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Notre Voie N° 4295 du 15/12/2012

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Où est passée la théorie de la concertation nationale de Wodié ?
Publié le samedi 15 decembre 2012  |  Notre Voie


Commission
© Abidjan.net par Prisca
Commission Nationale des Droits de l`Homme de Côte d`Ivoire : La CNDHCI présente Rapport Annuel 2011
lundi 23 juillet 2012. Abidjan-Plateau. La Commission Nationale des Droits de l`Homme de Côte d`Ivoire (CNDHCI ) présente son rapport annuel en présence de plusieurs personnalités dont le ministre Gnénéma coulibaly, le couple wodié et le nonce apostolique. Photo Francis Wodié.


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La crise postélectorale nous a laissé une Côte d’Ivoire déchirée. En effet, sur le terrain politique règne désormais le système des blocs caractérisé par l’impossible conciliation entre le pouvoir et l’opposition. La cohésion sociale, elle-même influencée par ce système, est atteinte. Depuis, les gouvernants disent faire des efforts pour ramener la cohésion perdue. La mise sur pied de la Commission Dialogue, Vérité et Réconciliation (Cdvr) a sonné comme une œuvre vaine tant elle brille par son incapacité à ressouder les liens cassés. En un mot, la réconciliation nationale patine, pour ne pas dire qu’elle est figée.
La curiosité dans cette histoire, c’est que le professeur Francis Vangah Wodié est, au sein du pouvoir d’Abidjan, une personnalité de premier plan. Sa position devrait aider à accélérer le processus de réconciliation d’autant plus qu’il est un défenseur acharné de la théorie de la concertation nationale. Cette théorie, a été présentée comme une sorte de conférence nationale devant réunir tous les acteurs politiques ainsi que ceux de la société civile en vue de réfléchir sur le devenir de la Côte d’Ivoire. L’idée a été portée sur les fonds baptismaux aux premières heures de la chute du parti unique. Le professeur Wodié en a fait «un programme de gouvernement» durant toutes ses années d’opposition. Elle était l’une des composantes de « la clef du vrai changement ».
De 1990 jusqu’au déclenchement de la rébellion armée menée par Guillaume Soro, la Côte d’Ivoire avait connu des moments difficiles mais pas à l’image de ceux imposés par les bombardements de la coalition Licorne-Onuci en 2011. C’est bien aujourd’hui que l’exaltation et la mise en pratique de cette théorie s’imposent. Car, la mettre en œuvre, pourrait sûrement chasser les démons du système des blocs, système que le prof Wodié avouait craindre. Malheureusement, depuis le 11 avril 2011, les populations ivoiriennes n’entendent plus de discours sur la concertation nationale.
La présence de Wodié à la tête du Conseil constitutionnel a-t-elle enterré la concertation prônée pendant plus de 20 ans? Nous n’en doutons point. Le refuge trouvé semble être la séparation entre les fonctions de président du Conseil constitutionnel et l’activité politique (au sein de son parti). Il aurait peut-être eu raison s’il arguait que la cohésion nationale est bien inférieure à un appel à la concertation nationale qui est très loin d’être une activité politique. Même si le fétichisme des règles lui fait oublier sa fameuse théorie, il a bien dans son parti amputé, des fidèles qui se sont nourris de ses thèses.
Au nom donc du PIT (version Wodié), le secrétaire général Kouablan François, les professeurs Kouadio Jérémie et Martin Bléou, peuvent bien remettre l’idée au goût du jour. Si jusque-là, rien n’est fait, c’est certainement parce que le pouvoir a eu raison des convictions du « champion de la concertation nationale ». N’est-ce pas aussi parce qu’il a été incapable de mettre en pratique la concertation au sein de son propre parti (déchiqueté par des intérêts personnels), qu’il a choisi de faire profil bas?
Tout compte fait, on retiendra que la théorie de la concertation nationale est morte lorsque son champion est devenu membre du bloc qui a l’entière responsabilité de faire sortir la Côte d’Ivoire du gouffre dans lequel il l’a plongée. Dommage !

Une contribution d’Alain Bouikalo

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