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Hausse des prix du carburant et du gaz : Etrange cadeau de nouvel an aux Consommateurs
Publié le lundi 7 janvier 2013  |  Le Nouveau Consommateur Hebdo




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Ils s’attendaient à tous les dons, sauf à celui que vient de leur offrir leur gouvernement. Eux, ce sont les Consommateurs de Côte d’Ivoire. Ils sont surpris de l’étrange cadeau qu’est la hausse des prix du carburant et du gaz.

Etrange cadeau de nouvel an, que celui qu’a offert l’Etat de Côte d’Ivoire aux Ivoiriens en général et aux usagers en particulier : l’augmentation inattendue du prix du carburant sans plomb. Le litre de l’essence super sans plomb est passé de 774, à 792f Cfa, soit une hausse de 18 f Cfa. Signalons qu’aucune modification n’a été enregistrée pour le prix du gasoil à la pompe. Par ailleurs, les produits comme le gaz dont les coûts sur le marché sont étroitement liés au comportement des prix des produits pétroliers, subissent automatiquement une augmentation.

En effet, depuis le mercredi 02 janvier 2013, les Ivoiriens observent, la mort dans l’âme que les plus grandes augmentations sont enregistrées au niveau du gaz domestique ou gaz butane. La bouteille de 6 kilogrammes (B6) est désormais vendue à 2000f Cfa. Elle subit ainsi, un relèvement de 200f Cfa, soit 11,11% de hausse. La bonbonne de 12,5 (B12) kilogrammes, elle, passe de 4 000f Cfa à 5 200f Cfa. Les 1 200f Cfa d’augmentation représentent, en proportion, 30% de renchérissement par rapport au prix antérieur. Quant à la bouteille (B28), elle passe de 9 000f Cfa, à 18 535f Cfa, une hausse de 105,95%.

Impopularité garantie.

Cette nouvelle, même si elle pouvait tenir dans des explications techniques, ne plaît pas du tout aux populations de Côte d’Ivoire. Elles espéraient mieux en ce début d’année 2013. D’autant plus que dans son message à la Nation, à la veille de la Saint-Sylvestre, marquant la fin de l’année 2012, le chef de l’Etat ivoirien, Alassane Ouattara a, dans un discours convaincant, invité les Ivoiriens à l’espoir. « Je me suis personnellement engagé à donner un autre visage à la Côte d’Ivoire. Je m’y emploierai chaque jour et je voudrais donc vous en donner l’assurance. », leur promettant en filigrane, une vie heureuse basée sur le travail silencieux de l’argent qui ne circule plus dans le pays. « Cette année, l’espoir l’emporte très largement sur l’incertitude car notre pays se porte mieux. »
Difficile d’y croire car, au lendemain de ce discours officiel, qui avait effectivement suscité de l’espoir chez certaines populations, à la seule idée que « notre pays se porte mieux », les Ivoiriens commencent plutôt à désespérer du gouvernement de leur pays. Il montre des signes d'éloignement entre les problèmes sociaux et les solutions à ces problèmes, à travers cette mesure (la nouvelle hausse des prix), dont l’impopularité est garantie. Pour la simple raison que la mesure en question, découle des recommandations du Fond Monétaire International (FMI). Pour cela, une délégation avait d’ailleurs séjourné du 19 septembre au 3 octobre 2012, à Abidjan.
«La mise en œuvre de certaines autres réformes a cependant pris du retard. Des efforts supplémentaires sont nécessaires pour faire face aux pressions exercées par la hausse mondiale des prix de l’énergie, notamment sur les mécanismes d’ajustement, de fiscalisation et de subvention des prix des produits pétroliers et de l’électricité», avait rappelé le directeur au département Afrique du FMI, aux autorités ivoiriennes.
C’est donc en réponse à la préoccupation du FMI, que l’Etat ivoirien a décidé de donné « ce cadeau » de fin d’année aux Ivoiriens. Sans se préoccuper de leurs problèmes quotidiens, marqués par l’amaigrissement du pouvoir d’achat. Et pourtant, le slogan de campagne d’Alassane Ouattara était justement focalisé sur l’augmentation du pouvoir d’achat et la réduction du coût de la vie.

Mécontentement généralisé

Mais que constate-t-on ? Un jour seulement après l’annonce de ce drôle de cadeau de nouvel an, c’est-à-dire le jeudi 03 janvier 2013, les Ivoiriens n’ont pas attendu d’être interrogés, pour extérioriser leurs mécontentements. « L’augmentation du prix de carburant et du gaz est une mauvaise nouvelle pour les Ivoiriens, en ce début d’année 2013 », avons-nous entendu d’un père de famille qui en parlait avec ses voisins, dans la commune de Koumassi. « On est où là ? » s’interroge une dame qui a requis l’anonymat. Comme pour marquer, elle aussi, son désaccord avec cette nouvelle mesure.
« La déception est d'autant plus perceptible que les Ivoiriens ont souvenance des promesses électorales qui fondaient tout espoir d'une ère nouvelle. Dix ans de conflit fratricide et de déchirure sociale ne suffisent-elles pas à la souffrance des Ivoiriens? » dénonce pour sa part un autre Ivoirien du nom Y.R.C.N.

Faut-il croire au message du nouvel an ?

Dans ces conditions, comment croire que « les prochaines années sont plus prometteuses encore », comme nous l’a annoncé le président Ouattara ? Comment donc s’accorder avec les gouvernants ivoiriens, pour souhaiter que « les revendications catégorielles ne prennent pas le pas sur la vision d’avenir » ? Comment croire qu’ils sont encore capables d’améliorer les revenus, afin d’atténuer de façon significative les effets de la vie chère ? C’est dire que la lutte contre la pauvreté demeure encore et toujours, un véritable défi. D’ailleurs le chef de l’Etat lui-même, reconnaît que « de graves inégalités ont pratiquement déstructuré des pans entiers de notre société durant la décennie écoulée ». Mais, il y croit et tente de convaincre : « Le potentiel que recèle notre pays nous permettra de réduire la pauvreté de moitié en 2015 ». Faut-il y croire, ou faut-il en rire ? Surtout, lorsque ce genre de mesure vient de personnalités ivoiriennes qui ont donné par le passé, l’impression d’être
des hommes et des femmes avertis et imbus des réalités ivoiriennes en faisant même des propositions à l’ancien régime, en réaction à une situation similaire.
De fait, en 2008, suite à l’augmentation du prix du carburant et du gaz domestique, le Rassemblement des républicains (RDR), parti au pouvoir actuel en Côte d’Ivoire, a fait une déclaration. En guise de mesures qui auraient permis d’éviter l’augmentation actuelle des prix, ou tout au moins, d’en réduire considérablement l’ampleur. En son temps, le RDR suggérait « une réduction des prélèvements de l’Etat ; l’optimisation de la structure des prix par ajustement du niveau de péréquation transport ; la vérification des montants collectés et mise en œuvre des excédents collectés au titre de la Péréquation transport ; la suppression du prélèvement pour Stock de Sécurité ; un audit urgent des fonds collectés par la GESTOCI au titre des stocks de sécurité, de l’utilisation de ces fonds et de la mission et du statut de cette entreprise ; et la mise en œuvre des importants excédents financiers constitués grâce à la part ivoirienne dans les revenus d’exportation de pétrole brut, estimés à 90 000 barils/jour en moyenne en 2006. Et à 100 000 Barils/jour en moyenne en 2007. Chiffres confirmés par les institutions financières internationales, par les grands centres mondiaux de l’économie pétrolière et par tous les experts ». Le RDR d’Alassane Ouattara démontrait ainsi que les nouveaux tarifs « vertigineux » qui venaient d’être annoncés, ainsi que la structure des prix telle qu’elle se présentait, indiquait qu’« aucune de ces mesures de simple bon sens et de bonne gouvernance pour l’intérêt du plus grand nombre, n’a été prise en compte ».
En d’autres termes, le RDR confirmait que la décision récente du régime Gbagbo d’augmenter le prix de l’essence super de 22%, celui du gasoil de 44% et celui du gaz domestique de 26%, est un « acte de mépris » pour les Consommateurs et les populations ivoiriennes « qui souffrent des conséquences de la crise et de la stagnation de leurs revenus depuis plus de 20 ans ». Que s’est-il donc passé, pour que ces mêmes personnalités, aujourd’hui au contrôle des affaires de l’Etat, ne puissent pas appliquer à la lettre, leur « solution miracle » qu’elles proposaient au régime précédent ?
Les victimes d’une mauvaise mesure

En tout cas, l'augmentation du prix de carburant et du gaz est une mauvaise nouvelle pour les Ivoiriens, en ce début d'année 2013. En augmentant le prix du gaz et du carburant, il y a fort à parier qu’elle aura des conséquences fâcheuses. Et c’est le maigre pouvoir d’achat des populations et le prix des denrées alimentaires qui en pâtiront. Est-il donc acceptable et compréhensible que le gaz, cette denrée qui est la plus utilisée aujourd’hui dans les foyers, soit la plus frappée par l’Etat ? Les tenanciers et tenancières de « maquis » et de restaurants revendront les plats à prix relevé. Idem pour les propriétaires de bar et de boîte de nuit. Entendu que le prix du gaz et du transport en commun vont connaître une augmentation. Il n’est pas exclu de compter avec les humeurs insupportables des transporteurs qui ont tout loisir à augmenter le prix du transport. C’est à prendre ou à laisser, quand ils savent que la clientèle se bouscule à souhait.

Le doigt dans l’œil

On aurait pu s’aventurer dans de très longues analyses de la situation, si les dirigeants actuels du pays, aujourd’hui aux commandes du bateau ivoire, n’avaient pas pondu cette analyse qui sied bien à la situation du moment. Lisons :
« Le travailleur ivoirien qui voit son pouvoir d’achat diminuer tous les jours (gel des salaires combiné avec une inflation endémique) devra désormais consacrer une part encore plus grande de ce salaire de misère au transport, pour se rendre à son lieu de travail.
Les commerçants de vivriers et d’autres biens et services n’auront d’autre choix que de répercuter le surcoût du transport sur le prix des denrées alimentaires et autres marchandises et services.
Cette situation aggrave ainsi l’état de paupérisation du Consommateur ivoirien et met en péril bien des efforts et projets de relance économique post crise et de création d’emplois au niveau des PME/TPE et opérateurs informels… » Qui dit mieux ?
A la lecture de ce que l’Etat a offert aux Ivoiriens comme cadeau de nouvel an, on se rend bien compte d’une chose.
Les mesures d’accompagnement telles qu’annoncées par le ministre du Pétrole, des Mines et de l’Énergie, ne semblent pas convaincre, quant à son efficacité. «Il y aura des mesures sévères de répression contre les hausses illicites. Des contrôles seront opérés par le ministère du Commerce, de l’Artisanat et de la Promotion des Pme, en collaboration avec mes services. Et je retirerai les agréments des marqueteurs qui ne feront pas respecter les prix », selon le ministre. En comparaison avec les mesures répressives du précédent gouvernement face à la cherté de la vie, due à l’entêtement des vendeurs et revendeurs, il ya des soucis à se faire. C’est ici que le gouvernement se fout aujourd’hui le doigt dans l’œil car, «aucune perspective de mesure d’accompagnement n’est mise en place ou simplement annoncée pour alléger la charge du Consommateur moyen ». Finalement, seul le Consommateur paie dans ce genre de situation. Alors que l’Etat n’a pas le droit de faire supporter aux Consommateurs seuls, les conséquences de cette augmentation. Les pauvres. Ils ont payé hier. Ils paient aujourd’hui. Ils paieront encore demain. Et la vie continue avec le calvaire discontinu des Consommateurs.

Yohann Rachel

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