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Empoisonnement à la béninoise
Publié le mardi 11 decembre 2012  |  Courrier d'Afrique


Reunion
© Présidence par Aristide
Reunion des chefs d`Etat et de gouvernement du Conseil de l’Entente: le Président Alassane Ouattara à Cotonou (Benin)
Lundi 5 décembre 2011. Cotonou (Benin). Le Président Alassane Ouattara participe à la Reunion des chefs d`Etat et de gouvernement du Conseil de l’Entente. Photo: le Président béninois, SEM Yayi Boni attendant son hôte


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Depuis octobre, le Bénin bruisse de spéculations sur une affaire de tentative d’empoisonnement du chef de l’Etat impliquant ses proches parents, amis et collaborateurs. Certains Béninois s’indignent mais la plupart, d’un air amusé, soulèvent une foule de questions qui mettent à mal la solidité du scénario. Retour romancé sur la réalité d’une histoire digne d’un film de série B

Lever de rideau. Les 16 et 17 octobre, Boni Yayi, président en exercice de l'Union africaine, est invité aux Journées européennes du développement (JED) à Bruxelles. Il était accompagné d’une foule de collaborateurs dont son médecin personnel, Dr Ibrahim Mama Cissé, et sa nièce Zoubérath Kora-Séké, officiant comme gouvernante auprès du chef de l’Etat béninois. Lors de ce séjour dans la capitale belge, Patrice Talon, homme d’affaires béninois et ancien soutien financier du président, aurait contacté la nièce puis le médecin pour leur proposer une affaire qui devait rapporter à chacun d’eux la somme de un milliard de francs Cfa. Il s’agit de faire consommer à Boni Yayi de pilules toxiques à la place des médicaments qu’il avait l’habitude de prendre. Dans un précédent voyage du chef de l’Etat à New-York, Talon aurait rencontré le Dr Cissé pour lui prendre la liste de ces médicaments. La nièce et le médecin auraient été obligés d’accepter le deal de Talon parce que celui-ci aurait déclaré que tôt ou tard, il finirait par faire exploser l’avion présidentiel avec des drones (Sic). Les deux auraient préféré signer le contrat du milliard plutôt que de mourir dans l’inévitable attentat contre Boni Yayi. Fin de la première séquence du film.
Le vendredi 19 octobre au soir, les produits toxiques seraient débarqués à Cotonou par un vol de la compagnie air France. Soumanou Moudjaïdou, ancien ministre de Yayi et alors directeur général de la Société de développement du coton (Sodeco) dont Talon est actionnaire majoritaire entre en scène, il serait chargé d’aller les récupérer et les transmettre au médecin. Le coup serait prévu pour le samedi 20 octobre.
Mais entre temps, la nièce aurait ébruité l’affaire à des proches qui ont alerté le président. Les trois mis en cause ont aussitôt été interpellés, gardés à vue puis incarcérés le 21 octobre, sous le chef d’accusation d'association de malfaiteurs et tentative d'assassinat du chef de l’Etat. Le juge du 6e cabinet du parquet de Cotonou lance deux mandats d’arrêt international contre Patrice Talon et un de ses collaborateurs, Olivier Boko. Fin de la deuxième séquence du feuilleton.

Pendant ce temps, la liste des mis en cause s’allonge. Un garde du corps du président est écroué et sa secrétaire particulière est annoncée sur le banc des accusés. Le scandale a provoqué l’émoi au sein des partisans du chef de l’Etat qui multiplient marches, déclarations tapageuses et séances de prières pour dénoncer le coup et exorciser le mal. Mais pour la grande majorité des Béninois, le scénario de l’affaire est cousu de fil blanc. Et les questions fusent. Un médecin traitant qui veut faire du mal à son client, a-t-il besoin de se mettre en complicité avec des personnes extérieures à sa corporation pour réussir son coup ? Une compagnie aérienne digne du nom de celle qui aurait transporté les produits incriminés peut-elle convoyer facilement du produit radioactif, comme l’a souligné le parquet de Cotonou ? Pourquoi la nièce ébruite une affaire pour laquelle elle est partie prenante et qui n’est pas encore bouclée ? Et pourquoi elle aurait accepté de répandre du produit radioactif susceptible de la tuer également ?... «Il y a suffisamment d’éléments qui laissent penser que peut-être un complot existe. Mais de quel côté ? On ne peut pas le dire pour le moment», avance Me Joseph Djogbénou, avocat de deux des trois inculpés. Seul élément de certitude dans l’affaire : Talon et Yayi ont des raisons profondes de s’en vouloir. A Talon, le président a arraché manu militari des contrats juteux au port et dans le secteur cotonnier. A Yayi, l’homme d’affaires a refusé d’apporter son concours financier pour intéresser des députés dans son ambition de briguer un troisième mandat, après la révision de la constitution. Baisser de rideau. La suite de ce long métrage, on la saura bientôt, les principaux acteurs, le commissaire central de la ville de Cotonou et le procureur de la République sont en studio pour le tournage du film.

Jusqu’où peut aller la « Talonphobie »

Du nom de Patrice Talon soupçonné d’être l’instigateur de l’affaire d’empoisonnement qui défraie actuellement la chronique au Bénin, la « Talonphobie » hante le président béninois Boni Yayi. Elle fait et fera pendant longtemps encore des victimes. Après la nièce, le médecin personnel et le cousin mis en examen et détenus dans le cadre de l’affaire, c’est au tour de Bachirou, garde de corps et homme de confiance du président Boni Yayi d’être derrière les barreaux. Son péché : trop proche de Patrice Talon. Yasmine Babamoussa, fidèle secrétaire particulière de Boni Yayi qui le suit depuis ses « années Boad » vient de passer à la trappe, victime elle aussi sans doute de la « Talonmania ». A ce rythme, Boni Yayi va renvoyer l’ensemble de ses collaborateurs pour se retrouver bientôt seul, même sa propre ombre aura à s’expliquer sur l’affaire Talon, car le problème aujourd’hui c’est de savoir qui est proche de Patrice Talon et qui ne l’est pas. Ou pour être bien précis qui a pris un jour l’argent chez Patrice Talon et qui ne l’a pas fait. L’homme d’affaires soutient avoir financièrement participé aux campagnes présidentielles de Boni Yayi en 2006 et en 2011 ; les mauvaises langues évoquent même le montant de quatre milliards de francs Cfa en 2006. Donc Boni Yayi lui-même aurait aussi pris l’argent chez Patrice Talon ; il doit alors faire attention à son ombre car celle-ci peut aussi bien l’empoissonner (sic). Parce que corrompue par Talon. Dans cette affaire d’empoisonnement, personne n’est propre. Si prendre l’argent un jour ou un autre ou bénéficier d’une faveur quelconque de Patrice Talon signifie aujourd’hui un achat de conscience, alors tous les collaborateurs du chef de l’Etat béninois ont été achetés par Talon à un moment ou à un autre. Je le dis avec certitude pour avoir passé 10 années (1996-2006) dans le dernier couloir de Mathieu Kérékou au palais présidentiel. Confession. Dès qu’un homme d’affaires assez fortuné se présente, tous les collaborateurs du chef se signalent à son attention, ils courent tous après sa carte de visite, veulent le tous rentrer dans leur amitié, prêts à lui accorder toutes sortes de faveur. Ils ne sont d’ailleurs pas les seuls demandeurs, puisque de son côté, l’homme d’affaires, pour maintenir l’accès direct au chef, rivalise de générosité et de cadeaux aux proches collaborateurs du président. Ça a été comme cela hier, c’est comme cela aujourd’hui et ce sera comme cela demain. Patrice Talon l’a reconnu sur les antennes de Rfi. Un autre homme d’affaires béninois bien connu pour sa trop grande générosité et dont je tais le nom ne me démentira pas. Arrêtons donc la « Talonphobie ».
Edgard Kaho

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