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Sécurité Maritime : les Ivoiriens doivent être inquiets
Publié le jeudi 21 fevrier 2013  |  Boigny Express




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En l’espace de cinq mois, trois navires étrangers ont été détournés par des pirates au large des côtes ivoiriennes. Malgré cela, aucune action vigoureuse n’est menée pour sécuriser nos eaux territoriales. Pour preuve, la police maritime reste sans grands moyens pour faire face à cette situation.

Sommes-nous en sécurité ? Bon nombre d’Ivoiriens se posent cette question. D’autant plus que cette troisième disparition de navire-pétrolier souligne l’inanité du discours politique : la sécurité du pays n’est nullement assurée. Pourtant, aux Etats généraux de la mer qui sr sont tenus, du 15 au 17 septembre 2011, à la Fondation Félix Houphouët- Boigny de Yamoussoukro, le ministre des Transports s’était fortement réjoui de la mise en place des moyens humains et matériels qui allaient permettre à l’Administration maritime de mieux assurer la sécurité et la sûreté maritime et portuaire. Le ministre avait même souligné la nécessité de mettre en œuvre une politique rigoureuse de surveillance des côtes ivoiriennes au regard des menaces de piraterie qui planaient sur le Golfe de Guinée. Un an après, le premier détournement survenait. Ce qui montre que le discours du ministre des transports n’a pas été suivi d’actes concrets.

Les Affaires maritimes et portuaires sans moyens

Notre enquête sur le terrain nous a montré que ceux qui sont chargés de la surveillance des eaux territoriales de la Côte d’Ivoire restent sans grands moyens. « Nous ne pouvons pas accomplir cette mission, simplement parce qu’on ne peut aller en mer, faute de moyens », révèlent avec amertume des agents de la police maritime que nous avons rencontrés sur les différentes bases. Pour faire face à l’incapacité des pays africains à exercer efficacement en mer, les Etats membres de l’organisation de l’Afrique de l’ouest et du Centre (OMAOC), en collaboration avec le ministère ivoirien des Transports, ont organisé un séminaire sous régional sur la mise en œuvre du mémorandum d’entente relatif au réseau intégré de la fonction garde-côte de la zone 2, à Grand-Bassam, les 2 et 3 novembre 2012. Le ministre Gaoussou Touré, avait indiqué que la mer est très importante et vitale en ce sens que la quasi-totalité des échanges passent par la mer. Il avait alors annoncé le renforcement de la sécurité et de la sûreté dans les espaces maritimes, portuaires et lagunaires. Le ministre a conclu que les travaux devraient permettre de déployer une diplomatie active de sécurité. Deux mois après ces assises, les pirates ont défié nos autorités. C’est pourquoi, certaines langues soutiennent que c’est une habitude du régime Ouattara « On multiplie les réunions, on annonce de grandes décisions, puis c’est tout. Alors qu’on sait très bien que le pool de la piraterie s’est déplacé vers les eaux ivoiriennes », affirment nos interlocuteurs. Le Bureau maritime international nous apprend que le Nigéria et le Bénin ont fait de la lutte contre la piraterie une priorité, car relevant de la sécurité nationale. L’approche ivoirienne est visiblement mauvaise pour avoir enregistré trois détournements de navires en l’espace de cinq mois.

La situation suffisamment grave

A en croire le dernier rapport du Bureau Maritime International sur la piraterie maritime, l’Afrique de l’ouest et l’Afrique de l’est concentrent 150 attaques en 2012, soit la moitié du total mondial. Ce qui fait de l’Afrique l’une des pires régions de la planète. Ce rapport confirme une tendance inquiétante, celle de l’évolution à la hausse du fléau en Afrique de l’ouest, sous-groupe du Golfe de Guinée. Cette région qui court du Sénégal ou de la Côte d’Ivoire à l’Angola fait désormais partie des trois zones de piraterie dans le monde, avec le Golfe d’Aden et le Sud-est asiatique, où l’archipel indonésien pointe en haut du lugubre classement des zones maritimes les plus écumées avec 81 attaques, soit pratiquement le double de son bilan en 2011, lorsque 41 attaques avaient été enregistrées. La Somalie est passée au 2è rang mondial avec 49 attaques recensées (contre 160 en 2011). Les détournements de navires intervenus en janvier et début février, au large des côtes ivoiriennes montrent que le danger est à nos portes. Contrairement aux pirates somaliens qui s’intéressent plus à la capture des équipages qu’au contenu du bateau, ceux du Golfe de Guinée se préoccupent plutôt de la cargaison de pétrole transportée par les tankers. Leur intérêt pour la cargaison tient à la finalité de leur action qui consiste à détourner le navire, à en vider les soutes pour revendre en contrebande le pétrole ainsi obtenu. Ce mode opératoire représente une sérieuse menace pour les économies des pays riverains du Golfe de Guinée. Ainsi, le Nigéria qui représente près de la moitié de ces attaques (27attaques en 2011 contre 10 en 2012) voit s’envoler 7% de ses revenus pétroliers chaque année. Son voisin, le Bénin semble être un des pays les plus touchés puisque le trafic du port de Cotonou a baissé de 70%. La Côte d’Ivoire avec 3 cargos détournés récemment ainsi que la Guinée et le Togo sont également dans le collimateur de ces « voyous de mer ». Pour l’Onu, le banditisme maritime fait perdre aux pays riverains du Golfe de Guinée, près de 2 milliards de dollars chaque année. La situation est suffisamment grave pour que nos autorités prennent conscience du danger que représentent les conséquences de la piraterie pour l’économie. La police maritime et portuaire manque cruellement d’équipements adéquats pour lutter contre les pirates. Conséquence, les eaux territoriales sont constamment violées par les chalutiers irréguliers. Inverser la tendance est encore possible. Mais cela exige des réponses fermes et rapides, à la mesure des risques encourus. Celles-ci se trouvent en mer, où il faut se doter des moyens adéquats pour poursuivre les criminels.

Jean-Louis Kobrissa

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