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Contrefaçon : Interview Me Gbè henri (Fondateur de l’ONG stop à la fraude fiscale et à la contrefaçon sans frontière en Côte d’Ivoire SFFCSF-CI) : « La Côte d’Ivoire perd 500 milliards à cause de la contrefaçon. »
Publié le lundi 7 janvier 2013  |  Le Nouveau Consommateur Hebdo




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Me Gbè Henri, conseiller juridique, a récemment mis en place une Ong dénommée SFFCSF-CI, dont le sigle est Stop, à la fraude fiscale et à la contrefaçon sans frontière en Côte d’Ivoire. Dans cet entretien, il met en exergue les effets pervers de la contrefaçon sur la santé des populations, sur l’économie ivoirienne. Me Gbè Henri dénonce également l’attitude de certains agents des impôts qui se rendent complices de certains opérateurs économiques moyennant de l’argent.
LNCH : En quoi consistent les missions de l’Ong SFFCSF-CI ?
Me Gbè Henri : Les missions de cette Ong consistent à lutter contre les activités qui gangrènent l’économie nationale. Nous agissons notamment sur la contrefaçon, la contrebande, la fraude fiscale, la piraterie, et le racket sur les routes.
LNCH : En Côte d’Ivoire, quels sont les produits les plus contrefaits ?
Me GH : Ce sont entre autres les pagnes, les engins à deux roues, les produits pharmaceutiques, et bien d’autres qui entrent sur les marchés ivoiriens.
LNCH : Comment cela peut-il s’expliquer ? Comment des produits contrefaits peuvent-ils se retrouver dans des officines officiellement reconnues ?
Me GH : S’agissant du domaine des médicaments, il faut souligner que c’est la complicité des acteurs du milieu qui favorisent le phénomène. Très souvent, ceux qui sont chargé de livrer ou de vendre les médicaments, remettent sur le marché des produits périmés. Ce sont donc des produits inutilisables qui sont remis en vente. Leur utilisation pose des problèmes de santé au sein des populations.
LNCH : En est-il ainsi dans chaque domaine ? Est-ce que ce sont les acteurs qui sont fautifs ?
Me GH : Oui, ce sont les acteurs qui sont fautifs. C’est pourquoi, nous membres de la société civile avons décidé de lutter contre ces maux qui minent l’économie nationale.
LNCH : Quelles sont les actions que vous avez menées dans la lutte contre ce phénomène ?
Me GH : Nous n’avons pas encore touché ce domaine. Nous axons notre combat sur la lutte contre l’impunité des forces publiques qui est très visible.
LNCH : Qu’est-ce que cela veut dire ?
Me GH : C’est-à-dire le racket sur les populations civiles. Des agents de l’Etat extorquent, de force ou de gré, de l’argent aux populations, sans que ces agents indélicats soient sanctionnés.
LNCH : D’où proviennent la plupart des produits contrefaits qui entrent en Côte d’Ivoire ?

Me GH : Ils proviennent de l’Asie et bien d’autres pays hors d’Afrique, et transitent par la sous-région ouest africaine, notamment le Ghana, le Mali, le Burkina-Faso, et cela avec la complicité des douaniers, des agents des eaux et forêts, et même des policiers et des gendarmes. Les agents indélicats laissent tranquillement passer les produits en contrepartie de l’argent. Le problème, c’est la complicité des forces de l’ordre qui se laissent corrompre.
LNCH : A vous écouter, on se rend compte que le mal est très profond…
Me GH : Tant que des dispositions draconiennes ne sont pas prises, les produits contrefaits rentreront en Côte d’Ivoire.
LNCH : Combien perd la Côte d’Ivoire à cause de la contrefaçon ?
Me GH : Selon nos investigations, la Côte d’Ivoire perd facilement 500 milliards de francs par an, à cause de la contrefaçon.
LNCH : C’est une somme assez colossale. Comment expliquez-vous la passivité des autorités de tutelle ?
Me GH : Cela s’explique par l’attitude de certains agents des impôts, complices de certains opérateurs économiques qui se disent intouchables, qui reçoivent de l’argent de ces derniers. En contrepartie, ces opérateurs vivent et prospèrent en toute impunité. Cela n’arrange pas la Côte d’Ivoire. Je connais des opérateurs économiques qui ne paient pas les impôts. Pis, ils tiennent des comptabilités parallèles et illégales. Nous avons demandé à rencontrer le Directeur général des Impôts pour lui expliquer nos missions. Mais, son conseiller qui nous a reçus, nous a fait savoir à notre grande surprise que nous avons dévié notre mission. Nous allons désormais chercher à rencontrer le Directeur général lui-même, peut-être qu’il nous comprendra.

Interview réalisée par Jérémie Junior

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