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Le Patriote N° 3972 du 18/2/2013

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Musique : “Avant-propos” de Billy Billy / Ces vérités qui rougissent les yeux…
Publié le lundi 18 fevrier 2013  |  Le Patriote




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Le coq de Wassakara chante de nouveau. «Avant-Propos», c’est le maxi single que Billy Billy vient de jeter dans les bacs, depuis quelques jours. Il comporte quatre titres dont le très évocateur «Ma Lettre au Président», l’ironique «Dioula a pris coupe», l’amusant «Foyer dans Foyer» et le satirique «Wassakara Acte 3», le troisième épisode de ses péripéties dans ce quartier défavorisé de Yopougon. Il faut le dire tout net, Billy Billy met une fois de plus, les deux pieds dans le plat, mais ne cassent pas l’assiette. Toutefois, l’artiste, qui oscille entre le rap et le slam, fait grincer des dents. Avec surtout sa « Lettre au Président». Sur une musique groove, plus dansante, le rappeur dit tout haut ce que les Ivoiriens pensent bas. D’emblée, il interpelle le Président de la République, avec un humour aigre-doux, sur l’épineuse question de la sécurité et de la trop grande et embêtante circulation des armes. «La dernière fois dans l’embouteillage, je ne sais pas s’ils t’ont dit. Mais, j’ai vu un cortège de véhicules 4*4 avec gyrophares, des pick up et chars. J’ai cru que c’était toi qui passais. C’est mon voisin dans le wôrô-wôrô (ndlr, taxi communal), qui a dit que c’est pas toi, c’est ton gardien. Mais si ton gardien doit se promener avec toute la poudrière pour sa soi disant sécurité. Je comprends pourquoi ce sont les Nations Unies qui assurent ta sécurité. Y a trop d’armes dans la ville. Trop de barrages, trop de braquages», martèle Billy Billy.

Oui, il a raison. Beaucoup d’armes, parfois lourdes comme les lance-roquettes, circulent dans la cité. Les agressions à mains armées sont aussi légion en ce moment à Abidjan et dans certaines grandes villes du pays. Et cela, malgré la floraison de barrages sur les grandes artères de la capitale économique la nuit. Billy Billy pointe également du doigt le racket. Mieux, il rapporte les propos que les hommes en tenue tiennent dans la rue avec une certaine insolence, comme pour justifier ce qui n’est pas justifiable. « Ils disent qu’on n’on ne les paye pas, donc eux tous, ils se paient sur le terrain». Billy Billy va même plus loin en ajoutant que « y a plus calebasse sur le marché, ils ont fini avec racket ». Derrière ce discours trivial, Billy Billy attire l’attention du Chef de l’Etat sur le fait que le racket a pris des proportions inquiétantes. Une fois, la pression sur les forces de l’ordre tombée, elles renouent avec cette vieille habitude à la peau dure. Et ce ne sont pas les usagers du transport, qui diront le contraire. Eux qui délient la bourse, à leur corps défendant, sur les routes du pays. Billy Billy tire donc la sonnette d’alarme, pour que ce phénomène regrettable soit jugulé. De même, il fustige, avec une certaine pudeur, la cherté de la vie et le non respect de la gratuité ciblée dans les hôpitaux publics. Où le personnel soignant, par des manières détournées, fait payer aux parents des malades des médicaments qui devraient leur revenir gracieusement. Billy Billy rapporte par ailleurs au Président que «les gens disent qu’il voyage un peu trop». Ce que lui et « les gens» doivent comprendre, c’est que le « Président ne voyage pas pour voyager». Il voyage pour attirer des investisseurs et obtenir des financements pour développer la Côte d’Ivoire. Ça aussi, c’est une vérité que les Ivoiriens doivent savoir et comprendre. En revanche, Billy Billy dit vrai quand il dénonce les nombreuses délégations qui accompagnent les ministres lors de leurs missions hors du pays. Tout ça, aux frais du contribuable ivoirien. Parfois, certains accompagnateurs ne servent pas à grand-chose, si ce n’est à inaugurer les chrysanthèmes. Conséquence, les budgets des missions enflent, enflent et enflent… Toujours dans sa «Lettre au Président», Billy Billy ne se contente pas que de noircir la feuille.

En bon éveilleur de conscience, il confirme que ses yeux sont bien grands ouverts, pour voir certes ce qui ne va pass, mais aussi pour relever ce qui est bien. Comme par exemple, la réhabilitation des Universités publiques d’Abidjan et de Bouaké redevenus de vrais temples du savoir, les infrastructures routières qui sont en train d’être bâties, notamment le 3ème pont qui reliera Marcory à Cocody Riviera Golf, les échangeurs de Cocody Riviera 2 et du Boulevard Giscard D’Estaing… «Président merci, félicitations pour l’Université. C’est vrai, c’est devenu un peu cher mais au moins ça ressemble un peu à une université. Merci pour le futur pont, les futures autoroutes. Même Yopougon de Gbagbo, tu as mis goudron là bas», déclame Billy Billy, d’une sa voix tonique. Avant de titiller le Chef de l’Etat, pour «avoir accepté les problèmes de la Cedeao», alors que, «on n’a pas fini de se réconcilier». Sans porter de gants, il éclaire le Président de la République sur un certain nombre de faits qui dérangent, histoire de lui faire remonter les préoccupations du peuple qui justement lui a confié les rênes du pays. Pour autant, Billy Billy ne s’arrête pas là. Comme à son habitude, il offre également, sur cette galette, une satire caustique de quelques agissements qui dérangent plus ou moins. Dans« Dioula a pris coupe», ils reprochent aux ressortissants du Nord de baigner dans un triomphalisme béant et d’en faire un peu trop, depuis l’avènement d’Alassane Ouattara au pouvoir. Toutefois, l’obstruction des voies publiques pour des manifestations est une pratique qui ne date pas d’aujourd’hui, mais plutôt de bien longtemps, avant même qu’Alassane Ouattara ne soit au Palais de la Présidence de la République.

Enfin, Billy Billy narre pour la 3ème fois sur les difficultés de la vie à Wassakara, où il a vécu la galère avant de connaître aujourd’hui la gloire. De même, l’artiste s’indigne de l’insouciance d’une certaine jeune ivoirienne qui vit sans ambition et sans objectif précis. Sans travail et alors qu’ils vivent encore chez leurs parents, certains jeunes réalisent la prouesse d’y fonder une famille. Ce que Billy Billy appelle, avec dérision, «Foyer dans foyer». Qu’on l’aime ou pas, ce garçon a le courage de mettre sur la place publique, certains tares de la société, qui dérangent mais dont personne n’ose parler. Rien que pour cela, il mérite qu’on lui prête au moins une oreille attentive…

Y. Sangaré

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