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Politique Publié le samedi 23 février 2013 | L’expression

Crise postélectorale/Poursuites contre Laurent Gbagbo - Pourquoi le jeu de l’équilibrisme ne peut pas marcher

© L’expression Par DR
CPI : l’ex Président Laurent Gbagbo devant les juges
Mardi 19 février 2013. La Haye. L’ancien président ivoirien comparait à la Cour pénale internationale (CPI), pour crime contre l’humanité.
Ceux qui, aujourd’hui, parlent encore de «Justice des vainqueurs» n’ont encore rien compris des procédures judiciaires en cours contre ceux, par qui, le malheur des Ivoiriens est arrivé en 2010.
«Justice des vainqueurs!». D’abord, le vocable ‘’vainqueurs’’ pourrait ramener aux ‘’vainqueurs des élections présidentielles’’ même si, les «Gbagboïstes» ne veulent y voir que la désignation de ceux qui ont gagné la guerre postélectorale. Le débat engagé sur l’Etat de «justice des vainqueurs» semble plus des pleurs des pro-Gbagbo qu’un raisonnement juste. Puisqu’en l’état actuel des choses, l’on ne saurait parler d’une justice sélective. De décembre 2010 au-delà du 11 avril 2011, (ndlr : date de l’arrestation de Laurent Gbagbo) il y a eu de nombreux crimes économiques et de sang que la Cour pénale internationale (Cpi) et la justice ivoirienne ont décidé d’élucider. Tout naturellement, le chef de file de ceux qui attaquaient les pro-Rhdp à cette époque, est arrêté et traduit devant la justice aux fins de répondre de ses crimes contre les nombreuses populations civiles, décimées pendant cette période-là. Depuis le Golf Hôtel où il était reclus, le président Alassane Ouattara avait mis en garde tous les travailleurs du public et du privé qui pactiseraient avec le gouvernement illégalement installé dans la crise par le régime Gbagbo. Tous ceux qui ont bravé cette mise en garde ont été arrêtés pour répondre devant la loi. Et, le procès Gbagbo qui sera, certainement, suivi de celui de ses partisans en Côte d’Ivoire, répond à la norme. Puisque rien, aucunement rien, ne soutient l’argument défendu par les partisans de Laurent Gbagbo qui veulent faire croire qu’aucun pro-Rhdp ou pro-Ouattara ne sera traduit un jour ou l’autre devant les juridictions pour répondre de ses actes. Toute chose a un début. L’arrestation et le procès de Gbagbo sonnent comme le début des procès de tous ces Ivoiriens qui ont commis ou commandité des crimes graves lors de la crise postélectorale. Pour l’heure, c’est la période postélectorale qui intéresse les juridictions.
Un souci d’équilibrisme
Et même, prenant en compte cette unique période, la commission nationale des enquêtes, rendant son verdict, a indexé les deux camps pro-Ouattara et pro-Gbagbo. Cela n’a pas gêné le président de la République pour demander au ministère de la Justice de poursuivre tous ceux qui sont indexés dans ce rapport sans considération partisane. Alors, une chose est sûre, quand les pro-Gbagbo auront répondu aux motivations de la confiscation du pouvoir d’Etat par une violence inouïe qui a occasionné plus de 3.000 morts, il est certain que la justice s’intéressera tôt ou tard au cas des partisans du camp Ouattara. Rien n’oblige la justice à un équilibrisme au niveau des poursuites judiciaires. L’essentiel du débat ici devrait être de savoir si les accusations portées contre Laurent Gbagbo et ses amis sont fondées, justes et vérifiables. «Il ne s’agit pas ici de dire qui a gagné les élections de 2010. Il n’est pas question ici de politique. Nous sommes ici parce que des violences à grandes échelles ont été commises juste après les élections présidentielles », a précisé la procureure Fatou Bensouda. Pour sa part, le cabinet de la procureure affirme détenir les preuves de ses accusations. «Je tiens à affirmer immédiatement que l’accusation démontrera que la Cpi peut juger cette affaire. Et que la défense entreprise par les avocats de Gbagbo Laurent, se versant dans des analyses politiques, est une tactique pour distraire l’opinion. La stratégie de la défense est une volonté notoire de retarder la procédure, notamment avec une série de plaintes à la dernière minute», a soutenu Eric Mac Donald, le substitut du procureur de la Cpi. Avant qu’un de ses collègues ne lui emboîte le pas pour, techniquement, point par point, répondre aux arguments de la défense. Mercredi, lors de l’audience de l’audience de confirmation des charges, l’accusation a fait étalage de 45 incidents criminels commis par des pro-Gbagbo, miliciens, fescistes, et autres mercenaires libériens. Lesquels crimes sont tous estampillés par l’abject sceau de l’appartenance politique et ethnique.

Sam-Wakouboué
Lég : Laurent Gbagbo et ses proches sont poursuivis pour les actes posés pendant la crise postélectorale. Photo : d’archives
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