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Le Patriote N° 3968 du 13/2/2013

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Football : Equipe nationale de Côte d’Ivoire (séniors) Autopsie d’une élimination programmée
Publié le mercredi 13 fevrier 2013  |  Le Patriote




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La Côte d’Ivoire est une fois de plus rentrée bredouille de l’expédition sud-africaine. Eliminés en quarts de finale par le Nigeria, futur vainqueur de la CAN, les Eléphants ont fait honneur à leur statut de la meilleure équipe du continent sur le papier. Très attendus et donnés super favoris à la succession des Chipolopolo zambiens, vainqueurs de l’édition 2012, les coéquipiers du capitaine Didier Drogba ont tout simplement déçu. Trois jours après la fin de la CAN 2013, soit dix jours après leur sortie presque sans surprise du tournoi, une analyse à froid permet d’affirmer que les Eléphants n’étaient pas parés pour remporter le trophée continental. Autopsie d’une humiliation programmée.

Une classe dirigeante
sans vision

Arrivé à la tête de la fédération ivoirienne de football (FIF) en 2011, Augustin Sidy Diallo hérite d’un encadrement technique piloté par François Zahoui. Le technicien ivoirien, au vu de sa trop grande expérience de football et d’entraîneur, réussit avec sa méthode à asseoir un bloc équipe. «La Côte d’Ivoire a de très bons joueurs. C’est une équipe capable de marquer trois, quatre voire cinq buts et derrière d’en prendre autant. Il est donc important pour moi d’asseoir une bonne assise défensive pour pouvoir préserver le plus petit score soit-il», ne cessait de répéter l’ancien joueur de Toulon. Cette méthode a parfaitement fonctionné et n’eut-été cette malchance qui a visité la Côte d’Ivoire, les Eléphants seraient sacrés champions d’Afrique en 2012 à Libreville. En six matchs disputés, la sélection ivoirienne n’a concédé aucun but. Avant de perdre, aux tirs au but, la finale contre la Zambie. Un parcours salué par toute la Côte d’Ivoire qui n’a pas été du goût de Sidy Diallo. Le Tout puissant président de la fédération, ne voulant plus d’un coach adulé par les supporters, décide de se passer de ses services de la façon la plus humiliante. Alors qu’il venait d’enregistrer une autre victoire en amical contre le Mali, Zahoui est chassé comme un malpropre. A la place de l’enfant du pays, Sidy Diallo jette son dévolu sur un étudiant qui vient à peine de valider ses unités de valeurs. C’est-à-dire un homme qui répond par l’appellation d’entraîneur que par le diplôme qu’il a en poche. Sorti tout droit de l’école, Sabri Lamouchi est copté pour diriger la plus grande équipe du continent. «C’est une occasion en or qui m’est offerte et ça ne se refuse pas», a dit le franco-tunisien lors de sa présentation à la presse. Brocardés, vilipendés, conspués, Sidy Diallo et son entraîneur demandent aux Ivoiriens de les juger aux résultats. Pis, comme s’il se savait incapable de coacher cette sélection ivoirienne, Sabri Lamouchi laisse entendre à qui veut l’écouter qu’il ne s’agit pas de lui faire confiance, mais plutôt d’avoir confiance aux joueurs. Les Ivoiriens l’ont écouté et ont fait confiance aux joueurs. Mais au moment où il doit faire valoir ses cours appris à l’école et trouver la solution à l’équation posée par Stephen Keshi, il est resté de marbre. Car le sélectionneur du Nigeria a reconnu avoir empêché Yaya Touré et Gervinho de jouer. Ce qui a eu le mérite de priver Didier Drogba de ballons. Ce dernier déjà diminué physiquement n’a fait que subir la rencontre. Et la suite est là. Implacable. Sidy Diallo peut se vanter de son expérience dans le monde du football et de la gestion de la fédération, mais il se démarque toujours par son approche inquiétante. Il était avant celui qui ne prenait pas les décisions. Maintenant en première ligne, il a du mal à prendre les meilleures décisions. Et le recrutement de Sabri Lamouchi peut-être assimilé au manque de vision de Sidy Diallo pour l’équipe nationale.

Plus théoricien qu’entraîneur

On peut être le major de sa promotion et ne pas pouvoir l’être dans la pratique. Sabri Lamouchi a peut-être eu la mention «Elève excellent» au terme de sa formation, force est de reconnaître qu’il était loin de l’entraîneur que pouvaient espérer les Ivoiriens après Zahoui. En six mois de présence à la tête de l’équipe de Côte d’Ivoire, il a démontré toute l’étendue de sa formation. Parfait communicateur, Sabri Lamouchi s’est avéré être un piètre technicien. En lieu et place de consolider ce qu’a mis en place son prédécesseur, il a opté pour la destruction. En six mois, il a fait de la meilleure attaque et la meilleure défense de la CAN 2012, l’une des plus mauvaises défenses en Afrique du Sud en encaissant 5 buts en 4 matchs. Avec les mêmes joueurs que Zahoui en 2012 (à l’exception de Traoré Lacina, Traoré Ismaël et Sangaré Badra Ali), Sabri Lamouchi n’aura apporté de plus que son franc parler. Ce qui a certainement séduit Augustin Sidy Diallo qui, malgré cette humiliation, semble se résoudre à poursuivre l’aventure avec son apprenti-entraîneur. Et sans nul doute avec les mêmes résultats au Mondial 2014 et pourquoi pas au Maroc en 2015.

Ces joueurs et leurs égos

On ne cessera jamais de le dire ! La Côte d’Ivoire a du talent, des joueurs de qualité. Mais cela ne part pas sans accrocs. Didier Drogba, leader naturel de ce groupe depuis le Mondial 2006, est contesté de l’intérieur. L’autorité du capitaine emblématique des Eléphants est mise à mal par certains de ses partenaires au nombre desquels figure en très bonne place Yaya Touré. Le cadet de Kolo Touré, fort de ses deux titres de Meilleur joueur africain, et de la dimension prise au sein de son club, peine à se fondre dans le moule. Son attitude en sélection montre bien à quel point il éprouve du mal à suivre le mouvement de groupe. Toujours en solitaire, le Citizen ne manque aucune occasion de contester vigoureusement en public les décisions de son capitaine. En 2006 déjà en Egypte, il s’était illustré de la plus mauvaise des manières. Deux années plus tard, il a remis le couvert au Ghana. Cette année encore, Yaya Touré, incorrigible, a encore fait parler de lui. Cible malencontreuse d’un tir de son capitaine contre le Nigeria, il est sorti de ses gongs. Mais avant cette élimination contre le Nigeria, Didier Drogba et Yaya Touré ont eu une chaude altercation dans les vestiaires. A ce combat de leadership, il faut ajouter le conflit de génération. La sélection ivoirienne est divisée en clans. Un mal qui le ronge de l’intérieur depuis plusieurs années et que les joueurs ne manquent pas de souligner eux-mêmes. «Le premier adversaire de l’équipe, c’est nous-mêmes», se plaisent-ils à dire. Comme pour dire qu’ils sont la solution au problème de l’équipe. Mais au lieu d’aider ces «grands enfants» à mettre de côté leurs égos pour l’intérêt national, Sidy Diallo trouve le plaisir à les interner dans des «camps militaires» à chaque édition. Sans contacts avec l’extérieur, ils finissent toujours par se lasser. Nerveux et pressés qu’ils sont d’en finir avec une situation de prisonnier.

OUATTARA Gaoussou

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