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L`intelligent d`Abidjan N° 2741 du 19/1/2013

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Les samedis de Biton : Les éternels favoris
Publié le samedi 19 janvier 2013  |  L`intelligent d`Abidjan




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Un chef de famille doit se demander comment fait un chef d’Etat pour dormir la nuit. Devant les demandes incessantes de sa femme, de ses enfants et de sa famille proche et lointaine, il n’en peut plus. Difficile de satisfaire pleinement les uns et les autres. Il se dit qu’un Etat c’est comme une famille multipliée par des millions. Le responsable suprême d’un pays, devant toutes les clameurs qui montent à toutes heures, pour ne pas dire chaque minute, a-t-il vraiment des heures de sommeil ? Quels médicaments peut-il prendre pour dormir convenablement ? Si ses enfants d’un chef de famille ne sont jamais satisfaits et qu’ils persistent à penser que leur père n’a rien fait pour eux, que pensera alors le peuple de son Président ? Pauvre Président ! Le peuple fait de lui l’origine de tous ses malheurs. Dans son esprit, son bonheur dépend de lui. En cas de manque d’argent dans le mois, après avoir gaspillé en futilité son revenu, il fait du chef son bourreau. Un piment manque sur le marché, c’est que le responsable suprême ne maitrise rien dans le pays. Le peuple reste toujours cet enfant dont le père a appris à gâter avant qu’il ne devienne mature. Toutes les causeries commencent ou finissent par la critique des hommes au pouvoir. Dorment-ils ? La question demeure et encore pour longtemps jusqu’au jour où chacun, dans le pays, dira que mon bonheur ne dépend pas d’un Président de la République et qu’il appartient à chacun de faire tous les mois son programme d’ajustement structurel. Mais ce peuple si prompt à la critique de ses dirigeants va retrouver le sourire et la gaieté dans les jours à venir. Il sera comme le peuple de l’époque de la Rome antique. Les arènes vont s’ouvrir. A Rome on avait compris que le peuple se gère avec le pain et les jeux.

Le peuple adore l’amusement. Il oublie ainsi ses soucis et ses récriminations contre le pouvoir. Dans l’Afrique moderne, les jeux sont la coupe d’Afrique des Nations de football. Les chefs d’Etat du continent vont enfin pouvoir dormir. Aucune augmentation de prix de denrées de première nécessité ne pourra attirer son attention. Les enfants du pays sont au front. Chaque pays africain a mobilisé, par de la propagande effrénée, la population pour détourner son esprit de tout ce qui concerne la vie de la cité. Ce sont des drapeaux qui seront remis aux sportifs. Des budgets colossaux seront mis à leur disposition. Les joueurs eux-mêmes jurent de revenir avec la coupe. Les mêmes phrases répétées, il y a deux ans, reviennent sans susciter l’étonnement de la population. Le peuple, comme on le sait, a une tendance à l’oubli. Son pays, son équipe, est l’éternel favori. Mais la réalité du terrain va vite changer les certitudes. Comme d’habitude, le peuple gavé de propagande sur la coupe qui doit absolument revenir au pays, n’a aucune information sur ses adversaires. Dans aucun pays où on ne se souci de l’autre. On ne voit que soi. C’est une pratique africaine. De l égoïsme. Rien que moi. Toujours moi.

Sur le terrain la recette est bien huilée. Devant la difficulté rencontrée, après les discours démagogiques, il faut se faire acteur. On se laissera tomber pour faire croire qu’on l’empêche de marquer des buts. A chaque tacle régulier il lèvera les bras au ciel pour allumer la passion de ses supporters fanatisés, de sa population, de son peuple. Dans tous les cas, à part l’arbitre, personne ne connait les règles de jeu. Il aurait fallu l’apprendre. Apprendre est trop compliqué. Bavarder dans le vide est mieux. Toute la comédie sur le terrain n’a qu’un but : justifier une défaite à venir. Le bouc émissaire est tout trouvé. L’arbitre. Son pays n’aime jamais l’équipe adverse. Il sera chargé de tous les péchés. Le peuple est content. La défaite est la conséquence d’un arbitrage truqué. Les reportages sportifs qui sont loin de l’ère de jeu, crient au vol à tout acte de l’arbitre. Après l’élimination de l’équipe, le bouc émissaire est aussi tout trouvé. L’entraineur. Le pauvre sélectionneur. Les soi-disant spécialistes, qui n’ont montré aucune qualité en dirigeant un pauvre club, vont décortiquer pour le peuple les défaillances du sélectionneur. Pour faire plaisir au peuple et ne pas attiser davantage sa déception, on va remplacer l’entraineur avant même qu’il ne retourne au pays. Chaque deux ans, on recrute un autre sélectionneur pour faire plaisir à ce peuple qu’on ne doit pas fâcher. Et comme le plus grand bonheur du peuple, c’est de voir quelqu’un débarqué, limogé de son poste, l’honneur est sauf. Et si jamais la destinée fait venir la coupe dans le pays le peuple va rêver des mois entiers. Que de fêtes, de récompenses ! Le pays sera considéré comme le plus puissant du continent. Mais en attendant, savourons notre plaisir de voir des gladiateurs dans l’arène à partir de ce samedi. Comme l’a si bien dit le ministre Lobognon : «Le temps d’oublier nos problèmes de foyers, nos problèmes d’emploi, nos problèmes de cœur, nos problèmes politiques surtout. » Dans tous les cas les hommes politiques auront encore, dans quelques mois, un long repos. La coupe du monde de football s’annonce. Même si le pays ne fait pas partie des équipes qualifiées cela n’a aucune importance. On ne cherche pas à connaître l’identité du gladiateur. On ne veut que le voir se battre. Ainsi va l’Afrique. A la semaine prochaine.

Par Isaïe Koulibaly

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