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L’Assurance maladie obligatoire en Afrique
Publié le lundi 21 janvier 2013  |  Diasporas-News


Donatien
© Diasporas-News par DR
Donatien Robé: responsable de l’ONG Orphelins secours.
Photo: Donatien Robé


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Spécialiste en Droit de la sécurité sociale et responsable de l’ONG Orphelins secours, M. Donatien ROBÉ est l’auteur du livre Financement de la santé – choix de l’assurance maladie obligatoire (AMO), paru aux éditions du Panthéon. En pleine promotion de son livre, DIASPORAS-NEWS l’a rencontré
DIASPORAS-NEWS : Dans votre livre, vous affirmez que l’assurance maladie obligatoire est le seul outil capable de pérenniser l’accès des Africains aux soins. Quels sont vos arguments ?
DONATIEN ROBÉ : Ecoutez, l’assurance maladie obligatoire qui s’inspire en fait du système bismarckien, techniquement, a fait ses preuves dans tous les pays où elle a été mise en œuvre. Que ce soit en Allemagne où elle est née, en France ou en Belgique. Du point de vue de l’accessibilité financière aux soins, elle a aussi été efficace. Il n’y a pas de raisons qu’elle ne le soit pas en Afrique, à condition que les enjeux actuels du financement de la santé soient pris en compte. Je fais notamment allusion à la maîtrise des dépenses pour éviter les déficits. Et puis pour moi, l’assurance maladie obligatoire s’oppose à l’assurance maladie volontaire qui existe en Afrique depuis « l’initiative de Bamako » en 1987 à travers «le recouvrement des coûts ». Cette politique a échoué. Il faut donc expérimenter l’AMO.
D-N : Pensez – vous que les états africains puissent aisément mettre en place le dispositif de l’assurance maladie obligatoire ? Quels sont les moyens nécessaires ?
D.R : On est bien d’accord que rien n’est aisé surtout pour une réforme majeure comme celle-là. C’est un processus qui peut prendre du temps. Il faut donc cibler les besoins urgents et ne pas vouloir l’universalité des soins tout de suite. Pour se donner toutes les chances de réussite, je le dis dans mon livre, il faut une volonté politique forte. Il faut le consensus national afin que les gouvernants et les populations soient d’accord sur un minimum. Aussi, en plus des aspects techniques qui doivent être connus par ceux qui mettront ce projet en œuvre, la pédagogie doit être l’arme essentielle. Car il faut que les populations sachent de quoi il s’agit. Enfin il faut que l’amélioration de l’offre de soins soit une priorité afin que l’AMO soit efficace.
D-N : Quels sont les pays africains qui offrent la couverture universelle à toute la population ?
D.R : D’abord, il faut savoir que l’universalité est une quête perpétuelle. Même avec le système bévériedgien en Angleterre qui a pour principal objectif l’accès universel aux soins, les populations ne se soignent pas selon leurs besoins en raison des files d’attente et des budgets réduits. Encore moins en France où il existe la couverture maladie universelle (CMU). Il y aura toujours des freins à l’accès universels. En Afrique, il y a le Rwanda, le Mali, le Gabon, la Mauritanie, le Ghana, le Maroc, la Tunisie, l’Algérie qui ont des systèmes d’assurance maladie obligatoire. Dans ces pays, le taux de couverture ne dépasse pas 50% de la population. On ne peut donc pas parler d’universalité. D’autres pays comme le Burkina Faso, le Sénégal, la Côte d’ivoire songent à l’AMO.
D-N : Pouvez-vous donner la différence entre l’assurance maladie obligatoire (AMO) et l’assurance maladie universelle(AMU) ?
D.R : Aujourd’hui, même l’OMS le reconnait, un système qui a pour objectif l’universalité doit être obligatoire. C’est surtout l’expérience de l’assurance maladie volontaire à travers les mutuelles depuis « l’initiative de Bamako » qui a amené à cette conclusion. Puisque l’assurance maladie volontaire a échoué. Voyez-vous, si l’assurance maladie n’était pas obligatoire en France, on ne parlerait même pas d’universalité ! Prenez le cas de la mutuelle complémentaire qui n’est pas obligatoire. Tous les Français ne l’ont pas ! Aux Etats-Unis, la couverture santé n’étant pas obligatoire, un tiers des Américains ne l’ont pas. Ceci étant, généralement, on ne fait pas de différence entre des deux appellations. Certaines personnes disent même « assurance maladie sociale ».
D-N : Quelles sont vos propositions pour le financement de la santé dans les pays africains ?
D.R : D’abord comme l’indique le titre de mon livre, mon choix est l’assurance maladie obligatoire, telle qu’elle est mise en œuvre en France aujourd’hui avec un financement mixte à travers les cotisations sociales et l’impôt par le biais des taxes. Mais mon choix du système français s’arrête au financement. Contrairement au système français qui est généreux, je mets l’accent sur la maîtrise des dépenses. Pour moi, le ticket modérateur à lui tout seul ne peut pas suffire. Il faut d’autres mécanismes à travers le plafonnement, le contingentement, la responsabilisation de l’assuré comme en Allemagne. C’est ce que je résume dans le « forfait sanitaire » que je propose aux Africains. Aussi, en Afrique, nous ne pouvons pas financer nos systèmes soit exclusivement par les cotisations du fait de l’économie informelle et les taux élevés de chômage, soit exclusivement par l’impôt en raison de l’insuffisance de la consommation et des recouvrements. Cependant, l’association des deux sera bénéfique et facile. Je milite d’ailleurs pour une« taxe santé » dans mon livre pour compléter les cotisations sociales.
D-N : Avez-vous présenté vos propositions sur la prise en charge du risque maladie aux ministères de la santé des pays Africains ?
D.R : Vous savez, quand un pays africain veut mettre en œuvre une assurance maladie, nos gouvernants se tournent vers les cabinets français, s’agissant des pays francophones. Systématiquement, c’est le système français, avec ses tares qui est copié. Nos gouvernants pensent que seuls ces consultants connaissent ce projet. Ce qui est une erreur d’autant que l’assurance maladie doit aussi tenir compte de la culture des populations. Nos gouvernants commencent heureusement à s’en apercevoir avec les erreurs faites au Gabon et au Mali. Je suis effectivement en contact avec certains comités de pilotage.
D-N : Quels sont vos projets professionnels pour l’an 2013 ?
D.R : Je compte faire la présentation de mon livre dans les pays d’Afrique francophone où l’assurance maladie obligatoire est en train d’être mise en œuvre ou en projet pour les soutenir. Mais avant, j’irai dans mon pays, la Côte d’ivoire pour la présentation du livre et mettre sur pied un cabinet de consultance avec mon Ami et grand spécialiste de l’assurance maladie, le professeur Georges Armand Ouégnin qui fut ministre de la sécurité sociale de Laurent Gbagbo.

Marcelle KPAN

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