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Enquête : Taux élevé des accidents de la circulation : les transporteurs accusent l’Etat
Publié le jeudi 21 fevrier 2013  |  Boigny Express




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La route ivoirienne continue de tuer malgré les campagnes de sensibilisation de l’Office de la sécurité routière(Oser). Toute chose qui justifie l’inquiétude des pouvoirs publics. Cependant aucune action vigoureuse n’est menée pour freiner cette mort en cascade des usagers de la route selon les transporteurs qui dénoncent la passivité de l’Etat.

Il ne se passe pas un jour sans que l’on annonce un accident de la circulation de véhicule de transport en commun sur nos routes. Pendant plusieurs jours, nous avons voulu comprendre les causes de ce triste record en entrant dans l’univers des acteurs du transport terrestre. Au moment même où nous bouclions notre enquête le lundi 18 février dernier, on apprend qu’un minicar de transport a fait 4 morts et plusieurs blessés sur l’Autoroute du nord.

Les transporteurs accusent les pouvoirs publics
Pour l’année 2012 seulement, les accidents de la circulation sont en hausse de 49%. Le taux de personnes tuées sur la route augmente, lui aussi, de 28%. C’est le tableau sombre rendu public par le conseil des ministres du mercredi 30 janvier 2013 dernier. Ce qui situe les uns et les autres sur ce phénomène dont les causes sont connues. Le gouvernement a établi officiellement que ces accidents qui sont de plus en plus nombreux et qui endeuillent, malheureusement, de nombreuses familles en Côte d’Ivoire, s’expliquent essentiellement par des causes humaines. C’est-à- dire les mauvais comportements des automobilistes. Les transporteurs et chauffeurs que nous avons rencontrés ne disent pas le contraire. Mais ils accusent plutôt les autorités compétentes qui laissent perdurer cette situation. « Le secteur des transports en Côte d’Ivoire n’est pas régulé. N’importe qui se lève, et fait le transport en commun avec des véhicules en mauvais état technique au vu et au su des pouvoirs publics », accusent des transporteurs. Des voitures douteuses, avec des pneus douteux roulent à tombeau ouvert à longueur de journée partout sur des routes également mal entretenues. A cela s’ajoute, à en croire nos interlocuteurs, la formation peu rigoureuse des chauffeurs. Comment s’en étonner d’ailleurs quand poussent, ici et là, des auto-écoles comme des écoles boutique. Sans oublier le trafic sur le permis de conduire avec la complicité de certains agents des sociétés (Sonatt, Starten) en charge de la confection dudit document et des responsables des auto-écoles. Pour rappel, notons qu’en juin 2010, la police avait démantelé un réseau de trafiquants du nouveau permis de conduire qui impliquait un inspecteur à l’examen du permis de conduire. Selon nos sources, ce phénomène se poursuit avec beaucoup de détermination. Mais les acteurs étant très futés, ils arrivent à passer entre les mailles du contrôle, du fait de nombreuses complicités internes. Toujours selon nos sources, si l’Etat instaure une véritable rigueur dans le milieu du transport, les accidents vont considérablement diminuer. Parce que les causes des accidents de la circulation sont humaines. Il s’agit entre autres, dans la plupart des cas, du non-respect du code de la route (le non-respect des feux tricolores, des panneaux de signalisation, de la priorité à droite dans les intersections de route), des excès de vitesse, de la conduite en état d’ébriété, des dépassements dangereux, des mauvais stationnements (côtes, virages etc.), l’absence des triangles de signalisation à distance réglementaire, etc. De même que l’état mental et physique du conducteur faisant preuve d’agressivité, de nervosité, d’intolérance au volant et autres attitudes de « conduite agressive » dont se font les champions la plupart des chauffeurs de minicars de transport public communément appelés « gbaka ». Nos interlocuteurs souhaitent que l’Etat interdise la vente de l’alcool dans les gares routières. D’autant plus que les sachets de l’alcool frelaté se vendent comme des petits pains dans ces endroits. Ils citent également d’autres stupéfiants consommés par de bon nombre de chauffeurs de maintenant. « Depuis 1999, avec la crise économique, beaucoup de compagnies de transports inter urbain ont fermé. Aujourd’hui, toutes ces lignes sont tenues de mains de maître par les minicars qui ne sont pas adaptés pour les grandes distances. De plus, ces véhicules peuvent être conduits par n’importe quel chauffeur. Parce qu’ils sont faciles à conduire. Alors que pour conduire un car, il faut une bonne dose d’expérience », regrettent des transporteurs. L’Etat doit faire quelque chose pour mettre fin à cette tragédie, disent-ils.
L’Oser prépare un coup
Dans le cadre de notre enquête, nous nous sommes rendus à l’Office de la sécurité routière(Oser). Nous avons surpris les différents chefs de services de l’Office avec à leur tête le Directeur Général, Dr Désiré Aka Echui en conclave. Renseignement pris, il nous est revenu que depuis quelques moments, les responsables sont au laboratoire pour préparer, à la demande du ministre des transports ; une série de mesures musclées en vue de lutter efficacement contre les accidents de la circulation. Ces mesures, dit-on, seront soumises au conseil des ministres dans les prochains jours. Mais en attendant qu’elles soient rendues publiques, le Directeur général de l’Oser a réitéré que le ministre des transports a initié d’énormes campagnes de sensibilisation pour la réduction du nombre des accidents graves sur les routes ivoiriennes. Cette campagne comporte un point essentiel, celui de la lutte contre le cellulaire et l’alcool au volant, a-t-il dit. Et de poursuivre que l’Oser est à la phase de sensibilisation. « Mais avec ces accidents récurrents, nous allons passer à la phase de la répression », a indiqué sur un ton de colère le Directeur général de l’Oser. Qui invite les automobilistes à respecter les normes en matière de conduite. Car, non seulement ils doivent se protéger, mais aussi protéger les personnes qui sont avec eux dans le véhicule, et également les piétons.
Jean-Louis Kobrissa

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