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Télécoms en Afrique : la rude loi de la sélection naturelle
Publié le jeudi 13 decembre 2012  |  Cote d'Ivoire Economie




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La concurrence fait rage dans le secteur de la téléphonie à l’échelle du continent. Le début du millénaire avait donné l’impression que les lourds investissements dans ce secteur seraient forcément gagnants, mais l’expérience, pour certains, s’est transformée en miroir aux alouettes. Une réalité qui rappelle, comme une évidence, qu’il convient d’avoir les reins solides pour défier les grands groupes internationaux.


En 2012, un ingénieur africain surdoué peut-il, comme le Soudanais Mo Ibrahim, décider de lâcher son poste dans une firme britannique, de se mettre à son propre compte puis de créer à la force de son poignet une société de téléphonie mobile s’installant peu à peu dans différents pays à l’image de Celtel, rachetée en 2005 par le groupe koweitien Zain ? Il est difficile de répondre à cette question par l’affirmative et avec enthousiasme. Et pour cause. Une décennie après le boom du secteur des communications GSM en Afrique, il y a comme une ambiance de fin de récréation et de concentration autour d’un nombre limité de géants ayant un portefeuille extrêmement diversifié d’opérations, à la fois sur le continent et ailleurs dans le monde.
Il faut admettre qu’après la « décennie glorieuse » de la course aux licences, avec ses excès et ses investissements souvent sans discernement, le marché de la téléphonie mobile est arrivé à une sorte de maturité. Selon un rapport de l’Organisation pour la coopération et le développement économique (OCDE), si 40% des Africains avaient une ligne de téléphonie mobile en 2008, ils devraient être 60% en 2012. Les chiffres rendus publics récemment par le cabinet PwC traduisent encore plus le chemin parcouru. L’Afrique est passée de 16 millions de possesseurs de téléphones mobiles en 2000 à 500 millions aujourd’hui, et ils seront 600 millions en 2016. Et les parts de marché à conquérir se trouvent souvent soit dans les zones rurales, soit dans des pays « particuliers » où le marché s’organise autour d’un oligopole, voire d’un monopole, ou qui se caractérisent par une faible appétence pour l’économie du marché. Selon le même rapport, six opérateurs leaders (Orange, Vodacom, Tigo, MTN, Bharti Airtel et Moov) représentaient 52% des abonnements à la téléphonie mobile.

Des faux départs chez les nouveaux arrivants

Comment se battre à armes égales avec ces groupes solidement installés dans plusieurs pays, alors qu’ils bénéficient de réelles économies d’échelle grâce à leur taille, de technologies éprouvées par l’expérience, mais aussi de l’itinérance qui peut rendre le roaming* quasiment indolore sur certains pays voisins, dans un continent où une grande partie de la population – les commerçants et les travailleurs transfrontaliers notamment – voyage beaucoup ? C’est cette question que les « petits » opérateurs se posent. C’est cette question qui en décourage certains. C’est ainsi qu’en dépit du fait qu’elle possède une licence, la société ivoirienne Niamoutié Télécom, qui a choisi la marque commerciale « Café Mobile », multiplie les faux départs depuis fin 2011, ce qui rappelle furieusement l’aventure de Warid Côte d’Ivoire, contrôlé par le groupe Abu Dhabi, et qui a mis la clé sous le paillasson sans jamais avoir vendu la moindre carte SIM. Dans un contexte où les « petits » comme GreenN (contrôlé par Libyan African Portfolio, qui a subi les contrecoups de la chute de Muammar Kadhafi) et Comium ont du mal à suivre. Le ministre de la Poste et des Technologies de l’information et de la communication, Bruno Koné, a déjà prévenu : « Notre code des télécommunications date de 1995. Sa révision prendra en compte les évolutions technologiques et les nouveaux usages. Sept licences ont été délivrées et cinq opèrent actuellement. C’est trop. Nous ne comptons pas remettre en question les contrats passés, mais aucune licence ne sera maintenue artificiellement en vie. »
Au Cameroun, où les opérateurs Orange et MTN règnent en duopole, Set Mobile, lancé par la star du football Samuel Eto’o, expérimente les difficultés d’une entrée sur un marché déjà solidement structuré. En dépit de son choix – assez novateur – d’exercer comme opérateur virtuel s’appuyant sur les infrastructures des compagnies existantes, l’entreprise a du mal à définir une stratégie gagnante, ce qui a valu à son premier directeur général, le Français Charles Guéret, un limogeage assez brutal.

3 G et fibre optique : les nouveaux enjeux

L’heure est très clairement à la consolidation des « gros », et non à l’émergence des « petits ». D’autant plus que les nouveaux relais de croissance nécessitent souvent l’acquisition de coûteux tickets d’entrée. Désormais, les grandes manœuvres s’organisent par exemple autour de l’Internet mobile et du transfert de données. De la 3G donc. En Côte d’Ivoire, sans surprise, ce sont les leaders – Orange, MTN, Moov – qui ont bénéficié des premières licences 3G, qui leur ont coûté à chacun la rondelette somme de 6 milliards de francs CFA, ce qui distingue forcément leurs offres de celles des challengers. Une quatrième licence est ouverte, mais les prétendants devront être à jour de leurs engagements vis-à-vis de l’Etat et monter un dossier exigeant. Dur, dur, dur ! L’opérateur indien Bharti Airtel a de son côté fait fort en Afrique centrale il y a un an en acquérant des licences 3G au Gabon et au Congo.
3G donc, mais aussi fibre optique ! A côté du consortium historique SAT 3 constitué de 37 opérateurs dont France Télécom/Orange, mis en place en 2001 et qui relie l’Europe et l’Afrique, le consortium WACS, dont MTN est un des membres – qui compte 12 membres et relie l’Afrique du Sud et le Royaume-Uni – va assurément dynamiser le marché en passant par des pays comme la Côte d’Ivoire, le Cameroun et la République démocratique du Congo pour un coût de 650 millions de dollars. Signe des temps et du déplacement des enjeux, le groupe sud-africain a vendu, pour la somme de 141 millions de dollars, ses pylônes de relais au Cameroun et en Côte d’Ivoire (1 500 en tout) à l’opérateur nigérian IHS, auprès duquel il sous-traitera désormais le déploiement d’une partie de son réseau. Plus modeste, le câble Main One, qui bénéficie du financement de la Banque africaine de développement, reliera le Portugal à l’Afrique de l’Ouest…

Paiement mobile, argent de la diaspora, contenus : des relais de croissance

Au-delà des infrastructures, les usages « transactionnels » constituent également de vrais enjeux de fond. Orange, MTN et Airtel ont très vite compris tous les avantages qu’ils pouvaient tirer du « mobile money », inauguré par la petite mais très imaginative compagnie est-africaine Safaricom. Après des débuts un peu timides, les choses ont enfin l’air d’avancer sur ce chantier. C’est ainsi qu’en Côte d’Ivoire le produit « mobile money » de MTN a séduit l’Education nationale et le Programme alimentaire mondial, qui ont organisé pour l’un la collecte de frais d’inscription, et pour l’autre la distribution de l’aide d’urgence aux réfugiés. De son côté, Orange Money insiste, dans des campagnes de communication « cobrandées» avec des entreprises de services, sur les bienfaits du paiement mobile des factures qui évite aux usagers de perdre leur temps dans des files interminables. En avril dernier, Airtel lançait son service « Airtel Money » au Gabon avec l’appui de la puissante BGFI Bank. Et en juillet 2012, la compagnie d’origine indienne lançait le même service au Burkina Faso avec l’appui d’Ecobank.

Demain, la bataille des contenus

La diaspora est également un certain relais de croissance. Le site « mtnmmo.com » se pose en concurrent low cost des solutions de transfert d’argent rapide en permettant aux possesseurs de cartes Visa et Mastercard dans le monde d’envoyer des sommes pour l’instant relativement modestes à leurs proches disposant d’un compte MTN Mobile Money. Le service « Transfert Pays » d’Orange est quant à lui désormais bien installé dans le paysage des diasporas.
Et demain ? La bataille de la diffusion des contenus se profile déjà. Dans ce domaine, Orange a pris de l’avance en développant le portail d’information « Starafrica.com » et en faisant l’acquisition, dans une perspective globale, de la plate-forme de partage de vidéos Dailymotion et de la plate-forme d’écoute de musique en streaming Deezer. De son côté, MTN a annoncé fin novembre l’arrivée prochaine au Nigeria d’un produit de mobile TV qui mêlera programmes existants et programmes spécialement conçus pour le mobile. L’on se souvient que fin 2008 l’opérateur avait déjà testé en Côte d’Ivoire – sans insister – ce qu’il avait alors appelé la télévision mobile personnelle, mais qui nécessitait des terminaux spécifiques et intervenait dans un contexte où la bande passante disponible était encore bien maigre. Décidément, la téléphonie mobile mène à tout en Afrique. A condition de survivre… et d’avoir les moyens de suivre le rythme !
* Equivalent de l’« itinérance », service proposé par les opérateurs de téléphonie mobile pour permettre l’accès à leurs services depuis l’étranger.

François Wandji

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