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Excellence à l’Université Alassane Ouattara / Pr Lazare Poamé, Président : « Nous allons créer les conditions pour la recherche scientifique sur la paix à partir du comportement de nos étudiants »
Publié le mercredi 30 janvier 2013  |  Ministères


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© Ministères par DR
Conseil africain et malgache pour l`enseignement supérieur (CAMES) : 19 pays africains représentés à la 34ème session des Comités consultatifs interafricains (CCI)
Lundi 16 juillet 2012. Abidjan. Espace Crrae-Umoa, au Plateau. Les représentants de 19 pays africains participent à la 34ème session des Comités consultatifs interafricains (CCI). Photo: Prof. Lazare Poamé, président de l`Université de Bouaké


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Le Professeur Lazare POAME est un intellectuel de renommée mondiale. Il est à la fois Philosophe et Bioéthicien, Expert dans les organisations internationales : AUF, UNESCO, CCCE (Comité Consultatif Commun d’Ethique) pour la recherche agronomique, INRA-CIRAD. Il est titulaire de la Chaire UNESCO de Bioéthique, Coordonnateur du Master d’Ethique et de Bioéthique (Afrique de l’Ouest) et Collaborateur de la Nouvelle Encyclopédie de Bioéthique.
Il a fait son entrée chez les Immortels en 2012 en tant que premier Africain noir Membre associé de l’Académie Royale de Belgique (cette Académie existe depuis plus de deux siècles). Le Professeur Lazare POAME est l’actuel Président de l’Université Alassane Ouattara de Bouaké.

Il a animé, le 28 janvier 2013, à la Présidence de son Institution à Bouaké, un point de presse. Nous vous proposons en intégralité ses échanges avec la presse.



PROPOS LIMINAIRES

Chers journalistes, je tenais à vous informer que le vendredi 25 janvier 2013, au Cabinet du Ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, les étudiants récipiendaires du Prix de la pacification de l’espace universitaire ont présenté au Ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, le prix qu’ils ont reçu.
Aujourd’hui, il est essentiellement question de rendre compte de ce qui s’est passé à propos du prix de la pacification de l’espace universitaire qui a été institué à l’Université Alassane Ouattara.

Ce prix récompense les collectifs d’étudiants qui se sont illustrés par le respect du Maître, le respect des règles de l’Institution et le respect de l’environnement. Ce sont les trois grands critères. Le prix qui leur a été décerné, je le rappelle, a été présenté à Monsieur le Ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique. Voici ce que le Ministre a pu en dire.

C’est un prix qui honore l’Enseignement supérieur et qui est d’une importance capitale pour le bon fonctionnement des Universités. Ce prix est à encourager pour les étudiants des autres Universités, pour que l’enseignement supérieur dans son entièreté puisse véritablement inciter les étudiants à adopter des comportements dignes, propres à préserver la paix sur les campus et cités universitaires. En regardant le parchemin, l’un des éléments palpables du prix qui a été décerné, le Ministre a pris sur lui de le faire encadrer par l’un des plus grands spécialistes de la place, de sorte qu’en voyant le cadre, on puisse avoir une idée de ce que représente ce prix. Ne serait-ce qu’à travers son apparence, il doit pouvoir frapper l’esprit.
En ce qui concerne l’autre élément palpable, sachez que pour cette année, le prix est d’un modeste montant d’un million de francs cfa. Selon le Ministre, ce montant doit pouvoir tripler ou quintupler pour les prochaines éditions. Il peut arriver qu’à l’image du prix Nobel, deux collectifs puissent être primés. Tout cela, pour les encourager parce qu’il estime que le point névralgique de nos Universités, c’est la paix sur les campus universitaires. On peut concevoir les meilleurs programmes possibles. On peut réhabiliter les bâtiments, les amphis, les cités universitaires… s’il n’y a pas la paix, cela ne sert à rien.

C’est pour cela que le Ministre estime que le prix a toute sa valeur. Il faut lui accorder toute son importance.

Nous sommes heureux de la perception que le Ministre a de ce prix. Car tout cela est en parfaite relation de résonance avec les objectifs que nous nous sommes fixés.

Par ce prix, nous voulons atteindre deux objectifs majeurs :

Le premier est de pouvoir réaliser, sur le campus universitaire, l’osmose de la paix comme comportement et la paix comme objet d’étude. Cela nous permet de décliner le deuxième objectif : nous voulons faire de l’Université Alassane Ouattara, un des meilleurs terreaux de l’irénologie. Autrement dit, la science ou la théorie de la paix doit trouver à l’Université Alassane Ouattara un de ses meilleurs terreaux.

Voilà en peu de mots ce que nous pouvons vous dire de la présentation officielle du prix de la pacification de l’espace universitaire à Monsieur le Ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique et des objectifs assignés à ce prix que nous avons institué et qui va mettre en compétition tous les étudiants, tous les collectifs d’étudiants.

Les étudiants doivent comprendre donc que la paix est fort précieuse, qu’en la recherchant, ils recherchent aussi des ressources. Un étudiant qui sait que son collectif peut avoir trois millions de francs cfa, il y a du coup, une fusion d’intérêts. L’étudiant va être honoré, mais en même temps, il pourra payer aisément ses droits d’inscription, s’acheter des documents…

C’est un principe de motivation qui est universel. Dans toute entreprise, lorsque vous instituez un prix, vous motivez ses acteurs. C’est ce qui motive tous les prix que nous avons institué à l’Université. D’ici quelques semaines, nos agents recevront leur prix : le prix du meilleur agent. Nous avons prévu également le prix du meilleur service de l’Université… C’est pour les motiver, les inciter à l’excellence pour le rayonnement de toute l’institution. Vous avez vu Madame la Grande Chancelière décorer des gens. Les récipiendaires étaient heureux. La reconnaissance d’une valeur est nécessairement source de motivation.

C’est ce que le Ministre de l’Enseignement supérieur a voulu montrer en soulignant que tout l’Enseignement supérieur puisse récompenser les étudiants qui se consacrent à la paix. Ce sont des étudiants courageux et dévoués. J’ai vu, de passage à Paris, dans une librairie, un ouvrage intitulé : Le courage de la non-violence (ouvrage de J.-P. barou). Être non-violent, c’est être courageux, ce n’est pas être faible, ce n’est pas une mollesse. Être non-violent est un acte de bravoure. Il faut être assez courageux pour se faire violence soi-même, alors que la tendance, c’est que la violence soit déportée sur l’autre. Mais sur soi-même, c’est être vraiment fort. C’est cela le sens de la non-violence. Tous ceux qui cultivent la non-violence sur le campus universitaire, étudiants, enseignants, personnel administratif et technique, doivent être considérés comme des êtres courageux, intelligents, des personnes qui ont une maitrise de soi. Cela mérite d’être salué publiquement pour que les gens aient la force de poursuivre cet engagement qu’ils prennent.

Mesdames et Messieurs, voilà très succinctement les points culminants de la rencontre que nous avons eue avec Monsieur le Ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique dans le cadre du « Prix de la pacification de l’espace universitaire ».
C’est de l’inédit dans l’espace universitaire ouest-africain, même au-delà. Vous êtes journalistes, dans vos recherches, vous pouvez savoir le nombre d’Universités où un tel prix a pu être institué. Vous verrez que l’Université Alassane Ouattara innove en la matière. Comme je l’ai dit, nous allons en faire le terreau de l’irénologie. Il faudrait que tous ceux qui veulent étudier scientifiquement la paix viennent trouver, ici, quelques ingrédients qui peuvent être sociologiques, épistémologiques et cela, nous y tenons et nous y travaillons.
Voilà l’objet de cette conférence de presse. A présent je me soumets à vos questions.



QUESTIONS-REPONSES

Certains mouvements de grève se retrouvent encore sur l’espace universitaire, quelle garantie pouvez-vous donner pour préserver la paix ?

Pr Lazare POAME : Je voudrais encore une fois de plus le dire. Ce prix ne signifie pas pose de garantie contre les grèves, contre les comportements délictueux…

L’individu est une essence libre. Il se comporte comme telle. Il peut se comporter mal, il peut être un mauvais étudiant, il aura alors un mauvais résultat.

En fin d’année, il sera peut être exclu s’il reprend deux fois la même année universitaire. S’il intériorise les valeurs liées à la paix, il sera un bon étudiant, il aura des chances d’être logé, d’avoir la bourse...

Le prix, ce n’est pas pour caporaliser l’étudiant. C’est pour qu’il puise en lui-même ses propres ressources et qu’il puisse canaliser librement ses instincts. C’est une incitation, ce n’est pas une contrainte. Il y a une obligation morale. Il y a un conditionnement psychologique positif pour lui faire comprendre qu’il y a des valeurs qui vont rehausser sa dignité, son image et qui vont lui permettre en même temps de gagner un peu d’argent.

Ce n’est pas parce que nous avons institué ce prix qu’il y aura des bourses pour tout le monde. Et si le prix existe, donc il ne doit pas y avoir de grève. Ce n’est pas cela. Ce n’est pas parce qu’on institue le prix, que nous allons garantir des chambres pour tous les étudiants. Lorsque vous regardez le ratio, nous avons plus de 15.000 étudiants à Bouaké et nous n’avons même pas 3.000 chambres.

Nous avons institué ce prix pour que les étudiants aient un comportement exemplaire sans qu’on ait à faire la police. Donner à l’étudiant la liberté de développer des actions en faveur de la paix. S’il est violent, virulent, il n’aura rien compris. Mais cela ne compromet pas le prix. Le prix existe, il ne cessera pas d’exister. L’Université a des textes pour faire face au problème des étudiants singulièrement violents. Nous venons d’avoir le nouveau Décret et un nouveau règlement intérieur va être conçu. L’Institution va fonctionner à partir de ces règles.

Le prix ne dit pas qu’il n’y aura pas de grève, que les étudiants auront plus de logements, plus de bourses. Mais le prix dit que nous allons avoir des étudiants qui vont être cités en exemple. Et à partir de leur exemple, ils vont créer un environnement qui sera propice aux études et à la recherche scientifique sur la paix. Nous avons, à Yamoussoukro, la Fondation Félix Houphouët-Boigny pour la recherche de la paix. Nous, nous n’avons pas une fondation, mais nous allons créer les conditions pour la recherche scientifique sur la paix à partir du comportement de nos étudiants. Voilà l’esprit de ce prix.

Naturellement, s’il n’y a pas assez de logements, si les étudiants se comportent bien, ils trouveront facilement des tuteurs en ville. Par le passé, un fonctionnaire qui devrait recevoir un étudiant à son domicile le rejetait parce que le trouvant dangereux. C’est cette image que nous voulons faire disparaitre. Cela pourrait résoudre en partie le problème des logements.
Si pour la ville de Bouaké, nous avons mille travailleurs qui acceptent de prendre chacun un étudiant, c’est déjà important. De par leur comportement, les étudiants trouveront une solution à leur problème. Le prix peut servir de viatique à la recherche de solutions.

Vous voyez que l’Université ne gère pas les problèmes liés à la bourse, aux logements. Mais l’Université peut favoriser la quête de solutions idoines pour pouvoir héberger nos étudiants ici à Bouaké.

Il y a un projet que nous avons : « un étudiant, un logement ». Cela fait partie du grand projet de Bouaké-la-Neuve que nous avons transmis à qui de droit. Faire en sorte que tous les étudiants, enseignants et personnel administratif et technique soient logés. Le plan est déjà conçu. Nous attendions que la Côte d’Ivoire se porte mieux pour que les investisseurs acceptent de nous fréquenter. Dans les deux années à venir, tous les projets vont pouvoir se réaliser. Voilà ce que je puis vous répondre sur cette question.

Est-ce qu’un étudiant qui respecte les critères cités peut bénéficier du prix ?

Ce sont les collectifs qui en bénéficient, pas les individus. Ceux qui existent et ceux qui vont être créés par la suite. Des étudiants peuvent créer des collectifs spécialement pour le prix. Il s’agira de montrer à quel point ils se sont investis dans les actions pacifiques et pacifistes. Dans les critères d’évaluation, les actions pacifiques n’ont pas les mêmes critères que les actions pacifistes.

L’action pacifique s’épuise dans l’acte. Or, l’action pacifiste, elle, est encore génératrice d’autres actions de paix.

Ce prix, je le répète, est ouvert à tous les étudiants, mais à travers des collectifs.
Je voudrais, au nom de mes collègues, remercier l’ensemble des journalistes présents. Je voudrais, au nom de l’administration, vous dire merci.

Je pense que ces efforts seront récompensés à travers le Prix de la meilleure visibilité de l’Université Alassane Ouattara dans la presse. Nos collaborateurs ont déjà commencé le travail, à répertorier ce qui se fait sur nous, sur notre Université, dans la presse.
Tous les articles de presse, toutes les images qui sont publiées, tout ce qui passe dans la presse audiovisuelle, sont concernés par le Prix de la meilleure visibilité de l’Université Alassane Ouattara. Je pense que la presse ivoirienne mérite bien ce prix.

Il y a une gradation qualitative dans les différentes productions de la presse en Côte d’Ivoire. Nous voyons aussi les structures de régulation qui font très bien leur travail. Tout cela nous permettra d’avoir des lauréats dont nous seront fiers au plan national et international. Il est possible de faire venir de grands journalistes au moment de vous décerner ce prix de la meilleure visibilité de l’Université Alassane Ouattara dans la presse.

Je serai dans les semaines à venir à une rencontre sur la gouvernance électronique en France. L’Université, d’ici deux ans, doit être totalement transformée dans son fonctionnement, ses programmes… Pour cela, je pars avec une équipe pour lui faire voir ce qui se passe ailleurs, en France, ce qui se passe dans les différentes Universités ; ce qu’ils font là-bas, il n’y a pas de raison que nous ne puissions pas le faire ici. Il y a des complexes qu’il ne faut pas avoir. Ce dont ils sont capables, vous en êtes capables au niveau de la presse. Ce dont nos collègues sont capables au niveau de la recherche scientifique, nous aussi, nous devons en être capables. Ce dont ils sont capables au niveau de l’administration universitaire, ici, on doit en être capable. Toute cette gouvernance électronique qu’on aura vue doit pouvoir s’appliquer chez nous. Si les autres le réussissent, ils ne sont pas des extraterrestres. C’est juste un minimum d’organisation, de moyens et naturellement, il faut que la volonté y soit. Il faut le vouloir. Quand j’observe, nous le voulons. Nous en avons les capacités. Les moyens nous font défaut. Mais ces deux choses réunies, les moyens viendront. La Côte d’Ivoire va attirer massivement des capitaux. La gestion rationnelle de ces capitaux nous rendra compétitifs. Comme nous avons foi que ces capitaux seront gérés rationnellement, nous prenons les contacts utiles pour que nous puissions nous engager honorablement dans cette compétition mondiale qui va se jouer désormais au niveau de toutes les Universités. Quand on parle du système LMD, c’est une compétition mondiale. Il n’y a pas un système LMD pour les Africains et un autre pour l’Occident. C’est sur cette base que nous organisons tout ce que nous faisons à l’Université Alassane Ouattara. Est-ce que ce que nous faisons est compétitif sur le plan international, oui ou non ? C’est ainsi que nous fonctionnons. Dans deux ans, la Côte d’Ivoire et le monde entier verront ce que nous (enseignants, personnel administratif et technique, étudiants, journalistes à Bouaké) faisons ensemble, pour que Bouaké puisse se hisser au niveau de ceux qui sont cités en exemple mondialement dans les différents secteurs d’activités. C’est cela notre objectif. Je vous remercie.

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