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Le Mandat N° 984 du 8/1/2013

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Abobo/Des Femmes rendent hommage aux martyrs : La police tente de les disperser, Elles réclament une compétence féminine à la mairie
Publié le mardi 8 janvier 2013  |  Le Mandat




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Une grande mobilisation des femmes s’est tenue le week-end, dernier, à Abobo en mémoire des sept femmes tombées pendant la crise post-électorale. Profitant de l’occasion, la gent féminine a réclamé une femme à la tête de la mairie pour honorer la mémoire des martyrs.

Grande mobilisation des femmes de la commune d’Abobo. Elles ont battu le rappel des troupes, le Samedi 05 janvier, dans le sous-quartier Banco 2. Vêtues de blanc pour la plupart, de la plus petite mère à la plus âgée, elles sont venues entre 08 heures et 09heures se « recueillir » au rond point ‘’Anador’’, lieu où les sept femmes sont tombées au champ d’honneur, sous les balles assassines de l’ex-Président Laurent Gbagbo, le 03 mars 2011, pendant la crise post-électorale. Pancartes en mains, avec des écriteaux, tels que « Justice pour les femmes martyres d’Abobo » ; « Justice pour les femmes martyres égale promotion du genre » ; « Justice pour les femmes martyres égale à une femme à la mairie d’Abobo » ou encore « 30 % de femmes dans les municipalités de Côte d’Ivoire », sont brandies par les plus jeunes filles. Avec l’arrivée des hommes religieux (imams et pasteurs), voyant l’attroupement de plus en plus grandissant et inquiétant, vers 08h30, la police se déporte sur les lieux pour tenter d’interdire la « cérémonie d’hommage aux femmes victimes d’Abobo ». Le Commissaire du District d’Abobo, Coulibaly Faniassou, estime que la manifestation n’est pas autorisée. Il demande aux femmes de vider le plancher. De chaudes discussions s’éclatent. Les hommes qui accompagnent les femmes, très galants, se mêlent de la partie pour recadrer les choses. Koné Ben fait savoir aux hommes de loi, que les autorités ont été informées de la tenue de cette cérémonie et qu’il ne s’agissait pas d’une affaire politique. Mais plutôt de « décrier le dénuement dans lequel vivent les familles des victimes, puisque n’étant pas prises en charge par le service social de la mairie d’Abobo ».

Bagarre évitée entre FRCI et policier

Le Commissaire de police tente alors de joindre, selon des indiscrétions, le maire. Ce dernier lui aurait demandé de se renseigner si les manifestants avaient une déclaration à faire. Après quelques minutes de conversation téléphonique, le responsable de police demande à voir le discours des femmes. Selon lui, il n’accepterait pas que le discours soit lu. Alors, les esprits s’échauffent. Des FRCI, errant dans la zone, s’invitent à la discussion. Certains d’entre eux, murmurant dans un patois, s’insurgent du fait que pendant les heures chaudes à Abobo, ceux qui ont semé la désolation veuillent vouloir dissuader les femmes. Peu de temps après, tout rentre dans l’ordre vers 10h. Le Commissaire accorde 45 minutes aux femmes, le temps de faire leur prière et dégager. Ainsi, moins de six policiers veillent au grain. A 10h25, les prières œcuméniques commencent au pied des sept silhouettes à l’armature métallique mesurant plus de deux mètre, avant de prendre fin à 10h45. Suite au départ du Commissaire, la porte-parole des femmes, Cissé Kady, entame un speech d’hommage aux morts à 10h55. « Au moment où nous débutons une nouvelle année (2013), nous les femmes d’Abobo, nous nous souvenons de tous nos martyrs tombés injustement pendant la lutte historique de notre pays, dans sa quête inlassable pour l’instauration de la Démocratie. C’est pourquoi, cette cérémonie est un hommage rendu à nos femmes d’Abobo, qui au même moment ont connu un même destin tragique. Les femmes de Côte d’Ivoire ont une pensée pieuse pour vous. ’’Reposez en paix là où vous êtes et que Dieu le Tout-puissant veille sur vous, qu’il vous accorde le paradis », implore Cissé Kady. Selon elle, le combat pour lequel ces ‘’mères’’ sont tombées n’est pas terminé. « Ce combat pour lequel vous avez été lâchement arrachées à la vie, continue. Nous, les femmes d’Abobo, unies comme un seul homme, soutenues par nos époux, la classe politique, la société civile, avec la bénédiction de nos sages, sommes déterminées à faire en sorte que cette commune dans laquelle vous avez perdu la vie soit enfin un symbole d’union et de justice pour les femmes de Côte d’Ivoire », soutient la porte-parole. Avant de conclure qu’elles iront jusqu’au bout, avec la mobilisation des femmes, sous la caution des martyres, pour placer une femme compétente à la mairie d’Abobo, afin d’apporter le changement dans la commune la plus martyrisée.
FOFANA BABA IDRISS

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