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Le Mandat N° 999 du 26/1/2013

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Enquête express : Salubrité urbaine - Les balayeuses transformées en mendiantes - Les autorités au secours
Publié le samedi 26 janvier 2013  |  Le Mandat




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Dans le but de ne pas rester en marge de l’opération pays propre initiée par le gouvernement, plusieurs femmes se sont fait embaucher par les sociétés exerçant dans le domaine de la salubrité. Mais, il semble que les problèmes de salaire de ces balayeuses est un véritable casse-tête chinois pour lesdites entreprises. Et deux ans après, rien ne semble avoir vraiment changé.
Le gouvernement ivoirien par la voix du ministère de l’Environnement, de la salubrité et du Développement durable précédemment ministère de la Salubrité urbaine, a initié ‘’l’opération pays propre’’ pour permettre à la ville d’Abidjan de retrouver son lustre d’antan et permettre au pays tout entier d’être débarrassé de la saleté et autres immondices géantes éparpillées à travers les villes. Ainsi, plusieurs personnes dont des femmes ont été recrutées pour curer les caniveaux et balayer les quartiers sans oublier les actions menées pour déguerpir les personnes installées aux abords des routes et sur les trottoirs pour y mener des activités lucratives. En un mot, ces femmes contribuent à assainir le cadre de vie des populations et redonner un autre visage aux villes et permettre le district à Abidjan de redevenir ‘’la perle des lagunes’’. Néanmoins, depuis quelques temps, ces femmes ont envahi plusieurs artères de la capitale pour s’adonner à une activité peu honorable : la mendicité.
A différents carrefours des communes de Cocody, Yopougon, Plateau…, elles attendent d’éventuels conducteurs ou clients des taxis, woro-woro et autres Gbaka sans oublier les piétons pour leur demander de l’argent. Arguant qu’elles travaillent sans recevoir de salaire. Une situation décriée par, un employé de banque B. Guesse à bord de sa voiture et qui a été intercepté par une vieille dame, se faisant passer pour une balayeuse, dans la commune du maire Akossi Benjo, le Plateau. « Mon fils s’il te plaît, pourrais-tu me donner un peu d’argent pour que je puisse m’acheter à manger ? Cela fait des mois que je balaie dans la commune du Plateau, mais je ne perçois pas de salaire. Je n’ai pas de quoi me prendre en charge », s’est-elle exprimée. Pris de pitié, il s’exécuta en lui tendant une pièce de 500 FCFA, sans pour autant garder le silence. « Je ne peux pas comprendre qu’une femme aussi vieille soit en train de travailler. En plus elle le fait sans percevoir un centime », s’est-t-il plaint. Puis a-t-il a poursuivi en disant : « vivement que nos autorités pensent à ces femmes en offrant par exemple des fonds pour les aider à tenir de petits commerces, plutôt que de se saigner comme elles le font sous le soleil pour rien ». Et leurs employeurs semblent avoir pris la clé des champs, vu que ces femmes posent toujours le problème de salaire. Un autre fait que certaines personnes pourraient qualifier de banal s’est produit devant K. Daniel, visiblement choqué selon ses dires. En effet, assis dans un taxi qui a dû stationner à un feu rouge à Yopougon, il a aperçu une femme d’environ quarante ans, en train de déambuler entre les voitures pour faire la manche. «En voyant cette femme tendre la main à différents conducteurs afin de lui donner de l’argent j’étais vraiment offusqué, parce qu’elle aurait pu se faire renverser par une voiture », a-t-il lancé. Pour lui, la situation de ces femmes est un problème d’intérêt national et devait toucher plus d’un. Mais, le plus étonnant dans cette affaire, c’est que personne ne parait intéressé par cette situation qui n’a que trop duré. Et cette situation a pris une ampleur telle qu’il y a lieu que les autorités se penchent sur la question.
Le silence coupable des autorités
L’on se souvient qu’il ya quelques mois (le 23 novembre 2011) des centaines de femmes et des jeunes filles ont envahi la primature avant d’aller bloquer le Boulevard Valérie Giscard d’Estaing (VGE). Empêchant toutes circulations dans les deux sens de la route. Ce, pour réclamer leurs salaires mais aussi pour signifier aux autorités qu’elles n’étaient pas contentes du traitement qui leur était infligé par leurs différents employeurs après plusieurs mois de durs labeurs. Ainsi brandissant des pancartes ou émettant des cris, c’est donc très mécontentes qu’elles se sont manifestées pour interpeller les autorités sur leur situation difficile. En effet, ces femmes réclamaient entre quatre, cinq, six et sept mois de d’arriérés de salaire. L’ex-ministre de la Salubrité urbaine, Anne-Désiré Ouloto, a par la suite rencontré ces balayeuses dans les communes de Marcory et d’Adjamé. Elle leur a fait comprendre qu’elles doivent garder leur calme et que pour des raisons techniques, leur paiement a du être retardé. Mais, la situation devrait être réglée les jours suivants. En insistant aussi sur le fait que les structures de nettoyage n'étaient pas sous sa coupole. Durant l’année 2011, il s’en est suivi de nombreuses autres rencontres entre les balayeuses et des ONG se réclamant comme des protecteurs de ces femmes pour soulever l’épineuse question du non paiement de leurs salaires. Mais depuis près d’un an, plus rien n’est fait en faveur de ces femmes qui se sont, aujourd’hui, résolues à faire la manche à plusieurs carrefours de notre capitale pour se faire de l’argent afin de nourrir et prendre en charge leurs maris et leurs enfants. Augmentant ainsi le nombre de ceux et celles qui en ont fait leur activité principale. Tout ceci au vu et au su des autorités du pays. Qui se sont mué dans un silence et un mutisme indescriptible. En fermant les yeux sur le calvaire que vit ces mères de famille et sur la malveillance des sociétés qui les emploient et qui ne semblent pas non plus s’inquiéter du sort de leurs travailleuses. En effet, ils ont inventé plusieurs excuses pour éviter que la responsabilité de cette affaire leur incombe. Selon eux, « le retard de paiement est dû au fait que l’Etat a accusé les retards dans le paiement de leur argent ». En un mot, ils n’ont jamais expliqué clairement, à l’opinion nationale ou internationale les raisons de cet engrenage dans lequel ils leur est difficile de sortir les balayeuses. Vivement, que l’Etat se penche sur ce problème et résolve une fois pour toute, l’épineuse question de la paie des balayeuses qui n’a que trop duré.

MPK

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