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Nord-Sud N° 2270 du 26/1/2013

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Ibrahim Cissé Bacongo : «Je ne suis pas belliqueux»
Publié le samedi 26 janvier 2013  |  Nord-Sud


Enseignement
© Ministères par DR
Enseignement supérieur : Bacongo rencontre les anciens de l’Enstp de Yamoussoukro
Mardi 2 octobre 2012. Abidjan. Cabinet du Ministre de l’Enseignement Supérieur et de la recherche Scientifique. Les anciens de l`Institut National Polytechnique Houphouët Boigny de Yamoussoukro se mettent à la disposition du Ministère de l`Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique pour repositionner cet institut au plan mondial


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Dans cette interview qu’il nous a accordée, Cissé Ibrahim Bacongo, revient sur les prochaines municipales à Koumassi et sur les problèmes qui se posent dans les universités publiques, après leur réhabilitation.

Depuis quelques semaines, vous êtes présent dans les médias auxquels vous accordez des interviews centrées sur les prochaines municipales à Koumassi. Est-ce par la communication que vous comptez vaincre vos adversaires ?
Oui, pourquoi pas ? Mais, je dois préciser que la communication s’appuie toujours sur des faits, elle ne peut pas inviter ce qui n’existe pas. Nous communiquons autour de ce que nous faisons sur le terrain, les actions que nous posons sur le terrain. C’est autour de tout cela que nous communiquons. Les actions sur le terrain sont sociales, infrastructurelles, des actions de développement, en faveur des jeunes, des femmes.

Pouvez-vous nous donner un exemple d’action que vous avez posée en faveur des jeunes?
Il y a de cela un an, sinon un peu plus, nous avons, dans le cadre d’un programme qui nous a été proposé par des jeunes, anciens de l’Escae de Yamoussoukro, recruté 580 jeunes pour les former à la création d’entreprise. Il s’agit du programme business academy qui entrait dans sa phase pratique. Environ cent jeunes sont déjà sur le terrain, d’autres vont suivre. Au-delà des jeunes, il y a les femmes. En mars 2012, nous avions octroyé 11,8 millions aux femmes pour les aider à financer leurs activités, pour celles qui n’en avaient pas, et à celles qui en avaient déjà, de les développer. Le 26 de ce mois, nous allons encore donner 30 millions à d’autres femmes pour les aider à développer des activités génératrices de revenus. Au plan des infrastructures, nous avons procédé à la réhabilitation de différentes voies, notamment le Carrefour Fanny qui était totalement impraticable. Nous avons également réhabilité la voie qui passe devant le cinéma Fraternité. Nous avons décidé de réhabiliter la grande mosquée de Koumassi qui tombait en ruine. C’est vous dire que nous posé un certain nombre d’actes autour desquels nous communiquons pour que les populations sachent que nous avons venons à la mairie, si elles nous font confiance, pour les servir et non pour nous servir.

Au nombre des adversaires que vous allez devoir vaincre avant d’arriver à la mairie, il y a Adou Assalé, un cadre de votre parti, le Rdr. Depuis qu’il a fait connaître ses intentions, plus rien ne va entre vous. C’est à croire que vous avez maille à partir avec tous ceux qui ont des ambitions politiques à Koumassi.
Entre Adou Assalé et moi, je peux dire qu’il n’y a pas le moindre contentieux qui nous oppose et il ne peut pas en être autrement. Nous sommes tous deux membres du Rdr. Je suis de surcroit celui qui l’a encouragé à adhérer au Rdr.

Et pourtant, il veut vous défier aux prochaines municipales…
Non, je ne crois pas qu’il veuille me défier. Il a exprimé ce qui est tout à fait normal, c’est-à-dire l’ambition de se présenter aux municipales. Il se trouve simplement que nous sommes dans un parti organisé, qui est dirigé, qui fonctionne selon des règles. La direction de ce parti a désigné Cissé Ibrahim Bacongo pour diriger sa liste à Koumassi. Adou Assalé a été informé de ce choix ou va l’être. Et après, nous allons nous retrouver pour battre campagne ensemble, exactement comme nous l’avons fait aux législatives.

Etes-vous en train de nous dire qu’il n’ira plus en indépendant comme il l’a lui-même annoncé ?
S’il est bon militant, il ne peut pas partir en indépendant. Sinon, cela voudrait dire qu’il défie le président du parti.

Le nom du président est finalement l’arme fatale que tout le monde utilise…
Je ne crois pas que ce soit une arme fatale. Les têtes de liste aux différentes élections n’ont pas été choisies au hasard. Ce n’est pas parce qu’untel plaît à la direction du parti qu’il est choisi. Il y a eu un arbitrage fait par le président du parti. Quand le président a désigné quelqu’un comme tête de liste, cela veut dire qu’il a décidé que c’est cette personne-là et pas une autre qui doit conduire la liste du parti. Et selon moi, cette décision doit être respectée par tous. En tout cas, pour le militant discipliné que je suis, je ne peux pas concevoir qu’un militant décide de faire autre chose que ce que le président a demandé de faire. En 2001, en ma qualité de directeur de cabinet du président du parti, j’avais demandé et obtenu qu’on sanctionne tous les indépendants qui se sont présentés aux élections législatives de 2000 et aux municipales de 2001. C’est la moindre des choses.

Il a pourtant fallu la présence de ces indépendants au Parlement pour porter la voix de votre parti qui y était absent…
Ecoutez, nous avons dû faire bon cœur contre mauvaise fortune. Mais, si c’était à refaire, je le referai, parce que je ne suis pas pour que des indépendants parlent au nom du Rdr. C’est une position personnelle qui est claire. Un indépendant, c’est quelqu’un qui défie l’autorité du président du parti et il doit être traité comme tel.

L’autre adversaire que vous aurez à affronter lors des prochaines municipales, c’est le maire sortant, Raymond N’Dohi Yapi. Qu’est-ce qui vous oppose à lui, puisqu’à chaque fois, la question est revenue dans les interviews que vous avez accordées à nos confrères ?
Moi, je veux savoir. Je le dis avec le plus grand sérieux, je veux savoir. En dehors de la politique, en dehors du fait que tous deux nous étions candidats aux dernières législatives et que nous avons dû nous affronter, je ne vois vraiment pas ce qui peut nous opposer. J’ai découvert Raymond N’Dohi, à la faveur du second tour de la présidentielle de 2010. C’est à cette période que j’ai été informé de son existence. Je savais vaguement qu’il y avait un maire à Koumassi, mais je ne savais pas qui était-il. Je vous parle sérieusement. Avant cela, je n’avais jamais entendu parler de lui, je ne le connaissais ni d’Adam, ni d’Eve. Je connais le maire de Treichville, François Amichia avec qui j’entretiens des rapports fraternels. On se voit souvent, on cause. Je connaissais moyennement l’ancien maire de Marcory. Je connais aussi le maire de Port-Bouët, Mme Aka-Anghui qui m’honore de ses sentiments fraternels. Tout ceci pour vous dire qu’il n’y avait pas de rapports entre nous, de sorte que, a fortiori, il puisse exister de différends entre nous. Je l’ai découvert à la faveur du second tour de la présidentielle et depuis, je l’appelle ‘’mon frère’’. Je veux donc savoir.

Lui pense que vous faites de la provocation et de la diversion. Dans une des dernières interviews qu’il a accordée à un confrère, il déclare que vous l’avez appelé un samedi soir pour dire que vous veniez le voir au bureau. Pourquoi attendez-vous le samedi soir pour vouloir le rencontrer au bureau ?
Mais c’est terrible ! La politique pour un certain nombre de gens, se résume peut-être au mensonge ou aux contre-vérités. Jamais, au grand jamais, je ne suis allé à la mairie un samedi soir.

Quand vous êtes-vous rendu alors à la mairie pour le voir ?
Raymond N’Dohi, s’il est sincère et honnête envers lui-même, envers ses électeurs et envers tous ceux qui l’aiment, doit reconnaître un certain nombre de faits. Avant la rentrée académique du 3 septembre 2012, quand les travaux de réhabilitation étaient presque terminés, je l’ai appelé pour lui proposer de lui faire faire une visite des chantiers des universités Félix Houphouet-Boigny et Nagui-Abrogoua. Je l’ai eu au téléphone. Ce n’était quand même pas un spectre que j’ai eu. Je lui ai dit : « M. le maire, on ne s’est pas parlé ces temps-ci, on n’a pas pu se voir parce que j’étais occupé par les travaux de réhabilitation. Maintenant que je suis un peu libre, je voulais vous inviter à venir visiter les chantiers qui m’occupaient depuis… ».

C’est-à-dire après l’épisode des législatives au cours desquelles vous aviez manqué de peu de vous affronter ?
Oui, c’est après l’épisode des législatives, mais nous allons y revenir. Je l’ai donc appelé pour lui lancer l’invitation. Mais au moment indiqué, il a trouvé un prétexte pour ne pas venir. A la faveur de l’inauguration des universités, nous lui avons envoyé une carte d’invitation. Je l’ai encore appelé et insisté pour qu’il confirme sa présence à la cérémonie d’inauguration. Il m’a dit qu’il serait présent. Le jour de la rentrée, je ne l’ai pas vu. Plus tard, j’ai appris qu’il n’était pas à Abidjan. A son retour, je l’ai encore appelé et il a confirmé qu’effectivement, il n’était pas à Abidjan ; il s’est excusé. Donc moi je considère qu’il n’y a rien du tout qui nous oppose. Après tout cela, nous devrions organiser une manifestation au Foyer des jeunes. Je l’ai donc appelé pour l’en aviser. Il m’a dit qu’il n’y avait pas de souci quant à l’occupation du Foyer des jeunes. Pour mettre la forme, je lui ai dit que je formulerai ma demande par écrit. Le document existe. Mais, le jour j, il a fait convoyer des jeunes excités dans la salle pour que je n’y aie pas accès. Pour ne pas céder à la provocation, nous avons dû déplacer notre cérémonie à la salle des fêtes de la Sicogi. Une autre fois, alors que j’étais en voiture, je l’ai appelé pour lui dire que je venais le voir à la mairie. Il m’a dit qu’il venait de quitter la mairie, il y a cinq minutes. Il a souhaité qu’on remette le rendez-vous à un autre jour. Et, c’est après toutes ces infortunes que j’ai pris part en tant que parrain, à une manifestation organisée par les artisans, juste en face du sixième arrondissement (de la police, ndlr). Nous avions commencé à tenir notre meeting juste derrière la mairie, quand Guy-Charles Wayoro, le directeur de cabinet du maire, s’est mis à vociférer et à injurier le ministre de l’Enseignement supérieur que je suis. Tout le monde était scandalisé, y compris les policiers du sixième arrondissement qui étaient juste à côté. A chaque fois que je prenais la parole, il vociférait pour m’interrompre. Quand j’arrêtais de parler, il faisait de même.

Tout cela ne ressemble-t-il pas à une querelle de gamins qui pourrait vous desservir, vous qui êtes ministre ?
Mais, attendez…Quelqu’un qui vient m’insulter ? Qu’auriez-vous souhaité que je fasse ?

Pourquoi n’avez-vous pas porté plainte ?
Puisque la police était là, elle l’a récupéré. Les policiers l’ont délogé. Et, après que j’ai terminé mon meeting, j’ai demandé qu’on le libère.

Dans l’interview qu’il a accordée à certains confrères, Raymond N’Dohi dit souhaiter que vous vous réconciliez. Etes-vous dans la même disposition d’esprit ?
J’ai déjà reçu à mon bureau, il y a quelques jours, une délégation de la division des droits de l’Homme de l’Onuci (Opération des Nations unies en Côte d’Ivoire, ndlr) conduite par Marie-Irène Richmond. Nous avons échangé pendant près de trois heures sur ce sujet et après, j’ai demandé que devant témoins, lui et moi nous puissions nous rencontrer pour qu’il me dise ce qu’il me reproche, pour qu’on en finisse. Parce que depuis, je ne comprends absolument rien dans cette affaire. Je veux que Raymond N’Dohi me regarde droit dans les yeux et me dise ce qu’il me reproche.

Faudrait-il par exemple que le directoire du Rhdp vous convoque, pour vider le contentieux entre vous ?
Pourquoi le directoire du Rhdp nous convoquerait-il ? Et pour dire quoi ?

Pour comprendre ce qu’il vous reproche…
D’accord…Pourquoi pas ? En tout état de cause, moi je n’ai aucun problème. Pour en revenir à son histoire de Cissé Bacongo a tiré sur lui à laquelle vous faisiez allusion plus haut, je dirais que cela sort de son imagination et de celle de tous ceux qui sont autour de lui. Ça n’a jamais existé et ça ne peut pas exister pour la simple et bonne raison que je ne sais pas tirer avec une arme à feu. Je n’ai pas appris à tirer, je n’ai jamais eu d’arme, je n’ai pas de permis de port d’arme. Ce qui s’est passé, tout le monde était là et a vu. Il y avait trois véhicules militaires dans son cortège, à chaque déplacement, pendant la campagne des législatives. Il y en avait un devant, un au milieu et un autre fermait la marche. Un jour, j’ai appelé la hiérarchie militaire pour dénoncer cette situation qui me paraissait totalement inacceptable. J’ai alors été mis en contact avec ceux qui géraient la sécurité à Abidjan-sud. Ils m’ont envoyé un officier à qui j’ai tout expliqué. Cet officier m’a fait remarquer que les éléments en question qui étaient dans les cargos étaient des soldats non profilés. Je lui ai dit que je n’en croyais pas un traître mot. Les éléments pouvaient effectivement ne pas être profilés, mais et les véhicules ? J’ai donc dit à l’officier que je trouvais ces explications légères et demandé que ces pratiques cessent. Ils ont certainement dû faire remonter l’information au maire, puisque dans la journée, il ne se promenait plus avec ces véhicules militaires. Il attendait la nuit pour le faire. C’est ainsi qu’une nuit, j’ai intercepté son cortège avec un véhicule militaire. J’ai interdit au véhicule militaire de passer.

Etait-ce votre droit d’intercepter ce véhicule et de l’interdire de circuler ?
Mais oui !

La première fois, vous déclariez avoir saisi les autorités militaires. Pourquoi n’avez pas procédé ainsi cette deuxième fois ?
Pourquoi devrais-je continuer à faire cela? Pour perdre mon temps ? J’ai arrêté le véhicule qui est sorti du cortège et c’est tout.

Sur la base de toutes ces explications, certains en viennent à la conclusion que vous êtes belliqueux…
Non ! C’est celui qui utilise la force qui est belliqueux. Dans ce cas-ci, Cissé Bacongo a tout simplement dénoncé l’utilisation de la force publique, de façon abusive d’ailleurs.

Vous réfutez donc ces accusations ?
Je veux savoir ce qu’on entend par le mot belliqueux. Est-ce que c’est celui qui utilise les moyens de l’Etat, celui qui utilise la force brutale de l’Etat pour battre campagne ou celui qui s’oppose à l’utilisation de cette force ? Nous n’étions pas en guerre, nous étions juste en campagne. Il n’était donc pas normal qu’un candidat ait recours aux forces de l’ordre.

Parlons à présent de la question des cumuls. Vous êtes député, super-ministre et vous voulez encore la mairie de Koumassi. Qu’est-ce qui vous fait courir ?
Je ne sais pas si je suis super-ministre.

Vous venez de réhabiliter les universités à coup de milliards F Cfa…
Oui, mais si la réhabilitation des universités nécessitait des milliards, il fallait les trouver.

Pourquoi voulez-vous encore vous emparer de la mairie ?
Rires. Cette question me faire rire, parce que j’entends les adversaires dire: il est ministre et il veut encore être maire. Quand on psychanalyse cette réflexion, cela veut dire: il est ministre, il mange et il veut encore être maire pour manger davantage. Je dis qu’on ne devient pas maire pour manger. Quand on devient maire, c’est pour servir les populations, pour leur apporter le bien-être, pour développer la commune. On devient maire pour servir les populations et non pour se servir. Pour ma part, je considère qu’en étant maire, je vais faire en grandeur nature, ce que les populations de Koumassi attendent. Parce que, déjà je fais des choses sans budget pour les populations. Quand je réhabilite des routes ou une mosquée, que je cure des caniveaux, je n’ai pas de budget pour cela.

Pourquoi faites-vous tout cela ? Parce que vous aimez les populations de cette commune ?
C’est cela. Les populations souffrent et il faut faire en sorte qu’elles connaissent un mieux-être. C’est pour cette raison que je pense qu’en étant maire, je peux faire beaucoup de choses pour changer complètement le visage de cette commune.

Dans cinq ans, Koumassi sera donc une commune moderne ?
Oui, une commune moderne, réconciliée avec elle-même, réconciliée avec les autres, une commune où il fera bon vivre. Vous demandez ce qui me fait courir. Il y a ce que je viens de vous expliquer, qui n’est pas négligeable. Mais, il y a aussi 2015 qui me fait courir. En 2015, le président de la République va remettre son mandat en jeu. Je suis militant, cadre, j’ai été directeur de campagne d’Abidjan-sud. Je veux donc faire en sorte que le président ait un score d’au moins 80% à Koumassi. Cela passe par un travail sur le terrain, par une amélioration des conditions de vie des populations. Donc pour moi, aller à la mairie, c’est préparer 2015. Et, préparer 2015, c’est faire en sorte que Koumassi change et que les populations continuent de s’identifier au président de la République.

En attendant cette échéance, êtes-vous conscient de la grogne qui monte au sein de la population de manière générale? Les solutions du président Ouattara sont-elles en panne ?
Non, point du tout. Cela est dû au fait que les décisions qu’on prend aujourd’hui ne produisent pas de résultats immédiats.

Est-ce cela que vous aviez expliqué en 2010 aux populations, lors de la campagne électorale ?
C’est vrai, dans tous les pays, c’est comme cela. Quand les attentes sont grandes, nombreuses, les populations sont toujours impatientes. De bonnes décisions sont prises à tous les niveaux, mais elles ne sont pas toujours perceptibles, parce que chacun ne perçoit pas, elles ne vivent pas leurs conséquences au jour le jour. Sinon, il suffit de regarder le pays pour constater qu’il est en chantier, que les choses avancent. Prenons simplement l’exemple du carrefour de l’Indénié. Les gens oublient que c’était un cauchemar en saison pluvieuse. Cette année, tout s’est passé comme si ce carrefour a toujours été comme cela, dans l’état où il se trouve aujourd’hui, c’est-à-dire normal, avec les véhicules qui passent sans problème, sans inondation ou disons, très peu. Parlons également des universités. Chacun sait dans quel état se trouvaient ces universités. Moi je considère donc que les populations sont impatientes, parce que les attentes ont été très longues, les difficultés se sont accumulées. Nous n’avons pas eu de période de grâce.

N’étiez-vous pas conscient que vous n’en auriez pas ?
On pouvait en avoir conscience, mais on ne pouvait pas imaginer le niveau de la dégradation de la situation. Pour prêcher pour ma proche chapelle, je prendrais l’exemple de l’université. Je n’ai jamais pu imaginer, le président encore moins, que les universités pouvaient se trouver dans l’état dans lequel nous les avons trouvées.

N’est-ce pas grave ce que vous dites, puisque vous êtes avant tout enseignant à l’université ? Est-ce à dire que vous ne connaissiez pas la réalité de l’université dans laquelle vous enseigniez ?
Non, ce n’est pas ce que je suis en train de vous dire. Je ne parle pas de tout ce qui est software, aspects pédagogiques ou académiques. Je parle de l’état de dégradation des infrastructures. Elles étaient tellement dégradées que les simples travaux de réhabilitation ont nécessité 110 milliards FCfa. Cela veut dire qu’elles étaient dans un état de dégradation très avancé. On ne pouvait raisonnablement pas prévoir une telle situation. C’est une prouesse que l’Etat ait pu faire réaliser ces travaux de réhabilitation en dix mois. Ce que je dis, c’est donc qu’on ne pouvait pas prévoir ce genre de situations.

A vous écouter, je croirais avoir affaire aux tenants de l’ancien régime qui mettaient tout ce qu’ils n’ont pu faire sur le compte de la guerre…
Ce que je veux dire, c’est qu’il y a eu une volonté manifeste de nuire, notamment dans les universités. Non seulement tout le matériel informatique a été emporté, mais les gens sont allés jusqu’à casser les murs pour y extraire des câbles. Quand on va casser et emporter les sanitaires, on sent là une volonté manifeste de nuire.

De la part des tenants de l’ancien régime ?
Bien sûr ! Des étudiants ont même été pris avec des disques durs. Il a fallu leur expliquer que s’ils partent, on ne peut plus retracer leurs propres cursus. A la résidence de l’ambassadeur, les murs ont été badigeonnés d’excréments humains. Tout cela pour faire mal, pour nuire, pour rendre la situation difficile à gérer.

Pouvez-vous alors rassurer les Ivoiriens en leur disant par exemple à partir de quand ils pourront sentir les solutions dans leurs assiettes ?
Je pense que la situation est en train de se normaliser, elle est en train d’évoluer dans le bon sens. Petit à petit les Ivoiriens sont en train de bénéficier des fruits des décisions qui sont prises au sommet de l’Etat. Dans les mois à venir, les effets du changement seront encore plus perceptibles. Il suffit de regarder autour de nous pour constater que la consommation est en train de reprendre petit à petit. Il est vrai, on parle de manque de liquidité, on dit que l’argent ne circule pas, mais ce qu’il y a, c’est qu’il ne circule pas comme cela se faisait avant, c’est-à-dire de manière totalement irrégulière, sans contrôle, sans règle, comme quand chacun se promenait quasiment avec des millions dans son sac. On a l’impression que l’argent ne circule pas, parce qu’avant, on le distribuait à tout-va. Aujourd’hui, l’argent passe dans le circuit normal, il passe là où il doit passer normalement, c’est-à-dire par les banques, sur les cartes bancaires, par les virements. C’est cela qui fait croire que l’argent ne circule pas. Il ne circule plus comme il circulait pendant les dix dernières années, de façon totalement anarchique, exubérante.

Parlons à présent des universités où les étudiants aussi se plaignent des toilettes qui ne sont pas opérationnelles, des bus dont vous avez interdit l’entrée sur le campus. Quelles réponses avez-vous à apporter à ces étudiants ?
D’abord concernant les toilettes, nous ne les avons pas supprimées en faisant les travaux de réhabilitation. C’est la première chose à préciser. Toutes les toilettes qui existaient avant la réhabilitation et qui étaient elles aussi dans un état de délabrement très avancé, ont été remises en état de fonctionner. Mais puisqu’il y avait un gap, l’entreprise chargée de la réhabilitation a mis sur pied vingt toilettes mobiles, qui sont visibles. Si vous allez sur le campus, vous les verrez. Elles disposent des deux compartiments, un pour les hommes et un pour les filles. Ensuite les restaurants. Nous avons dit que nous ne voulons pas voir de vendeurs et de vendeuses ambulants autour des universités. Mais, pour tenir compte des besoins que les vendeurs venaient satisfaire, nous avons déployé un certain nombre de restaurants mobiles sur le campus des universités Félix Houphouet-Boigny et de Nangui-Abrogoua. Là, tous les mets auxquels les étudiants sont habitués, seront proposés. Ceux qui voudront manger du ‘’Garba’’ (semoules de manioc, une autre version de l’attiéké, ndlr) pourront trouver de quoi se satisfaire.

Et la question des bus ?
Pour nous, dans un campus moderne, la circulation doit être limitée, réduite. D’ailleurs, nous comptons aller plus loin. Pour l’heure, les véhicules particuliers circulent mais, nous avons demandé aux présidents des différentes universités de limiter la circulation de ces véhicules particuliers sur le campus parce que pour nous un campus est un lieu studieux, un lieu où les étudiants, les enseignants, les chercheurs et les personnels administratifs et techniques doivent être en sécurité pour vaquer en toute quiétude à leurs occupations. Ils ne doivent pas être soumis aux risques auxquels des chauffards pourraient les exposer comme par le passé où on a dû mettre des dos d’âne sur la voie à différents endroits pour les réduire. C’est pour cette raison que nous avons fait deux grands parkings : un du côté de l’Ecole de police et un autre du côté du Chu, pour qu’à ces différents parkings, tous les véhicules garent et les bus électriques qui auraient dû être mis en circulation entre novembre et décembre dernier, puissent prendre le relais.

Ce seront des sortes de navettes ?
Oui, ils devraient prendre les étudiants, les enseignants…, à ces différents parkings pour les transporter à l’intérieur du campus. C’est ce qui a justifié qu’on ait créé de nouvelles voies sur le campus. Ces bus sont là, ils existent. On avait juste besoin de leur plan de circulation et d’installer les bornes par lesquels les bus devraient être branchés. Parce qu’il faut savoir que ces bus sont comme nos téléphones portables. Pendant la nuit, on les branche pour recharger leurs batteries qui leur permettent de circuler la journée. Pour ce qui est du plan de circulation, le problème est réglé. Reste alors celui des bornes qui devrait aussi très vite être réglé. Donc pour nous, il faut s’en tenir à cela. Il n’est plus question que les bus viennent sur le campus comme par le passé.

Avez-vous été informé de l’accident dont a été victime un étudiant du fait de la délocalisation des quais ?
J’ai été informé en temps réel, le même jour. Je suis entré en contact avec le directeur général de la Sotra qui m’a expliqué les conditions dans lesquelles cet accident est survenu. Je me suis aussi assuré auprès de la ministre de la Santé, que l’étudiant avait été correctement pris en charge, que les soins d’urgence lui avaient été prodigués. Ceci dit, je dois dire que cela n’est pas lié au fait que les étudiants n’empruntent pas les bus à l’intérieur du campus. Cette situation est plutôt liée à l’insuffisance des bus mis en circulation, en direction des universités et là-dessus, le directeur général de la Sotra m’a assuré que le nombre de bus allant en direction des universités, allait être accru. Je pense donc que ce genre de difficultés va être résorbé.

Interview réalisée par Marc Dossa

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