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Nord-Sud N° 239 du 19/12/2012

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Dagobert Banzio, ancien ministre du Commerce : «J’avais besoin d’un tout petit repos»
Publié le mercredi 19 decembre 2012  |  Nord-Sud


Ministère
© Abidjan.net par Atapointe
Ministère du Commerce: Dagobert Banzio évalue les mesures de lutte contre la vie chère
Lundi 8 octobre 2012. Abidjan. Chambre de commerce et d`industrie, au Plateau. Le ministre du Commerce, Dagobert Banzio anime une conférence de presse pour évaluer les mesures gouvernementales de lutte contre la vie chère


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Dans cet entretien, l’ancien ministre du Commerce, Dagobert Banzio, déclare n’avoir aucun regret d’avoir quitté le gouvernement. Bien au contraire, il estime que ce départ est une occasion pour s’offrir un repit avant l’action.

Quel est votre état d’esprit après votre départ du gouvernement ?

Je me sens serein. Je me sens reposé et prêt à affronter d’autres chalenges. Vous savez que ces charges sont quand même lourdes. Il m’arrivait très souvent de ne pas manger toute la journée. Je ne m’en rendais compte que lorsque je sentais un mal de ventre. Maintenant, j’ai un temps de relaxe.  Mais je dirai que j’ai passé un bon temps dans le gouvernement qui m’a permis de participer à des débats de grands niveaux de la nation pendant sept ans dans des conditions instables. Je pense qu’il faut remercier Dieu, le président Bédié qui m’a autorisé à entrer dans les différents gouvernements. Je remercie le président Ouattara de m’avoir permis de participer à un niveau exceptionnel très élevé de la gestion de la crise et de la situation post-crise. Je pense avoir été à la hauteur des charges qui m’ont été confiées. Avec tout ce que j’avais comme charges, je pense que j’avais besoin quand même d’un tout petit repos.

Quel message avez-vous  pour les parents qui, semble-t-il, n’ont pas digéré votre sortie du gouvernement ?

Dans le Cavally, tout comme à Abidjan, j’ai enregistré des réactions de cette nature. Mais vous savez, c’est d’abord une grâce d’être parmi les cinq choix du Pdci pour être dans le gouvernement, quand on sait qu’il y a des milliers de cadres qui attendent d’être choisis. Et puis le président Ouattara, avec son expérience, son expertise, avec tout ce qu’il sait faire, avoir le privilège d’être dans son gouvernement, je pense que ce n’est pas donné à tout le monde. Et puis, le temps que j’ai passé au gouvernement, il faut s’en féliciter. Je pense avoir donné le meilleur de moi-même avec toutes les contraintes, les difficultés, les problèmes de sortie de crise. Ce que je peux dire à mes parents, c’est de se féliciter d’avoir eu un des leurs qui a participé à la vie de la nation.  Alassane Ouattara est le président de la République, il a des contraintes, des charges, des points d’arbitrage et des objectifs  qu’il assigne à son programme et, à un moment donné, il a la liberté de prendre la décision qu’il estime être plus opportune. Quand le président vous choisit, vous êtes heureux. Vous ne lui demandez pas pourquoi il vous a choisi. S’il vous demande de partir, soyez heureux, parce qu’il a besoin d’appeler d’autres personnes qui seront heureuses de faire le même travail. Je dis donc à mes parents que quand vous aimez quelqu’un qui vous a appelé, le jour où il vous dire de partir, il faut lui faciliter la tâche. Les expériences que j’ai acquises auprès des présidents Bédié, Alassane Ouattara, les Premiers ministres Soro et Ahoussou Jeannot, je compte les mettre au profit de ma région. Vous savez, quand on parle d’une Côte d’Ivoire émergente à l’horizon 2020, ce n’est pas que la fonction publique, ni l’administration, encore moins le gouvernement qui le réaliseront tous seuls. Il faut des acteurs sur le terrain, que ce soit du côté de la société civile, des collectivités territoriales  ou des opérateurs économiques, nous qui avons servi à quelque niveau, il faut qu’on serve l’Etat autrement pour aider le président Alassane Ouattara à réaliser son projet qu’il a pour la Côte d’Ivoire.

Quelles sont vos ambitions pour la région du Cavally ?

Je voudrais vous dire qu’en 2002, j’étais candidat au poste de président du Conseil général de Guiglo. J’ai affronté mon frère, le ministre Hubert Oulaye. A l’époque, nous avons été battu de 3900 voix. Je rappelle que le Rdr avait un candidat ; ils ont eu plus de 3000 voix, l’Udpci  7000 voix. Cela veut dire que s’il y avait la cohésion, malgré la puissance de nombreuses personnalités que je respecte, comme Hubert Oulaye, et Jean-Gervais Tchiédé, nous aurions gagné parce que les parents nous faisaient confiance.  Nous avons accepté la situation. Aujourd’hui, c’est un autre challenge parce qu’à l’ancien Conseil général de Guiglo qui comprenait la sous-préfecture de Taï, de Zagné, de Guiglo et de Bloléquin s’ajoute celle de Toulépleu. Il y a donc plus d’enjeu qu’en 2000 parce qu’il y a eu la destruction de la zone, la déstructuration de la société ; plus d’enjeu, parce que nos valeurs culturelles et rituelles ont été sérieusement affectées, parce que les jeunes ont été entraînés dans des actions de déstabilisation, il y a eu la fracture sociale. Il faut ressouder le tissu social et réconcilier. A ces cas se sont ajoutés les problèmes fonciers qui existaient déjà. Et puis, on a nos frères et sœurs qui sont pour la plupart exilés au Libéria et au Ghana. Il faut faire en sorte que la vie reparte  de plus belle.  Compte tenu de la position que nous avons eue pendant la période de la crise postélectorale et la situation que nous avons vécue, nous avons les moyens de rapprocher les populations. Au-delà de tout ça, il faut être plus proche pour régler les problèmes des parents. La volonté de la Côte d’Ivoire de gagner le combat de l’autosuffisance alimentaire existe ; on peut faire la production de riz avec un rendement de cinq tonnes à l’hectare sur un espace exploitable trois fois dans l’année. Je pense que c’est une opportunité de mettre notre diagnostic au service des jeunes dans les villages pour leur permettre d’avoir du travail. Cela va évidemment leur éviter des comportements malsains. Souvent dans les échanges, les parents exposent comme problème l’occupation des forêts classées. Mais moi je leur dis que la gestion de la forêt classée est du ressort de l’Etat. Le reste, ils doivent le mettre en valeur. Ils peuvent faire de l’hévéaculture, de la cacaoculture, le palmier à huile, etc. Et nous, dans le cadre du Conseil régional ce sont ces projets que nous avons avec nos partenaires pour que les jeunes apprennent eux-mêmes à faire leurs plantations de sorte que d’ici deux ans, ils aient les moyens de subvenir à leurs besoins et éviter ainsi de tomber dans la jalousie jusqu’à aller détruire les biens d’autrui.

Vous parliez tantôt d’élection régionale. Quelles sont vos  chances de donner la victoire à votre parti, le Pdci-Rda ?

Les réactions que j’ai enregistrées çà et là de gens m’apportant leur soutien, je pense que les choses devraient bien se passer. Ce qui est le plus important, c’est qu’on se retrouve dans la cohésion et qu’on privilégie l’intérêt de la population. Ici ce n’est pas une élection politique, même si nous sommes parrainés par nos partis politiques; il s’agit du développement. Quand je vois le soutien des chefs de villages, de certains cadres du Rdr, de l’Udpci, ça ne fait que me rassurer.

Il n’y a pas de développement sans paix. Quelles sont les initiatives que vous revendiquez pour donner une chance à la cohésion sociale et à la réconciliation entre les filles et fils du Cavally ?

Je sais que beaucoup de problèmes sont là. Ce n’est pas évident qu’on sorte de la crise sans conséquences négatives. Il y a des problèmes de décès, de maisons détruites ; moi-même j’en suis une gosse victime. Ce qui est essentiel pour l’heure, c’est l’entente, la réconciliation entre tous les habitants du Cavally. Nous avons commencé à demander aux uns et aux autres de pardonner, aux chefs de villages d’aider à retrouver la cohésion, d’être des chefs de villages de référence, exemplaires. J’ai dit aux chefs d’être sans parti pris. Un chef sait pardonner. Ce que nous leur demandons, c’est d’éviter d’exclure et d’aider les uns et les autres à reprendre leur place. Même ceux qui ont été utilisés contre nous, qu’on les accepte et que nous puissions créer un cadre qui pourra les aider à avoir des revenus qui leur permettent d’être autonomes. Il y a nécessité de reconvertir les mentalités de nos frères, nos sœurs, nos enfants pour que nous ayons une autre approche de la vie. Qu’on respecte la vie de l’autre.

Interview réalisée à Bloléquin par Valentin Koffi

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