c`est-à-dire qu’ils pourront faire deux heures par jour ou bien six heures par semaine en fonction de leur emploi du temps. Cela va leur permettre d’avoir des substituts de bourses. Ça c’est une chose. La deuxième chose, même ceux qui n’auraient pas cette possibilité, cette opportunité, nous allons trouver des moyens avec les différentes entreprises qui vont s’installer pour verser des bourses aux étudiants. Pour les magasins qui vont s’installer, on pourra prévoir dans les contrats qui vont être signés qu’ils vont s’engager à verser la bourse à 10 ou 20 étudiants par exemple. Tout ceci vise à amener les étudiants à faire les études dans de meilleures conditions.

Les résidences universitaires sont entrain d’être réhabilitées en tout cas pour celles de Cocody, puis vont suivre les autres. Même là aussi on ne pourra pas loger tous les étudiants dans les résidences universitaires publiques. Nous ici au Ministère, depuis mon arrivée, nous avons réfléchi à des solutions alternatives, c`est-à-dire encourager la construction des résidences par des entreprises privées nous avons obtenu du ministère des économies et des finances des mesures incitatives dans le code général des impôts réservés aux promoteurs qui accepteront de construire des résidences universitaires affectées essentiellement aux étudiants. C’est des mesures aussi bien de fiscalité de porte et de fiscalité intérieure. C`est-à-dire vous importez les matériaux de constructions, vous avez des facilités à la douane, à l’intérieur aussi vous avez d’autres facilités. Tout cela pour vous permettre de faire des loyers acceptables pour les étudiants.

Pour le volet transport, on fera aussi le maximum en tenant compte du budget de l’Etat. On va continuer au moins à faire ce qui se fait avec les cartes de bus étudiants , ils pourront circuler d’un bâtiment à un autre, d’un bout à un autre par les navettes. En tout cas tout est entrain d’être fait pour mettre les étudiants, le personnel administratif et technique, les enseignants dans les meilleures conditions possibles de travail et d’étude.

Scrib magazine : Concernant la bourse, quelles sont les mesures prises surtout pour les études longues. A un certain niveau , le doctorat par exemple, les études deviennent très coûteuses …

Le ministre Cissé Bacongo : En principe, ils existent des critères d’attribution des bourses. Et parmi ces critères, il y a l’âge, la discipline, la filière, la condition sociale des parents, et les handicapées font l’objet d’un traitement particulier. A l’étranger ceux qui sont prioritaires sont ceux qui font le troisième cycle et ceux qui font une année préparatoire. On est entrain de revisiter les critères en prenant en compte votre préoccupation de sortes à pouvoir disposer de suffisamment d’enseignants et de chercheurs. Et pour ce faire, il faut encourager ceux qui font le troisième cycle ou ceux qui veulent faire le troisième cycle ; et pour les encourager, il y a pas une et mille manière, il faut leur offrir les conditions nécessaires, il faut leur donner des bourses, équiper les laboratoires, les bibliothèques et autres. Donc, nous sommes en train de travailler sur les nouveaux critères et je crois d’ailleurs un décret est presque élaboré, malheureusement, je n’ai pas encore eu le temps de le lire, avant qu’il soit transmis en conseil de gouvernement. Sinon nous y travaillons.

Scrib magazine : Un mot sur le syndicalisme et la politique à l’université.

Le ministre Cissé Bacongo : oui au syndicalisme à l’Université. Non à la politique à l’université. Oui au syndicalisme à l’Université parce que premièrement ceux qui sont les acteurs des universités ont le droit donc de se mettre en association pour défendre leur droit que ce soit le personnel administratif et technique, les étudiants ou les enseignants. Ensuite on ne peut pas décider pour des personnes majeures qui ont des préoccupations, qui ont de points de vue sur les différents problèmes. Donc, il faut les associer aux différentes prises de décisions. Il faut qu’elles aient leur mot à dire, qu’elles soient consultées, qu’elles orientent les décisions ainsi de suite. Pour toutes ses raisons, je considère pour ma part que les syndicats ont leur place qu’ils soient des syndicats d’étudiants, du personnel administratif ou d’enseignants. Ils ont leur place dans nos universités. C’est même une exigence à la fois de l’UEMOA mais aussi de la Banque Mondiale, c’est à dire la démocratie au sein de nos universités, la démocratie pour permettre à nos universités de vivre et surtout de se développer grâce aux échanges, grâce à la confrontation des idées, grâce à la contribution des uns et des autres à la prise décision. Malheureusement, ce que nous avons connu dans notre pays depuis quelques années, pour ne pas dire depuis 1990 environ, c’est ce holdup que les parties politiques ont fait aux universités en y installant des bras armés, les enseignants d’un côté, les étudiants de l’autre pour prendre finalement en otage nos universités.

Excusez-moi de parler de manière frontale du SYNARES mais le SYNARES ne fait pas syndicalisme mais de la politique. La FESCI ne faisait pas de syndicalisme, elle faisait de la politique. C’est tout ceci qu’ont connu nos universités et a conduit à cette situation. Ces dernières années. Il faut que les uns et les autres se ressaisissent et recadrent leurs activités, pour se mettre véritablement au service de nos universités. On ne peut pas sous le couvert de la franchise universitaire faire tout et n’importe quoi. D’abord cela ne veut rien dire du tout de mon point de vue. Il y a un contexte historique qui justifie ce qu’on a appelé franchise universitaire mais ce contexte historique aujourd’hui n’existe pas. Le monde est ouvert, les universités sont ouvertes. Tout le monde peut s’exprimer, mais s’exprimer ne veut pas dire casser, s’exprimer ne veut pas dire, aller se servir des amphis comme des lieux de meetings politiques. Or c’est malheureusement ce qui se passe ici. Ces dernières années, on a surpris des enseignants entrain de faire des meetings politiques en amphis et cela n’est pas acceptable.

Oui au syndicalisme, je le dis, je le répète, je l’ai déjà dit, je dis jamais et au grand jamais, je n’accepterai de m’associer à une décision de dissolution d’un syndicat mais en même temps, non à la politique dans nos amphis, non à la politique dans nos universités et je combattrai là aussi avec toute la force nécessaire toutes les organisations et tous les protagonistes politiques dans nos campus.

Propos recueillis par Flore Hazoumé et Oblé Antoine

LIENS PROMOTIONNELS


 Commentaires


Comment