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Classement mondial de la liberté de la presse 2013 Afrique - La Côte d’Ivoire (96ème, +63) remonte très fortement dans le classement
Publié le mercredi 30 janvier 2013  |  Reporters sans Frontières


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© Reuters
A man looks at newspapers in Abidjan on November 1, 2010 following presidential elections ballot closures yesterday.
A man looks at newspapers in Abidjan on November 1, 2010 following presidential elections ballot closures yesterday. The people of Ivory Coast on Monday awaited the outcome of a presidential poll, after a historic and peaceful vote in which they had a free choice among candidates and turned out in large numbers. President Laurent Gbagbo`s mandate ran out in 2005, but the 65-year-old postponed the election six times because of problems with the electoral register and over the question of the disarmament of the FN. Journaux et presse


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L'Afrique de l'Est stagne dans les profondeurs du classement, le Mali dégringole

L’Afrique de l’Est, cimetière pour journalistes

En Somalie (175ème place, -11), dix-huit professionnels de l’information ont été tués, victimes d’attentats à la bombe ou directement visés dans des assassinats ciblés, faisant de l’année 2012 la plus meurtrière de l’histoire pour la presse de ce pays. Cet État de la corne de l’Afrique fut en 2012 le deuxième pays le plus dangereux au monde pour les acteurs de l’information après la Syrie. En Érythrée (179ème, dernière place du classement pour la sixième année consécutive), on ne tue pas, mais on laisse mourir, ce qui revient à peu près au même. La plus grande prison d’Afrique pour les journalistes en renferme au moins une trentaine. Sur les onze incarcérés depuis 2001, sept ont succombé à leurs conditions de détention ou se sont suicidés. Depuis la suspension de la presse privée il y a plus de dix ans, les médias indépendants n’existent pas, sauf en exil, et la terreur règne.

L’est du continent est aussi une terre de censure et de répression. Le Soudan d’Omar el-Béchir, où les confiscations de journaux n’ont pas cessé et où de nombreux journalistes ont été interpellés pendant l’été, reste bien ancré à la 170ème place, parmi les dix derniers pays au classement. Djibouti (167ème, -8), pays sans presse privée, a détenu, pendant plus de trois mois, un collaborateur du site d’informations La Voix de Djibouti. Malgré la libération de deux journalistes suédois arrêtés en 2011, l’Éthiopie (137ème) perd dix places en raison de l’application liberticide de la loi anti-terroriste de 2009 et du maintien en détention de plusieurs journalistes locaux.

Troubles politiques au Mali et en Centrafrique

Longtemps présenté comme un bon élève du continent en matière de démocratie et de liberté de la presse, le Mali (99ème, -74 soit la plus forte chute au niveau mondial) paie la situation dans laquelle le pays a sombré en 2012. Le putsch militaire du 22 mars à Bamako et la prise du nord du pays par les indépendantistes touaregs et fondamentalistes islamistes ont exposé les médias à la censure et aux exactions. De nombreuses radios du Nord ont alors interrompu leurs programmes tandis que plusieurs journalistes, maliens ou étrangers, ont été agressés dans la capitale. Autant d’exactions relevées avant l’intervention militaire de janvier 2013.

Sur l’année 2012, la République centrafricaine occupe la 65ème place. Les événements survenus depuis le début de la rébellion du Séléka, en toute fin d’année (des radios saccagées, une journaliste tuée), ne sont pas pris en compte dans ce classement, évitant au pays une chute de plus de cinquante places. Cette nette dégradation sera prise en compte dans l’édition 2014. Enfin, le black out médiatique et la censure militaire qui ont accompagné le coup d’État du 12 avril dernier justifient le recul de dix-sept places de la Guinée-Bissau (92ème).

Les pays des “prédateurs censeurs”

Yahya Jammeh, le roi Mswati III, Paul Kagamé, et Teodoro Obiang Nguema forment, avec des chefs d’État comme Issaias Afeworki (Érythrée) ou Ismaël Omar Guelleh (Djibouti), un club semble-t-il prisé : celui des dirigeants africains – fantasques ou austères, tous autoritaires – qui tiennent leur pays d’une main de fer et contrôlent très étroitement l’information. Leurs pays respectifs, la Gambie (152ème), le Swaziland (155ème), le Rwanda (161ème), et la Guinée équatoriale (166ème), se situent tous dans les trente dernières places du classement. Le pluralisme y est réduit à peau de chagrin, et la critique du chef de l’État fortement déconseillée.

Des baisses très significatives

Plusieurs journalistes inquiétés voire malmenés, N’Djaména Bi-Hebdotemporairement suspendu, son directeur condamné à de la prison avec sursis, un projet de loi tenu secret mais fortement liberticide : le Tchad (121ème) perd cette année 18 places. Après une lente mais sûre progression depuis la formation du gouvernement d’union nationale en 2009 et les licences accordées à des quotidiens indépendants, le Zimbabwe (133ème, -16) marque le pas. La violence et les arrestations de journalistes sont lancinantes et si des élections se tiennent, comme prévu, en 2013, ce sera dans un climat tendu pour la presse. Relativement bien classé en 2011-2012, le Soudan du Sud (124ème) perd treize places après l’assassinat d’un éditorialiste – le premier dans l’histoire de ce jeune pays – et alors que les médias et journalistes locaux attendent toujours l’adoption de trois projets de loi sur la presse.

Malgré la tenue d’États généraux de la communication, l’avenir de la presse reste à la fois incertain et inquiétant au Cameroun (120ème, -23). Dans les hauteurs du classement, le Niger (43ème) perd cependant quatorze places à cause de l’irresponsabilité de quelques journalistes tentés d’abuser de la liberté qui leur est accordée. Enfin, en Tanzanie (70ème, -36), en l’espace de quatre mois, un journaliste a été tué alors qu’il couvrait une manifestation et un autre a été retrouvé mort, manifestement assassiné.

Le Burundi (132ème) ne perd que deux places mais reste très mal classé. Les convocations de journalistes ont diminué, mais l’affaire Hassan Ruvakuki, condamné à la prison à perpétuité puis à trois ans de réclusion en appel, fait peser sur la presse un climat de peur.

“Retours à la normale”

Après une terrible année 2011 marquée par la dérive dictatoriale du défunt président Bingu Wa Mutharika, une violente répression de la couverture des manifestations et l’assassinat du blogueur Robert Chasowa, le Malawi (75ème) enregistre en 2012 la plus forte progression mondiale (+71) et retrouve, à quelques places près, la position qu’il occupait en 2010. De même pour la Côte d’Ivoire (96ème, +63), où de nombreux problèmes demeurent, mais qui avait "plongé" dans le précédent classement à cause des conséquences de la crise postélectorale, de l’assassinat en 2011 d’un journaliste et d’un collaborateur des médias, et de la guerre civile qui avait secoué Abidjan en avril. Enfin, l’Ouganda (104ème) gagne trente-cinq places, à la faveur d’une année 2012 moins difficile que la précédente, mais la situation des médias est loin d’être satisfaisante. L’année s’est achevée par des menaces ouvertes proférées par le président Yoweri Museveni à l’encontre de plusieurs radios.

Des progressions encourageantes

Après une élection présidentielle qui s’est finalement déroulée dans un climat plutôt apaisé pour les médias – en dépit de quelques regrettables agressions de journalistes – et avec l’accès au pouvoir d’un Président, Macky Sall, qui a affirmé être prêt à dépénaliser les délits de presse, l’année 2012 a été celle de l’espoir pour le Sénégal (59ème, +16). Tout reste cependant à prouver en 2013, comme est venue le rappeler, en décembre, la condamnation d’un journaliste à de la prison ferme.

Au Libéria (97ème, +13), l’élection présidentielle de novembre 2011 avait été noircie par des suspensions de médias et des violences contre des journalistes. Le climat pour les médias était bien meilleur cette année. A l’été, la présidente de la République, Ellen Johnson Sirleaf, est devenue la deuxième chef d’État africain, après le Nigérien Mahamadou Issoufou, à signer la Déclaration de la Montagne de la Table, s’engageant ainsi à promouvoir la liberté de la presse.

Enfin, la Namibie (19ème), le Cap-Vert (25ème), et le Ghana (30ème) restent les pays africains traditionnellement les mieux classés.



CLASSEMENT MONDIAL DE LA LIBERTÉ DE LA PRESSE 2013

Après les printemps, les espoirs déçus

Lire le rapport : cliquez ici
Télécharger la carte de la liberté de la presse : cliquez ici


Après les « printemps arabes » et les mouvements contestataires qui en 2011 avaient provoqué des hausses et des chutes, le Classement mondial de la liberté de la presse 2013 publié par Reporters sans frontières marque un retour à une configuration plus habituelle. Le rang d’un grand nombre de pays est moins lié à l’intensité de l’actualité politique. Ainsi, avec le Classement 2013, apprécie-t-on mieux l’attitude et les intentions des régimes vis-à-vis de la liberté de la presse à moyen ou à long terme.

En tête du classement, les trois pays européens qui occupaient les premières places l’an dernier composent à nouveau le trio de tête. Pour la troisième fois consécutive, la Finlande se distingue comme le pays le plus respectueux de la liberté de la presse. Elle est suivie par lesPays-Bas et la Norvège. Même si sont pris en compte de nombreux critères, les violences exercées contre les journalistes comme le cadre juridique, les pays démocratiques occupent la partie haute du classement. Tout en bas, trois pays dictatoriaux composent le « trio infernal ». Il s’agit des mêmes que l’an dernier, le Turkménistan, la Corée du Nord et l’Érythrée.

« Le Classement mondial publié par Reporters sans frontières ne tient pas compte directement de la nature des régimes politiques. Néanmoins, il apparaît clairement que les démocraties protègent mieux la liberté de la production et de la diffusion des informations factuelles que les pays dans lesquels les autres droits humains sont méprisés », observe Christophe Deloire, Secrétaire général de Reporters sans frontières. « Dans les dictatures, les acteurs de l’information s’exposent à des représailles impitoyables pour eux-mêmes et pour leurs proches. Dans nombre de démocraties, ils font face à la crise économique de la presse et aux conflits d’intérêts. Si leurs situations ne sont pas toujours comparables, il convient de rendre hommage à tous ceux qui résistent aux pressions, qu’elles soient martiales ou diffuses. »

Reporters sans frontières lance l'Indice annuel de la liberté de la presse

À l’occasion de la sortie du Classement mondial 2013, Reporters sans frontières publie pour la première fois un indice annuel de la liberté de la presse. Par la création de cet indicateur inédit, Reporters sans frontières se dote d’un outil analytique de la performance globale des États, permettant de mesurer l’état général de la liberté d’informer. Grâce aux nouvelles technologies et à l’interdépendance des États et des populations, la liberté de production et de circulation de l’information ne saurait être appréciée sans une mesure à l’échelle planétaire. En 2013, l’indice s’élève à 3395 points, un chiffre de référence pour les années à venir.

La déclinaison régionale de l’indice permet une appréciation de la situation relative par grandes zones. Le calcul se fonde sur une moyenne pondérée en fonction de la population, avec des résultats de 0 à 100, zéro représentant une situation idéale. L’étude montre que la zone Europe2 obtient le résultat de 17,5 sur 100. Elle est suivie par la zone Amériques (30,0), l’Afrique (34,3), l’Asie-Pacifique (42,2), les pays de l’ex-URSS (45,3). Malgré les printemps arabes, la région Moyen-Orient - Afrique du Nord (48,5) se situe à la dernière place.

L’importance du nombre de journalistes et net-citoyens morts dans l’exercice de leurs fonctions en 2012 (année la plus meurtrière jamais enregistrée par Reporters sans frontières dans son bilan annuel) a naturellement une influence notable sur le classement des pays où les crimes ont été perpétrés, tels que la Somalie (175ème, -11), la Syrie (176ème, 0), le Mexique(153ème, -4) et le Pakistan (159ème, -8).

Du sommet aux abîmes

Les pays nordiques démontrent une nouvelle fois leur capacité à assurer et maintenir un environnement optimal pour les acteurs de l’information. La Finlande (1er, 0) les Pays-Bas(2nd, +1) et la Norvège (3ème, -2) conservent ainsi les trois premières positions. Le Canada(20ème, -10) évite de justesse de sortir de la liste des vingt pays les mieux cotés. À noter l’entrée dans le classement d’Andorre (5ème) et du Liechtenstein (7ème) qui se placent juste derrière le trio de tête.

À l’autre bout du Classement, le « trio infernal » (Turkménistan, Corée du Nord, Érythrée) conforte sa position en queue de classement. L’arrivée de Kim Jong-un à la tête du Royaume ermite n’a rien changé au contrôle absolu de l’information qui y prévaut. Récemment agitée par une courte mutinerie militaire au ministère de l’Information, l’Érythrée (179ème, 0) continue d’être une prison à ciel ouvert pour sa population. Des journalistes y meurent en détention. Malgré un discours réformiste, le régime turkmène ne cède pas un pouce de son contrôle totalitaire sur les médias.

Pour la deuxième année consécutive, le « trio infernal » est précédé par la Syrie (176ème, 0), où se déroule une guerre de l’information sanguinaire. Au sortir d’une année meurtrière pour les journalistes, la Somalie (175ème, -11) sombre dans les tréfonds du classement. L’Iran(174ème, +1), la Chine (173ème, +1), le Vietnam (172ème, 0), Cuba (171ème, -4), le Soudan(170ème, 0) et le Yémen (169ème, +2) complètent la liste des dix pays les moins respectueux de la de liberté de la presse. Non content d’emprisonner des journalistes et net-citoyens à tour de bras, l’Iran se distingue par d’abjectes pressions sur les familles des journalistes, sur son territoire comme à l’étranger.

Des améliorations majeures…

Au rang des progressions les plus importantes, le Malawi (75ème, +71) remporte la palme, pour revenir quasiment à la position occupée avant les dérives de la fin de la présidence Mutharika. La Côte d’Ivoire (96ème, +63) en sortant de la crise post-électorale entre partisans de Laurent Gbagbo et Alassane Ouattara, remonte très fortement dans le classement, pour retrouver sa meilleure position depuis 2003. La Birmanie (151ème, +18) confirme sa légère augmentation observée dans la précédente édition. Grâce au printemps birman, des mesures d’ouverture sans précédent permettent au pays, classé chaque année depuis 2002 dans les quinze derniers rangs, d’accéder à une position historiquement haute. L’Afghanistan (128ème, +22) enregistre également une progression sensible.
L’absence de journalistes emprisonnés explique cette hausse ; pour autant de nombreux défis restent à relever, notamment avec le retrait des troupes étrangères.

… et des chutes vertigineuses

Le Mali (99ème, -74) enregistre la plus forte chute du classement suite aux événements qui ont frappé le pays dans le courant de l’année 2012. Le putsch militaire du 22 mars à Bamako et la prise du nord du pays par les indépendantistes touaregs et des groupes islamistes armés ont exposé les médias du nord du pays à la censure et aux exactions. La Tanzanie (70ème, -36) perd plus de trente places. En l’espace de quatre mois, un journaliste a été tué alors qu’il couvrait une manifestation et un autre a été retrouvé mort, manifestement assassiné.

Secoué par des mobilisations socio-économiques, le Sultanat d’Oman (141ème) perd 24 places, la plus forte baisse enregistrée pour la zone Moyen-Orient/Afrique du Nord en 2012. Près de 50 net-citoyens et blogueurs ont été poursuivis pour ‘crimes de lèse majesté’ et/ou ‘crimes de cybercriminalité’ ne serait-ce qu’en 2012.
Si les journalistes qui y exercent bénéficient d’une véritable liberté de ton malgré l’existence de la censure militaire, Israël (112ème, -20) chute en raison des exactions commises par l’armée israélienne dans les territoires palestiniens, désormais intégrées dans le calcul, au lieu de faire l’objet d’une catégorie répertoriée, mais séparée.

En Asie, miné par un manque de transparence et un droit d’accès à l’information quasi nul sur les sujets liés de près ou de loin à Fukushima, le Japon (53ème, -31) enregistre une forte chute qui sonne comme un avertissement. Malaisie (145ème, -23) atteint la position la plus basse qu’elle ait jamais occupée, et affiche une chute importante due à un accès à l’information de plus en plus limité. Même cas de figure au Cambodge (143ème, -26) où l’autoritarisme et la censure se renforcent. Une lourde peine de prison a été prononcée contre un doyen du journalisme. La Macédoine (116ème, -22) enregistre également une baisse de plus de vingt places, entre retraits arbitraires de licence et dégradation du climat d’exercice de la profession de journaliste.

Le bilan mitigé des mouvements de contestation

La précédente édition du classement était fondée sur une actualité particulièrement riche, portée par les printemps arabes, dressant le bilan du lourd prix payé par les acteurs de l’information à la couverture des mouvements de contestation. En 2012, des cas de figure se distinguent, entre les pays où des changements de régime se sont produits (Tunisie, Égypte, Libye), les États où les rébellions et leur répression ont encore cours (Syrie, Bahreïn), et enfin les pays où les autorités ont réussi à faire suffisamment de compromis et de promesses pour calmer de potentielles revendications de changement politique et/ou socio-économiques (Maroc, Algérie, Oman, Jordanie, Arabie saoudite...).

Certains nouveaux gouvernements engendrés par ces mouvements, dont les revendications et les aspirations à davantage de libertés avaient été largement relayées par les journalistes et les net-citoyens, se retournent contre ces derniers. La Tunisie (138ème, -4), et l’Égypte(158ème, +8), entre vide juridique, nominations à la tête des médias publics, agressions physiques, procès à répétition et absence de transparence, stagnent à des positions peu glorieuses qui donnent à la Libye (131ème, +23), en progression cette année, une idée des écueils à éviter pour assurer et pérenniser sa transition vers une presse libre.

En Syrie (176ème, 0), pays le plus meurtrier pour les journalistes en 2012, une guerre de l’information fait rage et n’épargne ni les journalistes ni les net-citoyens, pris à partie par le régime de Bashar Al-Assad, prêt à tout pour réprimer en silence, mais aussi par des factions proches de l’opposition, de plus en plus intolérantes face aux voix discordantes. Au Bahreïn(165ème, +8), la répression baisse très légèrement en intensité, au Yémen (169ème, +2) les perspectives restent inquiétantes malgré un changement d’exécutif. La vague d’arrestations de net-citoyens à Oman (141ème, -24) fait chuter le pays, secoué par des revendications socioéconomiques.

Dans d’autres pays touchés par des mouvements contestataires, les situations évoluent pour le meilleur comme pour le pire. Le Vietnam (172ème, 0), qui avait perdu 6 places dans la précédente édition, n’a pas su les reprendre et l'une des plus grandes prisons du monde pour les netcitoyens figure parmi les dix pays les plus mal classés. L’Ouganda (104ème, +35) reprend un rang plus convenable sans toutefois atteindre celui qui était le sien avant la répression des mouvements de contestation de 2011. L’Azerbaïdjan (156ème, +6) et leBélarus (157ème, +11), qui avaient également sombré vers le fond du classement l’an dernier du fait de la violente répression des manifestations d’opposition, ne font que se rapprocher de la place déjà exécrable qu’ils occupaient auparavant. Le Chili (60ème, +20) remonte au classement, après avoir connu une chute vertigineuse dans la précédente édition, qui l’avait vu passer de la 33ème à la 80ème place.

L’instabilité politique place les journalistes dans l’oeil du cyclone

Dans un certain nombre de pays, l’instabilité politique segmente la profession journalistique, et rend très difficile la production d’une information indépendante. Dans de tels contextes, les menaces et les agressions physiques sont fréquentes, ainsi que des purges au sein des rédactions. Aux Maldives (103ème, -30), un coup d’État latent fait chuter dramatiquement le pays, où les journalistes considérés favorables à l’ancien chef de l’État sont victimes de menaces et d’attaques. Au Paraguay (91ème, -11), le coup d’État parlementaire du 22 juin 2012 a fortement impacté le secteur audiovisuel public, qui a souffert d’une vague de licenciements abusifs, dans un contexte de répartition inéquitable des fréquences. En Guinée-Bissau (92ème, -17) l’armée a renversé le pouvoir entre les deux tours d’une élection présidentielle et a appliqué une censure militaire sur la presse, justifiant la chute sensible du pays dans le classement. Au Mali (99ème, -47), un coup d’État militaire a fortement contribué à un climat tendu, de nombreux journalistes ont été agressés dans la capitale, et les médias publics sont, depuis le putsch, contrôlés par l’armée. Si les troubles observés au cours du mois de janvier 2013 en République centrafricaine (65ème, -3) ne compteront que dans la prochaine édition du classement, la situation de la liberté de la presse se précarise et fait craindre le pire.

Des « modèles régionaux » qui ne sont pas à la hauteur

Sur quasiment tous les continents, des « modèles régionaux », dont l’influence dépasse les frontières nationales, perdent pied dans le classement. En Amérique latine, le Brésil (108ème, -9), moteur économique de la région, poursuit sa chute amorcée l’année dernière. Les cinq journalistes qui ont perdu la vie en 2012, ainsi que des problèmes persistants de pluralisme des médias, expliquent cette dégradation. En Asie, l’Inde (140ème, -9) est à son pire niveau depuis 2002. En cause : un climat d’impunité grandissant et une censure du Net qui continue à se développer. La Chine (174ème, +1) ne montre aucun signe d’amélioration. Ses prisons détiennent toujours un grand nombre de journalistes et de net-citoyens, alors que la censure du web, de plus en plus impopulaire, demeure un obstacle majeur dans l’accès à l’information. En Europe de l’Est, la Russie (148ème, -6) perd encore plusieurs places du fait du tour de vis répressif mis en place depuis le retour à la présidence de Vladimir Poutine, en réponse à la mobilisation sans précédent de l’opposition. Le pays reste également marqué par l’impunité intolérable de nombreux assassins et agresseurs de journalistes. La Turquie(154ème, -6), dont l’importance sur l’échiquier politique s’est encore accrue du fait du conflit syrien, s’enfonce un peu plus dans le classement. Le pays est à ce jour la première prison au monde pour les journalistes, en particulier ceux qui développent des vues critiques des autorités sur la question kurde. Rien de comparable avec l’Afrique du Sud (52ème, -10) qui garde une place très honorable - la liberté de l’information y est une réalité - mais qui recule d’année en année jusqu’à sortir pour la première fois des cinquante pays les mieux classés. Le journalisme d’investigation y est menacé par la Loi de « Protection des informations d’État ».

Les démocraties piétinent ou reculent

Statu quo pour une bonne partie des pays de l’Union européenne. Seize d’entre eux figurent toujours dans les trente premières places du classement. Pourtant, le modèle européen s’érode. L’hémorragie législative entamée en 2011 ne s’infléchit pas en 2012, notamment en Italie (57ème, +4) où la dépénalisation de la diffamation n’est toujours pas acquise et où les institutions instrumentalisent dangeureusement les « lois bâillons ». LaHongrie (56ème, -16) paie toujours le prix de ses réformes législatives liberticides qui ont considérablement modifié la pratique du journalisme. Plus inquiétant cependant, la chute vertigineuse de la Grèce (84ème, -14) où les journalistes évoluent dans un contexte social et professionnel désastreux et sont exposés à la vindicte populaire et à la violence des mouvances extrémistes et des forces de police.

La censure du nucléaire et l’institution des « kishas clubs » coûte au Japon (53ème, -31) plus de trente places, une chute alarmante pour un pays habituellement très bien classé. EnArgentine (54ème, -7), un bras de fer entre certains groupes de presse privés et le gouvernement, notamment au sujet de la nouvelle loi de régulation de l’audiovisuel, ont lieu dans un contexte tendu et le pays perd plus de cinq places.

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